Interview de Mme Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat aux personnes handicapées à RTL le 26 avril 2018, sur l'expérimentation du "duo day" consistant à se faire accompagner dans son entreprise par une personne handicapée et la politique du handicap. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat aux personnes handicapées à RTL le 26 avril 2018, sur l'expérimentation du "duo day" consistant à se faire accompagner dans son entreprise par une personne handicapée et la politique du handicap.

Personnalité, fonction : CLUZEL Sophie, MARTICHOUX Elizabeth .

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux personnes handicapées;

ti : Sophie CLUZEL
Secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre
chargée des personnes handicapées

RTL, Elizabeth Martichoux – 7h45

26 avril 2018


YVES CALVI
Elizabeth MARTICHOUX, vous recevez donc ce matin Sophie CLUZEL, secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargée des Personnes handicapées.

ELIZABETH MARTICHOUX
Bonjour Sophie CLUZEL.

SOPHIE CLUZEL
Bonjour.

ELIZABETH MARTICHOUX
Dans quelques instants Louis Van PROOSDIJ va nous rejoindre, il est entrepreneur, tétraplégique, il nous dira ce qu'il pense de cette journée « Duo Day ». On rappelle en quelques mots, Duo Day, ça consiste à se faire accompagner toute une journée, dans son entreprise, par un handicapé, une sorte de stage de 24 heures, pour évidemment donner de la visibilité. Vous-même vous êtes en duo aujourd'hui, comme combien ? 26 membres du gouvernement, c'est ça, 27 en tout avec vous.

SOPHIE CLUZEL
Oui, et avec le Premier ministre aussi, le président de la République, vraiment tout le monde a joué le jeu pour pouvoir changer le regard sur le handicap, et moi-même je suis accompagnée d'Alexandra, qui est une jeune femme.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alexandra qui est là aussi. Bonjour Alexandra.

ALEXANDRA
Bonjour.

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est important pour vous, Alexandra, cette journée, où c'est un gadget, comme je le disais tout à l'heure ? Est-ce que ça sert à quelque chose ou c'est une forme de bonne conscience collective qu'on se donne, comme ça, une journée par an ?

ALEXANDRA
Non, je pense que c'est vraiment une très bonne idée, pour donner une belle visibilité du handicap, en fait, pour tout le monde, parce que moi, personnellement, quand j'ai...

ELIZABETH MARTICHOUX
On peut dire de quel handicap vous souffrez, Alexandra, pour nos auditeurs ?

ALEXANDRA
Oui je souffre de troubles bipolaires.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et vous trouvez important donc que des personnalités publiques montrent que dans l'entreprise, enfin vous montrent d'abord comment on travaille dans l'entreprise, parce que c'est difficile d'accéder pour un handicapé à l'entreprise.

ALEXANDRA
Exactement. En fait, c'est très difficile d'accéder à une entreprise pour un handicapé, et c'est très bien qu'il y ait une journée où on peut vraiment voir comment les gens travaillent en fait et pouvoir être inséré et participer à une vie d'un ministre par exemple.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais vous, en tant que bipolaire, donc j'imagine traitée, sous médicaments, etc., c'est difficile de trouver un emploi ?

ALEXANDRA
Oui, j'ai un handicap invisible, mais malheureusement...

ELIZABETH MARTICHOUX
Handicap invisible.

ALEXANDRA
Voilà. Mais malheureusement j'ai des trous dans mon CV, et donc c'était très difficile pour moi d'accéder à un emploi avant que je ne demande un RQTH, la Reconnaissance Qualité Travailleur Handicapé.

ELIZABETH MARTICHOUX
Des trous, c'est-à-dire des absences, effectivement, pour hospitalisation ou traitement prolongé, c'est ça que vous voulez dire ?

ALEXANDRA
Exactement.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et dans ces cas-là c'est un handicap, j'allais dire, c'est pénalisant évidemment quand un recruteur vous reçoit.

ALEXANDRA
Exactement.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et c'est considéré comme un handicap Sophie CLUZEL.

SOPHIE CLUZEL
Ah complètement, ça fait partie de 80 % des handicaps qui sont invisibles, je rappelle, c'est pour ça que c'est important de pouvoir faire de la pédagogie, que représentent ces handicaps psychiques, ces handicaps qui pénalisent une carrière, qui permettent, comme l'a dit très justement Alexandra, d'avoir des trous dans son CV, mais si on n'en parle pas, on ne comprend pas. Donc il y a une vraie mésentente entre les chefs d'entreprise et les salariés qui souffrent de ces troubles psychiques, au sens large, et je rappelle que 80 % des handicaps sont invisibles.

ELIZABETH MARTICHOUX
80 % des handicaps sont invisibles. Un handicapé sur trois travaille, contre deux personnes valides sur trois en France, une entreprise sur trois répond  l'obligation de 6 %. Il y a un quota, un quota c'est une contrainte, un quota, est-ce c'est vraiment le meilleur moyen de surmonter ce frein culturel qui existe en France pour l'emploi des handicapés ?

SOPHIE CLUZEL
Beaucoup de pays d'Europe ont un quota, aujourd'hui 30 ans après la loi de 87, au lieu d'être à 6 %, nos entreprises sont à 3,5, donc on ne voit pas que c'est assez, c'est pour ça qu'il faut faire de la pédagogie positive, c'est pour ça que j'ai lancé la grande réforme sur la concertation, on est en train de concerter pour pouvoir réformer l'obligation d'emploi, en faire quelque chose de beaucoup plus simple pour les entreprises. Aujourd'hui c'est hyper complexe. Quand vous faites une déclaration vous avez 80...

ELIZABETH MARTICHOUX
Combien ? 80 questions administratives auxquelles les patrons doivent répondre pour avoir l'autorisation d'emploi. 80 !

SOPHIE CLUZEL
Non, ce n'est pas pour avoir l'autorisation, c'est pour déclarer, le fait qu'ils emploient.

ELIZABETH MARTICHOUX
Pour déclarer, donc c'est complètement dissuasif. C'est décourageant.

SOPHIE CLUZEL
Oui c'est beaucoup trop long, administrativement, c'est décourageant. On va simplifier, on va privilégier...

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est-à-dire, vous allez réduire, de façon basique, à combien, 10 obligations ?

SOPHIE CLUZEL
Non, on veut juste avoir l'emploi direct et quelques déductions par rapport aux achats que l'on peut faire, les achats dits responsables auprès de l'entreprise adaptée, mais l'idée c'est de pouvoir faire de la pédagogie positive, inciter les entreprises. On a beaucoup de leviers. Je viens de recevoir un dossier sur des propositions de RSE, avec la plateforme RSE, donc par la responsabilité sociétale des entreprises, on a des leviers et on travaille justement avec Muriel PENICAUD, pour simplifier, pour faire de la déclaration automatique et pour rendre lisibles tous les opérateurs et tous les possibles.

ELIZABETH MARTICHOUX
On va en reparler. J'accueille Louis Van PROOSDIJ, qui vient de nous rejoindre dans le studio. Juste une question encore, Sophie CLUZEL, pourquoi les entreprises qui s'engagent aujourd'hui dans la lutte pour le réchauffement... contre le réchauffement climatique, pour des grandes questions éthiques, pourquoi est-ce qu'elles ne se saisissent pas de ce sujet ? Parce que ça ne fait pas pub ? Parce que ça n'améliore pas l'image de l'entreprise ?

SOPHIE CLUZEL
Non, elles s'en saisissent. Toutes les entreprises du CAC 40 viennent de faire une magnifique tribune...

ELIZABETH MARTICHOUX
On ne les entend pas beaucoup monter au créneau.

SOPHIE CLUZEL
Une magnifique tribune pour dire : on peut faire beaucoup plus et beaucoup mieux, elles sont mobilisées et je pense que c'est l'occasion ou jamais de pouvoir les mobiliser, d'ailleurs elles participent au Duo Day, je pense que ça change le regard sur le handicap, ça permet de voir le talent, les compétences des personnes, c'est un mouvement qui est en train de changer complètement.

ELIZABETH MARTICHOUX
Louis Van PROOSDIJ, donc, bonjour, merci beaucoup de nous avoir rejoints dans ce studio de RTL. On est très heureux de vous accueillir. Quelques mots d'abord sur vous, vous êtes conseiller en transition numérique, vous intervenez dans les entreprises, vous êtes tétraplégique depuis vos 16 ans, quand vous plongez dans une piscine où il n'y a pas assez d'eau. En pleine adolescence vous passez un an à l'hôpital avant de pouvoir reprendre des études. Et donc vous avez 50 ans aujourd'hui vous êtes chef d'entreprise, ça a été long de retrouver votre énergie à ce moment-là, quand vous êtes adolescent et que vous avez cet accident ?

LOUIS VAN PROOSDIJ
En fait, je n'ai pas trop eu le temps de me poser la question parce qu'en fait je voulais poursuivre mes études, et donc finalement j'ai enchaîné assez rapidement, c'est seulement une dizaine d'années après que j'ai eu un effet de, une espèce de passage à vide où je me suis rendu compte du parcours effectué, mais sur le coup, je ne me suis pas spécialement rendu compte.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais est-ce qu'il ne faut pas plus d'énergie, évidemment, en moyenne, pour arriver à faire des études, dans un contexte, on va en parler avec Sophie CLUZEL, où c'est plus compliqué pour tout.

LOUIS VAN PROOSDIJ
Oui, clairement ça demande beaucoup d'énergie, j'ai eu la chance d'en avoir et je pense qu'on n'a pas tous cette chance-là, et c'est pour ça qu'il est très très important de faciliter, en tout cas d'alléger les parcours, parce que beaucoup restent à la porte des études, parce qu'ils n'ont pas forcément le contexte familial stimulant, ils n'ont pas forcément l'énergie eux-mêmes de le faire, et on ne peut pas leur en vouloir, c'est juste qu'il y en a qui ont plus d'énergie que d'autres, et ceux qui aujourd'hui arrivent à passer les différentes barrières, sont ceux qui en ont eu plus que d'autres, beaucoup plus que d'autres.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors, on ne va pas se mentir, Duo Day, quand je vous ai appelé, vous ne connaissiez pas. C'est une initiative qui existe depuis 3 ans, vous la découvrez, vous vous êtes renseigné depuis. Utile ou pas ?

LOUIS VAN PROOSDIJ
Ah je trouve ça extrêmement utile, parce qu'effectivement, on parle de l'intégration, on parle du fait de pouvoir prendre conscience des problèmes des uns et des autres et donc c'est une démarche qui me semble extrêmement, extrêmement efficace, et effectivement, malheureusement je ne la connaissais pas, mais je ne suis pas un expert du handicap non plus, je suis concerné par le handicap, mais je ne suis pas un expert.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais vous dites : c'est important de se connaître les uns les autres, parce que ce sont deux populations étrangères l'une à l'autre ?

LOUIS VAN PROOSDIJ
Non, pas forcément, mais les hasards de vie, les parcours, font que tout le monde n'a pas forcément été confronté au handicap et n'a pas forcément conscience à la fois des difficultés que représente le handicap pour quelqu'un qui le vit au quotidien, et dans l'entreprise souvent il y a de freins qui sont simplement des freins de méconnaissance, d'inquiétude par rapport à ce handicap, alors que quand on a été...

ELIZABETH MARTICHOUX
Des inquiétudes qui portent, quoi, sur la complexité, sur d'abord toute l'adaptation que nécessite l'accueil d'un handicapé dans une entreprise, et puis une forme de crainte quand même non ? Vous, vous m'aviez cité une étude quand on s'est parlé, qu'on ne connaît pas, sur l'absentéisme. L'absentéisme par exemple est moins important chez les personnes handicapées que chez les personnes valides.

LOUIS VAN PROOSDIJ
Oui, alors comme je vous le disais, je n'étais pas un expert, effectivement, du sujet du handicap, mais de mémoire, ce que j'ai pu lire dans le passé, j'ai cru lire à plusieurs reprises qu'effectivement le taux d'absentéisme des personnes en situation de handicap est inférieur à la moyenne et qu'on a également des gens qui en général sont plus productifs et beaucoup plus motivés, qui en fait sont des moteurs pour les gens autour d'eux.

SOPHIE CLUZEL
C'est exactement ce que me disent tous les chefs d'entreprise, quand ils ont démarré justement cette rencontre et que derrière il y a une embauche, ils disent que ça impacte tout le collectif de travail, positivement, donc c'est ça que l'on veut chercher, c'est justement que cette rencontre, parce qu'en fait, il y a une peur, il y a une appréhension au début, et quand ça démarre, après tout est beaucoup plus facile, donc il faut qu'on puisse faire cette rencontre, c'est l'objective du Duo Day.

ELIZABETH MARTICHOUX
Il y a une phrase d'EINSTEIN, qui est citée sur le site de cette opération Duo Day : « Il est plus facile de désintégrer un atome qu'un préjugé ».

SOPHIE CLUZEL
C'est vrai.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ils sont encore extrêmement forts. Philippe CROIZON, qu'on connaît bien, qui est cette personne charismatique extraordinaire, qui a fait des exploits sportifs malgré ses handicaps, il raconte que quand il fait une conférence pour raconter ses exploits, il fait salle comble, et que quand il vient dans une entreprise pour parler insertion, il n'y a plus personne, il y a trois personnes dans la salle, alors que c'est le même, c'est le même Philippe CROIZON, avec le même charisme.

SOPHIE CLUZEL
C'est pour ça qu'il faut parler de la personne et pas de son handicap et de ses talents et de ses compétences. C'est bien de changer le regard sur le handicap qui est le maître mot sur le Duo Day, donc je pense qu'en effet c'est un événement important. Pourquoi vous en avez entendu parler ? Parce que c'était assez régional jusqu'à présent, et je tiens à saluer le Lot-et-Garonne qui a porté depuis 3 ans, c'est nos amis irlandais, ça ne se passe pas qu'en France, le Duo Day, c'est européen, en Irlande, en Belgique, en Corée du Sud, puisque l'ambassadeur a lancé le Duo Day suite aux Jeux Paralympiques, il a vu l'importance de changer le regard sur le handicap, en Nouvelle-Zélande. Voilà, l'idée c'est de pouvoir amplifier cette journée pour donner envie vraiment aux chefs d'entreprise de regarder différemment la personne en situation de handicap.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors, Louis Van PROOSDIJ, 10 pour vous la clef, malgré tout, c'est l'école. C'est ça qui permettra vraiment l'intégration, ce qu'on appelle l'inclusion des personnes handicapées.

LOUIS VAN PROOSDIJ
Oui oui, d'ailleurs c'est valable dans tous les domaines et pas que le handicap. Je pense que quand on est confronté dès l'école à vivre ensemble, en termes de handicap ou de culture, je pense que c'est un élément essentiel pour ensuite pouvoir construire une société où on a conscience les uns les autres et où les choses se passent de manière beaucoup plus ... Donc oui l'école est la clef, et toutes les démarches qui ont été entreprises ces dernières années sur l'accueil beaucoup plus, enfin, mieux structuré d'enfants handicapés, visant à réduire petit à petit le nombre d'enfants qui étaient cloisonnés dans des établissements spécialisés, est vraiment très très important.

ELIZABETH MARTICHOUX
Par exemple, pour vous, l'aberration c'est les écoles spécialisées.

LOUIS VAN PROOSDIJ
Non non ce n'est pas une aberration, parce que je pense que malheureusement il y a des handicaps qui sont extrêmement lourds, avec des suivis médicaux qui sont très importants...

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, qui nécessitent ça.

LOUIS VAN PROOSDIJ
... et on ne pourra pas s'affranchir d'avoir des établissements spécialisés. En revanche il est important que des enfants qui peuvent être scolarisés dans un milieu ordinaire, puissent l'être au maximum et finalement de réserver les établissements spécialisées qu'à des enfants qui seront, malheureusement qui auront besoin d'un suivi beaucoup plus important.

SOPHIE CLUZEL
Oui mais pas contre ces établissements spécialisés, on peut les mettre à côté des écoles, c'est ça, c'est vraiment la mixité que l'on cherche, c'est changer le regard depuis la petite enfance. Quand je suis allée dans d'autres pays d'Europe, il n'y a des établissements, il y a qu'une seule entrée, c'est l'école de la République et après il y a des solutions différentes, et on peut mettre ces plateaux, ces établissements spécialisés au sein des groupes scolaires, c'est l'école de demain qu'on est en train de bâtir avec Jean-Michel BLANQUER, déplacer le centre de gravité du médico-social dans les murs de l'école, faire cette école inclusive, faire cette entreprise inclusive, donner les moyens de circuler aux personnes bien accompagnées. Il faut qu'on sécurise les parcours, ça c'est très important.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous me disiez qu'il y a une concertation en ce moment sur un projet de réforme, pour améliorer effectivement l'accès à l'emploi des personnes handicapées, commencer par simplifier, est-ce que l'obligation d'emploi va demeurer et est-ce qu'elle va toucher également les entreprises de moins de 20 personnes, puisqu'aujourd'hui ça n'est pas le cas ?

SOPHIE CLUZEL
Alors en fait, il y a un consensus pour dire que ce quota de 6 % est quand même incitatif, on l'a vu dans les grands groupes, il y a eu une culture handicap qui s'est installée à travers la mission handicap. L'objectif c'est de ne pas charger les entreprises d'au moins, mais par contre, les inciter à déclarer, c'est tous concernés, nous nous déclarons tous.

ELIZABETH MARTICHOUX
L'objectif c'est de ne pas...

SOPHIE CLUZEL
Que les moins de 20, nous ne touchons pas...

ELIZABETH MARTICHOUX
Les moins de 20 personnes.

SOPHIE CLUZEL
Celles de moins de 20 personnes, ne contribuera pas financièrement, en revanche, je souhaiterais qu'elles déclarent, parce que dans les TPE il y a déjà plus de 80 000 personnes handicapées qui sont embauchées dans les TPE, elles font déjà beaucoup, il faut qu'on le sache c'est tout. Donc simplifions énormément la déclaration, pour que ça soit juste, je coche ma case « oui j'ai une personne handicapée », comme ça, on le saura, on pourra faire des statistiques beaucoup plus fines, donc avoir une vraie vision des besoins des entreprises, parce que ce n'est pas que la personne qu'il faut accompagner, c'est l'entreprise, le collectif de travail.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et il y a des entreprises qui réduisent les amendes en signant des accords de partenariat avec des associations d'insertion. Vous dites quoi ? C'est trop facile, il faut arrêter avec ça ?

SOPHIE CLUZEL
Non, ce n'est pas du tout trop facile, il y a des entreprises en France, on a un panorama, c'est comme les établissements spécialisés dont monsieur parlait, on a des entreprises dites de travail un peu protégé, adapté. Elles font un bon boulot, mais ça ne représente que 120 000 personnes et donc celles-là il faut les accompagner, ça devrait être des passerelles à l'emploi pour les personnes qui ont le plus besoin justement d'encadrement, pour autant elles ont toutes leur place dans le panorama, et en effet un chef d'entreprise qui fait appel à ses achats responsables comme on dit, doit pouvoir en effet les déduire, ça il n'y a pas de problèmes là-dessus.

ELIZABETH MARTICHOUX
Louis Van PROOSDIJ, qu'est-ce qui vous a le plus aidé, pour finir pour conclure, vous, pour votre insertion en entreprise et qu'est-ce que vous recommandez ?

LOUIS VAN PROOSDIJ
Je ne suis pas un très bon exemple, parce qu'en fait, moi j'ai créé ma première entreprise juste après mes études, et je suis un « salarié entrepreneur », donc non, je pense que ce qui m'a aidé, c'est une drôle de question, je ne m'y attendais pas du tout... Non, je crois que ce que qui m'a aidé c'est d'avoir beaucoup d'énergie, d'être très résilient, et j'essaie aujourd'hui, comme je peux, de transmettre ça et de voir de quelle manière on peut faire en sorte que des gens qui ont un peu moins d'énergie, qui sont un peu moins résilients, ne restent pas la porte.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci beaucoup Alexandra, merci beaucoup Louis Van PROOSDIJ et Sophie CLUZEL, d'avoir été ce matin dans ce studio pour parler du Duo Day.

YVES CALVI
Et donc ce matin sur RTL c'était Trio Day, puisqu'en plus de la ministre, nous étions avec Alexandra et Louis Van PROOSDIJ. Merci à tous les trois.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 27 avril 2018

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