Interview de Mme Brune Poirson, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, avec Public Sénat le 25 avril 2018, sur l'accord relatif au nucléaire iranien, la question climatique, la réforme de la SNCF, l'évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, le recyclage et sur les mégots de cigarette. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Brune Poirson, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, avec Public Sénat le 25 avril 2018, sur l'accord relatif au nucléaire iranien, la question climatique, la réforme de la SNCF, l'évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, le recyclage et sur les mégots de cigarette.

Personnalité, fonction : POIRSON Brune, VIGUIER Cyril .

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire;

ti :

CYRIL VIGUIER
Bonjour à tous et à ceux qui nous rejoignent deuxième partie de la matinale d'infos de Public Sénat avec la presse quotidienne régionale, les Indéradios – 130 radios qui sont nos partenaires dans tout l'Hexagone – avec les télés locales de France qui nous rediffusent et avec TV5 Monde. L'invitée politique aujourd'hui en direct sur ce plateau, bonjour, c'est une secrétaire d'Etat, Brune POIRSON...

BRUNE POIRSON
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Bonjour, merci d'être avec nous, vous êtes auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire Brune POIRSON et, pour vous interroger à mes côtés ce matin : Marcelo WESFREID, du Figaro pour Public Sénat, bonjour Marcelo, et Hervé FAVRE qui représente la presse quotidienne régionale...

HERVE FAVRE
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
La Voix du Nord, aujourd'hui sur ce plateau, merci Hervé d'être là. Brune POIRSON, voyage du président aux Etats-Unis, Emmanuel MACRON a dit qu'il souhaite travailler à un nouvel accord sur le nucléaire iranien aux côtés du président TRUMP, c'est réaliste de dire ça aujourd'hui ?

BRUNE POIRSON
Bien sûr, bien sûr, il faut que nous trouvions...

CYRIL VIGUIER
Vous avez entendu les observateurs ce matin autour de la question ?

BRUNE POIRSON
C'est indispensable de toute façon, nous avons besoin d'un accord iranien dans la région qui soit plus large que celui qu'on a aujourd'hui, mais dire cela ça ne veut pas dire que celui d'aujourd'hui il n'est pas valable, il ne faut pas qu'il soit défait celui d'aujourd'hui. Donc celui d'aujourd'hui il court jusqu'à 2025, il permet d'encadrer le nucléaire iranien et c'est pour ça que c'est fondamentalement important aussi de le garder, mais ce n'est pas pour ça que...

CYRIL VIGUIER
Il a été négocié avec six pays européens.

BRUNE POIRSON
Absolument.

MARCELO WESFREID
Comment on arrive à convaincre par exemple l'Iran d'accepter un nouvel accord sorti de nulle part, pardon ?

BRUNE POIRSON
Mais ça c'est tout le travail de diplomatie, de négociation, vous savez quand on a commencé à travailler sur cet accord iranien-là à l'époque on nous a dit aussi : « ce sera impossible, de toute façon l'Iran n'est pas tout prêt à discuter » et en fait, en réalité, on a vu qu'on l'avait fait, ça c'est une question de responsabilité, c'est indispensable dans la région, on a besoin de cette stabilité-là, on a besoin d'encadrer les activités nucléaires, balistiques aussi de l'Iran.

MARCELO WESFREID
Est-ce que quelque part ce n'est pas un petit peu une défaite diplomatique de la France puisque, au fond, c'est un accord qui cache un désaccord, on se range derrière la volonté de TRUMP de dire que l'accord de 2015 est insatisfaisant ?

BRUNE POIRSON
Quelque part c'est un peu vrai dans le sens où il ne va que jusqu'en 2025, donc de toute façon il faut y aller et il faut trouver un accord plus large, plus global, plus long aussi dans le temps. Donc il ne s'agit pas du tout d'un recul, il s'agit au contraire d'une discussion, une anticipation de l'avenir, il est bien évidemment qu'il y a eu des élections aux Etats-Unis entre temps et à chaque fois on doit composer – et c'est le travail de la diplomatie – des négociations internationales, c'est aussi pour ça que parfois elles sont si difficiles et si compliquées c'est que les gouvernements changent, le temps passe et que donc à ce moment-là à chaque fois il faut recombiner les pions pour trouver des accords viables, valables, acceptables par tous.

HERVE FAVRE
Brune POIRSON, il y a un sujet sur lequel malgré ces bonnes relations avec Donald TRUMP Emmanuel MACRON n'a pas réussi à le faire bouger, donc c'est sur le climat - l'accord de Paris - et nous-mêmes européens apparemment on n'est pas exemplaires, il semblerait qu'on soit en retard sur les objectifs de l'accord, est-ce qu'il va falloir reprendre les termes de cet accord ?

BRUNE POIRSON
Non.

HERVE FAVRE
Vous devez recevoir des ministres, je crois aujourd'hui ?

BRUNE POIRSON
Absolument, aujourd'hui j'organise une réunion avec six ministres de l'Union européenne pour discuter ensemble collectivement du rehaussement de l'ambition de l'union européenne. Vous savez qu'on a des négociations importantes sur le climat qui vont arriver avec notamment la COP24 et puis on a aussi des échéances au niveau européen et puis aussi un bilan à faire de nos engagements et des actions qu'on a prises pour mettre en oeuvre en tant que pays, pour mettre en oeuvre l'accord de Paris et donc, tout ça, ce sont des choses que je vais discuter aujourd'hui avec les pays les plus ambitieux et les plus moteurs sur la question climatique en France puisqu'ils viennent cet après-midi ici. Après plus largement, sur la question de l'accord de Paris, l'accord de Paris il n'est pas négociable, on ne va pas le changer

HERVE FAVRE
Donc, côté américain, il n'y a plus rien à attendre ?

BRUNE POIRSON
Côté américain, il y a... vous savez il y a deux choses, déjà il y a l'accord de Paris qu'on ne changera pas, encore une fois il n'est pas négociable, c'est le socle de ces négociations internationales, c'est notre ligne directrice et d'ailleurs on est loin d'être en mesure de tenir nos engagements de l'accord de paris malheureusement et le président de la République l'a encore rappelé en décembre dernier. Après, ça ne veut pas dire que la position de Donald TRUMP ça soit la position de l'ensemble des acteurs américains, moi j' »ai été aux Etats-Unis

HERVE FAVRE
Oui, il y a des Etats qui effectivement font beaucoup pour l'environnement ?

BRUNE POIRSON
Il y a des Etats, vous savez la Californie ils sont très moteurs sur la question, même des Etats comme le Texas qui vu de France peuvent avoir une « mauvaise réputation », au Texas il se passe beaucoup de choses dans le domaine par exemple des énergies renouvelables, il ne se passe jamais assez – et nulle part dans le monde on le sait très bien - on n'est absolument pas sur la bonne trajectoire.

MARCELO WESFREID
Dans l'actualité hier c'était quand même le 10ème jour de grève à la SNCF, les syndicats disent : « on ne veut plus discuter avec Elisabeth BORNE, la ministre des Transports, mais avec Edouard PHILIPPE qui a dit : « OK, mais je vous retrouverai le 7 mai », pourquoi attendre aussi longtemps quand on est face à une grogne sociale aussi importante ?

BRUNE POIRSON
Vous savez, il y avait deux importantes dans cette réforme de la SNCF : il y avait la première étape, qui vient de s'achever, ça je crois qu'il faut aussi en prendre acte, c'était le passage des ordonnances, vous avez vu d'ailleurs que le texte a été largement débattu à l'Assemblée nationale - ce n'était pas donc... je sais qu'ici vous avez suivi les débats de façon très étroite – qui a été largement voté et qui portait essentiellement sur des questions techniques, sur des aspects techniques...

MARCELO WESFREID
Mais pourquoi attendre aussi longtemps ?

BRUNE POIRSON
Parce que maintenant on rentre dans une...

MARCELO WESFREID
Pourquoi attendre aussi longtemps, il y a urgence, il y a des grévistes, il y a des gens qui ne peuvent pas prendre leur train ?

BRUNE POIRSON
On rentre dans une deuxième étape qui est aussi importante, qui va reposer sur trois piliers principaux : d'abord le plan de réforme de la SNCF, le plan de transformation de la SNCF, parce que ça c'est la condition pour que l'Etat reprenne la dette de la SNCF à partir du 1er janvier 2020...

HERVE FAVRE
Justement sur la dette on a appris...

BRUNE POIRSON
Attendez ! Peut-être - laissez-moi juste simplement finir, je vais répondre à votre question – ensuite il y a la deuxième étape importante qui est celle aussi de la négociation des conventions de branches, parce que la protection des cheminots aujourd'hui on veut qu'elle soit élargie, qu'elle passe si vous voulez au niveau supérieur et qu'elle puisse bénéficier à l'ensemble ensuite à l'avenir à partir du 1er janvier 2020 quand on mettra fin aux recrutements au statut des cheminots qu'elle bénéficie à l'ensemble des employés du ferroviaire ; et puis il y la troisième étape, qui va se faire en parallèle, qui est celle du redressement du fret et, ça, Edouard PHILIPPE a confié ça directement à Elisabeth BORNE. Donc, vous voyez qu'on suit un calendrier qui était déterminé à l'avance qui est celui que le gouvernement avait fixé et on le suit, on s'y tient...

HERVE FAVRE
Le Premier ministre avait pas prévu apparemment d'intervenir dans le dossier, il avait dit : « je laisse madame BORNE négocie » et alors dans sa lettre hier on a quand même appris que la dette, le remboursement de la dette, allait passer par un effort des contribuables, donc comment...

BRUNE POIRSON
Non, il n'y aura pas en France...

HERVE FAVRE
C'est textuellement dans le texte.

BRUNE POIRSON
Moi aussi je l'ai le texte vous savez ! Et en France il n'y aura pas... d'ici la fin du quinquennat, il n'y aura pas de nouvel impôt. Maintenant...

MARCELO WESFREID
Alors, qu'est-ce que ça veut dire, c'était écrit noir sur blanc dans le courrier du Premier ministre aux syndicats ?

BRUNE POIRSON
Mais vous savez ce n'est pas nouveau malheureusement et c'est une des raisons pour lesquelles on réforme...

MARCELO WESFREID
Qu'est-ce que ça veut dire un effort supplémentaire aux contribuables ?

BRUNE POIRSON
C'est une des raisons pour lesquelles on réforme la SNCF, c'est parce qu'aujourd'hui elle coûte déjà de l'argent aux contribuables, vous savez que c'est près de 800 euros par an et ce sont des sommes qui sont toujours trop élevées, et bien sûr si l'Etat reprend une partie de la dette de la SNCF ça va peser sur les comptes publics.

MARCELO WESFREID
Mais comment on fait alors, on réduit la dépense ou on augmente les impôts, il n'y a que deux solutions ?

BRUNE POIRSON
Nous n'augmenterons pas les impôts, il y aura diverses solutions - et on va les explorer – je ne vais vous dire maintenant avant même qu'on ait commencé à discuter, je ne vais pas vous dire quelle va être la solution dès aujourd'hui, mais en tout cas il n'y aura pas - et je le répète - de nouvel impôt.

MARCELO WESFREID
Je ne sais pas si vous avez vu mais les cadres supérieurs, enfin la hiérarchie de la SNCF hier a écrit aussi à Elisabeth BORN, en disant : « arrêtez de clouer au pilori les cheminots, ils n'ont rien à voir, leur statut n'a rien à voir avec cette dette de 46 milliards d'euros ».

BRUNE POIRSON
Vous savez c'est un ensemble ! Premièrement, je n'ai pas lu la lettre exactement dont vous parlez...

MARCELO WESFREID
Mais est-ce que le statut est lié à la dette ?

BRUNE POIRSON
Mais vous savez la dette de la SNCF c'est un ensemble, c'est un ensemble de mauvais choix stratégiques qui ont été faits, à répétition, depuis des années, on a dit parfois : « on a on a préféré investir sur des grand lignes, les lignes TGV, plutôt par exemple que d'investir sur la maintenance du système et la mise au niveau et la réforme... oui la remise à niveau des rails du réseau ferré et donc, on le sait, c'est un ensemble de mauvais choix pendant des années ou en tout cas de décisions pas toujours très stratégiques qui fait qu'on se retrouve dans cette situation-là aujourd'hui. Donc non, bien sûr que non ce n'est pas la faute des cheminots si aujourd'hui la SNCF est dans cette situation-là, simplement ça fait partie aussi des blocages et des choses sur lesquelles nous devons travailler, de toute façon c'est indispensable pour ouvrir la SNCF à la concurrence. Parce que nous encore une fois quel est l'objet de cette réforme ? L'objet de cette réforme elle est de préparer la SNCF à la concurrence, elle est d'en faire l'entreprise de choix des Français le jour où on aura plusieurs opérateurs en face de nous et à choisir pour acheter un billet de train et donc on veut que la SNCF soit notre entreprise de choix, c'est une entreprise française à laquelle on est attachés, mais pour ça il faut réformer, donc elle n'est pas en état d'être plus compétitive que ses concurrentes...

CYRIL VIGUIER
C'est Brune POIRSON, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, qui est notre invitée politique ce matin. La Zad, hier quatre agriculteurs ont régularisé leur situation – on en parlait dans le Journal des territoires tout à l'heure avec Patrice MOYON (phon) de Ouest-France, aujourd'hui le Premier ministre organise une réunion à Matignon pour examiner une quarantaine de dossiers restant. C'est calme sur la Zad, on sent que la situation est quand même terriblement précaire, Brune POIRSON ?

BRUNE POIRSON
Vous savez on a tendu la main à certains des habitants de cette zone à défendre et je crois que peu à peu on en train de rentrer dans la légalité, le gouvernement, il y avait deux objectifs qu'on a toujours - et ça se déroule plutôt bien à l'heure actuelle - on avait deux objectifs, qui est : 1) de faire rentrer dans la légalité et de régulariser les projets agricoles et, deuxièmement, de respecter le maintien de l'ordre, de faire appliquer le respect de l'état de droit. Pour ce qui est de la régularisation des projets agricoles, il y a 1.425 hectares sur cette zone, sur cette Zad, il y en a 600 sur lesquels - et on peut le saluer - c'est l'accord qui a été trouvé hier avec les agriculteurs historiques qui occupent 600 hectares de la zone et eux...

MARCELO WESFREID
Mais il y en a beaucoup qui sont... donc on est vraiment dans la situation de ne plus repartir ?

BRUNE POIRSON
Mais vous savez nous on s'attache au fait ! Qu'est-ce qu'on voit ? On voit qu'il y a quatre agriculteurs qui ont signé hier une convention d'occupation précaire, c'est-à-dire que sur ces 600 hectares-là ils vont rentrer dans la légalité...

MARCELO WESFREID
Ca c'était hier.

BRUNE POIRSON
C'était hier ! Ensuite, il y a 300 hectares sur lesquels il y a aussi des agriculteurs qui ont signé et qui sont en train de signer une convention d'occupation précaire ; ensuite, il y a 270 hectares sur lesquels - et on peut le saluer, et il faut le saluer parce que ça veut dire qu'on a repris le dialogue, que les zadistes ont saisi la main tendue de l'Etat - il y a 28 projets individuels qui ont été déposés, sur ces 28 projets on sait déjà aujourd'hui – et la préfète est encore en train d'instruire les dossiers - on sait déjà aujourd'hui qu'il y en a environ une quinzaine qui sont tout à fait recevables.

MARCELO WESFREID
Brune POIRSON, les forces de l'ordre sont intervenues et les zadistes se plaignent de l'impact environnemental, ils disent : « il y a 10.000 grenades lacrymogènes qui ont été lancées, il y en a partout...

BRUNE POIRSON
Non.

MARCELO WESFREID
Est-ce que vous comme secrétaire d'Etat à la Transition écologique c'est un sujet qui vous inquiète ?

BRUNE POIRSON
Moi ce qui m'inquiète surtout c'est qu'on a tendu la main et on continue de le faire, on a tendu la main et on continue de le faire...

HERVE FAVRE
Est-ce que Nicolas HULOT a été écouté ?

BRUNE POIRSON
Attendez, je vais vous répondre, je voudrais simplement répondre là-dessus. On a tendu la main, comme je le disais on continue de le faire aux habitants de cette Zad pour régulariser, pour leur permettre de rester là...

MARCELO WESFREID
Mais l'impact environnemental ça vous inquiète ou pas ?

BRUNE POIRSON
Attendez, je vais vous répondre, pour leur permettre de rester là où ils sont depuis des années et de le faire dans la légalité, parce qu'en France on ne peut pas occuper un terrain dans l'illégalité. Si on se retrouve dans la situation... il ne faut pas oublier qu'il y a 80 gendarmes qui ont été blessés, cette situation-là on aurait pu l'éviter, depuis le 17...

CYRIL VIGUIER
Mais l'impact environnemental...

BRUNE POIRSON
Attendez ! Mais ma position elle est très claire, depuis le 17 janvier dernier nous avons dit que nous tendons la main aux habitants de la Zad, ils avaient plusieurs mois pour préparer un projet agricole, le déposer et ensuite s'acquitter de leurs factures et régulariser leur situation, mais vous savez on aurait préféré éviter cette situation-là.

HERVE FAVRE
Est-ce que Nicolas HULOT a eu vraiment un impact dans ce conflit, il est allé sur place, il y a eu une réunion à la préfecture, il n'en est pas sorti grand-chose pour l'instant, et après vous pensez qu'il a été quand même utile dans ce dossier ?

BRUNE POIRSON
Fondamentalement utile ! Nicolas HULOT s'est rendu sur place, suite à sa visite il y a 28 dossiers, projets agricoles individuels, qui ont été déposés – ce sont des projets qui sont tout à fait recevables, des projets de maraîchage, d'élevage, d'agriculture en général...

CYRIL VIGUIER
Donc, ça, c'est l‘effet Hulot, c'est l'effet Hulot réel ?

BRUNE POIRSON
Mais ça participe du dialogue.

CYRIL VIGUIER
C'est parce qu'il y a été que ces 28 projets ont été retenus ?

BRUNE POIRSON
Mais vous savez il a tenu un discours de vérité, il leur a dit la réalité, il a dit : « Attendez , vous êtes sur une zone à défendre, que vous avez appelé zone à défendre, mais maintenant contre qui, contre quoi, pourquoi finalement puisque il n'y aura pas d'aéroport et, donc, on vous offre non seulement il y aura pas d'aéroport mais en plus on vous offre la possibilité d'y rester mais dans la légalité, vous comprenez qu'on ne peut pas expliquer aux Français qu'on peut rester sur un territoire, qu'on peut rester sur un terrain de façon illégal, ce n'est pas possible ».

HERVE FAVRE
Jusqu'à présent le gouvernement a quand même pris beaucoup de gants avec les zadistes... le gouvernement a pris beaucoup de gants avec les zadistes jusqu'à présent, qu'est-ce que vous allez faire avec les dossiers non recevables ?

BRUNE POIRSON
On a tenu la même ligne depuis le début, depuis qu'Edouard PHILIPPE a annoncé la décision le 17 janvier dernier...

HERVE FAVRE
Il y a dés gens en situation d'occupation de territoire qui ont été fixés plus rapidement quand même ?

BRUNE POIRSON
Nous avons tendu la main aux zadistes, ils voulaient régulariser leur situation, présenter des projets agricoles viables, à ce moment-là et ils acceptaient de s'acquitter de leurs factures - 200 enregistrés à l'Assemblée départementale l'agriculture - de signer et de prendre une mutuelle sociale agricole, à ce moment-l ils pouvaient rester sur ce territoire et ça n'a pas changé depuis.

MARCELO WESFREID
Brune POIRSON, vous avez présenté un plan assez ambitieux contre le gaspillage et pour le recyclage, dans les promesses d'Emmanuel MACRON il y avait l'idée qu'en 2025 100 % des plastiques seraient recyclés, est-ce que c'est tenable un objectif aussi... on va dire aussi ambitieux, comment on y arrive ?

BRUNE POIRSON
Comment on arrive ? En mobilisant ! En mobilisant l'ensemble des...

MARCELO WESFREID
Parce que ce n'est déjà dans les mesures que vous avez présentées avec Edouard PHILIPPE me semble-t-il ?

BRUNE POIRSON
Si, si, il y a 50 mesures, il y a un paquet de 50 mesures dont l'objectif bien sûr... le président de la République, pendant sa campagne, il a dit : « on va tendre vers 100 % de plastiques recyclés d'ici 2025 et on va réduire de moitié la quantité de déchets qui est mis en décharge d'ici 2020 ».

MARCELO WESFREID
Alors, comment, comment ? Sur les plastiques recyclés, comment o arrive à cet objectif très, très...

BRUNE POIRSON
Comment ? Concrètement en créant de vraies filières avec des débouchés pour ceux qui fabriquent du plastique recyclé et donc par exemple l'une des mesures qu'on va mettre en place c'est qu'on va mettre en place un bonus-malus sur les produits, c'est-à-dire que par exemple s'il y a deux bouteilles en plastique, s'il y en a une qui est faite avec du plastique recycl potentiellement son éco-contribution sera moindre que celle qui est fabriquée avec un plastique qui n'est pas recyclé, et on veut envoyer un signal prix au consommateur directement, donc le consommateur s'il est dans un magasin qu'il a le choix entre deux bouteilles de soda, il choisit celle qui est la moins chère et qui est donc la bouteille de soda qui comprend du plastique recyclé – nous voulons enclencher un cercle vertueux - encore une fois là il s'agit d'une éco-contribution. Vous savez qu'il y a déjà des éco-contributions sur toutes les bouteilles en plastique...

HERVE FAVRE
Ca passe par une bonne information du consommateur, moi je prends mon exemple à chaque fois je recycle comme tout le monde, enfin j'ai une poubelle recyclable, une non recyclable et sur certains produits je regarde plusieurs minutes avant de comprendre si c'est recyclable ou pas, donc...

BRUNE POIRSON
L'une des raisons aussi... ce qu'on va faire c'est qu'on va simplifier, on va simplifier considérablement pour les Français le geste de tri, on va par exemple harmoniser les couleurs sur l'ensemble de la France, les couleurs des poubelles - parce que vous savez que selon la ville où vous habitez vous ne mettez pas les plastiques dans la poubelle de la même couleur – et est-ce que vous savez ce que ça veut dire ça ? Moi je suis très concrète....

HERVE FAVRE
Oui, oui, absolument, absolument.

CYRIL VIGUIER
Ah ! Vous aimez, alors allez-y.

HERVE FAVRE
Justement je vois ce petit signe sur les produits mais je ne comprends pas mais je ne comprends pas toujours s'ils font partie des produits recyclables ou non ?

BRUNE POIRSON
Vous êtes comme beaucoup des Français, 95 % des Français croient que ça....

CYRIL VIGUIER
Continuez de le montrer ! Voilà.

BRUNE POIRSON
Ca veut dire que c'est un produit qui est soit recyclé, soit recyclable, en fait ce que ça veut dire c'est que simplement le fabricant qui a mis, le vendeur qui a mis sur le marché un produit il a versé une éco-contribution à un organisme...

MARCELO WESFREID
Ah ! Ce n'est pas pareil.

BRUNE POIRSON
Ce n'est pas pareil ! Et donc nous ce qu'on veut faire c'est sincériser l'affichage et donc ce qu'on va mettre en place c'est sur les produits qui sont recyclés ou recyclables on va mettre en place ce logo-là - qui est déjà en place mais vous le voyez très peu parce que finalement il y a très peu malheureusement de produits en France qui sont suffisamment recyclés, recyclables ou alors facilement réparables...

HERVE FAVRE
Attendez ! Ça, ça veut dire quoi ?

BRUNE POIRSON
Et, ça, ça c'est ce qu'on appelle le tri man (phon).

MARCELO WESFREID
Sur les mégots il y a énormément de mégots, à Paris il y en a deux milliards par an qu'on ramasse...

BRUNE POIRSON
Qui sont ramassés, absolument.

MARCELO WESFREID
Vous demandez aux cigarettiers de contribuer financièrement, est-ce que ça veut dire que pour le fumeur c'est la double peine, c'est-à-dire une hausse de un euro sur le paquet + une taxe sur les mégots ?

BRUNE POIRSON
Non, non, non, il n'y aura - je le répète - il n'y aura pas de taxe, pas de taxe sur le paquet de cigarettes, sur les mégots, ça c'est clair, ça n'a jamais été envisagé.

MARCELO WESFREID
C'est clair.

BRUNE POIRSON
Et vous savez il y a des éco-contributions sur tous les objets du quotidien, sur beaucoup de vos objets, on en parlait sur les emballages plastiques, il a une éco-contribution sur votre paquet de céréales par exemple le matin, il y a une éco-contribution sur beaucoup d'objets, mais cela ça n'a pas été décidé par nous ça été décidé dans les années 90 par les fabricants eux-mêmes. Sauf qu'aujourd'hui il n'y a pas d'éco-contribution sur les fabriques qui pèsent, sur les fabricants de cigarettes, ors vous savez que le mégot c'est le premier déchet qu'on retrouve, on retrouve des mégots au fond de la mer en France, on retrouve des mégots au sommet des montagnes, on trouve des mégots dans nos forêts, on retrouve des mégots en ville – vous en parliez à Paris deux milliards de mégots par an - et nous ce qu'on voudrait faire c'est faire en sorte que les fabricants de cigarettes contribuent à ce coût pour la collectivité qui est important, qui est le coût du ramassage des mégots, vous savez que ça un prix qui est très élevé. Donc, on demande à ce que les fabricants – et on va en discuter avec eux tranquillement - on demande à ce qu'il y ait une éco-contribution sur les paquets de cigarettes...

CYRIL VIGUIER
Brune POIRSON, on est obligés d'avancer.

BRUNE POIRSON
Pour qu'ils participent à la lutte contre la pollution, c'est le principe des pollueurs – payeurs.

CYRIL VIGUIER
On est obligés de passer à la deuxième séquence, un mot sur la loi Asile, vous l'auriez votée si vous aviez été députée ?

BRUNE POIRSON
Oui, bien sûr.

CYRIL VIGUIER
Et un mot sur Marion MARECHAL – LE PEN qui ouvre une école de formation à Lyon, quel avenir vous lui voyez-vous qui avez été élue sur son ancienne circonscription ?

BRUNE POIRSON
Moi je ne fais pas de prévision sur l'avenir, pour le moment elle a dit qu'elle passait à un moment en retrait de la vie politique, je sais et je vois à travers les médias qu'elle a des projets, nous verrons ce qu'il est, j'espère qu'ils seront plus raisonnables qu'avant.

CYRIL VIGUIER
Merci beaucoup Brune POIRSON, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, d'avoir été notre invitée ce matin, merci.


Source : service d'information du Gouvernement, le 26 avril 2018

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