Déclaration de Mme Brune Poirson, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, sur l'économie circulaire, la biodiversité et sur la question climatique, à Luxembourg le 25 juin 2018. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Brune Poirson, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, sur l'économie circulaire, la biodiversité et sur la question climatique, à Luxembourg le 25 juin 2018.

Personnalité, fonction : POIRSON Brune.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire

Circonstances : Conseil environnement de l'Union européenne, à Luxembourg le 25 juin 2018

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Q - Alors sur les plastiques justement vous voulez aller plus loin que la stratégie de la Commission européenne ? Qu'est-ce que la France fait au niveau national qui pourrait être mis en place au niveau européen ?

R - La France veut, tient et se battra pour que l'Union européenne prenne véritablement le leadership en matière d'économie circulaire. Qu'est-ce que l'économie circulaire ? C'est une économie qui est fondée sur une utilisation bien plus raisonnée des ressources mais aussi sur un usage limité des plastiques. Et donc c'est pour cela que nous soutiendrons la Commission en matière de lutte contre les plastiques à usage unique, par exemple les sacs en plastiques fins, par exemple aussi les gobelets, les verres, les assiettes en plastique qui ne seraient pas compostables domestiquement. Par exemple, aussi la lutte contre le polystyrène qui ne serait pas recyclable. Et donc c'est tout une série d'objets du quotidien qui sont utilisés et fondés sur une pratique à usage unique que nous voulons combattre parce que la pollution plastique est responsable d'atteinte importante à la biodiversité, aussi bien dans les océans que sur terre et elle a aussi un impact sur la santé humaine. Et donc c'est pour cela que la France veut être très ambitieuse. Nous allons même pousser l'Union européenne pour aller plus loin en matière par exemple de la lutte contre les microbilles plastiques, en matière de renforcement d'ambition sur les plastiques oxodégradables. Donc c'est toute une série d'initiatives sur laquelle la France peut, veut véritablement prendre le leadership.

Nous avons en France, à travers la feuille de route de l'économie circulaire déjà impulsé un vrai mouvement. La France en a discuté longuement et en détail de façon plus informelle avec différents pays de l'Union européenne et nous voulons continuer cette dynamique-là et la porter sur la table des négociations de façon à ce que nous luttions contre ce fléau que représente la pollution plastique, fléau comme je le disais pour la biodiversité, pour les océans mais aussi pour la santé humaine il ne faut pas l'oublier.

Q - Par exemple, vous parlez des plastiques microbilles, vous pouvez nous en dire un peu plus ?

R - Et bien cela fera l'objet de discussion. Nous voulons que les microbilles soient prises en compte de façon la plus large possible, pas forcément uniquement dans les produits cosmétiques mais peut être plus largement. Tout cela fera l'objet de discussion mais soyez assurés que la France est extrêmement moteur sur cette question-là. Encore une fois, nous voulons lutter contre la pollution plastique et en particulier le plastique à usage unique.

Q - Pour l'usage plastique vous souhaitez l'interdiction ?

R - Oui, c' est ce que nous voulons c'est que nous venions et arrivions à un usage bien plus raisonné des ressources plastiques et que nous puissions mettre en place une boucle d'économie circulaire où les plastiques sont et deviennent une matière première pour produire d'autres plastiques, d'autres produits. Le déchet doit devenir une ressource, c'est une philosophie, c'est un projet de société que nous voulons porter au niveau européen et le porter fortement. Et d'ailleurs en parlant de protection de la biodiversité, c'est aussi un point très fort que nous porterons à ce Conseil-là aujourd'hui parce que pour nous, la biodiversité doit être aussi importante et être à la même hauteur que la lutte contre le changement climatique. L'un ne peut pas aller sans l'autre, c'est pour cela que nous nous battrons pour mettre la biodiversité haut sur l'agenda européen. C'est donc le début d'une dynamique que nous voulons et nous cherchons à enclencher aujourd'hui.

Q - Il y a une stratégie de l'UE sur la biodiversité...

R - C'est un point que nous voulons et que nous avons tenu à mettre à l'agenda parce que nous voulons et nous pensons qu'il faut que nous soyons plus ambitieux en la matière. Le Ministre d'Etat Nicolas Hulot a porté très fortement et continue de le faire en France cette thématique. Et nous devons aussi la porter au niveau européen, au niveau mondial pour créer une dynamique similaire à elle sur le climat. C'est un vrai mouvement, c'est un vrai changement de mentalité que nous devons enclencher. Et c'est pour cela que nous avons tenu à le mettre à l'ordre du jour de ce Conseil. De même, nous tenons aussi à être particulièrement moteur en faveur des pollinisateurs et lutter contre les insecticides qui pourraient affecter tous les insectes pollinisateurs et plus largement aussi, c'est une dynamique que nous voulons enclencher d'accélération de lutte contre les pesticides et de sortie progressive à l'échelle européenne de ces produits-là qui ont un impact très négatif sur la biodiversité, nous le savons. Et enfin, peut-être pour conclure, la question du droit à l'eau. La France va soutenir l'article 13 qui a été proposé par la Commission européenne parce qu'il est aujourd'hui impensable qu'en Europe, intolérable même qu'en Europe, des populations vulnérables n'aient pas accès à l'eau portable. Et donc, nous nous battrons pour cela parce que le droit à l'eau fasse partie des socles des droits sociaux fondamentaux de l'Union européenne.

R - [Nicolas Hulot] Je rajouterai simplement qu'on va aussi se battre pour renforcer la part du budget européen qui est consacrée au changement climatique et consacrée à la biodiversité, c'est vous dire que l'après-midi va être dense, c'est un Conseil qui est important encore une fois parce qu'il va donner la température et le ton dans la perspective de la COP24 dont on ne peut pas se permettre de faire de la COP24 une COP inutile. C'est un moment peut-être d'hésitation pour la communauté internationale sur sa détermination sur la lutte contre le changement climatique et la biodiversité. Tout signal de réserve pour à la COP24 serait mal interprété et malvenu mais ce n'est pas du tout l'état d'esprit qui règne aujourd'hui.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 27 juin 2018

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