Interview de M. Gérald Darmanin, ministre de l'action et des comptes publics, avec RTL le 29 mai 2018, sur le prélévement à la source, les aides sociales, la diminution du nombre de fonctionnaires et sur la dette de la SNCF. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Gérald Darmanin, ministre de l'action et des comptes publics, avec RTL le 29 mai 2018, sur le prélévement à la source, les aides sociales, la diminution du nombre de fonctionnaires et sur la dette de la SNCF.

Personnalité, fonction : DARMANIN Gérald, MARTICHOUX Elizabeth .

FRANCE. Ministre de l'action et des comptes publics;

ti :

ELIZABETH MARTICHOUX
Bonjour à vous Gérald DARMANIN.

GERALD DARMANIN
Bonjour.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et merci d'être sur RTL ce matin. Un mot des impôts, puisqu'on est en train de remplir la déclaration, en tout cas en ligne, en papier c'est fini, date limite ce soir d'ailleurs pour les départements de 20 à 49.

GERALD DARMANIN
Voilà, de la Corse au Maine-et-Loire.

ELIZABETH MARTICHOUX
Voilà, ce soir minuit c'est terminé. Et puis ensuite, de 50 à tous les autres, au-dessus de 50, ça sera le 5 juin, la date limite.

GERALD DARMANIN
Exactement.

ELIZABETH MARTICHOUX
D'accord. Gérald DARMANIN, à ce stade, pour le prélèvement à la source, ça ce stade, qu'est-ce qu'on a à faire ? Rien, quand on remplit sa déclaration d'impôt pour l'instant ?

GERALD DARMANIN
On a à s'y intéresser, c'est déjà pas mal, puisque, ce qu'on va changer, ce n'est pas le mode de calcul de votre impôt, c'est la façon finalement de le payer, à partir de janvier 2019, vous paierez vos revenus qui correspondront au mois de revenu 2019, janvier 2019.

ELIZABETH MARTICHOUX
Les premiers choix, les premières décisions relatives à cet impôt à la source, éventuellement, ce sera quoi, rendez-vous en septembre, c'est ça ?

GERALD DARMANIN
Vous aurez... Non, à partir du moment où vous remplissez en ce moment votre feuille d'impôts, vous avez vos taux, vous avez trois types de taux que vous pouvez choisir, ce sera une grande simplicité.

ELIZABETH MARTICHOUX
On choisit quand ?

GERALD DARMANIN
Eh bien vous allez, en tout cas, là, avoir une indication de ces taux, votre taux d'imposition de l'année 2018, le taux individualisé dans votre couple, par exemple, vous aurez le droit de choisir entre la personne qui partage votre vie, si vous êtes sur le même foyer fiscal, et puis le taux dit neutre, qui pourra être le taux que vous pourrez donner éventuellement à votre employeur ou à votre caisse de retraite…

ELIZABETH MARTICHOUX
Attendez, c'est quoi un taux neutre ? Un taux neutre c'est spécial comme concept de taux, mais c'est quoi le neutre ?

GERALD DARMANIN
C'est que vous n'avez pas envie que votre employeur connaisse…

ELIZABETH MARTICHOUX
Anonyme, c'est ça ?

GERALD DARMANIN
C'est un taux qui permet d'anonymiser votre taux d'imposition, si vous n'avez pas envie par exemple que votre employeur connaisse votre taux d'imposition, on ne peut pas savoir grand-chose à travers un taux d'imposition, on peut imaginer que des gens n'aient pas du tout envie que votre employeur connaisse ce taux d'imposition, à RTL par exemple, vous leur donnez le taux neutre, et après vous régulariserez avec les impôts.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais ce n'est pas moi qui donne le taux neutre, c'est…

GERALD DARMANIN
Vous choisirez le taux neutre et automatiquement on le donnera à votre employeur.

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est moi qui choisis le taux neutre.

GERALD DARMANIN
Vous direz aux impôts…

ELIZABETH MARTICHOUX
Moi je veux un taux neutre, ben tiens, je veux seulement 10 % de…

GERALD DARMANIN
Oui, mais vous régulariserez après.

ELIZABETH MARTICHOUX
D'accord.

GERALD DARMANIN
Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui 90 % des Français, ils ont un taux entre 0 et 10. Je rappelle que quasiment 50 % des Français ils ont un taux à zéro, puisqu'ils ne paient pas d'impôt sur le revenu. Donc ça concerne les 10 % de gens qui ont des revenus qui sont très différents par rapport à ceux que leur entreprise leur verse, par exemple, et parce qu'ils ont des revenus fonciers, parce qu'ils ont quelqu'un dans le couple qui gagne bien plus ou biens moins qu'eux, qui n'ont pas envie que, derrière un taux très hypothétique, pour savoir ce qui se passe derrière, on connaisse leur vie, eh bien donner un taux neutre, on respecte la confidentialité si quelques-uns d'entre nous ne veulent pas donner cette petite part d'intimité qu'est leur taux d'imposition.

ELIZABETH MARTICHOUX
Pour être clair, parce qu'on y reviendra largement, on fera une émission avec Yves CALVI à la rentrée, sur l'impôt à la source, on dira tous aux auditeurs, mais le taux neutre, on me dit qu'on le choisit, ce sera quand ? Quand est-ce que je choisis mon taux neutre ? Maintenant, ou en septembre ou au 1er janvier ?

GERALD DARMANIN
Non non, mais à la rentrée…

ELIZABETH MARTICHOUX
La rentrée ?

GERALD DARMANIN
Si vous m'invitez au mois de septembre, on aura l'occasion de rentrer dans ce détail, effectivement il y aura un échange automatique de données avec vos employeurs, vous ne ferez rien d'autre que de choisir ce que vous avez envie, effectivement, que votre employeur connaisse.

ELIZABETH MARTICHOUX
Echange automatique avec l'employeur…

GERALD DARMANIN
Exactement.

ELIZABETH MARTICHOUX
Rendez-vous en septembre pour ce choix qui est important.

GERALD DARMANIN
L'employeur ou celui qui vous paie, la caisse de retraite par exemple.

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, ou la caisse de retraite. On y reviendra, bien sûr. Gérald DARMANIN, il y a combien d'aides sociales ou d'allocations aujourd'hui en France ?

GERALD DARMANIN
Il y en a beaucoup, alors je ne sais pas le nombre exact…

ELIZABETH MARTICHOUX
Il y en a combien ?

GERALD DARMANIN
Je ne sais pas.

ELIZABETH MARTICHOUX
Le ministre du Budget ne sait pas combien il y a d'aides sociales et d'allocations.

GERALD DARMANIN
Non je ne sais pas, parce que je pense que ça dépend beaucoup aussi, de si vous mettez des aides des collectivités locales. Ce qui est certain c'est qu'il y en a trop, qu'elles font parfois des trappes à une activité, qu'elles sont parfois contradictoires. Parfois, les gens qui devraient avoir ces aides sociales, je le sais en tant qu'ancien maire de Tourcoing, ne les demandent pas, parce que c'est complexe et ces aides sociales, elles ont souvent été construites de manière, plus d'un processus administratif que pour vraiment aider les gens, soit à sortir de la misère, parce qu'il y a des aides sociales aujourd'hui de gens qui sont cassés par la vie, il y a des gens qui sont à des adultes handicapés, qui malheureusement ne peuvent pas reprendre le travail. Le minimum vieillesse, ce sont des aides sociales de solidarité, légitimes, que nous augmentons, dans le programme du président de la République, et puis il y a des aides sociales qui permettent d'attendre le moment où on est entre deux périodes d'activité, et malheureusement, elles ne sont pas assez incitatives parfois pour sortir de cette inactivité.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous parlez de la prime d'activité dont vous avez annoncé qu'elle allait être réduite ?

GERALD DARMANIN
Non, je n'ai pas annoncé qu'elle était réduite, j'ai dit qu'il fallait que nous réfléchissions à notre système social, notamment sur ce deuxième point, comment on activait mieux, comment on incitait mieux les gens à reprendre un travail, comment on évitait les trappes à une activité. On a un système social qui malheureusement n'a pas réglé le problème de la grande pauvreté en France et qui n'a parlé de non plus le problème de l'activation vers le travail, soit parce que les gens manquaient de qualifications, soit parce qu'ils manquaient de mobilité géographique, soit parce que le cumul des aides et les salaires bas, vous empêche, pas parce que vous le voulez, mais parce que c'est simplement le calcul que vous faites, de reprendre un travail. Je pense à toutes ces femmes qui élèvent deux, trois enfants, je les connais, dans le quartier de la Bourgogne, par exemple, à Tourcoing, qui entre le mode de garde des enfants, le salaire bas qu'on leur offre, les transports lointains et les aides sociales qu'elles ont aujourd'hui, ne peuvent matériellement pas reprendre un travail, alors qu'elles aimeraient le faire. Donc je pense qu'il est normal de revoir ce système de social, sans jamais diminuer les prestations individuelles des gens.

ELIZABETH MARTICHOUX
Parlons-en. Vous dites : c'est un système efficace, c'est un système qui est généreux mais qui n'est pas toujours efficace, mais quand même, on n'a pas tout compris la philosophie du gouvernement sur l'avenir de ces aides sociales. Vous affirmez dans Ouest France ce week-end : individuellement, les gens ne doivent pas voir baisser leurs prestations. Donc quelles que soient les prestations, quels que soient les prestataires, enfin, les bénéficiaires, il n'y aura pas de baisse pendant le quinquennat.

GERALD DARMANIN
Mais nous les augmentons.

ELIZABETH MARTICHOUX
Non mais alors…

GERALD DARMANIN
Au mois d'avril, non mais au mois d'avril…

ELIZABETH MARTICHOUX
Soyons clair, de quelles prestations sociales individuelles parlez-vous ? Ce sera plus clair, puisqu'en plus il y a une contradiction avec Bruno LE MAIRE.

GERALD DARMANIN
Il y a deux types…

ELIZABETH MARTICHOUX
Qu'est-ce que c'est une prestation sociale individuelle qui ne sera pas touchée pendant le quinquennat ?

GERALD DARMANIN
Il n'y a pas de contradiction avec Bruno LE MAIRE, j'ai souligné que bien sûr il fallait revoir le système d'aides sociales, sans toucher aux aides sociales individualisées, on y reviendra dans quelques instants, c'est votre question. Et dans un deuxième temps, il fallait aussi toucher aux aides aux entreprises parce que quand il y a une période de croissance économique, c'est normal, je prends l'exemple des aides aux entreprises, c'est 140 milliards l'assiette et il est normal de pouvoir aussi dire aux entreprises : on baisse vos impôts. Et comme vous voulez vivre du fruit de votre travail et pas des subventions publiques, il est normal aussi de revoir ce système. Bien. Donc pour les aides sociales, vous avez deux types d'aides sociales. Vous avez celles, encore une fois, qui reviennent de la solidarité nationale. Quand on augmente le minimum vieillesse comme on l'a fait au mois d'avril dernier, on passe de 830 à 835 €, parce que les gens ne peuvent pas reprendre un travail, ils sont dans une situation de pauvreté, c'est la promesse du président de la République, et chaque année on augmentera pour augmenter de 100 € par an.

ELIZABETH MARTICHOUX
Minimum vieillesse, allocation handicapé vous l'avez augmentée…

GERALD DARMANIN
C'est le cas de l'allocation adulte handicapé.

ELIZABETH MARTICHOUX
Les APL, est-ce que c'est une prestation sociale individuelle ?

GERALD DARMANIN
Alors, vous me permettez, madame MARTICHOUX.

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, pardon.

GERALD DARMANIN
Ça c'est donc effectivement les gens qui sont dans une difficulté, ils ne peuvent pas reprendre le travail et la nécessaire solidarité nationale doit s'exprimer par une augmentation de leurs prestations, c'est le « en même temps » du président de la République, et nous avons fait des efforts budgétaires pour que ces prestations augmentent comme jamais elles n'ont augmenté sous aucun gouvernement. Et puis à ceux qui touchent des prestations sociales, dans l'attente, j'allais dire, malheureusement, de n'avoir pas pu retrouver un travail. Pourquoi on ne trouve pas un travail en France ? Il y a plusieurs raisons : il manque de qualification, c'est le plan Pénicaud, il y a la mobilité géographique, c'est tout le travail qu'on fait autour de cela, et il y a aussi des moments où il y a des trappes à inactivité. Il y a des moments où vous n'êtes pas incité à reprendre du travail. Qu'est-ce qu'on a fait dans notre système actuel ? Au lieu de se poser la question de l'aide sociale unique, nous ce que veut le président de la République, c'est une allocation sociale unique qui évite de se dire : il y a une multiplicité d'allocations qui sont parfois contradictoires dans ces objectifs.

ELIZABETH MARTICHOUX
Dont vous ne savez même pas combien il y en a, d'ailleurs.

GERALD DARMANIN
Il y en a beaucoup et ça dépend des régions, ça dépend des communes. Moi-même, dans ma commune j'en ai mis en place pour aider notamment les personnes handicapées…

ELIZABETH MARTICHOUX
Il y a les locales et les nationales.

GERALD DARMANIN
Mais oui, mais tout ça, les gens cumulent, évidemment et c'est normal d'ailleurs. Donc il faut faire une aide sociale unique et il faut une fois qu'on a cette aide sociale unique, avoir cette différence avec le salaire. Je prends l'exemple de la prime d'activité. La prime d'activité…

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est le complément de revenu pour les travailleurs pauvres ou modestes.

GERALD DARMANIN
Oui, pour les gens qui, à partir, entre 0,5 et 1,3 SMIC, pour parler très technocratiquement, mais quand vous reprenez un travail, vous avez le droit à une prime d'activité, qu'on a d'ailleurs augmentée. En 2016, quand elle a été créée, fusion de la prime pour l'emploi et des aides, 3 milliards d'euros, 4 milliards d'euros pardon. Aujourd'hui c'est 6. On voit bien qu'en 2 ans, il y a eu 2 milliards de prime d'activité en plus, alors qu'on a une croissance économique et des créations d'emplois en plus. Il y a un système qui fonctionne assez mal, parce que pour autant on n'a pas sorti des milliers de personnes de la pauvreté.

ELIZABETH MARTICHOUX
Gérald DARMANIN, vous confirmez donc l'hypothèse, sur la table, ça vous paraît pertinent de réviser le système de calcul d'attribution de la prime d'activité. Je voudrais aller plus vite, parce que si vous permettez, il y a des questions encore sans réponse. Par exemple, l'APL, est-ce que c'est une prestation sociale individuelle ?

GERALD DARMANIN
Alors, c'est différent, c'est une aide au logement.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc c'est non, ce n'est pas... donc ça ne fait pas partie des prestations que vous ne toucherez pas pendant le quinquennat.

GERALD DARMANIN
Non mais par exemple madame MARTICHOUX, il n'y aura pas de baisse des APL, en revanche il y a un système que Julien DENORMANDIE et Jacques MEZARD mettent en place en ce moment, qu'est la contemporainisation des APL. Aujourd'hui les gens les touchent de manière non contemporaine. Ils en ont besoin…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous voulez dire, l'année de référence, qui est prise en compte pour le calcul.

GERALD DARMANIN
C'est normal, les Français doivent toucher des aides au logement, le jour où ils en ont besoin et où leurs critères correspondent à ceux-là. Aujourd'hui il y a un décalage de plusieurs mois, ce n'est pas bon pour les gens, parce qu'ils reçoivent leurs APL de façon différente et donc du coup, ils ont des problèmes de trésorerie. Ce n'est pas bon pour l'Etat, parce que parfois il verse ces APL à des gens qui ne méritent plus de les avoir.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et ce système-là, il peut être étendu à d'autres prestations d'ailleurs, de réviser l'année de calcul.

GERALD DARMANIN
Oui, en tout cas pour les APL, c'est un système très compliqué à mettre en place, et on le met en place cette année, c'est un travail très important que fait le ministère du Logement et la CNAF.

ELIZABETH MARTICHOUX
Il y aura des perdants et les gagnants ?

GERALD DARMANIN
Il y aura des gens qui toucheront les APL au moment où ils devront les toucher, et ça sera juste juste.

ELIZABETH MARTICHOUX
Sur l'ensemble, il y aura des perdants et les gagnants ? Quand vous aurez arbitré sur un système d'aides sociales ?

GERALD DARMANIN
Mais il y a des gens qui aujourd'hui touchent encore... Mais il y a aujourd'hui des gens qui touchent encore des APL alors qu'ils ne méritent plus de les toucher, et dans le nouveau système ils ne les toucheront plus. Et puis il y a des gens qui devraient toucher les APL et qui les touchent pas, parce qu'il y a un retard, et ces gens-là les toucheront, ce sera juste.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous cherchez des économies Gérald DARMANIN. Baisse de 10 % des effectifs des fonctionnaires à l'étranger, avez-vous dit. Vous avez fâché Jean-Yves LE DRIAN, sur ce sujet.

GERALD DARMANIN
Non…

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est les ambassades, les consulats, les missions…

GERALD DARMANIN
Non, je ne crois pas, le Quai d'Orsay n'est pas…

ELIZABETH MARTICHOUX
Un petit peu.

GERALD DARMANIN
Non, le Quai d'Orsay n'est pas particulièrement touché, le président de la République a dit…

ELIZABETH MARTICHOUX
Il n'est pas content, vous confirmez, il l'a dit.

GERALD DARMANIN
Il y a des fonctionnaires qui savent que leurs effectifs augmenteront, ça le président de la République l'a dit, c'est le cas de la police et de l'Education nationale, dans certains endroits, par exemple, et puis il y en as, y compris d'ailleurs au sein de mon administration, qui vont connaître une diminution d'emplois publics, parce que le président de la République, c'est un engagement que l'on entend assez peu répété par les ministres, mais effectivement a dit qu'il baisserait de 120 000 le nombre d'agents de la Fonction publique.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc vous confirmez en tout cas sur cette baisse-là, 10 %

GERALD DARMANIN
Je confirme que l'ensemble de l'Etat, quels que soient les ministères, ceux qui n'ont pas été vus comme des ministères qui augmenteraient, verraient les effectifs baisser, bien sûr.

ELIZABETH MARTICHOUX
10 % des effectifs des fonctionnaires à l'étranger, ça c'est déjà dans vos tuyaux. Un mot encore, la dette de la SNCF, on n'a pas bien compris : dans le déficit ou dans la dette, que vous allez mettre les 35 milliards ?

GERALD DARMANIN
Ça sera dans la dette. A partir du 1er janvier 2020, madame MARTICHOUX…

ELIZABETH MARTICHOUX
Ce sera dans la dette ? Vous avez le droit d'orienter directement les 35 milliards vers la dette ? Bruxelles vous a donné son accord ?

GERALD DARMANIN
Mais, d'abord, nous travaillons effectivement pour qu'au 1er janvier 2020 on reprenne à peu près 25 milliards, et puis après 10 milliards de plus effectivement dans la dette. Et nous le ferons pourquoi ? Parce que c'est ça qui est plus intéressant, on le fait pour permettre à la SNCF qui se sera transformée, de pouvoir emprunter sur les marchés sans avoir un gros sac à dos derrière lui, qui est celui de sa dette, qui l'handicaperait. Et pourquoi on le fait ? Eh bien pour que les trains arrivent à l'heure, on ne le fait pas pour faire plaisir à telle ou telle demande catégorielle. La vérité, madame MARTICHOUX, c'est que comme l'a très bien dit, et j'ai répondu à votre question la dernière fois ici, le Premier ministre, c'est bien le contribuable français qui va payer cette dette, sans augmentation d'impôt, mais que nous devons diminuer la dépense publique, nous devons diminuer la dette, si possible dès cette année, donc pour voir que ces 35 milliards soient supportables pour le budget des Français, c'est mon travail.

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est fléché donc vers la dette, ça sera a priori moins lourd tout de suite pour le contribuable, Bruxelles a dit oui.

GERALD DARMANIN
Mais je laisserai Bruxelles, et je laisserai le comptable national et européen répondre à vos questions, ce qui est certain, c'est que depuis que je suis ministre des Comptes publics, vous aurez constaté que ni les comptables européens nationaux, ni Bruxelles, n'a retoqué le budget que j'ai pu présenter.

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est une forme de réponse. En un mot, les cheminots doivent arrêter la grève ?

GERALD DARMANIN
Je respecte le droit de grève, le droit de manifester, mais je pense qu'il faut savoir arrêter une grève, comme disait l'autre.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci Gérald DARMANIN.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 31 mai 2018

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