Déclaration de Mme Elisabeth Borne, ministre des transports, sur le soutien à l'innovation dans la filière aéronautique, à Toulouse le 17 mai 2018. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Elisabeth Borne, ministre des transports, sur le soutien à l'innovation dans la filière aéronautique, à Toulouse le 17 mai 2018.

Personnalité, fonction : BORNE Elisabeth.

FRANCE. Ministre des transports

Circonstances : Colloque sur le thème "Innovation dans l'industrie aéronautique", à l'Ecole nationale de l'aviation civile (ENAC), à Toulouse le 17 mai 2018

ti : Mesdames et Messieurs,


Cette étape toulousaine des Assises du transport aérien était à bien des égards incontournable.

Incontournable parce que Toulouse est le berceau de l'industrie aéronautique, industrie phare de la France non seulement pour les emplois qu'elle crée et pour ses retombées économiques qui irriguent les territoires, mais aussi parce qu'elle est porteuse d'innovation et d'avenir.

Incontournable car notre industrie aéronautique est, aux côtés des aéroports et des compagnies aériennes, un acteur essentiel de notre système de transport aérien.

En plaçant les Assises sous le fil conducteur de la « performance collective », j'ai voulu associer tous les acteurs du secteur à l'élaboration d'une stratégie nationale, qui vise à :

- réussir la transition écologique et s'inscrire dans un développement durable,
- rendre le pavillon français plus compétitif dans la concurrence mondiale,
- préparer les nouvelles ruptures technologiques et le transport aérien du 21ème siècle.

Les compagnies aériennes et les aéroports, au contact des passagers et des riverains, sont les acteurs les plus visibles du système. Leur santé économique, leur contribution, directe ou indirecte, aux économies régionales et à la connectivité des territoires, sont des enjeux centraux des Assises.

Les représentants de l'industrie aéronautique sont parfois moins visibles. Et pourtant, il n'est pas inutile de rappeler que ce secteur stratégique fait lui aussi face à des défis majeurs, et que ses contributions sont indispensables pour répondre de façon pérenne aux enjeux du transport aérien.

Fort créateur net d'emplois depuis une décennie, premier poste positif de notre balance commerciale, extrêmement solidaire et organisé, le secteur aéronautique est exemplaire à bien des égards. L'Occitanie, qui regroupe près de 30% des emplois de la filière nationale, soit plus de 80 000 emplois au total, y occupe une place de tout premier plan.

Le rayonnement de cette industrie est le fruit d'une politique d'innovation permanente et ambitieuse à laquelle l'État a toujours apporté son soutien.

Outre un contexte concurrentiel exigeant, le renforcement des attentes environnementales et sociétales fait croître le besoin d'innovation dans tous les domaines de la construction aéronautique. En effet, seules des technologies fondamentalement nouvelles permettront d'atteindre les objectifs environnementaux ambitieux fixés aux niveaux européen et mondial.

C'est pourquoi, dès l'installation de notre gouvernement, nous avons entendu les interrogations de la filière, relayées par votre présidente de Région, Mme Delga, sur la disparition des crédits sectoriels de soutien à l'innovation que portaient la Direction Générale de l'Aviation Civile et le Plan d'Investissement d'Avenir.

Le gouvernement a rapidement conclu que pour une filière aussi fortement technologique, le maintien et le développement des emplois nécessitait de renouveler ce partenariat fort entre la filière aéronautique et l'Etat, dont l'organe emblématique est le Conseil pour la Recherche Aéronautique Civile, le CORAC, que je préside. Le rétablissement, dès 2018, de cette action de la DGAC, dotée au travers du Grand Plan d'Investissement national de près de 700 M€ sur le quinquennat, concrétise cet engagement.

Conforté et légitimé dans son action, le CORAC m'a présenté en décembre dernier sa feuille de route. Nous avons convenu ensemble que des mutations structurantes sont devant la filière aéronautique pour les prochaines années. Je pense aux nouvelles manières de produire dans un contexte de fortes montées en cadence, au raccourcissement des cycles de développement, au passage progressif à une propulsion plus électrique, à des aéronefs plus autonomes et plus connectés.

Le gouvernement, c'est son rôle, sera pleinement mobilisé pour que soient créées les conditions des ruptures technologiques et du lancement de nouveaux programmes d'aéronefs qui viendront un jour renouveler l'entraînement de toute notre filière.

Mais au-delà des plus grands groupes, les conditions du succès doivent être créées pour tout le tissu des équipementiers et des PME. Je sais que la Région Occitanie est particulièrement mobilisée notamment au travers de ses plans ADER et que nos visions stratégiques des priorités sont concordantes.

Je ne doute pas que nous saurons trouver ensemble, au travers des instances nationales et régionales de concertations avec la filière, les conditions d'un effort harmonisé qui permettra d'aborder ces mutations majeures, à tous les échelons de la filière, comme des opportunités et relever ensemble le défi du maintien et du développement de l'emploi.

Relever le défi de l'emploi et des compétences, c'est gagner demain celui de l'innovation.

J'ai pu le rappeler lors du colloque « Aviation et climat », l'innovation technologique est un pilier majeur de la lutte du secteur contre le changement climatique. Elle permettra l'émergence de nouveaux modèles économiques, la création de nouveaux services au bénéfice des passagers aériens, qui doivent rester au coeur de nos politiques.

En somme, c'est l'innovation qui dessinera le transport aérien du 21ème siècle que j'appelle de mes voeux.

Il y aurait sans doute matière à poursuivre nos réflexions, ce que, sans plus attendre, je vous invite à faire autour du buffet qui vous est proposé !


Je vous remercie.


Source https://www.assisesdutransportaerien.gouv.fr, le 29 mai 2018

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