Interview de M. Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires, avec Cnews le 23 mai 2018, sur la politique du gouvernement en faveur des quartiers en difficulté. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires, avec Cnews le 23 mai 2018, sur la politique du gouvernement en faveur des quartiers en difficulté.

Personnalité, fonction : MEZARD Jacques, ELKABBACH Jean-Pierre.

FRANCE. Ministre de la cohésion des territoires;

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CLELIE MATHIAS
C'est l'heure de l'Interview politique de Jean-Pierre ELKABBACH. Au lendemain de la présentation du Plan Banlieues par Emmanuel MACRON, Jean-Pierre ELKABBACH reçoit ce matin Jacques MEZARD le ministre de la Cohésion des territoires, ils reviendront également sur les violences dont les policiers sont des cibles dans les quartiers - on vous montre ces images depuis hier déjà et une nouvelle séquence ce matin – c'est tout de suite l'Interview politique.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Les insécurités et les violences se propagent, les citoyens sont menacés et les policiers sont souvent les premières cibles, merci d'être avec nous Jacques MEZARD, bienvenue et bonjour. Vous étiez au côté du président de la République hier avec tout le gouvernement, il a constaté lui-même, je le cite : « un embrasement des trafics de drogue, de drogues dures, de violences et de stupéfiants dans les cités » et il a même reconnu : « on a perdu la bataille des trafics » et l'exemple le plus frappant, celui dont on parle ce matin c'est Marseille ?

JACQUES MEZARD
Oui, il y a dans certains quartiers des situations qui sont intolérables et très clairement l'action du gouvernement est très volontaire là-dessus et vous avez vu déjà les mesures qui ont été annoncées…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Insuffisantes !

JACQUES MEZARD
Et en particulier…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Insuffisantes !

JACQUES MEZARD
Par le ministre d'Etat Gérard COLLOMB sur la sécurité au quotidien, sur le renforcement de l'action de l'Etat dans ces quartiers parce que la situation est intolérable. Nos policiers ont le soutien total du gouvernement, mais il faut sur le terrain que ce soutien se concrétise par des actes, c'est-à-dire l'augmentation du nombre de policiers, des mesures fortes contre les trafiquants, et c'est ce qu'a annoncé le président de la République et c'est ce qui a été enclenché.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Bien, très bien, ça c'est un ministre qui parle et c'est très bien. Mais pour répondre à ce climat de guerre, vous dites : il y a des renforts, mais ces 60 policiers de plus à Marseille en 2019, c'est dérisoire, c'est insuffisant ? Quand on entend les cris de colère de madame Samia GHALI, qui représente pas mal de monde à Marseille, on peut dire que ce n'est pas suffisant ?

JACQUES MEZARD
Oui. Mais il faut déjà une volonté gouvernementale, elle s'exprime, des instructions ont été données très fortement par le ministre d'Etat - moi j'ai été au Mirail il y a quelques semaines suite aux incidents qui ont eu lieu au Mirail et qui étaient la conséquence de l'action très forte enclenchée par le préfet d'Occitanie contre les trafiquants sur ce quartier - il y a aussi la nécessité que nos policiers sentent que le gouvernement, que l'Exécutif est à leur côté, c'était le cas.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Comme disent les policiers et les citoyens. Mais, quand on voit un commando armé de Kalachnikov qui fait loi en plein quartier, qui agresse en plein jour des policiers, on peut être choqué…

JACQUES MEZARD
Mais on est choqués.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Quand vous dites intolérable, est-ce qu'il n'y a pas une contre-société qui est en train de se créer ?

JACQUES MEZARD
Bien sûr, dans certains quartiers heureusement minoritaires il y a un contre-pouvoir qui s'est mis en place. C'est aussi la conséquence du fait que la République s'était retirée de ces quartiers, par rapport aux services publics, par rapport à l'emploi, par rapport à l'éducation et, donc, un contre-pouvoir s'est mis en place avec du communautarisme - il faut bien le dire aussi des cas de radicalisation – ce contre-pouvoir il est nécessaire que la République y fasse obstacle avec fermeté et c'est aussi les orientations et les éléments qu'a donnés le président de la République.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Hier on a noté que le maire de Marseille monsieur GAUDIN, Jean-Luc MELENCHON député élu, l'autre sénateur Front national Stéphane RAVIER sont silencieux, ils se taisent ?

JACQUES MEZARD
En tout cas le gouvernement lui n'est pas silencieux, le gouvernement est parfaitement conscient de la situation dans ces quartiers, dans ces quelques dizaines de quartiers où il y a la nécessité d'avoir une reconquête républicaine, c'est ça la réalité.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Le retour de la République ?

JACQUES MEZARD
Tout simplement le droit commun, c'est-à-dire que dans ces quartiers comme ailleurs l'ordre puisse régner, les citoyens puissent vaquer à leurs occupations de manière normale sans qu'un contre-pouvoir, une contre-société se mette en place.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui, mais ça ce sont des voeux pieux si vous me permettez.

JACQUES MEZARD
Non, ce ne sont pas des voeux pieux, quand on prend des mesures – et c'est ce qui a déjà été annoncé depuis plusieurs mois – avec la sécurité au quotidien qui va commencer à être mise en place dès le 1er septembre, avec de nouveaux effectifs qui sont lancés et aussi avec des instructions extrêmement fermes qui sont données par le canal des préfets.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Jacques MEZARD, il y a combien de quartiers en difficulté en France globalement ?

JACQUES MEZARD
Globalement, il y a quelques dizaines de quartiers qui sont en situation de grande fragilité avec les éléments que nous venons de citer.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Très bien, mais on dit qu'il y en a 1.500 dans toute la France ?

JACQUES MEZARD
Non, il y a 1.500 quartiers politiques de la ville, ça n'a strictement rien à voir avec ce qui peut se passer dans quelque dizaine de quartiers où la situation qui est la conséquence je dirais de plusieurs décennies de décrochage.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
C'est-à-dire que la première nécessité est donc des efforts et des moyens en matière de sécurisation…

JACQUES MEZARD
De sécurité…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et, comme vous l'avez dit, le retour de la République ?

JACQUES MEZARD
Ramener tout simplement la République.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Pendant deux heures hier Emmanuel MACRON a prévenu : « il n'y aura pas de Plan Banlieues, il n'y aura pas de Plan Ville », il y a un non Plan Macron mais avec ce non Plan Macron il se met en première ligne, il est désormais lui par son engagement en première ligne ?

JACQUES MEZARD
Ecoutez, par rapport à un certain nombre de territoires qui sont plus fragiles que d'autres, c'est vrai dans un certain nombre de quartiers, c'est vrai aussi dans certains territoires ruraux, il est bon que ce soit un enjeu national, il est bon que le président de la République, que le Premier ministre affirment la volonté de l'Etat de ramener justement l'équilibre, l'équité dans ces territoires.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous avez dit, pour le rêve républicain, il faut une mobilisation générale…

JACQUES MEZARD
Tout à fait.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous avez déjà vu beaucoup d'engagés volontaires auprès de vous ?

JACQUES MEZARD
Mais bien sûr qu'il y a beaucoup de bonnes volontés, qu'il y a beaucoup de volontés - des volontés des collectivités locales, des associations, des volontés sur le terrain - d'hommes et de femmes qui veulent que la République fonctionne de la même manière, ça s'appelle le droit commun sur l'ensemble de ces territoires…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui.

JACQUES MEZARD
Et l'engagement présidentiel est essentiel pour mobiliser, car on a besoin de travailler dans un cadre interministériel, on a besoin dans ces quartiers, dans ces territoires ruraux, on a besoin d'emplois - on a besoin donc du ministère du Travail - de la santé, de la culture, c'est une mobilisation de…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
D'accord, on comprend la bonne volonté, mais on a l'impression de découvrir des problèmes qui trainent depuis des années ?

JACQUES MEZARD
Ecoutez, ce gouvernement…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Il dit lui-même depuis Raymond BARRE, il n'était pas né.

JACQUES MEZARD
Ce gouvernement n'est pas comptable de ce qui s'est passé pendant des décennies, il y a déjà eu 19 plans, il ne s'agit pas tous les ans de refaire un plan, il s'agit d'avoir des actions précises qui ont des conséquences positives sur le terrain. Quand on lance les emplois francs, quand on ramène de la police de sécurité au quotidien, lorsque le président de la République dit qu'il y aura 30.000 places dans les crèches, lorsque le président de la République parle du problème des stages de 3ème, lorsqu'on…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
30.000 stages de 3ème pour les élèves de 3ème de ces banlieues-là qui n'auront pas décroché parce qu'il faut surveiller les décrocheurs, et vous comptez sur l'Etat pour les employés et les entreprises, vous croyez qu'elles vont jouer le jeu ?

JACQUES MEZARD
Bien sûr, parce que c'est aussi leur…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Pourquoi cette fois-ci?

JACQUES MEZARD
C'est leur intérêt, c'est l'intérêt général, nous sommes face à un enjeu national. Bien sûr que je vois... nous avons lancé les emplois francs début avril et ça marche, ça marche parce que c'est simple d'emploi, il est nécessaire de donner de l'espoir, de restaurer la confiance, on a besoin dans ces quartiers qu'il y ait un retour à l'emploi... quand vous avez de jeunes diplômés qui sont issus de ces quartiers, qui ont beaucoup travaillé pour avoir leurs diplômes et qui ne sont pas embauchés, ça c'est catastrophique et, ça, on veut y mettre fin.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Contre la ségrégation, eh bien il va falloir le faire. Pardon d'être contradicteur, parce que d'abord c'est mon rôle et en même temps ça n'arrive pas assez, et vous donnez l'impression que la solution passe maintenant par tout le monde, tout le monde dit…

JACQUES MEZARD
Par des actions.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Par on l'a dit des actions précises, les habitants des quartiers défavorisés, par les élus, par les associations, mais à condition de ne pas leur couper les vivres…

JACQUES MEZARD
Non.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Parce qu'on leur a coupé les vivres à beaucoup ?

JACQUES MEZARD
On ne leur a pas coupé les vivres et ce qu'a annoncé le président de la République hier très clairement sur les associations c'est la décision de leur donner de la lisibilité, c'est-à-dire de garantir le concours financier de l'Etat sur la durée du quinquennat, parce que pour les associations régulièrement et depuis longtemps c'est chaque année d'être dans l'inquiétude de ne pas avoir leur budget garanti.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et vous avez l'aide de ce que vous appelez les mamans, elles jouent des rôles importants, à la fois dans les cités et dans les villes, et l'Etat il se contente de distribuer des millions ou des milliards qui disparaissent…

JACQUES MEZARD
Non.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
L'Etat, qu'est-ce qu'il fait ?

JACQUES MEZARD
Non, mais l'Etat... écoutez, je crois que nous avons avec le président de la République défini une action qui est réaliste, nous avons tenu compte très clairement aussi des préconisations du rapport de Jean-Louis BORLOO qu'il a d'ailleurs lui-même rappelées hier, nous avons dans ces quartiers la nécessité je l'ai dit de ramener le droit commun. On a parlé aussi hier de la rénovation urbaine…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui, on va y venir. Vous avez parlé de Jean-Louis BORLOO, il a travaillé avec vous et Julien DENORMANDIE, vous l'avez vu pendant sept mois enflammer les maires qui l'ont soutenu, etc., si vous étiez ce matin Jean-Louis BORLOO vous ne seriez pas déçu qu'on le retienne peu et qu'on ne parle presque plus de lui ?

JACQUES MEZARD
Non, je crois qu'il est absurde…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Il se dit satisfait, mais…

JACQUES MEZARD
Il est absurde d'opposer ce que le président de la République a dit hier et les préconisations du rapport de Jean-Louis BORLOO, c'est complémentaire. Jean-Louis BORLOO bénévolement a beaucoup travaillé ces derniers mois, il a une expérience de l'action sur ces quartiers, il a fait un certain nombre de préconisations, nous avons travaillé ensemble et le gouvernement en tire la substance…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
J'avance, j'avance. Le président de la République donne une méthode nouvelle, il veut changer de méthode, il a une philosophie, il donne un calendrier, tous les deux mois vous allez vous revoir, etc., et il répond oui à une revendication des maires, ils seront désormais s'il y a chez eux des radicalisés recensés dans les fichiers des services de renseignements, ça c'est intéressant.

JACQUES MEZARD
Oui.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Lors des Municipales de 2020, dans deux ans, des élus Socialistes, du Centre et En Marche redoutent de voir des salafistes de mairie, et vous ?

JACQUES MEZARD
Mais bien sûr qu'il y a un risque, cette dérive communautariste on la voit, dans certains quartiers il est évident qu'il y a ce que je disais tout à l'heure la volonté de mettre en place un contre-pouvoir opposé à la République et aux valeurs républicaines, et là ce que je souhaite c'est que justement tous ceux qui sont attachés aux valeurs républicaines se réunissent pour faire obstacle à ça.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc, vous dites ce n'est pas impossible ?

JACQUES MEZARD
Il y aura vraisemblablement, il y en a déjà eu, des listes communautaristes dans certaines villes ou des candidats sur un certain nombre de listes, il est nécessaire que tous ceux dans ce pays qui sont attachés à la République fassent front.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Là, vous en parlez parce que vous commencez à craindre aussi que des partis politiques inscrivent des salafistes sur leurs listes ?

JACQUES MEZARD
J'en appelle à la responsabilité de tout le monde

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui ! Et pourquoi il se développe le salafisme, parce qu'il y a des vides, ils sont hyper actifs sur le plan social ?

JACQUES MEZARD
Mais parce que quand la République se retire, ce qui a été le cas dans un certain nombre de territoires, quand il y a moins de services publics, lorsqu'il y a moins de santé, moins d'emploi, moins d'éducation, la nature a horreur du vide.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
On vient de dire que le chômage repart à la hausse de 0, 2 %, vous êtes inquiet, 0,2 point, est-ce que vous êtes préoccupé de ça ou est-ce que vous dites comme Muriel PENICAUD que ça se joue sur les trois mois, sur l'année, ça va ça vient, ou est-ce que... alors qu'avec 2,2 % de croissance on n'arrive pas à trouver les emplois ?

JACQUES MEZARD
Non, il y a eu très clairement... sur le chômage des choses depuis un an se sont très notoirement améliorées, il peut y avoir un indicateur, effectivement il faut juger sur plusieurs mois, mais quand même la situation économique – et on le sent – la confiance revient au niveau économique avec une confiance des entreprises qui est tout à fait claire.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et très vite. Le projet de loi Elan, c'est-à-dire révolution du logement, aménagement du numérique, arrive en débat à l'Assemblée dans quelques jours, le 30 mai, vous en avez bavé là en commission parce que j'ai vu 2.500 – 2.600 amendements, quand la loi sera-t-elle votée ?

JACQUES MEZARD
La loi sera votée pour l'été. Il y a eu beaucoup d'amendements, mais c'est la démonstration aussi que le Parlement vit et, moi qui suis un parlementaire, je suis heureux de voir que les députés sont intéressés à une question qui est fondamentale pour…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et vous allez avoir un sénateur de plus dans votre groupe, Didier GUILLAUME, il était le président du groupe socialiste PS au Sénat, il revient ou il reste au Sénat, il va soutenir Emmanuel MACRON lui aussi ?

JACQUES MEZARD
Je crois qu'il a un point de vue positif sur l'action du gouvernement et je m'en réjouis.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Dans votre loi, 100 organismes HLM seront réduits ?

JACQUES MEZARD
Oui, l'opération de restructuration du monde HLM est commencée, d'ailleurs avec le concours du monde HLM, j'ai signé une convention il y a deux mois avec eux, il y a trois ans pour effectuer cette restructuration. Mais elle est en cours, elle a commencé, il s'agit de simplifier, il s'agit de mutualiser, il s'agit d'être plus efficace.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et chaque année, il y a tellement de questions, chaque année 100.000 logements ou HLM sont mis en vente, j'ai vu qu'en 2017 il n'y en avait que 88.000 –c'est-à-dire rien – est-ce que vous pensez selon vos projets atteindre les 45.000 pour que ça circule et qu'il y ait plus de mobilité ?

JACQUES MEZARD
Ce n'est pas un projet nouveau, ça existé sous plusieurs gouvernements, mais nous nous voulons réussir par des ventes en bloc. Il s'agit de mettre sur le marché 1 % de ces logements chaque année, ce qui est vertueux parce que ça permet de construire deux ou trois nouveaux logements chaque fois qu'il y a vente d'un logement et surtout de faciliter l'accession sociale à la propriété, donc c'est vertueux…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ca veut dire que le locataire devient plus facilement et plus vite propriétaire ?

JACQUES MEZARD
Voilà, voilà, dans de bonnes conditions propriétaire, ça dégage de l'argent frais pour construire et ça facilite l'accès au logement.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Le président de la République reçoit à l'Elysée – et là c'est à huis-clos – une cinquantaine de patrons français et internationaux là aujourd'hui et demain il sera à VIVA TECH organisé par Maurice LEVY, juste avant de partir pour Saint-Pétersbourg, et les 60 qui sont des acteurs importants de la révolution numérique vont se retrouver l'après-midi chez Edouard PHILIPPE à Matignon, est-ce que ça ne concerne pas aussi les territoires et l'emploi et j'ai envie de dire la structure générale de la France ?

JACQUES MEZARD
Bien sûr ! Et en particulier encore plus dans les territoires les plus fragiles on a besoin du numérique, on a besoin de ces nouvelles technologies, on en a besoin évidemment pour le télétravail, on en a besoin pour lutter contre l'illettrisme, contre l'illectronisme…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
L'i quoi, l'illettrisme et quoi ?

JACQUES MEZARD
L'illectron et l'illectronisme, c'est-à-dire l'adaptation au numérique, il faut que partout mais surtout dans ces territoires les plus fragiles on puisse accéder au numérique de la manière la plus facile parce que c'est un moyen d'accéder plus facilement au travail, à la mobilité, à tout, et, s'il y a encore une aggravation de la fracture territoriale par le numérique, ce serait catastrophique, d'où l'action forte qu'on mène ces derniers mois.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
L'illectronisme il va en être question donc aujourd'hui avec ZUCKERBERG et un certain nombre de grands patrons de MICROSOFT, etc., etc., c'est les conséquences des technologies sur l'économie, le travail et en même temps les compétences de demain. Merci Jacques MEZARD, je pense que vous irez faire un tour aussi demain à VIVA TECH. Permettez-moi avant de partir ce matin d'avoir une émotion et un hommage pour le grand écrivain américain Philip ROTH qui vient de mourir, on peut trouver ses livres depuis « Le complexe de Portnoy » jusqu'au dernier dans La Pléiade et aussi dans le livre de poche, merci Jacques MEZARD, je suis sûr que vous le lisez.

JACQUES MEZARD
Merci, merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 25 mai 2018

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