Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat, porte-parole du Gouvernement, à CNews le 24 avril 2018, sur les relations entre la France et les États-Unis, la réforme de la SNCF et le manifeste "contre le nouvel antisémitisme". | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat, porte-parole du Gouvernement, à CNews le 24 avril 2018, sur les relations entre la France et les États-Unis, la réforme de la SNCF et le manifeste "contre le nouvel antisémitisme".

Personnalité, fonction : GRIVEAUX Benjamin, ELKABBACH Jean-Pierre.

FRANCE. Porte-parole du Gouvernement;

ti : CLELIE MATHIAS
La visite d'Etat d'Emmanuel MACRON aux Etats-Unis, la réforme des impôts locaux, ou encore même Françoise NYSSEN, la ministre de la Culture peut-elle rester, combien de temps peut-elle rester au gouvernement ? Tous ces sujets vont être abordés dans l'Interview politique de Jean-Pierre ELKABBACH, puisqu'il est 07h31 sur CNews et Jean-Pierre reçoit ce matin Benjamin GRIVEAUX, le porte-parole du gouvernement.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Bienvenu Benjamin GRIVEAUX.

BENJAMIN GRIVEAUX
Bonjour.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Bonjour, merci d'être là. Emmanuel MACRON à Washington, aux Etats-Unis, quel accueil, quelle visite, quelle visite d'Etat, et en même temps, quel hommage à la France de la part de son ami préféré, TRUMP.

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est la première visite d'Etat depuis l'élection du président TRUMP. Première visite officielle d'un chef d'Etat sur le sol américain, donc c'est un moment important. Le président de la République avait reçu Donald TRUMP dans le cadre de festivités du 14 juillet l'an dernier...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
On s'en souvient.

BENJAMIN GRIVEAUX
Rendez-vous avait été lancé et donc promesse tenue.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et qu'est-ce qu'ils en font ? Qu'est-ce qu'ils font ? Ils en font beaucoup.

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est un partenaire important de la France, les Etats-Unis, c'est un allié historique, il y a des liens très anciens, et hier, le fait que ça se fasse dans la maison du président Washington, à Mount Vernon, dont on a nous l'image en tête du Général LA FAYETTE venant passer quelques temps auprès de WASHINGTON, à l'époque...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et d'autres présidents aussi, d'autres interlocuteurs.

BENJAMIN GRIVEAUX
Et donc d'autres présidents, donc c'est évidemment un moment important, mais c'est aussi un moment où quand on a une relation de cette nature, eh bien on peut dire les choses, et on dit les choses à ses alliés, quand elles vont bien, mais aussi les choses qui vont moins bien, sur des sujets, le climat, le commerce, différents sujets qui seront abordés.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui oui oui. Est-ce que les résultats des entretiens seront à la hauteur de cette mise en scène de Donald TRUMP ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Il est toujours difficile de dire, avant que les entretiens aient lieu, s'ils seront fructueux, mais il y a une certitude, c'est que l'un et l'autre défendront à la fois les intérêts de leurs Etats respectifs, dans le respect de son partenaire, et de l'allié historique, mais qui se diront les choses, ils ont l'habitude d'être directs et francs l'un et l'autre.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ce sont deux personnalités fortes, différentes l'une de l'autre, de métier, d'âge, de caractère...

BENJAMIN GRIVEAUX
De parcours.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
... de niveau intellectuel...

BENJAMIN GRIVEAUX
Ça, ce n'est pas à moi d'évaluer le niveau intellectuel de quiconque, mais de parcours différents et de personnalités différentes.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
De parcours, mais qui s'accordent. Mais lequel des deux va profiter le plus de ces entretiens ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Dans un bon accord et dans des bonnes relations entre alliés, il n'y a pas un gagnant et un perdant, il faut que les deux parties, à l'accord, et puis aux discussions qui sont, puissent trouver, pour leur peuple, pour leur économie, pour leur combat commun, eh bien des voies de sortie positives.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Lequel des deux est le moins naïf et peut-être le plus cynique ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Aucun n'est naïf, sinon ils ne seraient pas aujourd'hui au poste qu'ils occupent l'un et l'autre.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
On ne peut pas arriver au sommet de l'Etat si on est naïf, si on n'est pas un peu...

BENJAMIN GRIVEAUX
La naïveté n'est pas la première des qualités pour être président, aux Etats-Unis ou de la République.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Dès son arrivée, le président de la République française, Emmanuel MACRON, à Washington, a défini les enjeux de ses entretiens avec Donald TRUMP, et il l'a dit avant les entretiens qui vont avoir lieu ce matin, dans le Bureau ovale de la Maison blanche. Ecoutons le président MACRON.

EMMANUEL MACRON
Nous avons, les Etats-Unis comme la France, une responsabilité toute particulière, au moment qui est aujourd'hui le nôtre, nous sommes des garants du multilatéralisme contemporain, et je crois que nous avons, à travers ces échanges, beaucoup de décisions à prendre et à préparer. Cette visite est pour nous très importante, en particulier dans le contexte qui est le nôtre aujourd'hui, avec beaucoup d'incertitude, beaucoup de trouble et parfois beaucoup de menaces.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et en particulier la Syrie, le Proche-Orient, l'Iran, l'accord nucléaire sur l'Iran, et en même temps le climat et les suites de la COP21.

BENJAMIN GRIVEAUX
Et le commerce.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et le commerce Europe et Etats-Unis.

BENJAMIN GRIVEAUX
Qui à n'en pas douter seront au menu.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
En parlant avec Emmanuel MACRON, le président des Etats-Unis parle-t-il avec le président jeune de la France, du Louvre, des Invalides, et du 14 juillet ou avec l'Europe ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Il parle avec les deux, parce que la France est indissociable de l'Europe, et penser que la France a demain un horizon autre que celui d'un horizon européen sur la scène internationale, serait faire une grave erreur, ce qui a été trop de fois le cas par le passé. Ce que le président de la République a rappelé la semaine dernière au Parlement européen à Strasbourg c'est que ne regagneront de la souveraineté nationale, qu'avec une ambition forte pour la souveraineté européenne et que sur des sujets qui sont des sujets par définition très multilatéraux, que ce soit sur les questions de sécurité au Proche-Orient ou au Moyen-Orient, que ce soit sur les questions migratoires, c'est à l'Europe dans sa totalité, d'embrasser ces sujets et donc c'est à la fois le président français, évidemment, mais c'est aussi je crois l'un des leaders d'une Europe qui, l'année prochaine aura rendez-vous avec son histoire, dans le cadre des élections européennes, où pour la première fois le vent mauvais des populismes peut montrer son nez au Parlement européen.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Voilà, on va voir qu'il souffle ce vent mauvais. Mais d'abord les problèmes français. SNCF, demain mercredi Elisabeth BORNE organise la 70ème réunion de concertation avec les syndicats, ils ne veulent pas y aller.

BENJAMIN GRIVEAUX
Pas la dernière.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ils ne veulent pas y aller, parce qu'ils disent qu'elle n'a pas de pouvoir, etc. que le pouvoir est à Matignon et qu'il est ailleurs. Est-ce que ce matin...

BENJAMIN GRIVEAUX
Ils ne peuvent pas dire qu'elle n'a pas de pouvoir d'un côté, et contester le fait que nous avancions sont trop vite de l'autre, il y a une forme d'incohérence dans la contestation.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui, mais vous leur dites, ce matin : allez-y ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je leur dis : quand on négocie, on ne choisit par les négociateurs, que les partis vous proposent, et puis je leur dis : demain c'est la dernière, le dernier moment où vous allez pouvoir rencontrer, pour fermer ce cycle de discussions, qui ont permis des avancées, il y a eu des discussions sur les modalités d'ouverture à la concurrence, sur les garanties sociales le fameux sac-à-dos social des cheminots, où on a pu avancer, avec l'intersyndicale

JEAN-PIERRE ELKABBACH
S'ils n'y vont pas, progressons, parce qu'il y a beaucoup de choses à dire ici...

BENJAMIN GRIVEAUX
Regrettons qu'ils n'y aillent pas, mais il y a d'autres sujets qui seront demain à l'agenda, qui seront les questions par exemple de la dette, du projet de l'entreprise, quelle est la stratégie pour l'entreprise, ça je suis certain, les conventions de branches, tout ça, j'espère que ça intéressera...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ça c'est la deuxième phase, mais auparavant.

BENJAMIN GRIVEAUX
La deuxième phase.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais auparavant, ils avaient écrit, parce qu'on les entend protester, ils avaient écrit au Premier ministre, à Edouard PHILIPPE, il ne leur a pas répondu, est-ce qu'il va leur adresser une réponse bientôt ?

BENJAMIN GRIVEAUX
A nouveau, le Premier ministre il répond toujours, mais moi je me mets à la place des Français qui sont lourdement sanctionnés, parce que les trains sont... manquent à l'appel et qu'on arrive en retard au boulot, qu'on n'arrive pas à être chez soi le soir, c'est difficile de comprendre que des personnes contestent une réforme, et qui s'absentent de la réunion où on va discuter de la réforme. Je les invite à pouvoir regagner à table, il reste 2 jours, utilisons la totalité des heures disponibles.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
D'accord, mais vous ne m'avez pas répondu : le Premier ministre va leur répondre ?

BENJAMIN GRIVEAUX
J'imagine que quand on lui adresse un courrier, il répond, en tout cas c'est son habitude.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
D'accord, et vous avez dit qu'il allait avoir une deuxième phase. Elle est avec qui ? Elisabeth BORNE ou avec le Premier ministre, par exemple ? Vous venez dire « on parlera de la dette ».

BENJAMIN GRIVEAUX
Elle est avec le gouvernement, après je ne sais pas.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
C'est qui le gouvernement ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Clôturons la première phase. Eh bien la personne qui est en charge du dossier, c'est Elisabeth BORNE, clôturons la première phrase avant d'entamer la seconde, la seconde phase, il y aura des sujets importants qui seront traités ou seront présents, je ne sais pas, d'ailleurs, si ce sera l'intersyndicale ou si ce seront les confédérations qui traiteront ça...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et il peut y avoir à ce moment-là le Premier ministre.

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais en tout cas, sera présent la question du projet de l'entreprise ou autre. Ecoutez, on n'y est pas encore.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais ça ne va pas tarder, parce qu'il y a les usagers qui souffrent. L'intersyndicale réunie ce soir, pour savoir si elle peut durcir encore une grève et vous avez entendu comme nous, certains qui demandent de prolonger en juillet et en août, le mouvement de grève. Est-ce que c'est une provocation, est-ce que c'est un chantage ou c'est la preuve de la force du mouvement syndical ?

BENJAMIN GRIVEAUX
On a un mouvement syndical qui connaît une moindre mobilisation depuis 2 ou 3 semaines, la mobilisation a plutôt faibli...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Sauf chez les conducteurs.

BENJAMIN GRIVEAUX
Sauf chez les conducteurs, mais elle a plutôt faibli, il n'y a pas que les conducteurs de train, la SNCF c'est beaucoup de métiers différents, beaucoup de métiers, parfois avec des pénibilités très fortes, qu'il faut respecter, qu'il faut pouvoir accompagner dans les mutations, et puis vous avez, comment dire, ces transformations-là qui seront portées dans les semaines qui viennent. Moi je ne crois pas que, une fois que la loi a été votée à l'Assemblée nationale, elle va partir au Sénat, elle a été votée avec une majorité écrasante, il y a 454 voix pour et 80 seulement voix contre, on va voir ce que le Sénat fait du texte...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais vous dites : « la loi s'impose à tous, mais monsieur MARTINEZ a une autre lecture ».

BENJAMIN GRIVEAUX
Je pense qu'à un moment, il faut pouvoir... Mais c'est la démocratie parlementaire. Alors, soit on conteste la démocratie parlementaire, le résultat des urnes et on conteste aux députés le fait de faire la loi, quand bien même, manifestement, ça va bien au-delà de la majorité, puisque je rappelle que La République En Marche ! et le MoDem c'est à peu près 340, 350 parlementaires, et que là on est à 450, donc manifestement ça a rencontré un assentiment plus important, il faut pouvoir avancer, ça ne veut pas dire qu'on discute jamais, ça ne veut pas dire qu'on n'entend pas les demandes des représentants du personnel et des organisations syndicales, qu'on peut les inscrire, ce qu'on a fait, dans la loi, et pas par les ordonnances, ça nous avait été reproché. On a mis dans la loi, tout ce qu'on pouvait mettre, et à un moment il faut trancher.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et pourtant il n'entend pas de la bonne oreille, monsieur MARTINEZ, il a encore une fois, comme j'ai dit tout à l'heure, une autre conception, une autre lecture, mais peut-être que vous voulez...

BENJAMIN GRIVEAUX
Et pour entendre, il faut écouter, et donc pour écouter, il faut être autour de la table.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais lui, il craint peut-être une défaite historique du syndicalisme que vous appelez de l'ancien monde.

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais, écoutez, je vais vous dire une chose : nous on ne cherche pas la victoire de quiconque ou la défaite de quiconque, ce ne sera pas une victoire du gouvernement, ce n'est pas la manière dont on a conçu ce projet de nouveau pacte ferroviaire. Nous on veut sauver la SNCF, on veut faire en sorte que les trains soient plus à l'heure, on veut faire en sorte que ça coûte moins cher aux contribuables, c'est ça notre objectif, on veut l'accompagner dans cette ouverture à la concurrence, qui, pour beaucoup de cheminots, demain est une crainte.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous ne croyez pas à des grèves en août et juillet, pendant les grandes vacances.

BENJAMIN GRIVEAUX
En tout cas, je ne les souhaite pas et je pense d'abord à nos concitoyens qui en subissent aujourd'hui...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Les conséquences et les effets pervers.

BENJAMIN GRIVEAUX
Les conséquences compliquées.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Notre-Dame-des-Landes, le gouvernement avait fixé comme délai, certains disent ultimatum, le 23 avril minuit, c'était il y a quelques heures...

BENJAMIN GRIVEAUX
Hier.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Hier.

BENJAMIN GRIVEAUX
Pour les projets agricoles de la ZAD. Combien y a-t-il, Monsieur le Porte-parole, de dossiers déposés ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Alors, on a 28 dossiers qui ont été déposés, mais pour que ce soit bien clair pour les gens qui nous écoutent, il y a 1 400 hectares qui sont propriété de l'Etat, là-bas, de terrains qui sont propriété de l'Etat. Il y a 600 hectares, on a déjà des conventions d'occupation précaires avec des agriculteurs, présents. Il y a quatre projets qui ont déjà été validés, mais avant la remise des 28 qui ont été remis hier et qui concernent à peu près 300 hectares, et puis les projets qui ont été remis hier, les 28, ça concerne un peu moins de 300 hectares, 270 très précisément. Donc ces projets-là, ils vont être examinés, là, cette semaine, pour voir la viabilité, pour voir si ça fonctionne bien, notamment avec les...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Un à un, tranquillement, avec un nouveau sursis, un nouveau délai...

BENJAMIN GRIVEAUX
Tranquillement, de manière très apaisée, mais le temps de l'examen, simplement de regarder.... Les gens ont pris la peine de remplir des dossiers, de présenter des projets, la moindre des corrections...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Les 28 dossiers ne seront pas tous validés, ou ils seront tous retenus ?

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est très difficile de vous dire, je ne les connais pas.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
D'accord.

BENJAMIN GRIVEAUX
Je ne vais pas vous faire, vous dire il y en aura un sur deux, je n'en ai aucune idée. Mais ce que je peux vous dire, c'est que ça concerne 270 hectares, et donc au total, on aura 1 200 des 1 400 hectares propriété de l'Etat, qui seront, je l'espère, en projet agricole, le reste étant des environnements qui sont boisés ou des routes et donc qui n'appellent pas de projet agricole particulier.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et les zadistes, dont les projets n'ont pas été retenus et qui voudront rester, qu'est-ce qui va leur arriver ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce que nous avons dit depuis le 17 janvier, la ligne elle est constante, ceux qui ont un projet agricole, qui ont respecté l'Etat républicain, qui se sont « inségrés » dans le cadre que l'Etat a proposé aux personnes qui sincèrement étaient sur ce territoire pour porter un projet agricole différent, deux-là ont leur place, les autres n'ont pas leur place et ils seront évacués.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ils seront évacués, mais on peut dire que les évacuations et les expulsions, et si elles ont lieu, n'auront pas lieu tout de suite.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ah ben elles auront lieu une fois qu'on aura déterminé les projets et les personnes qui sont habilitées à rester. A partir du moment où vous ne portez pas de projet, que vous contestiez l'aéroport, c'est très bien, il ne se fait pas cet aéroport, donc vous n'avez plus aucune raison de rester ici.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et dans cet intervalle, Benjamin GRIVEAUX, dans cet intervalle, est-ce que les gendarmes peuvent être retirés ou peuvent être toujours présents mais éloignés ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Un, vous avez des squats qui ont été évacués, vous avez, je le rappelle, beaucoup de travaux de déblaiement, il y a 174 bennes qui ont été vidées, de déblaiements, de parpaings, de poutres, de planches, d'objets contondants, etc. Donc vous voyez que...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais il y aura d'autres squats à évacuer.

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui mais, je veux dire, ce déblaiement, ça prend du temps, c'est normal que ça prenne du temps, les personnes qui sont habilitées à rester, pourront rester, les autres seront sorties de la zone.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous avez entendu tout à l'heure, Clélie le disait, que Françoise NYSSEN, la ministre de la Culture, est de plus en plus attaquée pour amateurisme. Je sais bien que la décision ne dépend pas du porte-parole du gouvernement, mais est-ce qu'il faut sauver Françoise NYSSEN, qui a été une très grande éditrice, avec Actes Sud ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Vous savez, elle n'a pas besoin d'être sauvée, il y a une petite campagne qui est organisée, les articles se multiplient, et puis bien souvent la Presse réécrit...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Pourquoi ? De la part de qui ? Pourquoi ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, franchement, a m'intéresse assez peu, moi ce qui m'intéresse c'est de voir le travail qu'elle fait. Un, elle a toute la confiance du Premier ministre, à n'en pas douter, et elle travaille sur des sujets qui sont des sujets structurants. Demain, la question de l'audiovisuel public, et donc c'est un travail de longue haleine qui est porté, et je crois qu'elle est respectée dans le milieu de la culture, vous l'avez dit, c'est une grande éditrice dont je ne doute pas que le milieu de la culture...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc c'est elle qui va incarner les réformes de la culture et de l'audiovisuel public.

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est elle qui les porte, c'est elle qui les travaille, c'est elle qui, en permanence avec les parlementaires, les mondes de la culture, les parties prenantes, s'en occupe.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais pourquoi elle est attaquée maintenant, à votre avis ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Vous savez, ça durera le temps de quelques jours et puis ça passera comme d'autres modes.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Le gouvernement évacue une à une les universités qui sont bloquées, on a vu Tolbiac il y a quelques jours, Montpellier hier et Grenoble, etc. Est-ce que vous confirmez qu'avant le 1er mai, aucune université ne sera occupée en France ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce que je peux vous confirmer, c'est que, à chaque fois qu'un président d'université considère que la sécurité des étudiants ou la sécurité des personnels qui travaillent sur des sites universitaires, est mise en cause, eh bien il y a un travail qui est fait avec les autorités et les forces de l'ordre, sur le plan local, pour voir si on peut procéder à la sortie. Hier, à Montpellier, il n'y avait quasiment pas d'occupants, disons les choses, et la semaine dernière, pourquoi est-ce qu'on est intervenu à Tolbiac ? Parce qu'on a considéré qu'il y avait une situation qui faisait peser un risque, à la fois sur les étudiants qui étaient les occupants, il n'y avait pas que des étudiants qui occupaient, mais aussi...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais on connait bien la situation sur CNews, puisqu'on a entendu le président Georges HADDAD. Mais si je pose la question sur, pas d'universités occupées par des bloqueurs, à partir du 1er mai, est-ce que ça veut dire que pour vous, mai 2018 ne peut pas être mai 68 et que votre gouvernement veut montrer que l'histoire ne se répète pas et que c'est la fermeté qui est de votre côté.

BENJAMIN GRIVEAUX
Je vais vous dire, Jean-Pierre ELKABBACH, je trouve qu'elle ne se répète pas, parce qu'en mai 68, soufflait un vent nouveau d'un pays qui était corseté, et on voulait insuffler de la liberté, on voulait de la transformation. C'est aujourd'hui exactement l'inverse, ceux qui occupent, ceux qui cassent, ceux qui détruisent du matériel dans les universités, sont ceux qui veulent que rien ne change, ce sont les conservateurs d'aujourd'hui, donc mai 2018 ne ressemble en rien en mai 68, puisque les conservateurs, ils sont dans la rue.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui, vous êtes les progressistes, ou en tout cas les réformateurs.

BENJAMIN GRIVEAUX
Nous sommes qui veulent rassembler le pays, nous sommes ceux qui veulent insuffler la liberté, qui veulent libérer ce pays, le sortir de son corset qui l'a immobilisé pendant trop longtemps.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Même si cette année a donné un peu le vertige, il y a des partis qui sont tourneboulés, etc., parce que ça va trop vite.

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais parce que ça fait 30 ans qu'on n'allait pas assez vite, ou qu'on repoussait les réformes, ou qu'on ne voulait pas les faire, ou qu'on manquait de courage, on se dirait : surtout c'est la majorité d'après qui fera, nous on ne fait pas. Nous, on fait.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Un autre problème pour la cohésion nationale, ils sont partis 300, aujourd'hui les signataires du manifeste contre un nouvel antisémitisme sont encore plus nombreux, mais le texte est perçu d'un côté comme des preuves de solidarité collective, et d'un autre côté comme des provocations. Pour vous, qu'est-ce que c'est ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je vais vous dire, moi l'antisémitisme, j'ai vu ce texte, le combat contre l'antisémitisme, le gouvernement s'est engagé pleinement, on a multiplié les dispositions, pourquoi, mais parce qu'il y a une réalité qui est que vous avez des personnes qui en France, j'étais à la Marche blanche pour Mireille KNOLL, il y a quelques semaines, qui sont attaquées, qui sont violentées, qui sont parfois assassinées, du fait de leur confession. Donc évidemment la lutte contre l'antisémitisme...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
La lutte contre l'antisémitisme peut-elle être une cause nationale ?

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais la lutte contre la de l'antisémitisme est une cause nationale depuis toujours en France, et elle sera toujours une cause nationale de tout gouvernement, et elle est protéiforme, elle est protéiforme. Elle a parfois les atours de l'islam radical et de l'islamisme, elle a parfois les atours d'une ultra droite très conservatrice française, dont je rappelle qu'elle a été dans les années 30, porteuse d'un antisémitisme crasse, elle est aussi...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Elle n'a pas disparu...

BENJAMIN GRIVEAUX
Et elle n'a pas disparu, vous allez dans Saint-Nicolas-du-Chardonnay le dimanche matin, vous allez voir les publications, vous n'allez pas être déçu. De la même manière, vous avez aussi une partie de l'extrême gauche française qui nourrit une forme d'antisémitisme, matinée de conspirationnisme de complotisme, voilà, il est là, et ça il faut le combattre sur tous les fronts.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc il y a différentes formes d'antisémitisme...

BENJAMIN GRIVEAUX
Il y a différentes formes, et il est protéiforme.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Est-ce que vous confirmez qu'il y a à un nouvel antisémitisme lié à la radicalisation de l'islam extrémiste et fondamentaliste ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je ne sais pas s'il est nouveau. Je ne sais pas s'il faut le qualifier de nouveau ou pas, en tout cas il y a un antisémitisme qui est présent, il faut lutter pied à pied contre cet antisémitisme, ça se fait sur les réseaux, ça se fait auprès des enseignants qui sont parfois confrontés et donc sur des questions de prévention de comment est-ce qu'on gère un des gamins qui sont parfois très jeunes, qui contestent par exemple la Shoah, qui contestent des épisodes de l'histoire...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
A combattre dès l'école, alors.

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est un combat dès l'école, c'est une bataille culturelle.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Dès l'école, et cet antisémitisme lié à l'intégrisme islamiste qui s'affiche, se répand, on voit bien qu'il existe en Allemagne, puisque madame la chancelière MERKEL vient de dénoncer cette antisémitisme...

BENJAMIN GRIVEAUX
A nouveau il est protéiforme. A nouveau il est protéiforme, il ne faut céder sur aucun des fronts.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et est-ce que ça veut dire qu'il y a une double urgence aujourd'hui, un, la nécessité d'un texte fort du président de la République sur la laïcité et deuxièmement, encourager par l'Etat la fondation d'un véritable islam, courageux, combatif, représentatif au sein de la République française.

BENJAMIN GRIVEAUX
Sur le deuxième sujet, le président de la République l'a déjà dit. Sur le premier, sur ce fameux discours sur la laïcité, mais le président de la République, il suffit d'écouter, si on ne veut pas entendre qu'il parle de laïcité, évidemment, on peut faire la sourde oreille, mais le président de la République il parle de la laïcité à chacune des interviews qu'il donne, il en a parlé à de nombreuses reprises, il l'a fait lors du dîner du CRIF, il l'a fait lorsqu'il s'est exprimé devant l'église protestante, il s'est fait...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Tout ça, peu à peu, cette mosaïque constitue sa position.

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais bien sûr, et il a une position très apaisée sur la question de la laïcité, certains lui cherchent querelle, c'est sans doute qu'eux-mêmes ne sont pas très au clair sur leur conception de la laïcité.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
La loi, je vais vite, sur l'asile et l'immigration, a été votée en première lecture, ça a été une semaine de débats, après, qui a servi de révélateur, dans votre parti, on voit bien que c'est la discipline ou la sanction. J'entends dire qu'il peut y avoir un groupe qui pourrait se constituer au Parlement avec ceux qui ne sont pas d'accord avec la ligne des 300 députés, ça on verra, et puis c'est révélateur aussi pour la droite. Vous dites : c'est un révélateur de proximité entre députés républicains et Front national. Vous avez dit...

BENJAMIN GRIVEAUX
Entre quelques-uns.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Alors : « Quand je tends l'oreille, je vois une porosité totale ». Est-ce que vous êtes sûr de votre oreille ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Malheureusement, je ne crois pas avoir de problèmes d'audition, et c'est bien triste, parce que, à nouveau, ça n'est pas toute la droite, ça n'est pas tous les députés Les Républicains qui sont à l'aise avec les thèses du Front national...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Laurent WAUQUIEZ …

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais enfin, vous en avez quelques-uns, bien identifiés, qui souvent d'ailleurs sont dans la jeune garde, donc c'est pas très rassurant, comme quoi vous voyez, les nouvelles générations ressemblent parfois curieusement à parfois les anciennes générations, et donc ça n'est pas très rassurant et oui j'ai peur d'avoir bien entendu, je tendrai l'oreille au Sénat, je suis certain que la sérénité des débats du Sénat appellera sans doute des propos plus respectueux des valeurs de la République.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Pour vous, l'union des droites c'est contre nature.

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est totalement contre nature et en tout cas j'ai une certitude c'est que la droite française, on a au gouvernement des gens qui sont issus de la droite française, vous avez une partie de la droite française qui est sociale, qui est libérale, qui est humaniste, qui est républicaine, qui est très loin des thèses de Marine LE PEN.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Benjamin GRIVEAUX, merci d'être venu.

BENJAMIN GRIVEAUX
Merci à vous.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
A bientôt.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 26 avril 2018

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