Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale à France-Inter le 18 mai 2018, sur la mise en place des réformes de l'enseignement, notamment sur l'éducation prioritaire et l'orientation scolaire. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale à France-Inter le 18 mai 2018, sur la mise en place des réformes de l'enseignement, notamment sur l'éducation prioritaire et l'orientation scolaire.

Personnalité, fonction : BLANQUER Jean-michel, DEMORAND Nicolas.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale;

ti :

NICOLAS DEMORAND
L'invité du Grand Entretien ce matin est le ministre de l'Education nationale. Il publie chez Odile Jacob « Construisons ensemble l'Ecole de la confiance ». Sonia BOURHAN, spécialiste éducation à la rédaction de France Inter, intervient dans 10 minutes, vos propres questions amis auditeurs au 01.45.24.7000, sur les réseaux sociaux et via l'application France Inter. Bonjour Jean-Michel BLANQUER.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bonjour.

NICOLAS DEMORAND
« Construisons ensemble l'Ecole de la confiance », ce livre est d'abord et avant tout un bilan d'étape méthodique de votre action ces 12 derniers mois rue de Grenelle, à la fois sur le plan des principes, des idées et puis la description de ce que vous avez fait en primaire, au collège, au lycée, des réformes que vous avez réalisées. Vous fallait-il mettre ou remettre de la cohérence dans votre action et si oui, laquelle ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, la cohérence elle y est, j'espère bien mais il faut surtout expliquer et la montrer cette cohérence, tout le monde n'a pas le nez sur ces sujets toute la journée. L'objectif c'est de montrer aux lecteurs ce qui s'est passé depuis 1 an, pourquoi ça fait sens, pourquoi c'est cohérent d'abord avec les engagements pris par le président de la République pendant la campagne ; et puis aussi pourquoi tous ces éléments sont cohérents entre eux et aussi pourquoi nous sommes dans une situation évidemment intermédiaire, puisqu'un an c'est à la fois beaucoup et peu. Et donc au bout d'une année, je veux montrer que d'abord beaucoup de choses ont été amorcées ou faites ; et puis surtout qu'elles préparent d'autres évolutions et que pour que tout ceci réussisse, il faut qu'il y ait une certaine unité de la société française autour de son école. Et c'est peut-être le but principal du livre, c'est de contribuer à ça, c'est-à-dire que si on explique on peut créer plus de compréhension et s'il y a plus de compréhension, il y a aussi plus d'interactions parce que vous savez, le système ne repose pas juste les décisions d'un ministre, il repose sur l'action de plus d'un million de personnes, sans parler des élèves eux-mêmes, 12 millions de leurs parents. Donc ça concerne tout le monde et les sociétés qui ont une école qui va bien sont des sociétés qui font confiance à leur école. Donc moi si vous voulez, j'ai d'abord une immense gratitude vis-à-vis des professeurs de France, des personnels de l'Education nationale, parce qu'ils ont montré leur réactivité, leur efficacité. Par exemple, pour faire la division des classes de cours préparatoires par deux en Réseau d'éducation prioritaire renforcé ou pour mettre en place la mesure devoirs faits dans une bonne partie des collèges. Toute cette réactivité, tout ce professionnalisme, il est aussi important de le faire reconnaître par la société française.

NICOLAS DEMORAND
Vous pensez que les profs vous font confiance ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors ils sont 850.000, donc bien entendu je ne prétendrai pas que…

NICOLAS DEMORAND
Vous devez avoir des outils pour mesurer le sentiment que vous suscitez.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, il y a parfois des enquêtes, des sondages…

NICOLAS DEMORAND
Mais globalement, vous voyez…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Moi ce que je sens si vous voulez, c'est globalement… je vous répondrai oui quand même, d'abord parce que je vais très souvent sur le terrain, je vois beaucoup de professeurs et je vois effectivement cet esprit de confiance, qui est quand même aussi une expectative. Ce n'est pas une confiance aveugle, certainement pas, mais en tout cas il y a beaucoup de choses que les professeurs attendaient, qui sont soit de l'ordre du discours, soit de l'ordre de l'action, mais qui en tout cas étaient attendus. Parce que les professeurs savent… par exemple si vous êtes professeur en collège, vous savez bien que vos élèves ont des difficultés de maitrise du français, écrit en particulier et même oral et que vous avez besoin de renforcer la grammaire. Si vous êtes professeur des écoles, vous savez bien qu'il y a des problèmes de société auxquels j'essaie de m'attacher, comme par exemple l'addiction aux écrans et des problèmes de ce type. Donc les professeurs ont…

NICOLAS DEMORAND
Est-ce que vous sentez de la défiance aussi ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je sens qu'il y a des professionnels de la défiance, ça oui, je les ai vus dès le début, je n'étais pas là depuis 24 h 00…

NICOLAS DEMORAND
Qui ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Vous avez des sites web ou des organisations qui sont spécialisés là-dedans…

NICOLAS DEMORAND
Syndicales ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ça peut arriver mais je… en même temps je ne suis pas… je ne cherche pas à dénigrer ou à être justement dans le même état d'esprit. Mais il y a des gens même qui sont devenus… enfin parfois j'ai l'impression que c'est leur temps plein qui est consacré à…

NICOLAS DEMORAND
Des professionnels de la défiance, c'est qui, ce sont les intellectuels qui partagent… qui ne partagent pas vos prises de position, vos orientations, essayez de nous dire ce qui résiste ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Moi, je crois que ça ne mérite pas qu'on y passe le peu de temps que nous avons ensemble. Chacun peut voir…

NICOLAS DEMORAND
Non mais qu'on sache quand même.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Allez sur Internet, vous les verrez, c'est une minorité, justement ne lui donnons pas tant d'importance que ça. La grande majorité des professeurs ont envie que ça marche et moi… le but du livre, c'est aussi de leur parler directement aux professeurs et aussi à tout le personnel de l'Education nationale…

NICOLAS DEMORAND
Et aux parents aussi.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Et aux parents bien entendu, en leur disant : attention ! Ecoutez ce que je dis et lisez ce que j'écris, plus que les commentaires de… parce que très souvent le message est transformé. Or pour un système aussi grand, on a besoin d'avoir une communication claire entre nous.

NICOLAS DEMORAND
Jean-Michel BLANQUER, vous citez l'émancipation des élèves, ces futurs citoyens, l'apprentissage de la langue, de la culture commune, de notre histoire, de notre patrimoine littéraire, le calcul, le calcul mental, bref ! Les fondamentaux comme on dit d'un mot qui n'est pas très beau. Mais on peine à déceler à la lecture de ce livre quelle est exactement la philosophie de l'Education que vous défendez, est-ce qu'il y en a une ou est-ce que même poser la question, c'est ancien monde ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ce n'est pas du tout ancien monde de poser la question…

NICOLAS DEMORAND
Alors quelle philosophie ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je pense que c'est très clair dans le livre…

NICOLAS DEMORAND
Non mais expliquez !

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ne serait-ce qu'en citant plusieurs fois Emmanuel KANT auquel je suis très attaché…

NICOLAS DEMORAND
D'accord, donc vous êtes ancien.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, on peut peut-être le dire en effet. En tout cas, je pense qu'éducation est synonyme de liberté, que donc ce qui fait sens dans l'éducation c'est de donner plus de liberté à l'élève au fur et à mesure de son parcours, c'est une liberté de construction. Pour qu'il en soit ainsi, il faut donner les savoirs fondamentaux à l'école primaire pour structurer l'enfant, pour lui donner les outils pour la suite. Et plus il va monter en âge, plus on va pouvoir lui donner évidemment des possibilités de choix. C'est le sens de la réforme du baccalauréat et du lycée qui va permettre d'ouvrir les choix et aussi de se donner plus d'atouts pour la suite, pour réussir ses études supérieures.

NICOLAS DEMORAND
Qu'avez-vous raté Jean-Michel BLANQUER ou sous-estimé ces 12 derniers mois, quel est votre propre bilan à vous, grand spécialiste de l'éducation, bilan donc d'un ministre société civile du gouvernement ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je pense que je parlerai mieux de ce qui n'a pas fonctionné quand… je pense que pour l'instant…

NICOLAS DEMORAND
Vous devez avoir des doutes et des remords en cours de route.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non mais j'aime bien passer l'émission à parler de ceux qui me dénigrent et de ce qui a raté mais…

NICOLAS DEMORAND
Non mais c'est important aussi, ce qu'on a sous-évalué par exemple.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Il y a beaucoup de choses qui sont complexes, ce n'est pas que je ne les avais pas vues mais qui sont parfois difficiles à dépasser. Il y a tout simplement aussi l'immensité des sujets si vous voulez, on ne saurait la sous-estimer parce que l'éducation c'est multifactoriel. Celui qui arrive en disant « j'ai la solution » est forcément un imposteur, c'est un éventail de solutions, c'est une boîte à outils qu'on doit donner à la disposition des acteurs que sont notamment les professeurs. Et donc de ce point de vue-là ce qui est difficile, c'est d'arriver à faire tout ce qu'il y a à faire de façon systémique, de façon cohérente. Et c'est bien pour ça que j'ai écrit ce livre, c'est justement pour donner cet élément de cohérence.

NICOLAS DEMORAND
Vous décrivez précisément au tout début du livre ou à la fin, je ne me souviens plus, mille excuses, ça se confond, la méthode que vous avez voulu employer, ne pas arriver en faisant une immense loi, la loi Blanquer sur l'école et l'éducation, mais partir de réformes locales en quelque sorte en espérant qu'elles aient une puissance transformatrice. Mais vous dites : le temps de la loi viendra de la loi sur l'école, une loi pour quoi, une loi pour dire quoi, quels sont encore les grands chantiers que vous avez devant vous ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
En fait ce que j'ai expliqué tout de suite en arrivant, c'est en effet ce que vous avez dit, c'est-à-dire pas une sorte de grande loi initiale qui, souvent d'ailleurs, absorbe toute l'énergie et avec des résultats qui sont petits, l'objectif…

NICOLAS DEMORAND
Sauf sur le plan narcissique.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Voilà ! L'objectif c'est plutôt d'avoir des effets de levier à partir de mesures concrètes comme ce qui s'est passé pour l'école primaire et d'autres mesures dont on pourrait parler. Donc c'est ça la méthode. Mais à un moment donné, vous avez besoin d'une transformation législative mais pour des raisons très concrètes. Et là l'exemple type, c'est la scolarité obligatoire à 3 ans qui a été annoncée par le président de la République il y a un mois. Nous aurons besoin d'une loi pour le faire, donc nous le ferons en 2019. Et cette loi sera l'occasion un petit peu de récapituler certaines choses, mais je n'en fais pas l'alpha et l'oméga de ce que nous allons faire. Ceci étant…

NICOLAS DEMORAND
Mais est-ce que vous avez…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Cette décision est de nature un peu historique, vous savez. Hier j'étais dans l'Orne, donc en milieu rural, à un moment donné j'ai eu une discussion avec une professeure très intéressante en dehors de l'école, qui intervenait en milieu rural. Elle me parlait de l'extrême pauvreté en matière rurale et on a parlé par exemple d'enfants qui ne vont pas à l'école maternelle aujourd'hui, ils sont environ 25.000 en France aujourd'hui à ne pas y aller. Cette loi va avoir beaucoup d'importance pour cela. Donc là, on parle de choses extrêmement concrètes et vous savez, j'attache une très grande importance aux premières années de la vie, à ce qui se passe avant 7-8 ans. C'est pourquoi l'école maternelle, le CP et le CE1 sont l'objet de toutes les attentions.

NICOLAS DEMORAND
Une question sur la lecture, je ne sais pas si cette enquête sociologique est encore valable, c'était celle de BAUDELOT. Et pourtant, ils lisent sur les pratiques de lecture, des petits lecteurs à l'école. Quand ils sont petits, ils adorent lire et ils lisent beaucoup, il y a une sorte de rapport magique au livre.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Exact.

NICOLAS DEMORAND
Hop ! On passe au collège et là c'est fini, souvent parce que la dimension purement affective au livre disparaît au profit d'une analyse très serrée, très sérieuse, on commence à faire de la rhétorique, de la naratologie. Est-ce que ça c'est fini Jean-Michel BLANQUER ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors oui, je veux vous dire oui, c'est très vrai tout ce que vous venez de dire. D'abord il y a des études qui montrent tout ce que vous venez de dire, mais qui dépassent la France, il y a donc plusieurs problèmes dans ce que vous avez dit. Les élèves arrivent avec cette belle curiosité à l'école et c'est tout le sujet de l'école que de la maintenir cette curiosité, cet appétit de savoir qui se traduit notamment par la lecture. Et puis à l'âge du collège, la lecture baisse en même temps que l'exercice physique, ce sont deux choses qui sont en déclin à partir de la 6ème. Et bien entendu le grand concurrent de ces deux activités fondamentales, c'est quand même l'écran. Et je ne suis pas du tout anti-technologique, nous allons faire beaucoup de choses avec le numérique, mais il faut vraiment avoir du discernement en la matière ; et bien se rendre compte que cette civilisation des écrans dans laquelle nous sommes rentrés a un rôle et qu'il faut le traiter ce rôle. C'est un message…

NICOLAS DEMORAND
Et c'est l'écran ou la naratologie…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors donc premièrement, je voulais d'abord dire ça parce que c'est structurel et c'est mondial ce que je viens de dire. Et puis il y a un aspect français que vous avez souligné en effet ; et qui est la conception même de la discipline qu'est le français… et même de ce qui se passe en français dans d'autres disciplines. Et en effet vous avez raison, il y a eu une tendance ces dernières décennies à être techniciste dans l'approche du français, alors que la lecture c'est d'abord et avant tout du plaisir. Et donc la fréquentation de la littérature, y compris la littérature patrimoniale, la littérature ancienne, il ne faut pas avoir peur de ça, le 19ème siècle est magnifique en littérature et la littérature contemporaine. Cette culture générale et ce plaisir qu'on doit donner aux enfants, oui, doivent être au premier plan et je l'ai clairement affiché.

NICOLAS DEMORAND
Alors avant de donner la parole à Sonia BOURHAN dans une dernière question, la laïcité évidemment traverse votre livre, vous décrivez ce que vous avez voulu mettre en oeuvre, quelle est votre approche du sujet ? Une porte-parole voilée de l'Unef a été vue à la télévision, cette jeune fille a parfaitement le droit d'être voilée, mais comment avez-vous reçu l'image ou le symbole Jean-Michel BLANQUER ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Nous sommes une démocratie et bien entendu, comme vous l'avez rappelé, elle a le droit d'être voilée dans cette démocratie, c'est la beauté de notre pays ceci et on doit se battre pour la liberté de tous de faire des choix. Maintenant, on voit bien que si une présidente de l'Unef est voilée, c'est quand même un changement d'époque et d'ailleurs les fondateurs historiques de l'Unef l'ont dit. Et ça ne peut pas ne pas nous interpeller d'une certaine façon parce que je connais assez bien l'Unef pour avoir vu depuis longtemps… pour moi c'était synonyme de féminisme, synonyme d'égalité homme-femme…

NICOLAS DEMORAND
Et là ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je ne suis pas certain que ce soit le message renvoyé de cette façon-là.

NICOLAS DEMORAND
Il est 8 h 34, Jean-Michel BLANQUER, ministre de l'Education nationale, auteur de « Construisons ensemble l'Ecole de la confiance » est l'invité de France Inter.

(…)

NICOLAS DEMORAND
Sonia BOURHAN.

SONIA BOURHAN
Bonjour. 7 millions de voeux formulés dans Parcoursup, les réponses vont arriver à partir de mardi. Est-ce que vous pouvez assurer à tous les candidats, tous les élèves de terminale que tout se passera bien et qu'ils auront bien une place dans l'enseignement supérieur ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, c'est l'objectif bien entendu auquel on a travaillé avec Frédérique VIDAL, la ministre de l'Enseignement supérieur. Tout ne se joue pas le 22 mai, ça je crois que c'est important de le dire tout de suite, tout le monde n'aura pas sa place définie le 22 mai, pas plus que ça n'était le cas les années précédentes. Comme vous le savez, le système que l'on a voulu c'est un système qui permet de passer du tirage au sort à une véritable rationalité de l'affectation de tous, tout en permettant à chacun de trouver sa place. Et donc chacun trouvera sa place, nous allons nous y atteler, ça va se passer en plusieurs temps, il y a tous ceux qui auront tout de suite une réponse et puis au fil de l'eau, des réponses seront données notamment tout au long du mois de juin. Et donc notre objectif, c'est évidemment l'affectation de tous, il y a eu aussi des créations de places, il faut bien le dire, 17.000 places créées dans les filières en tension. Moi-même, j'ai créé des places en BTS notamment pour que des bacheliers professionnels puissent y accéder davantage, parce que c'est en BTS que les bacheliers professionnels réussissent davantage quand ils font des études supérieures que dans d'autres secteurs. Donc tous ces éléments que je qualifierai de rationnels, nous les avons développés au bénéfice des élèves, qui d'ailleurs en sont conscients.

SONIA BOURHAN
Vous avez aussi décidé d'engager une loi sur le portable à l'école et au collège, est-ce que ce n'est pas démagogique, la plupart des collèges interdisent déjà le portable, est-ce que vous aurez les moyens de faire appliquer cette loi ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, bien entendu, d'ailleurs c'est une loi… ça va être une proposition de loi, ça nous renvoie à ce qu'on disait tout à l'heure. Dans le livre, j'explique bien ce rapport que nous devons avoir avec la technologie et, donc, il y a des aspects positifs et négatifs pour les raisons que nous avons vues il y a un instant. Le téléphone portable peut avoir des aspects très nuisibles, c'est vrai en termes d'addiction, c'est vrai en termes de harcèlement. Avant-hier, je donnais des prix à des élèves qui luttent contre le harcèlement, j'ai parlé de ça avec eux, les enfants savent très bien que le Smartphone souvent sert à cela et qu'il peut avoir… si tout le monde est mis à égalité devant cette question, cela se passera bien. Et donc oui, ce sera établi par la loi mais aussi par des consignes pratiques que nous donnerons, avec une liberté de choix dans les modalités pour les collèges. Et donc ce sera une réalité à la rentrée prochaine.

SONIA BOURHAN
Mais qu'est-ce qui changera vraiment par rapport à ce qui se passe aujourd'hui ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Aujourd'hui vous avez… alors d'abord 1) aujourd'hui vous avez des collègues où c'est interdit totalement et ils vont bien, ça se passe bien pour eux. Donc pour tous ceux qui disent que tout ceci n'est pas faisable, c'est déjà la première réplique essentielle, c'est-à-dire qu'en réalité bien sûr que c'est faisable quand on le veut. Et deuxièmement ce qui va se passer, c'est que tous les collèges seront dans cette situation, pas seulement dans la salle de classe mais aussi dans l'établissement. Quand il y a un usage pédagogique du Smartphone, alors l'autorisation pourra être donnée évidemment spécifiquement.

NICOLAS DEMORAND
Sonia BOURHAN.

SONIA BOURHAN
Il y a une réforme dont on parle peu, celle de l'orientation qui est pourtant essentielle. Vous allez déléguer aux régions les CIO, les Centres d'information et d'orientation. Alors les personnels sont inquiets pour leur avenir et craignent une rupture d'égalité sur le territoire. Qu'est-ce que vous leur répondez ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors ce n'est pas tout à fait ce que vous avez dit. D'abord c'est vrai qu'il y a une grande évolution de l'orientation, ça se traduit dès la rentrée prochaine pour les élèves de seconde qui auront 54 heures d'orientation dans l'année. C'est donc très important, nous avons pris toute une batterie de mesures et c'est vrai que dans la loi qui arrive ces prochains jours, portée par Muriel PENICAUD mais aussi en partie par moi-même, nous allons… finalement nous consacrons ce qui a déjà été dit dans le passé, c'est-à-dire la compétence en matière d'orientation des régions, de façon à ce qu'au plus près du terrain les régions puissent aider les élèves à avoir plus d'informations sur les filières d'enseignement supérieur et sur les métiers. Et donc c'est une mesure à la fois très pragmatique et dans l'intérêt des élèves, parce que je pense que nous savons tous qu'aujourd'hui il y a beaucoup de progrès à faire pour que l'orientation soit plus réussie. Nous avons dit que nous mettrions les Centres d'information et d'orientation dans les établissements, ça ne veut pas dire que nous les donnons aux régions, ça signifie simplement que nous les mettons au plus près des élèves. Donc ce qui va se passer dans le futur, c'est qu'il y aura une compétence de principe des régions, mais il y aura encore une forte action de l'Etat, évidemment de l'Education nationale sur ce sujet, y compris au travers de ces personnels, une plus grande responsabilisation des professeurs, c'est ce qu'on a fait cette année avec un deuxième professeur principal en terminale, pour aider l'élève a justement s'orienter dans Parcoursup. Et donc c'est une batterie de mesures là aussi qui vont aller évidemment dans l'intérêt de l'élève.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 23 mai 2018

Rechercher