Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les négociations commerciales entre l'Union européenne et les Etats-Unis et sur l'accord relatif au nucléaire iranien, à Bruxelles le 22 mai 2018. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les négociations commerciales entre l'Union européenne et les Etats-Unis et sur l'accord relatif au nucléaire iranien, à Bruxelles le 22 mai 2018.

Personnalité, fonction : LE DRIAN Jean-Yves.

FRANCE. Ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Circonstances : Conseil affaires étrangères/commerce, à Bruxelles (Belgique) le 22 mai 2018

ti : Sur les négociations commerciales avec les Etats-Unis, on a une réunion dont l'ambiance me frappe. Il y a une double volonté de la part des Européens. À la fois une détermination, on ne négocie pas sous la menace, et à la fois une volonté d'être unis alors que certaines interventions américaines voudraient établir des fissures dans ce bloc que nous représentons. Alors on ne négocie pas sous la menace, cela veut dire que nous demandons comme un préalable, l'exemption des mesures restrictives sur l'acier et l'aluminium. C'est un préalable. À partir du moment où ce préalable serait levé, nous sommes prêts à discuter sur un agenda positif qui a été d'ailleurs adopté par les chefs d'Etat et de gouvernement à Sofia il y a quelques jours et qui intègre en particulier la modernisation de l'OMC. Mais c'est une fois la menace levée, alors nous sommes ouverts à cette discussion.

Et puis ce qui me frappe aussi c'est une volonté de mettre en oeuvre des contre-mesures si d'aventure des mesures restrictives étaient prises par les Etats-Unis. Voilà quel est l'état d'esprit de la discussion en ce moment qui n'est pas tout à fait achevée.

Par ailleurs, j'ai pris connaissance des déclarations de mon collègue Mike Pompeo sur la situation en Iran, elles sont très vigoureuses. J'observe que sur un certain nombre de points nous avons un accord d'appréciation de la situation. Quand il s'inquiète des volontés hégémoniques de l'Iran dans la région, oui, nous nous inquiétons aussi. Quand il interpelle l'Iran sur une espèce de frénésie missilière qui marque ce pays depuis plusieurs années, oui nous sommes inquiets aussi, en particulier du fait que ces armes soient après réorientées vers des milices ou des groupes qui peuvent en faire usage comme les Houthis voire le Hezbollah, oui ce sont des dangers.

Mais il y a la réalité d'aujourd'hui qui est un accord qui empêche l'Iran d'accéder à l'arme nucléaire et c'est le point central dont nous ne voulons pas sortir et il faut que l'Iran reste dans cet accord. Et puis il faut ouvrir avec l'Iran ce qu'on a commencé à faire d'ailleurs ici à Bruxelles il y a quelques jours, il faut qu'on ouvre avec l'Iran des discussions sur les autres points et nous nous y employons. Donc les mesures unilatérales prises par les Etats-Unis, nous ne les partageons pas, nous l'avons dit et nous le redisons après le discours de M. Pompeo.


Q - Sur l'acier, le problème de M. Trump c'est qu'il veut conclure surtout des accords bilatéraux et il veut de facto la fin de l'OMC. Qu'est-ce que vous pouvez lui proposer ?

R - Nous disons qu'il y a d'abord un préalable, c'est que l'Europe, puisque l'Europe est l'alliée des Etats-Unis, que le préalable c'est la levée des restrictions concernant l'acier et l'aluminium à l'égard de l'Europe. Après on discute de tous ces points qui ont été validés lors de la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement à Sofia.

Q - Est-ce qu'il existe des différences entre la France et l'Allemagne sur l'approche...

R - Je m'arrête là pour l'instant.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 24 mai 2018

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