Interview de Mme Muriel Pénicaud, ministre du travail à France Bleu le 28 juin 2018, sur le chômage des jeunes sans qualification et l'école de la deuxième chance pour les jeunes sans diplômes. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Muriel Pénicaud, ministre du travail à France Bleu le 28 juin 2018, sur le chômage des jeunes sans qualification et l'école de la deuxième chance pour les jeunes sans diplômes.

Personnalité, fonction : PENICAUD Muriel.

FRANCE. Ministre du travail

ti :


Votre invitée politique ce matin, Thibault MAISONNEUVE, c'est Muriel PENICAUD, ministre du Travail, bonjour !

MURIEL PENICAUD
Bonjour !

JOURNALISTE
Vous êtes aujourd'hui à Marseille !

THIBAULT MAISONNEUVE
« Les ONG qui font le jeu des réseaux de trafic de migrants », ces propos d'Emmanuel MACRON, Muriel PENICAUD, ont choqué, vous comprenez d'ailleurs qu'ils aient pu choquer les ONG ou c'est beaucoup de bruit pour rien ?

MURIEL PENICAUD
Moi je crois que ce que le président répète et dit, nous en sommes tous convaincus, c'est que, un, il faut accueillir les migrants, deux, il faut les aider dans leur pays pour qu'ils n'aient pas à venir dans des situations dramatiques. Et, trois, il ne faut pas être naïf, il y a aussi des filières organisées, des passeurs qui font en fait de la traite humaine d'une certaine façon et qui malheureusement s'appuient parfois sans qu'elles le veuillent sur des ONG. Evidemment que ce n'est pas le souhait des ONG mais elles sont parfois complice à Voltaire, c'est ce qu'il a voulu dire, on doit tous être vigilants pour aider d'abord dans le pays d'accueil, dans les pays de transit, c'est ce que fait la France et d'autres pays, mais aussi qu'on ne soit pas naïfs parce qu'à la fin c'est l'avenir de ces personnes qui est en jeu, il ne faut pas se faire les complices…

THIBAULT MAISONNEUVE
Muriel PENICAUD, vous êtes à Marseille à l'Ecole de la deuxième chance aujourd'hui, voilà un établissement absolument hors du commun et dont on peut être fier qui permet à des jeunes âgés entre 18 et 25 ans sans diplôme, sans qualification, qui sont en gros sortis du système scolaire, de revenir sur les rails en apprenant un métier. Est-ce que c'est à eux en priorité, à ces décrocheurs qu'il faut trouver du travail ?

MURIEL PENICAUD
Oui, vous savez, le taux de chômage des jeunes est deux fois celui de la population en France et c'est particulièrement vrai dans les Bouches-du-Rhône où il y a beaucoup de jeunes qui se sentent dans une impasse soit parce qu'ils ont été en échec à l'école, soit parce qu'ils ont eu un accident de la vie ou qu'ils ont fait des erreurs. Et les écoles de la deuxième chance qui ont été initiés par Edith CRESSON il y a 20 ans sont un formidable espoir et une réponse très pragmatique et très efficace. Pourquoi ? Parce qu'on leur dit une chose toute simple, « on a besoin de vous, la société a besoin de vous, on croit en vous et on va vous donner la chance d'avoir une deuxième chance », on leur tend la main et avec des formes pédagogiques très personnalisées, pas du tout scolaires.

THIBAULT MAISONNEUVE
Oui en leur offrant un cadre, c'est ça, en leur rappelant des horaires, des choses qui sont assez basiques…

MURIEL PENICAUD
Réapprendre ou apprendre les comportements de base de la vie en société et qui seront nécessaires dans l'entreprise, qui est le respect, les horaires et le travail en équipe, mais aussi des savoirs de base mais aussi des savoirs professionnels et les écoles de la deuxième chance sont très…avec les entreprises, ce qui permet des mises en situation professionnelle, des stages de l'alternance puisqu'on prend confiance aussi en étant dans une situation et en prouvant finalement qu'on a de la valeur à apporter pour tous, il y a beaucoup de jeunes qui sont en situation d'échec.

THIBAULT MAISONNEUVE
Précisément, Muriel PENICAUD, à l'issue de leur formation combien parmi par exemple les 800 stagiaires accueillis chaque année à Marseille trouvent un travail, quand je dis un travail, un vrai travail, avec une sécurité de l'emploi ?

MURIEL PENICAUD
Beaucoup de ces jeunes n‘ont pas de qualification et vous savez que la qualification c'est la meilleure protection contre le chômage à terme parce que ce sont ceux qui ne sont pas qualifiés qui ont un taux de chômage très important. Donc le but des écoles de la deuxième chance c'est qu'à la fin le jeune puisse trouver soit un emploi, soit une qualification. Au plan national il y a 15.000 et l'école de la deuxième chance…c'est la première qui a été créée il y a 20 ans, il y a plus de 60 % des jeunes qui à l'issue…

THIBAULT MAISONNEUVE
Plus de 60 % des jeunes.

MURIEL PENICAUD
Il y en a certains c'est un ou deux ans après puisque le déclic peut se faire plus tard. Donc 60 % avec des jeunes qui au départ se sentent dans l'impasse c'est un très beau résultat et c'est pour ça qu'on va (problème de liaison téléphonique)

THIBAULT MAISONNEUVE
Oui, je ne sais pas si vous pouvez vous déplacer, Muriel PENICAUD, ministre du Travail, parce qu'on comprend un mot sur deux…

MURIEL PENICAUD
Ah !

THIBAULT MAISONNEUVE
Oui, allez-y, vous nous entendez ?

MURIEL PENICAUD
Je disais que les écoles de la deuxième chance ont donc des taux très bons de résultats, 60 % des jeunes tout de suite ont un emploi, entrent dans une qualification qui leur permettra d'avoir un emploi meilleur plus tard et souvent on trouve quelque chose plus tard. C'est pour ça que je vais annoncer aujourd'hui l'augmentation des capacités des écoles de la deuxième chance.

THIBAULT MAISONNEUVE
Ah ! L'augmentation des capacités d'accueil, c'est-à-dire, deux fois plus de jeunes accueillis par exemple ?

MURIEL PENICAUD
Je n'ai peut-être pas entendu mais j'ai compris que vous parliez d'accueillis, aujourd'hui il y a 15.000 jeunes accueillis dans les écoles de la deuxième chance et d'ici 2022 grâce au plan d'investissement compétences que nous destinons aux jeunes décrocheurs et aux demandeurs d'emploi 6.000 jeunes de plus vont pouvoir être accueillis d'ici 2022, on va pouvoir créer neuf nouvelles écoles dont un nouveau site complémentaire à Marseille, donc c'est tout cela qu'on va voir avec le réseau des écoles de la deuxième chance aujourd'hui.

THIBAULT MAISONNEUVE
Et c'est que vous allez annoncer. Vous parlez beaucoup de formation des jeunes peu qualifiés, des demandeurs d'emploi longue durée, c'est votre cheval de bataille, est-ce que oui ou non, Muriel PENICAUD, vous allez donner moins d'argent aux régions pour financer l'apprentissage ? On sait que c'est l'objet d'une polémique avec Renaud MUSELIER…

MURIEL PENICAUD
On donne déjà beaucoup plus d'argent pour les demandeurs d'emploi puisque nous avons signé avec déjà presque toutes les régions le plan d'investissement compétences qui va permettre de développer des formations de demandeurs d'emploi beaucoup plus nombreuses puisque la reprise est là, la croissance est là, donc il faut prendre ces emplois. Et puis actuellement au parlement je défends le projet de loi pour la réforme de l'apprentissage, de la formation professionnelle, c'est le…

THIBAULT MAISONNEUVE
« C'est le », Muriel PENICAUD, je crois qu'on vous a absolument définitivement perdue, on a bien compris en tout cas que vous veniez à Marseille à l'Ecole de la deuxième chance pour annoncer plus de jeunes accueillis dans ces écoles de la deuxième chance à l'horizon 2022. On vient même d'entendre la sonnerie, donc c'est absolument définitif !

JOURNALISTE
Oui, on l'a perdue !

THIBAULT MAISONNEUVE
Muriel PENICAUD avec son téléphone portable, merci beaucoup, on lui dira évidemment aujourd'hui parce que c'est une visite qu'on va suivre sur France Bleu Provence mais en tout cas l'annonce de l'essentiel est là et vous l'avez entendu ce matin sur France Bleu Provence.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 28 juin 2018

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