Interview de M. Christophe Castaner, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, à France Info le 2 juillet 2018, sur l'évasion de Rédoine Faïd et l'évaluation des membres du gouvernement. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Christophe Castaner, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, à France Info le 2 juillet 2018, sur l'évasion de Rédoine Faïd et l'évaluation des membres du gouvernement.

Personnalité, fonction : CASTANER Christophe, APHATIE Jean-Michel.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement;

ti : BRUCE TOUSSAINT
Christophe CASTANER est l'invité de France info ce matin.

JEAN-MICHEL APHATIE
Bonjour Christophe CASTANER.

CHRISTOPHE CASTANER
Bonjour.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous êtes secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, président du parti La République en Marche, pour situer par rapport à nos auditeurs. Rédoine FAID, plusieurs fois condamné, déjà évadé d'ailleurs d'une prison française en 2013, s'est à nouveau évadé hier de la prison de Réaux en Seine-et-Marne, 3000 policiers et gendarmes sont à ses trousses. Des informations, peut-être, sur cette traque ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, pas d'information, et vous imaginez bien que si le gouvernement avait des informations on ne pourrait pas les communiquer, mais des moyens exceptionnels sont mis en oeuvre parce que, après cette évasion spectaculaire, qui nous interroge d'ailleurs, et qui doit faire l'objet d'une inspection pour qu'on comprenne les raisons de cette évasion et que du coup nous puissions prendre des mesures qui permettront d'éviter cela à l'avenir. C'est une prison assez récente, inaugurée en 2011 par Nicolas SARKOZY, et donc on voit bien qu'il y a peut-être des mesures spécifiques à prendre, mais maintenant l'enjeu c'est effectivement de le remettre en prison, vous savez qu'il a été condamné jusqu'en 2067.

JEAN-MICHEL APHATIE
Oui, oui, bien sûr, puisqu'il est multirécidiviste, effectivement…

CHRISTOPHE CASTANER
Plus une première évasion qui avait aggravé sa peine de 10 ans.

JEAN-MICHEL APHATIE
Et il est impliqué dans la mort d'une policière, même si lui a nié toute implication, son dossier est tout de même un dossier important, si on peut dire les choses comme ça.

CHRISTOPHE CASTANER
C'est un dossier lourd…

BRUCE TOUSSAINT
Il a été condamné à 25 ans en appel, sur l'affaire Aurélie FOUQUET.

JEAN-MICHEL APHATIE
Je vous propose d'écouter l'un des syndicalistes de la prison de Réaux, qui lui pointe plusieurs faiblesses de cette prison qui, selon lui, on va l'entendre, c'est au micro de la télé France Info, peuvent expliquer cette évasion.

UN SYNDICALISTE
Cet établissement, à chaque fois qu'on a fait l'actualité c'est un dimanche, samedi, dimanche, c'est des jours où il y a un peu moins de personnel, on a toujours ces problèmes d'effectif et de sécurité, on n'a pas de filet antiaérien, on n'a pas de sas pour entrer sur l'établissement, l'abri familles, vous avez du personnel de surveillance, c'est encore moins sécuritaire que le centre des impôts, enfin c'est… on manque cruellement de moyens, malheureusement c'est le petit personnel qui paye.

JEAN-MICHEL APHATIE
Donc voyez, « on manque de moyens », c'est quand même une alerte, ce n'est pas nouveau, on ne découvre pas que les prisons françaises sont sous tension.

CHRISTOPHE CASTANER
Alors, elles sont sous tension à la fois parce qu'il y a une sous-capacité par rapport au nombre de personnes que l'on doit mettre en prison, et donc nous allons lancer un plan de construction de 15.000 places supplémentaires en prison, il faut des moyens de fonctionnement, il faut aussi des outils de la prison qui soient adaptés, là il y a ce questionnement de savoir pourquoi la cour d'honneur était accessible en hélicoptère, parce que normalement aucun…

JEAN-MICHEL APHATIE
Malgré les demandes des syndicats, effectivement, de mettre des dispositifs pour que les hélicoptères ne puissent pas accéder, le cas échéant, à la cour d'honneurs.

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, parce que pourquoi il n'y a pas, effectivement, de mise en sécurité par rapport aux hélicoptères, c'est que normalement il n'y a jamais de détenu qui passe sur cet endroit-là, mais effectivement, et la garde des Sceaux qui s'est rendue sur place dès hier après-midi, a indiqué qu'il fallait tout étudier, il fallait tout corriger, et que, évidemment, les enseignements que nous devons tirer de ce qui s'est passé dans la prison de Réaux doivent être aussi mis en oeuvre dans l'ensemble des prisons françaises.

JEAN-MICHEL APHATIE
Et donc nous verrons si dans les heures qui viennent la traque policière apporte ou pas des fruits. Alors, la transition n'est pas facile, l'actualité est faite comme ça, les ministres sont invités à passer à Matignon auprès du Premier ministre pour voir s'ils sont de bons ministres ou pas. C'est gadget, c'est sérieux, ça aura des conséquences si on diagnostique qu'un ministre n'est pas un bon ministre ?

CHRISTOPHE CASTANER
Je n'en doute pas. Des conséquences, non pas comme un carnet de notes à la fin de l'année scolaire, mais des conséquences sur sa façon de travailler, sur la méthode qu'il utilise, sur le rapport qu'il a avec ses collègues du gouvernement, avec le Premier ministre, c'est l'objectif de ces moments. Vous savez, on est le nez dans le guidon quand on est ministre, il faut des temps de pause et donc l'entretien que chacun aura avec le Premier ministre permettra aussi d'évaluer cela.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ce n'est pas un peu infantilisant ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, parce que je crois que l'évaluation elle est nécessaire, elle vaut pour tous, elle vaut dans l'entreprise, elle vaut pour un étudiant, elle vaut aussi pour un ministre, je pense qu'il faut évaluer cela. Vous savez, j'ai pris un risque assez récent, j'ai lancé… enfin, un think tank a fait une étude sur La République en Marche et j'ai accepté qu'il y ait une question qui soit posée auprès de 30.000 adhérents pour faire une évaluation du rôle et de la façon dont j'exerce mon rôle, je prends le risque que si 80 % des gens disent « CASTANER il est nul », je sois obligé de présenter ma démission. Je pense que c'est nécessaire d'assumer l'évaluation, on la demande à tous les Français, il faut la demander aux politiques aussi.

BRUCE TOUSSAINT
Ce qui est surprenant pour les ministres, c'est qu'on n'est pas tout à fait habitué, ça ressemble beaucoup à une méthode de management, dans énormément d'entreprises il y a ce qu'on appelle un entretien annuel pour les pour les salariés, où on remplit une fiche, on a un dialogue avec son N+1 comme on dit, son manager, c'est plus étonnant dans le monde de la politique.

CHRISTOPHE CASTANER
C'est étonnant parce qu'on ne l'a jamais fait, mais si on le fait partout dans le monde de l'entreprise, je suis sûr que comme journaliste vous avez été évalué avec vos performances, vos audiences, etc., je pense qu'il est nécessaire de le faire aussi pour les ministres, avec des critères évidemment différents, mais il est nécessaire de le faire. Et puis ce n'est pas une évaluation par rapport à des objectifs quantifiés au départ, mais c'est aussi une capacité de travail collectif, par exemple certains ministres peuvent ne pas assez travailler collectivement, le Premier ministre peut être amené à leur dire.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous êtes évalué quand par le surveillant général, Christophe CASTANER ?

CHRISTOPHE CASTANER
Moi je vois le Premier ministre presque tous les jours et donc je n'ai pour l'instant pas encore de rendez-vous.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ah, vous n'avez pas de rendez-vous, d'accord…

CHRISTOPHE CASTANER
Pas parce que je suis copain…

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous êtes copain avec lui, ça va bien se passer, j'en suis certain.

CHRISTOPHE CASTANER
Non, non, non…

JEAN-MICHEL APHATIE
Est-ce que ça préfigure un remaniement gouvernemental ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, je ne crois pas.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ah, il n'y aura pas de remaniement gouvernemental !

CHRISTOPHE CASTANER
Il y en aura peut-être un, mais ce n'est pas ce moment d'évaluation qui va conduire à un remaniement, et puis faisons les choses dans l'ordre, l'ordre c'est justement de prendre le temps de l'évaluation, ne commençons pas à spéculer sur un remaniement, ou sinon la presse va s'emballer et ne va parler que de ça dans les jours qui viennent.

JEAN-MICHEL APHATIE
Alors, il y a quelqu'un qui vous a évalué, la note est moyenne, elle s'appelle Ségolène ROYAL, elle était l'invitée de France 3 hier midi.

SEGOLENE ROYAL
L'économique, le social et l'environnemental.

JOURNALISTE
Il en manque un.

SEGOLENE ROYAL
Si l'un de ces trois piliers s'affaiblit, et c'est un peu le cas…

JOURNALISTE
Sur lequel ?

SEGOLENE ROYAL
Sur le social et sur l'environnemental. Moi je préfère dire que si cette impression est donnée, à certaines personnes, alors il faut rectifier les choses.

JEAN-MICHEL APHATIE
Social, environnemental, vous êtes faible dit Ségolène ROYAL. Ça vaut, quoi, ça vaut 8/20.

CHRISTOPHE CASTANER
Non, j'ai l'impression qu'elle est moins sévère que vous, mais je ne suis pas surpris que vous soyez sévère, non, mais elle a parlé de la perception, et elle a raison en cela. Si effectivement la perception de notre politique par les Français n'est pas équilibrée, que nous ne sommes pas dans ce en même temps qui fait l'ADN de ce que nous sommes, c'est-à-dire de ne pas chercher à avoir des mesures de droite ou des mesures de gauche, mais de chercher à prendre les mesures qui soient les plus utiles, les plus efficaces pour les Français, eh bien il faut…

JEAN-MICHEL APHATIE
Elle ne dit pas la perception, elle dit c'est fiable, les piliers environnemental et social c'est faible, et si les gens ont la perception… mais elle, elle dit c'est faible.

CHRISTOPHE CASTANER
C'est sa perception à elle, donc elle est certainement comme les gens dont elle parle.

JEAN-MICHEL APHATIE
Alors, elle est ambassadrice payée par l'Etat, donc par le gouvernement…

CHRISTOPHE CASTANER
Non, je crois qu'elle est bénévole…

JEAN-MICHEL APHATIE
Elle est bénévole…

CHRISTOPHE CASTANER
Je suis sûr qu'elle est bénévole dans son engagement.

JEAN-MICHEL APHATIE
Donc elle peut dire ce qu'elle veut.

CHRISTOPHE CASTANER
Non, elle n'a pas la liberté de parole parce que justement elle est ambassadrice et que du coup elle est tenue…

JEAN-MICHEL APHATIE
Qu'est-ce que vous allez faire, vous allez la sanctionner ?

CHRISTOPHE CASTANER
Elle sera peut-être invitée à une évaluation. Non, c'est un clin d'oeil, c'est un clin d'oeil…

JEAN-MICHEL APHATIE
Ségolène ROYAL… ça va faire de la dépêche ça, holà là !

CHRISTOPHE CASTANER
Vous avez bien noté, « peut être invitée à », je précise.

BRUCE TOUSSAINT
Vous restez avec nous Christophe CASTANER.

(…) Infos.


JEAN-MICHEL APHATIE
Un accord a été trouvé ce week-end, du moins jeudi et vendredi à Bruxelles sur la crise des migrants, mais c'est un accord qui a l'air de n'avoir que l'apparence d'un accord puisque plusieurs mesures ont été annoncées, dont on pense qu'elles ne seront en fait jamais prises. Pour exemple, Emmanuel MACRON a évoqué des centres contrôlés qui pourraient être établis dans les pays d'arrivée des migrants, mais qui acceptera ces centres, la question est posée, on écoute pour commencer le chef de l'Etat.

EMMANUEL MACRON (LE VENDREDI 29 JUIN)
Ces centres ont pour intérêt d'aider les pays de première arrivée à organiser, avec un financement, une organisation européenne, l'accueil des migrants, l'instruction des dossiers et la reconduite vers leur pays d'origine des personnes qui ne sont pas admises à la protection de l'asile.

JEAN-MICHEL APHATIE
Alors, Matteo SALVINI, le ministre de l'Intérieur italien a dit qu'il était hors de question qu'en Italie il y ait ces centres de contrôle, c'est un pays de première ligne, Malte a fait savoir qu'il n'en n'était pas question, la Grèce, je n'ai rien vu passer, mais enfin on ne voit pas pourquoi ils se précipiteraient. En fait le sommet n'a rien résolu sur la crise des migrants.

CHRISTOPHE CASTANER
Monsieur APHATIE, nous sommes rentrés dans ce Conseil européen avec l'annonce qu'il serait un échec, nous sommes sortis avec un accord politique de méthode…

JEAN-MICHEL APHATIE
Un trompe-l'oeil.

CHRISTOPHE CASTANER
Non, je ne crois pas, un accord politique global, dont une partie sont les centres fermés, je vais y revenir, mais qui prévoit l'intervention, en amont, dans les pays de passage, comme le Tchad, comme le Niger, dans les pays de transit, dans les pays comme la Libye, qui prévoit aussi la sécurisation des frontières européennes et qui prévoit ensuite une gestion au sein de l'Europe qui passe par les centres fermés. La Grèce s'est montrée…

JEAN-MICHEL APHATIE
Centres contrôlés.

CHRISTOPHE CASTANER
La Grèce s'est montrée ouverte à cette question, il faut, comme l'a proposé le président de la République française Emmanuel MACRON, que ce soit en lien avec le HCR, il ne s'agit pas de prisons, il s'agit de centres d'accueil qui vont permettre d'identifier celles et ceux qui doivent avoir le statut de réfugié et pour lesquels nous devrons…

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais l'Italie n'en veut pas sur son territoire. La crise reste ouverte, en fait on se rend compte aujourd'hui que le sommet n'a rien résolu, d'ailleurs Angela MERKEL, visiblement, est encore très menacée ce matin, dans son pays, de voir la coalition qui la soutient exploser.

CHRISTOPHE CASTANER
Mais vous savez, le paradoxe c'est que ce n'est pas une crise de migrants, ou du phénomène des migrants, c'est une crise politique, il suffit de regarder les chiffres de ces dernières années. Il y avait 1,5 million migrants, un peu plus, qui rentraient en Europe en 2016, et on est dans la situation aujourd'hui où pour l'Italie, par exemple, ça a baissé de 89 % depuis le début de l'année, et donc il y a un phénomène politique qui se pose sur ce sujet, on ne parle que de cela. Et donc c'est vrai en Allemagne, et c'est vrai en particulier depuis l'élection de Monsieur SALVINI, qui est un ministre d'extrême droite, de la Ligue, de la Ligue du Nord qui est devenue la Ligue, qui aujourd'hui en fait un objet politique, donc évidemment on sait que les négociations seront difficiles. Mais ce qui est intéressant…

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est un ministre d'extrême droite, dites-vous, ça veut dire que vous pensez que, par exemple, son homologue français, Gérard COLLOMB, ne devrait pas le rencontrer ?

CHRISTOPHE CASTANER
Je trouve votre remarque à la fois impertinente, mais surtout injuste parce que vous faites une formule qui dit « vous dites c'est un ministre d'extrême droite, son homologue français ne devrait pas le rencontrer », donc…

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est une question que je vous pose.

CHRISTOPHE CASTANER
Non, mais si vous précisez, c'est le ministre de l'Intérieur, est-ce que le ministre de l'Intérieur français doit le rencontrer ? Ma réponse est oui, mais c'est le lien entre ministre d'extrême droite et son homologue qui est impertinent.

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais, est-ce que Gérard COLLOMB peut rencontrer Matteo SALVINI sans que ça pose problème ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, parce qu'il y a deux choses. Il y a la position et le positionnement politique de l'ancien patron de la Ligue du Nord, que je combats moi politiquement, et ensuite il y a le choix que les Italiens ont fait, ce choix il est légitime, les Italiens l'ont fait. Le gouvernement, aujourd'hui, et le chef du gouvernement italien, sont parfaitement légitimes et nous n'avons pas nous, la France, à décider ce qui est bien ou pas bien pour l'Italie, il nous faut travailler avec eux.

JEAN-MICHEL APHATIE
Il y a 20 ans le gouvernement français avait boycotté des ministres d'extrême droite autrichiens.

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, et est-ce que ça a changé quelque chose, en particulier en Autriche ? La réponse est non, et donc je pense que nous ne devons pas ostraciser. On a bien vu que depuis 20 ans la montée des populismes partout en Europe doit nous alerter et que nous devons plutôt porter des réponses partout où naissent les craintes qui amènent au populisme plutôt que de stigmatiser tel ou tel.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous avez raison de dire que la crise est politique, si des bateaux d'organisations humanitaires sont encore en Méditerranée, comme on l'a vu à deux reprises, si l'Italie et Malte ne veulent pas les accueillir, qu'est-ce qui se passe, est-ce que la France continuera à fermer ses portes ?

CHRISTOPHE CASTANER
La France continuera à exiger l'application du droit international, le droit international prévoit que les bateaux doivent accoster au plus près, les bateaux qui portent des gens qui sont en risque, doivent accoster au plus près et donc nous maintiendrons…

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais si les pays ne veulent pas ?

CHRISTOPHE CASTANER
Nous maintiendrons la pression au niveau de l'Europe, et ça a été dit lors du Conseil européen la semaine dernière, pour que des pays puissent les accueillir.

JEAN-MICHEL APHATIE
Donc ils erreront sans fin en Méditerranée ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, la solution ce sont justement les centres fermés que le président de la République a proposé, que la Grèce, en partie, a accepté, qui devront permettre d'être contrôlé, accompagné par le HCR, et d'identifier celles et ceux qui doivent trouver asile, parce qu'on parle de droit d'asile en Europe, et ceux qui ne doivent pas trouver asile et qui devront être reconduits à la frontière européenne.

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais comme les pays concernés ne veulent pas de centres contrôlés, vous voyez bien qu'on tourne en rond, un peu comme les bateaux sur la Méditerranée.

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, mais est-ce qu'on ne fait rien, ou alors on subit et on laisse Monsieur SALVINI décider ce qui est bon pour lui et qu'il l'applique à toute l'Europe, je pense que le débat il est là, il est de ne jamais oublier que c'est une posture politique de Monsieur SALVINI qui met l'Europe en difficulté. Est-ce qu'on doit céder ? La réponse est non.

JEAN-MICHEL APHATIE
Est-ce que la position française ne manque pas un peu de générosité ? Hier on a fêté la mémoire de Simone VEIL, qui précisément était une femme généreuse, il y avait beaucoup de tweets dans ce sens dans la journée d'hier.

CHRISTOPHE CASTANER
Mais elle ne manque pas de générosité quand justement nous faisons une loi, quand Gérard COLLOMB présente une loi qui, sur l'asile, se veut beaucoup plus généreuse que ce que nous sommes, parce que nous pensons que nous avons un devoir pour celles et ceux qui fuient leur pays parce qu'ils risquent d'y mourir pour des raisons militaires notamment, qui viennent de Syrie ou d'autres pays, et donc nous devons être plus rapides dans l'instruction, plus généreux dans l'accueil et dans l'intégration, et la question est de savoir si on est capable de bien gérer l'intégration. Depuis 30 ans on s'est jeté des chiffres sur le nombre de personnes qui sont accueillies ou pas, on ne s'est jamais préoccupé de la qualité de l'intégration, elle est essentielle.

JEAN-MICHEL APHATIE
Un commentaire sur cette motion adoptée à l'unanimité par les élus corses vendredi, une motion sur l'accueil des réfugiés, donc demande de la création d'une commission chargée de trouver des solutions pour un accueil efficace des migrants. L'Assemblée de Corse menace, d'une certaine manière, d'accueillir un bateau de migrants si personne ne voulait les accueillir, comment vous réagiriez si la chose se produisait ?

CHRISTOPHE CASTANER
Je pense que le droit doit s'appliquer partout en France, même en Corse, et qu'aujourd'hui ce n'est pas une compétence de la collectivité corse que de gérer cela, mais si par contre l'Assemblée de Corse veut se montrer plus généreuse, notamment dans l'intégration et l'accompagnement des réfugiés, qui légalement seront accueillis en France, nous travaillerons volontiers avec eux.

JEAN-MICHEL APHATIE
Si les autorités de l'île veulent ouvrir, ou de la ville, veulent ouvrir le port d'Ajaccio à un bateau, le préfet s'y opposera ?

CHRISTOPHE CASTANER
Je pense que les autorités corses veilleront à respecter la loi au-delà de la motion.

JEAN-MICHEL APHATIE
Donc ça ne sert à rien, c'est de l'agitation de leur part ?

CHRISTOPHE CASTANER
Ecoutez, je n'ai pas à commenter une motion prise par la collectivité Corse, ce que je note c'est qu'aujourd'hui le gouvernement veut poursuivre le dialogue, certaines autorités corses ne le souhaitent pas.

JEAN-MICHEL APHATIE
Autre sujet d'actualité, depuis hier, vous le savez bien sûr, ça ne vous a pas échappé, on ne peut pas rouler à plus de 80 sur les routes secondaires en France et on ne peut pas dire que les automobilistes que nous allons entendre s'en félicitent.

INTERVENANT
Ce n'est pas parce qu'on va mettre à 80 km/h sur les routes que les gens vont rouler moins vite.

INTERVENANT
Ils auraient pu mettre 80 km/h sur des tronçons de routes qui sont vraiment dangereux.

INTERVENANT
Moi ce qui m'embête le plus c'est le problème des points.

INTERVENANT
C'est moi qui juge la vitesse, je n'ai pas besoin de quelqu'un soi-disant plus intelligent que moi pour changer la vitesse.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous avez mal expliqué ? Un sondage IFOP-JDD hier, 25 % des Français sont favorables à cette mesure, 75 % y sont opposés.

CHRISTOPHE CASTANER
Je dois dire, je pense que même si nous étions des génies de la communication, on est sur un sujet qui, au moins depuis 1973, a montré que chaque fois que vous touchez à la sécurité routière les conducteurs y sont opposés, et pourtant depuis on a sauvé des vies, on a diminué par 5 le nombre de morts sur les routes, et donc je crois qu'il faut avoir du courage politique. Moi je suis choqué plutôt par la récupération politique que certains font de ce sujet, je comprends l'émotion des conducteurs qui, comme le dernier intervenant, considèrent qu'ils sont les meilleurs juges de ce qu'ils doivent faire sur la route, ce que je note c'est que depuis 3 ans le nombre de morts augmente sur nos routes, donc oui il faut du courage politique, cette mesure est impopulaire, mais je l'assume.

BRUCE TOUSSAINT
C'est de la récupération politique, quand l'UDI dit par exemple qu'il faudrait peut-être adapter cette mesure aux axes qui sont réellement accidentogènes et qui… ?

CHRISTOPHE CASTANER
Vous savez, la récupération politique c'est celle d'avoir tenté par exemple d'expliquer que c'était un coup des Parisiens contre les ruraux parce que les ruraux, eux, roulent, mais les ruraux…

BRUCE TOUSSAINT
C'est aussi vécu comme ça, vous le savez.

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, mais la réalité c'est que les ruraux ils meurent deux plus sur nos routes que les Parisiens, que les urbains, et donc ce sont eux les principales victimes, donc cette mesure elle va sauver beaucoup plus de ruraux que d'urbains. Donc je pense qu'il faut arrêter d'opposer les uns aux autres, il ne faut pas accompagner le poujadisme ambiant, il faut assumer quelquefois du courage politique, Edouard PHILIPPE a porté cette mesure, je suis fier de la porter à ses côtés.

BRUCE TOUSSAINT
Et il faut une sévérité immédiate ?

CHRISTOPHE CASTANER
Il d'abord de la pédagogie, et donc c'est le moment de la pédagogie, c'est le cas…

JEAN-MICHEL APHATIE
Jusqu'à quand ?

CHRISTOPHE CASTANER
La pédagogie elle est toujours utile le plus longtemps possible, mais ensuite il y a des règles, et donc à 90 on pouvait s'affranchir du 90, on était sanctionné, dans quelques semaines à 80, surtout si vous avez une conduite dangereuse, et puis tout dépendra aussi de l'excès de vitesse, il y aura des sanctions, c'est normal. On sait que les sanctions c'est nécessaire, on sait par exemple que les radars qui ont été installés ont fait baisser la vitesse en France et donc ont diminué le nombre de morts et de blessés graves.

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est quoi, tolérance jusqu'à la rentrée, ou tolérance jusqu'à la fin de l'année ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, non, ce sera laissé à l'appréciation des forces de l'ordre, des gendarmes, des policiers, et il n'y a pas de consigne. Vous savez très bien que si je vous répondais jusqu'à la rentrée, tout le monde considérera que finalement ce n'est pas au 1er juillet que ça rentre en vigueur, que c'est au 1er septembre, donc personne ne vous dira cela. En attendant je crois qu'il y a une invitation simple, aujourd'hui la vitesse est limitée à 80 km/h, vous allez perdre quelques secondes aujourd'hui, et peut-être qu'on va sauver une vie par jour, je pense que c'est essentiel.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous restez avec nous.

(…) Infos

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous avez annoncé la semaine dernière, Christophe CASTANER, la création d'un institut de formation pour La République En Marche que vous dirigez donc, c'est un peu comme Marion MARECHAL – LE PEN vous voulez former les cerveaux de demain, c'est ça ?

CHRISTOPHE CASTANER
D'abord cet institut de formation « Tous politiques ! » s'adresse à tous les Français, pas seulement à des cadres, il ne s'agit pas de faire de l'endoctrinement mais plutôt d'accompagner la société de l'engagement qu'a appelé le président de la République de ses voeux lors de son discours, son allocution du 31 décembre, je pense qu'aujourd'hui il y a trop de femmes et d'hommes qui n'osent pas venir dans l'engagement, pas forcément dans l'action politiques – certains y viendront – mais qui n'osent pas s'engager dans une association, et donc mon idée, notre idée c'est vraiment de mettre beaucoup de moyens pour que chacun puisse trouver d'une façon différente : ça peut être un moox, c'est-à-dire une formation sur Internet ; ça peut être une journée, deux journées, trois journées de formation ; puissent trouver les moyens de s'engager.

JEAN-MICHEL APHATIE
Et le budget est de 2,5 millions, j'ai vu, c'est ça ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, à peu près de 2,5 millions par an.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous avez eu beaucoup d'argent après les élections législatives, donc vous voulez l'utiliser pour partie à former des gens ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, c'est beaucoup d'argent, mais je pense que la formation c'est essentielle, elle est essentielle tout au long de sa vie dans son engagement professionnel, elle l'est aussi dans un engagement citoyen. Je pense qu'il y a trop de gens qui n'osent pas, je vais vous prendre un exemple : par exemple nous sommes en train d'identifier 1.000 profils, 1.000 personnes, 1.000 talents dans les quartiers - dans les quartiers où là souvent les jeunes pensent que la politique ce n'est pas pour eux - donc on veut les identifier, on veut les accompagner, on veut les former et peut-être que demain ce seront eux qui diront : « Tiens, j'ai envie de me présenter aux élections municipales », dont acte on les accompagnera.

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est un peu ça la perspective, les élections municipales ?

CHRISTOPHE CASTANER
C'est une partie de la perspective, mais pas seulement, je veux que tout citoyen, qu'il soit adhérent, sympathisant de La République En Marche - peu m'importe – puisse trouver les moyens de se former.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous aurez des candidats de La République En Marche partout aux Municipales ?

CHRISTOPHE CASTANER
L'objectif n'est pas d'être dans 35.500 communes avec une étiquette mais d'être dans le débat partout oui.

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est-à-dire d'avoir des têtes de liste dans les villes de plus de 9.000 habitants par exemple, partout où…

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, ça vous fait près de 500 communes qui sont concernées en France, mais oui nous serons présents le plus souvent dans les communes sur le débat. La seule chose que j'ai précisé c'est que, contrairement aux autres partis politiques où parce que l'autre, le sortant, a une étiquette différente de la sienne, on considère qu'il est nul, ce n'est pas le cas, donc j'ai demandé aux Marcheurs de faire un diagnostic commune par commune de l'action municipale pour voir si on nous propose de travailler avec lui, si on lui propose de contribuer en apportant des candidats ou si on présente des listes pour porter une autre offre politique.

JEAN-MICHEL APHATIE
Travaux pratiques à Paris, Bonne mère ou pas Bonne mère, il faut présenter quelqu'un contre elle ou pas forcément ?

CHRISTOPHE CASTANER
Moi, j'ai le sentiment que Paris a besoin d'alternance.

JEAN-MICHEL APHATIE
Donc là un candidat de La République En Marche serait bienvenu ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui ! Et je pense que c'est nécessaire aujourd'hui, l'aspiration des parisiens ils l'ont marqué dans le vote à l'élection présidentielle, à l'élection législative, montre qu'il y a besoin d'un nouveau souffle pour Paris.

JEAN-MICHEL APHATIE
Elle est essoufflée Anne HIDALGO ?

CHRISTOPHE CASTANER
Je n'ai pas à juger Anne HIDALGO mais je sens l'aspiration des Parisiens.

JEAN-MICHEL APHATIE
Benjamin GRIVEAUX ça pourrait être un bon candidat ou c'est trop tôt pour le dire ?

CHRISTOPHE CASTANER
Ils sont nombreux à l'espérer, à le vouloir et à en avoir la capacité.

JEAN-MICHEL APHATIE
Plus près de nous les élections européennes, vous allez prendre la tête de la liste pour les élections européennes ?

CHRISTOPHE CASTANER
Nous ne sommes pas dans cette actualité-là, par contre je conduis actuellement à la fois un travail d'élaboration d'un projet politique pour la France et aussi je conduis une tournée européenne pour chercher des partenaires politiques pour sortir de la prison des groupes, parce qu'aujourd'hui vous avez une logique de groupe au Parlement européen qui fait qu'on choisit avant même l'élection le budget – ce qui est en train d'être envisagé pour les années à venir – et même ceux qui seront en responsabilité, imaginez un peu ce sont ceux qui peut-être seront battus et qui de toute façon ne seront plus députés européens quelques mois après qui choisissent les institutions pour la suite, ce n'est pas acceptable ce système-là, je veux le combattre et je veux que nous le changions. J'ai besoin de partenaires européens, j'étais à Madrid la semaine dernière, à Rome la semaine précédente et donc je poursuivrai cette tournée.

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais pour la France quel le profil de la tête de liste, là vous vous êtes échappé en Europe, moi je parlais de la France ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, mais vous m'avez posé la question pour ce qui me concerne et donc je vous ai dit que ce n'était pas du tout d'actualité, je pense qu'il faut convenir d'un projet politique, moi j'ai mes responsabilités politiques à la tête de La République En Marche, je prendrai toutes mes responsabilités.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ce qui veut dire ?

CHRISTOPHE CASTANER
Que je peux éventuellement être candidat mais que, aujourd'hui, ce qui compte c'est le projet politique que nous allons construire et c'est aussi la capacité à avoir une liste avec des femmes et des hommes qui soit profondément renouvelée.

JEAN-MICHEL APHATIE
On a du mal à comprendre quelquefois Emmanuel MACRON, il a reproché à un petit jeune homme de l'avoir appelé Manu lors d'une cérémonie, « mais non, tu me dis Monsieur le président », c'était un mardi, et le jeudi, lors de la Fête de la musique à l'Elysée on a entendu ces paroles-là, traduites par l'émission de TMC « Quotidien », je vous le dirai après que vous ayez entendu.

EXTRAIT TEXTES DE CHANSONS
Ce soir, brûlons cette maison.
Les femmes et la beuh strictement verte, ne t'assieds pas salope s'il te plaît.
Danse enculé de ta mère, danse. Danse enculé de ta mère, danse.

JEAN-MICHEL APHATIE
« Ce soir, brûlons cette maison », c'est ça qu'on a entendu dans la cour de l'Elysée, et puis il y en a une, je m'excuse de la vulgarité, « danse enculé de ta mère, danse »…

CHRISTOPHE CASTANER
D'accord, Ok, c'est la première fois que je vous entends ainsi Monsieur APHATIE.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ce n'est pas moi, c'est eux.

CHRISTOPHE CASTANER
Vous vous lâchez là d'un coup !

JEAN-MICHEL APHATIE
Non, non, c'est eux, c'est eux.

CHRISTOPHE CASTANER
Il faut faire attention à l'abus de beuh, comme il a dit !

JEAN-MICHEL APHATIE
Non, non, il n'y a pas d'abus de beuh, c'est eux, c'est eux, et alors ça, ça ne choque pas dans la cour de l'elysée ?

CHRISTOPHE CASTANER
Vous savez, je crois qu'on a voulu rendre hommage à la French touch, c'est-à-dire aujourd'hui tous ceux qui portent une musique différente dans le monde entier, je pense que la cour de l'Elysée était utile aussi pour cela. Il n'y a pas de sujet à polémique. Vous savez, si on devait traduire la totalité de ce qu'on entend sur nos ondes, certainement pas sur France Info, je pense qu'il y aurait une morale de la pensée qui nous empêcherait d'écouter certaines musiques.

BRUCE TOUSSAINT
Merci beaucoup Christophe CASTANER.

CHRISTOPHE CASTANER
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 10 juillet 2018

Rechercher