Interview de M. Christophe Castaner, secrétaire d’État aux relations avec le Parlement, à LCI le 28 juin 2018, sur la politique en faveur des banlieues, le service national universel et la politique européenne de l'immigration. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Christophe Castaner, secrétaire d’État aux relations avec le Parlement, à LCI le 28 juin 2018, sur la politique en faveur des banlieues, le service national universel et la politique européenne de l'immigration.

Personnalité, fonction : CASTANER Christophe.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement

ti : PASCALE DE LA TOUR DU PIN
Il est huit heures vingt, restez avec nous, Christophe JAKUBYSZYN reçoit Christophe CASTANER ce matin…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Oui, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement et délégué général de La République en Marche, autrement dit patron du parti, bonjour Christophe CASTANER !

CHRISTOPHE CASTANER
Bonjour !

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Merci d'être avec nous ce matin. Alors pour vous mettre dans l'ambiance on a écouté Jean-Louis BORLOO hier soir à Valenciennes qui parle de la présidence MACRON, qui en fait le bilan, c'est gratiné, vous allez voir.

JEAN-LOUIS BORLOO, ANCIEN DEPUTE-MAIRE DE VALENCIENNES (NORD)
En d'autres termes si on parle des cuisines il faut faire attention à ce que notre pays ne se retrouve pas dans la situation culinaire désagréable où le gratin se sépare des nouilles », ça n'a jamais fait un grand plat et c'est une erreur majeure, je le dis très, très sérieusement.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Vous êtes le gratin et la France d'en bas ce sont les nouilles selon Jean-Louis BORLOO…

CHRISTOPHE CASTANER
Peut-être qu'il pensait l'inverse, je ne le savais pas critique gastronomique, ce que je sais c'est qu'il était à Valenciennes, il a été élu la première fois je crois en 1989, voilà le début de l'engagement en politique, donc qu'il a certainement…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Vous êtes en train de dire que c'est le Vieux monde ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non parce que ce n'est pas ma sémantique mais il a certainement de l'expérience pour commenter mais en même temps ce qui m'interroge c'est ceux qui sont en responsabilités depuis 30 ans sont-ils les mieux placés pour nous expliquer ce que finalement ils n'ont pas fait et que nous devrions faire ? On prend des risques, ces risques quelquefois peuvent susciter des critiques, nous devons les assumer !

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais vous faîtes un peu ce qu'avait fait Emmanuel MACRON avec Jean-Louis BORLOO il y a un mois à peu près lorsqu'il avait remis son rapport sur les banlieues, on avait l'impression que les deux hommes s'entendaient, que MACRON lui avait fait plein de promesses puis le jour du rapport il dit qu'effectivement comme vous que c'est le Vieux monde, que ça n'a pas marché depuis 40 ans et qu'on ne va pas appliquer le plan Banlieues…

CHRISTOPHE CASTANER
Il n'a pas dit ça, moi j'ai le souvenir des commentaires de monsieur BORLOO après que le président de la République soit intervenu…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Parce qu'il est poli !

CHRISTOPHE CASTANER
Ou alors il ne dit pas la même chose à un moment et à un autre, moi je ne sais pas…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Je vous confirme qu'il ne dit pas la même chose en off…

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, écoutez, moi je suis pour la cohérence en politique, je souhaite faire en sorte que ce que je vous dis à vous et donc à ceux qui nous écoutent soit à peu près la même chose que ce que je vous dirai tout à l'heure quand je vous rencontrerai. Je pense que la politique est morte justement de ces réalités-là qui étaient un discours officiel et le reste du temps du bullshit, je reprends les mots de monsieur WAUQUIEZ qui justifiait devant des étudiants le fait qu'il pouvait parler comme ça, avoir de l'engagement, je préfère en avoir un seul, je l'ai devant vous, je l'aurai tout à l'heure, je l'aurai demain.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais cette critique que fait Jean-Louis BORLOO sur le président des riches au fond, c'est-à-dire le président qui ne prête pas attention à la souffrance des plus démunis de notre pays, vous l'entendez ?

CHRISTOPHE CASTANER
Ecoutez, monsieur BORLOO s'occupe, et c'est un spécialiste, il a beaucoup oeuvré dans tout son engagement sur la question des banlieues, dans les banlieues c'est là où vous avez le plus grand nombre de quartiers défavorisés où depuis la rentrée de septembre nous aurons dédoublé les classes. C'est-à-dire qu'on s'adresse à celles et ceux qui vivent dans les quartiers les plus difficiles de France, qui connaissent les conditions les plus difficiles de France et on fait en sorte que là où vous aviez des classes surchargées de 30 élèves il y ait 12 élèves. Moi j'ai en tête cette rencontre que Jean-Michel BLANQUER m'a racontée avec une maman qui avait eu quatre enfants, les trois premiers étaient dans l'ancien système, 30 enfants, ils arrivaient en fin d'année, ils étaient déjà dans l'échec scolaire. Elle l'a rencontré pendant les vacances de Noël, elle lui a dit : « écoutez, mon quatrième enfant c'est la première fois qu'au moment où on arrive à Noël il commence à savoir lire, écrire, compter » et elle lui a dit « je crois qu'il est sauvé ». C'est aussi cela que nous faisons et on le fait dans les quartiers les plus difficiles, alors vous voulez des mesures de gauche, est-ce que ça c'est une mesure de gauche ? Je n'en sais rien mais par contre c'est une mesure très sociale. Vous voulez d'autres mesures ? Celle pour le minimum vieillesse, moi j'entends les leçons qui sont données par la majorité précédente à laquelle j'appartenais mais nous n'avons pas augmenté le minimum vieillesse dans la majorité !

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais les APL qui ont été baissées de cinq euros l'an dernier et qui seront gelées cette année…

CHRISTOPHE CASTANER
Comme les loyers dans le logement social, alors on aurait pu décider d'augmenter les APL alors que les loyers étaient gelés dans le logement social, je pense que ça n'aurait pas été très cohérent, et donc on a gelé les loyers dans le logement social, on a gelé les APL, ça me paraît assez logique.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
On va parler, on reviendra tout à l'heure évidemment à l'économie et à…du quinquennat. Simplement on va parler football parce que sortie de l'Allemagne hier contre la Corée c'était la surprise générale, le vainqueur qui se fait sortir avant même les huitièmes. Il y en a un qui a adoré cette sortie c'est Jean-Luc MELENCHON, j'imagine que vous avez vu son tweet hier soir où il exultait de la défaite de l'Allemagne, « joie pure : la Mannschaft est éliminée. Trop fort les Coréens », est-ce qu'un dirigeant politique devrait dire ça ?

CHRISTOPHE CASTANER
Moi je ne crois pas, si son commentaire n'était que footballistique, pourquoi pas, vous connaissez l'adage « l'Allemagne gagne toujours à la fin », là ce n'est pas le cas mais on sait bien que ce n'est pas le cas ! Qu'au fond déjà il a toujours contesté aux Allemands Jean-Luc MELENCHON le fait d'avoir choisi Angela MERKEL et au fond il n'a jamais aimé la démocratie même en France d'ailleurs, il est arrivé quatrième, il ne s'en est toujours pas aperçu et depuis un an il nous a expliqué qu'il allait faire descendre un million de personnes dans la rue pour revenir sur le suffrage universel. Donc, non, je pense que cette attaque antiallemande n'est pas saine, on n'a pas besoin d'alimenter cela, nous avons besoin au contraire d'un partenariat fort avec l'Allemagne. Et moi quand je vois l'Allemagne affaiblie, quand je vois la chancelière allemande affaiblie notamment avec son ministre de l'Intérieur qui a des thèmes assez proches de ceux du ministre et d'extrême-droite italien ça ne me rassure pas, je préfère effectivement que nous ne soyons pas dans ce rejet des Allemands, rejet de l'Allemagne.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
C'est dangereux de faire ce que fait Jean-Luc MELENCHON, de considérer que l'Allemagne c'est l'ennemi héréditaire de la France ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui mais le problème de Jean-Luc MELENCHON c'est qu'il a beaucoup d'ennemis, ils s'en créent, il les fait vivre et qu'au fond c'est cette politique qui consiste à toujours souffler sur les braises plutôt qu'à vouloir éteindre les incendies, on a deux cultures différentes !

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
On va parler du service national universel qui a été annoncé hier par le Conseil des ministres, est-ce que c'est le premier recul, le premier renoncement d'Emmanuel MACRON ? On a entendu encore le président il y a deux, trois mois dire que les rapports qu'il lisait ne le satisfaisait pas, qu'il fallait au moins trois mois de service, six mois obligatoires et là on atterrit sur un mois, qu'est-ce qui s'est passé ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non mais d'abord c'était quoi l'engagement du candidat Emmanuel MACRON ? C'était un mois et donc il s'est exprimé à l'époque, je me souviens, c'était un samedi matin, Jean-Yves LE DRIAN venait de le rejoindre dans le combat pour la présidentielle, il avait annoncé cet engagement d'un mois et donc c'est ce que nous allons mettre en oeuvre mais en deux temps.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais après il avait envie de plus parce qu'il se disait que pour intégrer justement des jeunes qui ne connaissent plus le vivre ensemble au sein de la Nation…

CHRISTOPHE CASTANER
Vous avez raison.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
…il fallait davantage qu'un mois.

CHRISTOPHE CASTANER
Vous avez raison, c'est pour ça qu'on veut le faire en deux temps, d'abord ce mois obligatoire qui est séparé en deux temps parce que comme on s'adresse à des plus jeunes on se dit que la rupture y compris la rupture familiale n'est pas forcément évidente, donc 15 jours dans un premier temps en internat puis 15 jours de travail en collectif à un autre moment. Et puis ensuite une seconde phase mais celle-ci non pas obligatoire, facultative, où on veut justement accompagner celles et ceux qui le choisiraient et le premier mois va nous servir à détecter, à donner de l'envie, jusqu'à 25 ans sur un engagement de trois mois, de six mois, de neuf mois, peut-être même plus et donc du coup c'est un mois obligatoire et un engagement plus long au service de la Nation sur des causes environnementales, sociales, patrimoniales par exemple.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais vous n'avez pas peut que ça devienne assez opportuniste, au fond que ce soit encore une fois les plus aisés qui comprennent bien que s'engager trois mois, six mois ça peut faire bien sur un CV et que ça n'aura pas donc l'effet attendu d'intégrer des populations qui ne le sont plus ?

CHRISTOPHE CASTANER
L'intégration on va y travailler pendant le premier mois et ensuite…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ca suffit un mois ?

CHRISTOPHE CASTANER
…le second sujet, il peut y avoir ce risque opportunisme, on ne l'a pas sur le service national, sur le…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Service civique.

CHRISTOPHE CASTANER
Service civique, pardon, merci, on ne l'a pas aujourd'hui où on voit qu'on a une vraie mixité, donc il faudra qu'on soit attentif à cela. D'ailleurs c'est pour ça qu'on lance aussi cette réflexion, six mois de réflexion, on va associer les jeunes à tout ça pour définir précisément les modalités de mise en oeuvre. Mais, non, il n'y a pas de recul, il y aura ce mois de cohésion où on va rassembler des jeunes gens du même âge mais de lieux différents, de catégories sociales différentes pour qu'il y ait ce moment d'échange, ce moment de partage. Vous savez, un mois, ceux qui connaissaient le service militaire, on va dire les moins jeunes d'entre nous, se souviennent qu'il y avait un mois…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Que nous sommes malheureusement !

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, comment ça, ce n'est pas un bon souvenir ?! (Il sourit)

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Si, si mais le fait de ne plus être jeune !

CHRISTOPHE CASTANER
D'accord ! Et donc du coup c'était un mois les classes, ce n'était pas plus que cela et c'est un peu ce que nous proposons même si la différence est qu'ensuite il y avait un service militaire, c'est-à-dire 11 mois d'engagement, de service de l'armée et l'évolution de l'armée fait que nous n'avons pas ces besoins aujourd'hui.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
On va regarder cette image d'hier, de nouveau Emmanuel MACRON dans son bureau en train de signer, cette fois-ci c'est une loi, dans le passé ça a pu être des ordonnances ou des lois, pourquoi cette mise en scène, est-ce qu'au fond c'est pour dire « j'ai gagné face aux syndicats de cheminots » ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, il l'a fait sur un grand nombre de textes depuis le début, il a voulu marquer ainsi la fin d'un cycle législatif mais il a voulu aussi marquer la capacité que nous avons à travailler plus vite. Précédemment il fallait entre le début de la discussion d'un projet de loi et l'aboutissement 18 mois, deux ans, aujourd'hui vous avez un gouvernement, vous avez un Parlement qui travaille plus vite et donc on se fixe des objectifs. Les ordonnances sur le travail on avait pris l'engagement qu'elles soient opérationnelles au 1er janvier de l'année qui a débuté il y a six mois, ça a été le cas, et donc il avait décidé de les signer ainsi, depuis il l'a fait pour certains textes et là sur la SNCF. Effectivement moi j'ai en tête que depuis 40 ans personne n'avait osé attaquer la SNCF et donc on a laissé se cumuler une dette, on savait qu'elle allait dans le mur mais on ne faisait rien, là on a agi et le président marque la fin du processus législatif, maintenant rentrons dans la transformation en profondeur de la SNCF pour la sauver.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais pas la fin du cycle de grève, il y a des syndicats qui ont encore appelé à la grève notamment la CGT et SUD-Rail qui a déposé un préavis de grève pour les 6 et 7 juillet, premier week-end de grands départs en vacances, qu'est-ce que vous pensez de l'attitude de ces syndicats ?

CHRISTOPHE CASTANER
Moi je la trouve totalement anormale, je pense que les syndicats ne doivent pas protéger leur statut ou leur propre combat, ils doivent protéger la SNCF et c'est ce que nous voulons faire ensemble. Mais la SNCF allait dans le mur, les Français prennent leur part, vous savez, 14 milliards d'euros à peu près chaque année de dotations publiques, 50 milliards de dettes, 35 qui vont être assumés par les Français. Je pense que, et je le dis aux responsables syndicaux, ils doivent aux Français un service de qualité et ils le doivent en particulier dans ce moment assez unique du départ en vacances. Les Français bossent toute l'année comme beaucoup, comme les agents de la SNCF et puis il y a un moment un peu sacré, c'est ce moment des vacances qu'on ne peut pas leur abîmer. J'invite vraiment à la responsabilité les responsables de la CGT et de SUD-Rail, d'autres partenaires sociaux ont décidé de ne plus faire la grève parce qu'ils ont obtenu des avancées dans les négociations. Ils n'ont pas souhaité négocier, ils n'ont pas obtenu des avancées qu'ils voulaient mais qui en gros était le statu quo et ne changeons rien, on fait comme avant, comme depuis 40 ans, ça n'était pas la volonté du gouvernement, je crois que ce n'est pas la volonté des Français non plus, mais qu'ils préservent les vacances des Français !

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ça vous choque s'il y a des débrayages cet été ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, ça me choque parce qu'on ne joue pas avec ce moment un peu sacré de rassemblement familial, celui des Français, et le but du jeu n'est pas d'emmerder au maximum les usagers, les usagers ce sont ceux qui font vivre la SNCF aussi, qu'on n'oublie pas cela.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Tout à l'heure Emmanuel MACRON part pour Bruxelles pour un sommet européen qui durera deux jours évidemment consacré aux migrants, est-ce que c'est j'ai envie de vous dire le dernier sommet européen, est-ce qu'il y a un risque de dislocation de l'Europe pendant ces deux jours ?

CHRISTOPHE CASTANER
Moi je crois que ce risque existe pas seulement ce week-end mais il existe dans le contexte dans lequel nous sommes aujourd'hui ! Chacun croit que l'Europe c'est bon, c'est acquis et qu'on peut se contenter de la critique et sans cesse. Non, l'Europe est fragile, l'Europe peut mourir et certains vont dire « tant mieux », je pense qu'ils se trompent sur des grands sujets comme la gestion des migrants, comme la gestion des droits de douane mis en place par le président des Etats-Unis, sur la gestion de la lutte contre le réchauffement climatique, nous avons besoin d'agir à l'échelle pertinente et l'échelle pertinente ça n'est pas la France, l'échelle pertinente c'est Europe, et donc on a besoin de sauver cette Europe-là et de la réorienter.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
On a l'impression qu'Emmanuel MACRON dans ces dossiers pour aller au Conseil européen a prévu plutôt de proposer des formes de coopération entre gouvernements puisque de toute façon il n'y aura pas d'accord à 27, est-ce que justement ce n'est pas signifier que l'Europe c'est terminé, en tout cas l'Europe telle qu'elle a été construite ?

CHRISTOPHE CASTANER
Moi je pense qu'on doit pouvoir travailler sur plusieurs niveaux au niveau européen effectivement à des intégrations différentes. Aujourd'hui…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Oui mais ça c'est un discours pour habiller le fait que l'Europe…

CHRISTOPHE CASTANER
Non, ça répond à votre question et c'est exactement le sens de votre question, c'est qu'effectivement on peut travailler à plusieurs échelles, il y a la zone euro qui est une échelle, il y a d'autres zones, moi je pense que l'élargissement sans fin a été une erreur de la part des institutions européennes.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Vous avez vu qu'il y a encore deux pays dont la Commission a validé l'entrée prochaine dans l'union hier…

CHRISTOPHE CASTANER
Pas validé parce qu'il y a eu une opposition ferme de la France en disant que ça n'était pas aujourd'hui opportun et donc ça a été reporté d'un an, l'examen va se poursuivre et la position de la France c'est de dire…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
La Slovénie…

CHRISTOPHE CASTANER
L'instabilité dans laquelle nous sommes ne doit pas nous permettre d'ouvrir à de l'accueil de nouveaux pays entrants et ce n'est pas eux qui sont en cause.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Quelle est la position exacte de la France par rapport aux migrants, il y a eu cette phrase mardi en marge de la rencontre avec le Pape d'Emmanuel MACRON sur les ONG, « à la fin on fait le jeu des passeurs en réduisant le coût du passage pour les passeurs, c'est d'un cynisme terrible », a dit le président français au sujet d'une des ONG notamment qui affrète le Lifeline ? Elles font leur boulot les ONG, elles sont là pour récupérer des gens en mer qui vont mourir !

CHRISTOPHE CASTANER
Alors, il y a deux choses. D'abord il y a cet engagement-là, et celui-ci il est parfaitement noble. Et puis il y a une habitude qui s'est prise, et que le président de la République a évoquée, mais vous savez, il ne faut jamais dire, de mal, il vaut mieux se taire et puis dire les choses, vous savez, juste après, je reprends le début de notre entretien. Eh bien là il dit les choses, il les nomme, et je vais le faire aussi dans la réalité. Ce qui s'est passé avec ce bateau, c'est qu'il s'est affranchi des règles internationales, il a débranché son radar, il a changé son pavillon, il a été dans les eaux libyennes…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ça vous avez les preuves.

CHRISTOPHE CASTANER
Et au fond… oui. Et on sait bien que, au fond, les passeurs se sont adaptés, et que là où précédemment, ils essayaient de mettre des bateaux d'une certaine taille, qui permettaient d'aller de la terre à la terre…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ça veut dire qu'ils ont enlevé les radars pour approcher des côtes libyennes, pour aller au plus près au contact.

CHRISTOPHE CASTANER
Au plus près, donc les passeurs s'adaptent, donc ils mettent les réfugiés qu'ils font payer le même prix.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ils sont complices des passeurs.

CHRISTOPHE CASTANER
Non mais la question n'est pas seulement celle de la complicité, elle est du fait que moi je préfère qu'on est demain un renfort de FRONTEX, c'est-à-dire des forces européennes, qui fassent en sorte de mieux sécuriser les frontières européennes et de casser ces filières de passage. Mais ce que je voudrais dire c'est que, au fond, on est là dans une crise d'exploitation politique de la question des migrants, pas de réalité migratoire.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Par les ONG aussi ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, pas par les ONG, notamment par l'Italie, et par certains pays qui se sont emparés de cela.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Parce qu'on a dit qu'il y avait des bateaux qui étaient financés par SOROS, etc. comme l'Aquarius.

CHRISTOPHE CASTANER
Voilà, et qui ont fantasmé de ça. Mais la réalité c'est quoi ? C'est que vous aviez eu un pic en 2015, avec près de 1,5 million de migrants qui sont venus en Europe. Depuis le début de l'année, nous sommes à quelques de dizaines de milliers, en Italie, avant l'élection du gouvernement actuel, le précédent gouvernement avait fait baisser de 89 % les entrées migratoires en Italie. C'est ça la réalité. Aujourd'hui, il y a un emballement politique, il y a une exploitation politique qui a commencé avec l'Aquarius. L'Aquarius c'est quoi le départ ? C'est l'Italie qui s'affranchit des règles internationales, qui interdit le bateau l'Aquarius d'accoster alors que toutes les … internationales.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Les règles c'est : on récupère le bateau quand on est près.

CHRISTOPHE CASTANER
Voilà, le plus près. Et donc il s'en affranchit et il dit au pays européens : débrouillez-vous. Alors je sais que…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Parce qu'ils en ont marre d'avoir 500 000 réfugiés, alors que…

CHRISTOPHE CASTANER
Ce n'est pas 500 000, ce que je vous ai dit c'est 50 000, c'est 89 % de moins.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Par rapport à 2015.

CHRISTOPHE CASTANER
Oui mais c'est ça la réalité, et la réalité c'est parce qu'il y a eu un travail du prédécesseur du gouvernement actuel, en lien avec la France, pour travailler à trois niveaux. A l'origine, des phénomènes migratoires, à la limite du pays de la Libye, parce qu'on sait qu'on a une gestion politique extrêmement compliquée, un renforcement ensuite de la frontière européenne et ensuite la mise en place d'une solidarité intra-européenne. C'est ça l'action que nous devons faire.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Christophe CASTANER, vous avez vu l'article du Monde hier avec ce graphique sur, par rapport aux engagements pris par chacun des pays européens sur la réallocation des migrants, personne n'a fait son travail, peut-être, à par l'Allemagne, il y a des pays qui ne l'ont pas fait du tout, nous on l'a fait au tiers de ce qu'on devait faire.

CHRISTOPHE CASTANER
Mais c'est le troisième jour.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Les italiens, on peut les comprendre quand même.

CHRISTOPHE CASTANER
Alors, d'abord la réalité c'est quoi ? D'abord c'est le troisième niveau de mon propos, à la fin du propos précédent je vous disais : c'est cette solidarité qui est nécessaire sur les réfugiés, pas sur les migrants globalement. Parce que la réalité c'est quoi ? Par exemple sur l'Aquarius, nous avons envoyé une équipe de l'OFPRA dès le lundi, une équipe de l'OFPRA, c'est-à-dire notre organisme français qui gère cela, était à Davos.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ce sont des réfugiés économiques, que vous avez…

CHRISTOPHE CASTANER
Et on a à peu près 150 personnes qui ont le statut de réfugié, et dont on a proposé de les accueillir en France.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Et le reste ?

CHRISTOPHE CASTANER
Par contre vous avez par exemple beaucoup d'Algériens qui étaient sur le bateau.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Combien ? 500… parce qu'il y avait 640 personnes je crois.

CHRISTOPHE CASTANER
Les chiffres exacts ne sont pas affinés aujourd'hui, donc je ne vais pas vous donner ce détail.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais il y a plusieurs centaines de migrants qui ne sont pas des réfugiés politiques.

CHRISTOPHE CASTANER
Des migrants économiques et notamment issus par exemple de l'Algérie, qui sont passés par la Libye, qui arrivent pas l'Italie, pour se retrouver en Espagne. Ça montre bien que notre système n'est pas simple et qu'il vaut mieux travailler en amont pour identifier celles et ceux qui doivent avoir le statut de réfugié dont je rappelle c'est ceux qui fuient leur pays parce que le pays est en guerre, l'Erythrée, le Soudan, la Syrie, pour lesquels nous voulons être généreux et la France doit être plus généreuse, et c'est le sens de la loi que Gérard COLLOMB présente aujourd'hui avec une instruction plus rapide.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
« Plus généreux », ça veut dire accueillir davantage de réfugiés…

CHRISTOPHE CASTANER
De réfugiés, de réfugiés politique.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
On ne fait pas notre part là-dessus aujourd'hui ?

CHRISTOPHE CASTANER
Notamment avec l'Italie et au niveau européen, on n'est pas tout à fait dans les objectifs que nous nous étions fixés et donc, on a un système…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Donc on va faire davantage pour les réfugiés politiques.

CHRISTOPHE CASTANER
… qui veut une instruction plus rapide et surtout il faut se poser, de l'intégration, c'est-à-dire que la question de l'intégration, il ne s'agit pas seulement d'accueillir et le dire « vous êtes les bienvenus » et de s'occuper de rien. Si vous n'accompagnez pas celui que vous accueillez dans l'intégration, notamment dans l'apprentissage du français, eh bien au fond vous générez un échec, vous générez des tensions, donc nous voulons être plus généreux avec les réfugiés, mais plus fermes avec les migrants économiques, il n'est pas normal dans ce pays que 85 % des décisions de justice de reconduite à la frontière ne soient pas appliquées. Donc c'est ça notre position et c'est ce qui nous a amené à avoir une position qui a pu être condamnée, parce qu'il y avait de l'émotion avec l'Aquarius…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Vous avez entendu l'émotion de vos députés de la République En Marche.

CHRISTOPHE CASTANER
De certains de nos députés…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
De certains.

CHRISTOPHE CASTANER
Je l'ai entendu et je la comprends parce qu'on est dans l'émotion.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Qu'est-ce que vous leur dites aujourd'hui ?

CHRISTOPHE CASTANER
Je pense que la politique ne se fait pas dans l'émotion. Je pense que la politique c'est celle qui justement permet de construire un plan d'action global pour éviter que, par l'émotion, vous donniez raison à l'Italie, parce qu'en accueillir l'Aquarius, au fond, vous donnez raison à Monsieur SALVINI, le ministre de l'Intérieur, qui après avoir attaqué les migrants, commence à attaquer dans son propre pays les roms et où va-t-il s'arrêter ? C'est ça la réalité politique. Donc je pense que l'émotion ne fait jamais une bonne politique, et je préfère une construction politique d'action, celle qui justement a permis de baisser de 89 % l'arrivée de migrants en Italie. C'est ça la réalité du travail que nous devons faire. Nous ne sommes pas des commentateurs et nous ne sommes pas des gens qui devons agir dans l'émotion.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors on va parler d'un autre sujet, les pensions de réversion, parce que ça concerne beaucoup de Français, 4 millions de veufs et veuves qui touchent les pensions de leur conjoint décédé.

CHRISTOPHE CASTANER
Qu'ils se rassurent, nous n'y toucherons pas.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
C'est ce qu'a dit Emmanuel MACRON il y a deux jours. Pourquoi est-ce qu'il fallait que le président, sur Twitter, recadre le débat ?

CHRISTOPHE CASTANER
Parce qu'il y a eu un emballement, parce que ça a été un commentaire sans cesse, parce que la ministre Agnès BUZYN a répondu à plusieurs reprises la même chose que ce que je viens de faire, et que les commentateurs, nos oppositions, ont fait vivre cela, encore hier dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, donc, le message est clair : les pensions de conversion qui sont en fait généralement pour les veuves, mais qui peut être pour les veufs aussi, sont aujourd'hui garanties pour celles et ceux…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ça c'est pour celle qui ont été déjà, qui sont déjà en cours, enfin, qui sont payées actuellement, mais pour les autres, pour les futurs, est-ce que, un le principe de pension de réversion restera, et deux, est-ce qu'on ne changera pas le taux de réversion et les plafonds ?

CHRISTOPHE CASTANER
Alors évidemment, le principe restera, parce qu'il est essentiel, mais ensuite on veut une réforme profonde plus juste, faire en sorte qu'un euro cotisé génère les mêmes droits, et donc si vous modifiez la base, c'est-à-dire la retraite de chacun, pour en faire un système plus juste, plus égale, pour mettre un terme à ces 40 systèmes qui sont tous différents, qui existent en France et qui génèrent de l'injustice, évidemment la pension de réversion qui est une part du principal, sera modifiée.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Va baisser.

CHRISTOPHE CASTANER
Pas forcément, elle sera modifiée, elle peut augmenter, parce que si vous faites dans la justice, pour certains elle peut baisser, pour d'autres elle peut augmenter.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors le 9 juillet prochain, il y aura à nouveau un discours d'Emmanuel MACRON, comme le prévoit la Constitution, comme le permet en tout cas la Constitution, devant le Congrès réuni à Versailles, est-ce que c'est le discours de l'an 2 du quinquennat ? Est-ce qu'il faut donner une nouvelle impulsion ?

CHRISTOPHE CASTANER
Alors, vous avez raison sur le la méthode constitutionnelle mais c'est en plus un engagement du président de la République, il l'avait pris devant les Français. Chaque année, il rend compte devant le Parlement, le Parlement c'est l'Assemblée et le Sénat. Et donc le discours aujourd'hui ils y travaillent, son équipe et lui, ce sera un discours qui effectivement ne sera pas un discours de bilan de l'année écoulée, mais plutôt de perspectives, et donc de mise en perspective de cette transformation en profondeur, pour nous montrer comment on intervient dans l'école comme j'évoquais tout à l'heure, en fait vous favorisez une société de l'émancipation, plutôt qu'une société de la subvention, parce qu'on fait aussi la réforme du collège, la réforme du baccalauréat, la réforme de l'accès à l'université, et parce qu'on fait aussi en parallèle la réforme de l'apprentissage de la formation. Et donc vous donnez les moyens aux gens de sortir d'un système d'allocations d'aides pour aller vers le travail, et c'est cela, dont le président va parler.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Est-ce qu'il faut changer de cap ? Parce que je voulais vous montrer un sondage, celui qui a été réalisé par ODOXA en début de semaine sur la perception dans les différents électorats, du président, par exemple Emmanuel MACRON vu par les électeurs de droite, c'est un bon président à 76 %, opinions favorables. A l'inverse, Laurent WAUQUIEZ, par exemple pour les électeurs de droite, c'est un bon leader à 36 %. Est-ce qu'Emmanuel MACRON est devenu un président de droite ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, on mène une politique qui est et de droite et de gauche, on est une politique…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors, et de gauche, je vous montre un deuxième résultat…

CHRISTOPHE CASTANER
Non, attendez, vous me parlez de perception sondagière.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
A gauche, 27 % d'opinions favorables pour Emmanuel MACRON, 56 pour MELENCHON.

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, mais je ne suis pas convaincu qu'à gauche on souhaite aussi l'élection de Jean-Luc MELENCHON en responsabilités. Donc, moi vous savez, une chose est sûre, c'est que si on devait gouverner par les sondages, et je les suis avec attention, on devrait à peu près changer de politique toutes les semaines.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Non mais c'est vrai, mais vous avez quand même conscience que la perception du président est plus et de droite, que et de gauche.

CHRISTOPHE CASTANER
J'en ai conscience parce qu'en plus j'écoute les médias et je les lis assez régulièrement…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Les Français surtout.

CHRISTOPHE CASTANER
… et ces messages qui circulent en permanence, et donc moi je ne sais pas, les mesures que j'ai évoquées, l'augmentation du minimum vieillesse de 30 € au 1er avril, ce que la gauche, le Parti socialiste n'a pas mis en oeuvre dans le quinquennat précédent. Est-ce que c'est une mesure de gauche ? Est-ce que c'est une mesure de droite ?

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Donc il n'y aura pas de changement de cap.

CHRISTOPHE CASTANER
Je m'en fiche un peu de savoir si c'est de droite ou de gauche, ce que je veux c'est que ça permette d'améliorer la situation des Français et de notre pays.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Donc le 9 juillet il n'y aura pas un changement de cap, l'accentuation de ces mesures dont vous nous parlez.

CHRISTOPHE CASTANER
Je ne crois pas, parce que le président de la République est élu pour 5 ans et qu'on mène une politique sur 5 ans, et on n'a pas vocation à changer cette politique tous les ans.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors puisque c'est bientôt les vacances scolaires, je vais vous remettre votre bulletin de notes, en tout cas ce n'est pas moi, c'est la Cour des comptes, sur la politique économique du gouvernement. Alors plutôt satisfaite de l'année passée, en revanche, elle tire un signal d'alarme sur les années à venir parce qu'elle dit : en fait, on n'a pas du tout réduit la dépense publique, la promesse de au moins 60 milliards, 70 milliards d'euros d'économies n'a toujours pas été tenue. Vous attendez quoi pour tenir votre engagement de baisser la dépense ?

CHRISTOPHE CASTANER
Vous savez, je suis parlementaire depuis quelques années et j'étais à la Commission des finances et donc j'ai à peu près l'habitude du discours de la Cour des comptes. C'est toujours le même, c'est : il faut aller plus loin, il faut réduire plus, il faut taper plus, il faut sanctionner plus.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Vous n'avez pas tout réduit la dépense publique, on est d'accord, on est toujours à 57 % du PIB.

CHRISTOPHE CASTANER
Oui mais ce que je sais, c'est que pour la première fois depuis de longues années, nous sommes sortis de la procédure de déficit…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Des 3 %.

CHRISTOPHE CASTANER
Voilà, exceptionnelle, nous étions plus que deux pays européens, nous en sommes sortis.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais la croissance commence un peu à ralentir et donc ça va être plus compliqué de tenir les engagements.

CHRISTOPHE CASTANER
Vous avez raison, plus la croissance est haute, mieux on se porte, mais on fait en sorte que la croissance justement soit forte, donc on ne peut pas d'un côté nous dire : « ah la croissance baisse », c'est un peu votre faute, je vais dire « oui mais elle avait augmenté et ce n'est pas le cas de tous ».

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Vous faites comme les mauvais élèves qui ont un mauvais bulletin, vous dites : c'est le professeur qui est trop sévère.

CHRISTOPHE CASTANER
Non mais je refuse l'expression d'un mauvais bulletin. Nous étions sur un processus de déficit à 3,7 %, nous l'avons réduit à 2,7 %. Nous avons fixé un objectif pour 2018 à 2,3 %, la Cour des comptes nous dit : « Oui vous l'atteindrez, mais peut-être pas l'année prochaine », comme tous les ans, et vous allez voir que nous atteindrons nos objectifs, que les Français atteindront leurs objectifs, mais en même temps ça implique des choix et chaque fois qu'on fait un choix, c'est-à-dire qu'on baisse une dépense publique, et si je viens sur plateau, vous me direz « ah vous savez baissé la dépense publique », comme vous me l'avez dit pour l'APL tout à l'heure. Alors on ne baisse même pas, on la gèle, mais on se fait engueuler parce qu'on l'a gelée. Donc au fond, il faut être sérieux, c'est-à-dire qu'il faut accepter que nous devons dépenser…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ah c'est notre travail de vous critiquer, quoi que vous fassiez.

CHRISTOPHE CASTANER
Ah mais je ne vous le reproche pas, mais ce que je veux dire c'est que nous devons assumer de baisser la dépense publique, quelquefois ça implique de faire des choix, mais il faudra nous soutenir dans nos choix.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Une dernière question puisque vous êtes patron de La République en Marche, votre premier rendez-vous c'est les européennes l'an prochain, vous serez tête de liste de cette liste européenne ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, la question ne se pose pas de savoir qui est tête de liste, la question est d'élaborer un projet, d'élaborer un pacte avec des partenaires européens, c'est ce sur quoi je m'engage aujourd'hui.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Et vous siégerez où, d'ailleurs, au Parlement européen, au PPE ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, ça jamais, et une chose est sûre c'est que moi je ne me sens pas à l'aise dans tous ces groupes qui au fond se sont partagés le pouvoir depuis de longues années au Parlement européen, et qui ont amené à cette situation difficile que nous évoquions tout à l'heure.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
On aura l'occasion d'en reparler.

CHRISTOPHE CASTANER
Avec plaisir.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Merci beaucoup Christophe CASTANER d'avoir été notre invité.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 28 juin 2018

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