Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale à RTL le 22 mai 2018, sur l'orientation scolaire et notamment le dispositif Parcoursup. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale à RTL le 22 mai 2018, sur l'orientation scolaire et notamment le dispositif Parcoursup.

Personnalité, fonction : BLANQUER Jean-michel, MARTICHOUX Elizabeth .

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale;

ti :


YVES CALVI
Elizabeth MARTICHOUX, vous recevez donc ce matin le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel BLANQUER.

ELIZABETH MARTICHOUX
Bienvenue dans ce studio, Jean-Michel BLANQUER. Bonjour à vous.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bonjour.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous êtes sur RTL, ce matin, on va beaucoup parler de Parcoursup, qui va effectivement, je rebondis sur le titre de votre livre, « Construisons ensemble l'école de la confiance » chez Odile Jacob, de Parcoursup, je dois le dire, dépendra beaucoup la confiance que 810.000 élèves de terminale et des millions de parents vont avoir en vous et en Frédérique VIDAL dans les semaines qui viennent. Un tout petit mot d'abord si vous le permettez, la grève dans la Fonction publique, on aura des chiffres de participation vers midi à l'Education nationale, vous avez une indication de mobilisation d'ores et déjà ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est trop tôt pour le dire, puisque, comme vous le dites, c'est à la mi-journée qu'on aura les chiffres, et je pense que ce sera une mobilisation qui ne sera pas plus forte que la dernière, qui était faible, donc on devrait être à moins d'un quart, assez nettement moins d'un quart de grévistes.

ELIZABETH MARTICHOUX
Moins d'un quart de participation, moins de 20 %, dites-vous du corps enseignant…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors là, ce serait moins d'un cinquième, mais…

ELIZABETH MARTICHOUX
Et de l'administration, moins d'un cinquième, pardon. Moins d'un quart…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Enfin, j'ai dit moins d'un quart donc, moins, de 25 % donc…

ELIZABETH MARTICHOUX
Moins d'un quart, il faut aussi que j'aille prendre des cours, moi…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Aussi, je vois que vous êtes un peu comme moi…

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, c'est un peu loin. Est-ce que ça risque d'affecter la publication très attendue des premiers résultats de Parcoursup cette grève dans la Fonction publique ? Est-ce que ça peut avoir un effet ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, non, pas du tout, non, non, les choses sont automatisées sur ce point, non, non, il n'y a aucun impact sur le fait d'avoir…

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est sûr, aucune inquiétude sur le fait que le système informatique risque de bugger à cause de cette grève ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, non, il n'y a aucune raison d'avoir une peur particulière là-dessus, non, non, ce soir, comme prévu, nous serons au rendez-vous.

ELIZABETH MARTICHOUX
Au rendez-vous, c'est-à-dire, 18h, les premiers SMS sur les applis des portables des élèves de terminale vont partir à 18h ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est cela. Tout à fait.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et là, ils auront la réponse. Alors, c'est vrai, c'est une heure de vérité pour vous, est-ce que toutes les universités ont eu le temps de remonter les dossiers, il n'y a pas de retardataires ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, les universités ont fait le travail, vous savez, ma collègue Frédérique VIDAL, la ministre de l'Enseignement supérieur, a beaucoup travaillé avec les présidents d'université, en particulier pour une mobilisation dont il faut remercier d'ailleurs tous les acteurs de cette mobilisation, parce que c'est vrai que c'est un système nouveau qui est fait pour remplacer un système qu'il n'allait plus, et cela a supposé la mobilisation de beaucoup de gens, aussi bien dans l'enseignement secondaire que dans l'enseignement supérieur. Moi, je voudrais remercier les professeurs de lycées qui ont été formidables dans cette affaire, avec notamment un deuxième professeur principal dans chaque classe de terminale, vous aviez des conseillers d'orientation qui se sont eux aussi mobilisés très fortement, qui vont continuer à le faire d'ailleurs au cours des prochaines semaines, parce qu'on aura des équipes qui viendront pour regarder quand il y aura encore des questions, des problèmes pour aider les élèves…

ELIZABETH MARTICHOUX
Qui viendront où ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Dans les établissements, c'est une des choses que nous avions dites et qui s'est déjà vérifiée, c'est que le processus serait plus humain, autrement dit, qu'il y aurait plus d'accompagnement. Et c'était vrai aussi bien au lycée avec une approche personnalisée que dans l'université, où beaucoup de personnes, notamment des professeurs, se sont mobilisées pour travailler aux différents dossiers des élèves.

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est tellement attendu qu'il y a même sur les réseaux sociaux une rumeur selon laquelle il y aurait une cellule d'aide psychologique pour aider ceux qui éventuellement seraient traumatisés par la procédure, c'est vrai, c'est faux, non, il n'y a pas de cellule d'aide psychologique…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Pas que je sache, non, pas que je sache, non, non, je ne crois pas…

ELIZABETH MARTICHOUX
Chaque voeu, Jean-Michel BLANQUER, et il y a en moyenne 7 voeux par élève, il y en a 810.000 élèves, vous faites la multiplication, chaque voeu aura ce soir sa réponse, oui, oui-si, non, en attente.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Tout à fait.

ELIZABETH MARTICHOUX
Chaque voeu. Est-ce que vous avez déjà, déjà, une évaluation du nombre de réponses positives qui vont être données ce soir aux élèves de terminale ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, nous avons déjà une évaluation, même si ça va se préciser au fil de la journée, mais nous savons que donc plus de la moitié des élèves auront une réponse positive dès aujourd'hui…

ELIZABETH MARTICHOUX
Plus d'un élève sur deux aura un oui ce soir à un de ses voeux ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, ce soir, aujourd'hui, oui, ce soir, à 18h, tout à fait. Et ce qui est intéressant de noter, c'est que, et chacun doit le savoir aussi, c'est que, il est demandé à chacun de renoncer à ce qu'il ne prend pas, autrement dit, si on a un oui, il faut renoncer aux autres oui qu'on a…

ELIZABETH MARTICHOUX
A toutes les autres demandes ou tous les oui qu'on a eus…

JEAN-MICHEL BLANQUER
On peut avoir plusieurs oui, vous le savez, donc quand on a plusieurs oui, il faut accepter l'un des oui, et, bien entendu, refuser les autres. Quand vous refusez les autres, vous libérez autant de place pour les autres, et donc au fil des jours, ceux qui n'ont pas eu un oui immédiatement vont eux-mêmes avoir un oui, tout ceci est très transparent d'ailleurs, parce que quand on est mis en liste d'attente, on voit…

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, son ordre de classement…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Progressivement son ordre de classement.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais ce que vous dites, c'est qu'il faut arbitrer entre ses oui suffisamment rapidement pour que, effectivement, ça bénéficie à ceux qui sont sur les files d'attente, c'est ça…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Absolument.

ELIZABETH MARTICHOUX
Rapidement, ça veut dire, c'est mieux le plus vite possible, puisque c'est actualisé tous les jours, mais il y a une semaine de délai, c‘est ça ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, à chaque fois, on précise le délai, donc il faut évidemment le respecter, mais c'est quelques jours évidemment. Ce qui fait que vous allez avoir une première vague aujourd'hui, puis, vous allez avoir une deuxième vague tout au long des prochains jours, tout ceci…

ELIZABETH MARTICHOUX
Tous les jours, c'est actualisé ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, c'est actualisé en permanence, et c'est pour ça qu'il faut avoir l'application sur son téléphone, elle est très pertinente, parce qu'elle vous donne une alerte dès que vous avez du nouveau, une réponse qu'elle quelle soit, donc voilà, je pense qu'il faut voir tout ça avec beaucoup de sérénité puisque les choses sont en train de fonctionner avec un système beaucoup plus rationnel que le système précédent qui, en effet, comme vous le disiez, a demandé beaucoup de travail aux uns et aux autres, mais qui aujourd'hui est en train de donner ses fruits.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et en tout cas, ce qui est important, c'est que – vous le dites – c'est déjà une indication, plus de 50 % de oui dès ce soir. On va faire un focus, comme on dit en bon français, sur ce qui a remplacé le tirage au sort dans les filières embouteillées, puisque c'est ça principalement qui a justifié le remplacement d'APB par Parcoursup, les filières embouteillées, on le dit, c'est STAPS, c'est-à-dire le sport, le droit et la psycho ; terminé le hasard, dès ce soir, les élèves qui auront été jugés compétents pour ces filières auront un oui et ils seront pris. Il n'y aura pas de tirage au sort là-dessus ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, bien sûr, non, bien sûr, ça en est fini du tirage au sort. Il y a eu des créations de places supplémentaires, par ailleurs, dans d'autres domaines qui sont un petit peu en tension, comme les BTS, qui relèvent de ma responsabilité, on a créé des places, on les a créées notamment pour les bacs professionnels, parce que c'est là que les bacheliers professionnels, lorsqu'ils veulent faire des études supérieures, réussissent le mieux, donc si vous laissez, c'est des décisions rationnelles qui ont été prises, et dans un sens humain, je crois que c'est les deux mots clés de ce qui est en train de se passer…

ELIZABETH MARTICHOUX
L'an dernier, il y avait 33.000 candidats en sport, en STAPS, pour 17.000 places, il y a, cette année, 20.000 places, vous en avez rajouté 3.000, le gouvernement, et vous savez combien il y a de candidats ? Il y a plus encore de candidats aussi ou pas ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je n'ai pas le chiffre des candidats immédiatement, là, mais ce qui est certain, c'est que tout ceci a permis aux uns aux autres de réfléchir, parce qu'on a affiché les attendus de chacune des formations, donc ça signifie que lorsque vous étiez candidat pour cette formation ou une autre, vous connaissiez les attendus, donc ceux qui n'avaient pas toutes les possibilités pour réussir ensuite ont parfois été ainsi incités à s'inscrire dans d'autres filières…

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, il y avait un caractère dissuasif, c‘est ça que vous voulez dire…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, oui, il y a un caractère dissuasif…

ELIZABETH MARTICHOUX
Il y aura peut-être moins de candidats cette année, autrement dit ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, c'est ce qu'on verra, là, c'est ce qu'on verra à la fin.

ELIZABETH MARTICHOUX
A la fin, à la fin, c'est-à-dire ? C'est quand la fin puisque c'est actualisé en permanence ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Donc c'est au mois de juillet que les choses seront parfaitement stabilisées, oui…

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est-à-dire, et là, par exemple, le bac commence le 17 juin, il y a combien d'élèves de terminale qui pourront aller passer le bac en ayant à peu près l'assurance que…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je pense qu'on s'est fixé un objectif de deux tiers de réponses positives à ce moment-là, je pense qu'on fera même mieux que cela…

ELIZABETH MARTICHOUX
Plus de deux tiers de réponses positives quand commencera le bac le 17 juin, enfin l'crit…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Tout ça, n'oublions pas que chacun des points que je suis en train de vous dire est nettement meilleur, est nettement plus positif que la situation précédente…

ELIZABETH MARTICHOUX
Pourquoi ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Eh bien, parce que vous aviez beaucoup plus d'inconnues auparavant à ce stade de l'année.

ELIZABETH MARTICHOUX
Si on a plusieurs « en attente », qu'est-ce qu'on fait ce soir, si on voit sur son dossier « en attente », il faut attendre sereinement, ça ne veut pas dire que, on risque, à la fin, d'être…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, bien sûr, bien sûr, non, à la fin, chacun doit avoir une place, c'est bien ça le sens de ce que l'on a fait…

ELIZABETH MARTICHOUX
L'engagement…

JEAN-MICHEL BLANQUER
A la fin, pour les tous derniers qui n'auraient pas de place, il y aura des commissions rectorales pour aider ceux qui n'ont pas de place à en trouver une, donc c'est un système bienveillant aussi…

ELIZABETH MARTICHOUX
Et c'est déjà le cas ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est un système qui ne cherche pas à empêcher quiconque de faire des études supérieures dès lors qu'il a le baccalauréat, c'est un système qui maximise les chances d'être au bon endroit et de réussir là où on se trouve.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et c'est la même chose pour ceux qui n'ont, qui n'auraient, qui auraient fait les mauvais choix peut-être, mais que des « non » ce soir, ceux qui n'ont que des « non » ce soir…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors là, il y a une commission dès maintenant, il y a une commission dans chaque rectorat pour les élèves qui se trouvent dans cette situation, si vous vous trouvez dans cette situation, c'est uniquement dans les cas où vous avez demandé que des filières sélectives, ça peut arriver, ça va toucher 10 à 20.000 personnes…

ELIZABETH MARTICHOUX
BTS, etc. ou DUT, les prépas, etc.

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est ça, c'est ça, c'est donc 10 à 20.000 personnes sur plus de 800.000, donc c'est un tout petit chiffre, ça peut arriver, et pour cela, il y a une commission rectorale qui va les accompagner pour tout simplement trouver une inscription dans un autre endroit que ce qu'ils avaient demandé, qui étaient des filières sélectives.

ELIZABETH MARTICHOUX
Tout le monde aura une place dans l'enseignement supérieur.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Tout bachelier, comme c'est son droit, a une place, et cette place, c'est déterminé non plus par le tirage au sort, mais par un processus rationnel et humain.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et le processus commence, c‘est la première étape ce soir, et tout au long des jours qui vont s'écouler, jusqu'au mois de juillet, il y aura une actualisation. Jean-Michel BLANQUER, on aura l'occasion d'y a dit revenir, bien sûr. Avant de se quitter, deux questions importantes, on a entendu à 7h30 sur RTL un reportage ou un témoignage assez saisissant d'une élue, qui a pris la responsabilité de fermer son école primaire de Saint-Victor sur Reims, une école primaire qui est totalement perturbée par deux gamins de 6 et 7 ans depuis des semaines. Des élèves perturbés, hyperactifs, bon, qui ont un petit souci. L'équipe enseignante n'arrive pas à venir à bout de ces enfants, et donc l'école ferme, ce n'est pas l'école de la confiance, ça Monsieur BLANQUER ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Nous devons toujours créer les conditions de l'école de la confiance et nous savons bien que, à l'école maternelle comme à l'école élémentaire, on a de plus en plus de cas comme ceux-là, on voit des enfants qui ont des problèmes de concentration…

ELIZABETH MARTICHOUX
De plus en plus d'enfants qui perturbent…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, parce qu'il y a, soit, des problèmes de concentration, liés au manque de sommeil, liés au fait de l'addiction des écrans, et c'est ce dont je parle justement dans ce livre, parce que j'essaye de montrer qu'il y a une évolution en quelque sorte des enfants, une évolution de la société aussi, et que l'école doit être élément de stabilité, l'élément donc de compensation aussi des inégalités sociales, ça signifie qu'on doit se mettre en situation de répondre à cela, à la fois par des messages aux parents. C'est la question, par exemple, du temps de sommeil, c'est une question qui renvoie à la parentalité, la question de l'addiction aux écrans, c'est aussi un enjeu de parentalité, et ensuite, il y a des élèves parfois qui ont des problèmes particuliers qui peuvent être des problèmes de nature médicale par exemple, et dans ces cas-là, on doit évidemment, là aussi, se donner les moyens de l'accompagnement…

ELIZABETH MARTICHOUX
Et qu'est-ce que vous leur dites, là, ce matin, aux enseignants de Saint-Victor de Reims ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Eh bien, ce matin, je leur dis, aux enseignants, que, bien entendu, l'école doit rouvrir, c'est une évidence…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous leur dites : rouvrez dès demain matin ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, et que l'Education nationale va être avec eux pour regarder le problème qu'ils posent, bien entendu.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc, aujourd'hui, vous regardez le sujet, et vous allez les aider, vous n'allez pas les laisser livrer à eux-mêmes…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Evidemment, évidemment…

ELIZABETH MARTICHOUX
Avec deux…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Vous savez, à chaque fois qu'il y a un problème comme ça, que ce soit le professeur ou les autres acteurs de l'école doivent sentir que toute l'institution est derrière eux, c'est le sens de l'école de la confiance, des problèmes, il y en a, il y en a partout, par définition, mais ce qui est très important, c'est d'avoir des réponses collectives et unies, et là, par exemple, il y a des réponses concrètes à apporter à une question comme celle-là, elle sera apportée.

ELIZABETH MARTICHOUX
Jean-Michel BLANQUER, à propos de réponse, je n'ai pas tout à fait compris la vôtre quand vous avez été interrogé sur France Inter vendredi matin sur la question de la jeune femme qui est responsable d'une antenne parisienne de l'UNEF et qui est voilée, qui porte un voile islamique. Vous avez dit : si une présidente de l'UNEF est voilée, c'est quand même un changement d'époque, pour qui, pour l'UNEF, qui était une association laïc féministe, de gauche ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, absolument. Oui, c'est un changement d'époque pour l'UNEF, bien sûr. Et seulement pour l'UNEF, mais qui doit prendre ses responsabilités, mais…

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est-à-dire ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Eh bien, c'est un choix que d'avoir… cette jeune femme a le droit de porter un voile, c'est son choix, mais c'est aussi le choix de l'UNEF de la porter à sa présidence et de consacrer ainsi une vision un peu communautariste de ce qu'elle est, de ce qu'est l'UNEF, et donc…

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est un choix…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors que l'UNEF, on a été tous habitués à la voir, comme vous dites, féministe, défenseur de l'égalité femme-homme, on n'avait même pas besoin de le préciser tellement c'était évident, et donc on peut un peu surpris par cela évidemment, comme tout le monde, tout le monde l'a été.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et est-ce que vous êtes choqué comme votre confrère du gouvernement Gérard COLLOMB ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je suis surpris.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous êtes surpris. Vous n'osez pas être choqué.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, je peux dire que je suis choqué, chacun sait que ça n'est pas ma façon de voir ce que doit être le syndicalisme étudiant, donc bien entendu, c'est choquant, donc, il n'y a pas de différence dans l'appréciation qui a pu porter Gérard COLLOMB, je parle de la laïcité justement fortement dans cet ouvrage, parce que je pense que c'est un principe simple, qui doit permettre à chacun de d'être ce qu'il est, mais où personne ne doit faire pression sur personne et où les signes ostentatoires ne doivent pas être autorisés dans l'enceinte scolaire.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci. Chez Odile Jacob : « Construisons ensemble l'école de la confiance », Jean-Michel BLANQUER, votre livre. Merci d'avoir été ce matin sur RTL.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Merci à vous.

YVES CALVI
La grève dans la Fonction publique, à l'Education nationale, probablement moins de 25 % nous dit le ministre. Jean-Michel BLANQUER qui annonce en revanche une mobilisation maximale pour la mise en place ce soir de Parcoursup, plus de la moitié des futurs bacheliers auront leur réponse dès ce soir, un système bienveillant, résume Jean-Michel BLANQUER. On va suivre évidemment ce dossier sur RTL. Bonne journée à tous les deux.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 24 mai 2018

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