Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les étudiants étrangers en France et sur l'enseignement français à l'étranger, à Paris le 13 juin 2018. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les étudiants étrangers en France et sur l'enseignement français à l'étranger, à Paris le 13 juin 2018.

Personnalité, fonction : LE DRIAN Jean-Yves.

FRANCE. Ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Circonstances : Cérémonie de sortie des boursiers Excellence-Major, à Paris le 13 juin 2018

ti :
Monsieur le Ministre, Monsieur Jean-Baptiste Lemoyne,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires, qui sont nombreux ce soir,
Monsieur le Directeur de l'Agence pour l'Enseignement français à l'étranger,
Madame la Présidente directrice générale de France Médias Monde,
Madame la Directrice générale de Campus France,
Monsieur le Président de l'Association des lycées français du monde,
Monsieur le Président du cercle Magellan,
Mesdames et Messieurs les Représentants des entreprises,
Mesdames et Messieurs, Chers Amis,
Chers Boursiers,


Tous autant que vous êtes, dans la diversité de vos parcours et de vos origines, vous êtes venus en France pour y mener de brillantes études. Ce soir, vous pouvez être fiers de votre audace, de vos efforts et, bien sûr, de votre réussite. De l'audace, il vous en a fallu pour partir loin, parfois très loin, de l'endroit où vous viviez alors que vous étiez à peine entrés dans l'âge adulte. Des efforts, je ne doute pas que vous en ayez fournis beaucoup. Votre réussite, nous sommes réunis ce soir au Quai d'Orsay pour la fêter.

Vous avez franchi un cap. C'est assurément une grande joie pour vous et pour vos proches. Mais c'est aussi une grande joie pour notre pays, qui a su voir en vous des jeunes gens de mérite, promis à un bel avenir. Il y a six ans, alors que vous étiez élèves de terminale, le ministère de l'Europe et des affaires étrangères et son opérateur, l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger, vous ont proposé une bourse d'études. Vous vous êtes montrés dignes de leur choix, à la hauteur de leur confiance. Je tenais donc à vous réunir ce soir pour vous féliciter.

Ces premiers pas dans la vie ne manquent pas d'un certain panache et laissent présager de belles trajectoires. Car l'excellence de votre parcours scolaire et universitaire appelle désormais pour vous d'autres défis, et les anciens que nous avons entendu tout à l'heure ont tracé le chemin, vous saurez donc faire de l'excellence de votre parcours scolaire et universitaire des réussites futures. Certains d'entre vous ont fait le choix de poursuivre leurs études, d'autres de s'engager dans la vie active, que ce soit en France, dans leur pays d'origine ou même ailleurs dans le monde.

Mais où que vous soyez, quoi que vous fassiez, je suis certain que vous conserverez toujours le souvenir de ces belles années passées dans une école française, puis sur les bancs de classes préparatoires, d'universités ou d'écoles en France. Avec ce souvenir, dont le temps qui passe vous enseignera la valeur, vous garderez un peu de la France toujours dans vos coeurs.

Les liens qui vous unissent à notre pays ne sauraient se défaire une fois votre diplôme obtenu. Ces liens, vous les avez tissés pour la vie. On pourrait presque dire que la France aura été pour vous un amour de jeunesse, et vous savez que ces amours-là, on ne les oublie jamais. Je forme le voeu que cette flamme éclaire toujours les décisions que vous aurez à prendre.

En retour, j'espère que vous qui, à l'âge où l'on commence à inventer sa vie, avez choisi la France, vous deviendrez nos meilleurs ambassadeurs.

Car il y a, en vous, un je-ne-sais-quoi qui fait honneur à la France. Sans renier en rien votre identité, vos origines et vos cultures, vous avez tous en commun, en plus d'une solide formation académique et d'un goût certain pour les langues, une même curiosité, une même ouverture d'esprit. Le creuset de cette identité seconde que vous avez tous en partage, qui a contribué à vos succès académiques, c'est sans doute la formation que vous avez reçue au départ, partout, dans l'un des cinq cents établissements français à l'étranger.

Je crois que vous êtes chacun et chacune une preuve vivante de l'excellence de l'enseignement qu'on y reçoit.

C'est pourquoi je voudrais aussi profiter de cette soirée pour réaffirmer mon attachement au réseau des établissements d'enseignement français à l'étranger et l'AEFE, mais aussi à ce partenaire historique qu'est la Mission laïque française.

Jean-Baptiste Lemoyne et moi-même avons entendu les inquiétudes qui se sont manifestées sur l'avenir de l'AEFE, notamment au moment de l'annulation de crédits à l'été 2017. Mais depuis, le président de la République a eu plusieurs expressions fortes et positives, que vous avez entendues et que nous, Jean-Baptiste et moi, nous avons pleinement entendues :

- Au moment de l'Assemblée des Français de l'étranger, cet automne, il a indiqué que les crédits de l'AEFE seraient sanctuarisés pendant au moins deux ans, le temps de travailler aux évolutions nécessaires.

- Lors de son déplacement à Tunis, début février, il a exprimé son attachement au modèle des lycées français, mais aussi sa volonté de faire en sorte que ce modèle puisse satisfaire les nombreuses demandes, les nombreuses attentes auxquelles il est aujourd'hui confronté.

- À l'Académie française, le 20 mars dernier, il a précisé les principaux enjeux du projet de réforme dont il nous a confié la charge à Jean-Baptiste Lemoyne et à moi-même.

Et nous allons donc faire en sorte, avec évidemment l'accompagnement de Jean-Michel Blanquer, de consolider la soutenabilité financière de l'AEFE et à poser les bases d'un développement plus ambitieux de notre réseau d'enseignement français à l'étranger.

S'il est encore trop tôt pour partager avec vous les pistes sur lesquelles nous travaillons en ce moment, je veux en tout cas vous assurer que nous sommes désormais entrés dans le temps de la consolidation de nos acquis et de la préparation de l'avenir. Notre ambition est que, dans dix ans, nous puissions être aussi fiers de nos établissements et des réussites qu'ils permettent que nous le sommes aujourd'hui.

Le budget que nous consacrons à l'AEFE s'élève à près de 400 millions d'euros, c'est important. C'est le budget le plus important de notre diplomatie d'influence. Evidemment, ce budget va le rester.

Si la France consent un tel investissement, c'est tout d'abord parce que la mission première de l'AEFE est d'assurer un service public d'éducation française au bénéfice des enfants de familles françaises résidant à l'étranger.

Mais il est manifeste que cet effort sert aussi la Francophonie tout entière. Dans un monde menacé d'uniformisation culturelle et linguistique, renforcer la communauté de ceux qui ont la langue française en partage est en effet une priorité du président de la République et du gouvernement. Car défendre la langue française, ce n'est pas défendre les intérêts de la France, c'est défendre, à travers la variété des langues, la pluralité et la diversité des cultures et des approches intellectuelles. C'est ce qu'a montré avec force le président de la République devant l'Académie française et c'est aussi ce que nous célébrons ce soir en vous recevant, en vous voyant et en vous écoutant tout à l'heure.

Chers Boursiers, votre réussite est également l'occasion de remercier très chaleureusement les enseignants et l'ensemble des personnels des établissements scolaires et des services centraux de l'AEFE pour leur dévouement ; l'occasion aussi de saluer l'engagement des parents d'élèves dont certains, qui sont présents ici, sont impliqués dans les comités de gestion.

Je voudrais enfin profiter de cette soirée pour dire un mot du programme dont vous avez bénéficié.

Vous le savez tous, vous le constatez, la concurrence entre Etats est aujourd'hui exacerbée dans tous les domaines, économique, technologique, mais aussi culturel ou encore sur le terrain qui nous occupe ce soir : celui de l'accueil et de la formation des meilleurs talents. La France attache une importance particulière à son attractivité pour les étudiants étrangers. Elle est heureuse d'en accueillir actuellement plus de 300.000, ce qui la place au 4ème rang mondial.

Si l'on dénombre plus de 23.000 bénéficiaires de bourses de mobilité du gouvernement français, vous n'êtes que 150 à avoir été choisis sur des critères d'excellence académique, parmi les meilleurs bacheliers étrangers, pour entrer dans le programme des boursiers Excellence-Major. C'est dire la valeur de ce programme, qui connaît un succès croissant : en dix ans, le nombre de candidatures présentées a quasiment doublé.

Fort de cette réussite, je voulais vous confirmer notre volonté, à Jean-Baptiste Lemoyne et à moi-même, de continuer cet effort et de faire en sorte que 850 boursiers Excellence-Major qui sont aujourd'hui en train de poursuivre leur cursus en France soient ensuite relayés par d'autres, parce que ce chemin de l'excellence est aussi un chemin de la performance et de l'influence françaises.

Je m'en voudrais de conclure sans saluer les représentants des entreprises qui sont présents ce soir. Je me réjouis que cette cérémonie soit ainsi l'occasion de nouer des contacts avec ces entreprises pour préparer l'avenir. On me dit que certains vous ont déjà repérés ; en tout cas, tous, ils sont conscients de vos qualités et de votre potentiel.

Chers Boursiers,

Dans le monde incertain où nous vivons, dans cet environnement instable, où l'on observe partout, quasiment tous les jours, des tendances au repli, vous, vous représentez l'espoir : l'espoir d'un monde ouvert, où le multilinguisme favorise la compréhension de l'autre.

J'espère que vous garderez longtemps le souvenir de cette soirée au Quai d'Orsay en votre honneur. Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne chance pour la suite.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 18 juin 2018

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