Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat, porte-parole du Gouvernement, à BFM TV/RMC le 3 juillet 2018, sur la taxe d'habitation, l'avenir des pensions de réversion, la politique de l'environnement et les élections municipales à Paris. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat, porte-parole du Gouvernement, à BFM TV/RMC le 3 juillet 2018, sur la taxe d'habitation, l'avenir des pensions de réversion, la politique de l'environnement et les élections municipales à Paris.

Personnalité, fonction : GRIVEAUX Benjamin, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Porte-parole du Gouvernement;

ti : JEAN-JACQUES BOURDIN
Notre invité ce matin, Benjamin GRIVEAUX, porte-parole du gouvernement, bonjour.

BENJAMIN GRIVEAUX
Bonjour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Redoine FAID toujours en cavale, Benjamin GRIVEAUX, ce matin ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui. Nous avons 2900 personnels de sécurité qui sont mobilisés depuis l'évasion de Redoine FAID et l'objectif numéro 1 c'est d'abord de pouvoir le retrouver… la justice…

JEAN-JACQUES BOURDIN
L'arrêter.

BENJAMIN GRIVEAUX
L'arrêter, et l'incarcérer, et puis ensuite que l'enquête qui a été demandée puisse faire son oeuvre afin que ce type d'événement ne se reproduise pas et y compris dans des établissements très sécurisés.

JEAN-JACQUES BOURDIN
La direction interrégionale des services pénitentiaires avait demandé son transfert, c'est vrai ? Oui, c'est vrai.

BENJAMIN GRIVEAUX
A priori ça l'est.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On a vu les mails envoyés…

BENJAMIN GRIVEAUX
Vous savez, moi je me méfie, il y a une enquête, on a va déterminer si les mails ont été envoyés, par qui ils ont été envoyés, le ton du mail n'est pas…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le transfert n'a pas été fait, il était prévu pour le mois de septembre.

BENJAMIN GRIVEAUX
Le ton du mail n'est pas exactement le ton qu'on emploie dans les mails usuellement de l'administration. Donc, un, voyons l'enquête, elle déterminera les responsabilités des uns et des autres. Le Premier ministre l'a dit et l'a rappelé hier, la garde des Sceaux également, il y a des responsabilités, elles seront identifiées et nous rendrons des sanctions contre les personnes qui auraient failli.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, cette évasion pose des questions, on est bien d'accord ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Bien sûr, et donc c'est le rôle de l'enquête….

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quelles questions justement ?

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est le rôle de l'enquête d'y répondre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais quelles questions pose-t-elle ?

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est le rôle de l'enquête d'établir les responsabilités, à la fois dans l'établissement, à la fois dans la chaîne pénitentiaire, c'est le rôle de l'enquête d'y répondre, et moi je ne suis pas un enquêteur, je laisse les enquêteurs enquêter, en général ce sont les mieux placés et, en tout cas, les responsabilités, une fois établies, permettront d'avoir des sanctions contre celles ou ceux qui auraient failli dans la chaîne pénitentiaire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Que répondez-vous à l'actrice Béatrice DALLE qui a écrit « Bravo Redoine FAID » ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je n'ai rien envie de lui répondre, je trouve que c'est indigne.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Benjamin GRIVEAUX, la suppression totale de la taxe d'habitation, on est bien d'accord, sera pour 2022…

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui, 80 % des Français en 2020, on aura un premier tiers, 30 % de taxes d'habitation en moins là, pour les feuilles qui arriveront à l'automne, 30 % l'année d'après et puis 100 % en 2020, et 2022 pour 100 % de nos concitoyens.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Comment cette suppression totale sera financée ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Nous avons différentes pistes qui sont à l'étude, vous le savez, nous travaillons dans le cadre de la Conférence nationale des territoires avec les collectivités locales pour voir quel est le meilleur moyen de repenser la fiscalité locale, parce que la suppression de la taxe d'habitation c'est un petit morceau d'un sujet beaucoup plus vaste, qui a été reporté tant et tant de fois, depuis la fin ou le milieu, même, des années 70, c'est-à-dire avant même ma naissance, qui fait qu'on a une fiscalité locale qui est assez injuste, où parfois on a des bases qui ne sont pas suffisamment dynamiques, qui ne reflètent pas la réalité économique, ou l'attractivité, ou le dynamisme de certains territoires. C'est tout le travail qui a été engagé avec les maires de France, les départements de France, les régions de France, et donc c'est dans ce cadre-là, de la refonte complète de la fiscalité locale, que peuvent se trouver les marges de manoeuvre pour pouvoir financer la totalité de la suppression de la taxe d'habitation.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, vous laisserez filer le déficit public ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Il y a la question du déficit public, mais qui n'est… je sais à quoi vous faites allusion, les travaux préparatoires qui ont fuité dans un…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Evidemment.

BENJAMIN GRIVEAUX
Voilà, ce sont, comme leur nom l'indique, des travaux préparatoires, à nouveau, nous, l'objectif, nous l'avons dit, c'est de maîtriser la dépense publique. Je rappelle simplement que sur le déficit public, pour la première fois depuis 11 ans, nous sommes passés sous la barre des 3 %, nous sommes à 2,6 %, notre objectif cette année est maintenu à 2,3 %, et un objectif d'avoir des déficits publics ramenés à moins de 1 % pour l'horizon 2022.

JEAN-JACQUES BOURDIN
2022, moins de 1 %.

BENJAMIN GRIVEAUX
Voilà. Donc c'est un objectif continu…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous n'aviez pas prévu zéro, non ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Me semble-t-il, non ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ça faisait 11 ans qu'on était au-dessus de 3 %…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non mais d'accord…

BENJAMIN GRIVEAUX
On a des objectifs très clairs, c'est 5 points de dette en moins, 3 points de dépenses publiques en moins, 1 point d'impôts en moins, en 2022, ça c'est notre boussole, c'est ce que nous avons fixé dans la loi de Finances l'an dernier, dans la programmation pluriannuelle de la loi de Finances, c'est-à-dire qu'on fait un programme non pas juste pour l'année qui vient, mais sur les 5 ans, ça c'est notre boussole, nous nous y tiendrons.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quelle croissance en 2018 ?

BENJAMIN GRIVEAUX
On est, un peu, autour de 2 %.

JEAN-JACQUES BOURDIN
2 % de croissance 2018… un peu en dessous de…

BENJAMIN GRIVEAUX
On est un peu en dessous de 2 % selon les instituts, ça dépend. Vous savez ce qu'on appelle des consensus qui s'établissent entre des organismes, et donc le consensus est un peu en deçà de 2 %.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je reviens sur la réforme de la fiscalité locale, demain, en Conseil des ministres, il y aura une communication à ce sujet…

BENJAMIN GRIVEAUX
Alors non puisqu'il n'y aura pas de Conseil des ministres demain…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah oui, ce n'est pas demain le Conseil des ministres…

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est vendredi, demain…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est vrai, pardon, j'oubliais que le président de la République était en Afrique.

BENJAMIN GRIVEAUX
Voilà, on tient le Conseil des ministres avec le président de la République.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Voilà, avec le président de la République, mais il y aura Conseil des ministres quand même vendredi, vous parlerez de cette réforme de la fiscalité locale…

BENJAMIN GRIVEAUX
Nous en parlerons surtout à la Conférence nationale des territoires qui se tiendra le 12 juillet.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dites-moi, est-ce que les taxes foncières iront aux communes, totalement ?

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est l'une des pistes qui a été…

JEAN-JACQUES BOURDIN
…vous avez beaucoup de pistes !

BENJAMIN GRIVEAUX
Je vous confirme, c'est l'une des pistes - parce que nous sommes très imaginatifs – c'est l'une des pistes qui est envisagée, le transfert des taxes sur le foncier bâti aux communes, ce qui, à mon sens, fait le plus grand sens, pour une raison simple, c'est que vous remettez au plus près des habitants… l'impôt payé au plus près va à la collectivité la plus proche, qui est, par définition, la commune. Donc moi je trouve là une logique évidemment assez implacable, et qui donne surtout de la lisibilité, de la simplicité, à ce mille-feuille fiscal local auquel, franchement, personne ne comprend plus grand chose. Donc, pour aussi qu'on accepte l'impôt, il faut qu'on le comprenne, il faut qu'on comprenne l'échelon auquel il s'adresse et à quoi l'argent va être utilisé, c'est peut-être l'une des pistes qui sera retenue.

JEAN-JACQUES BOURDIN
L'une des grandes réformes de ces prochains mois c'est la réforme des retraites, pas de remise en cause des pensions de réversion, vous l'avez dit et répété…

BENJAMIN GRIVEAUX
Nous l'avons dit et redit, et répété, je profite de ce matin pour le redire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais d'accord…

BENJAMIN GRIVEAUX
Nous ne toucherons pas aux pensions de réversion.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais Benjamin GRIVEAUX, les femmes sont plus nombreuses à travailler, on est bien d'accord ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les mariages doivent pouvoir se défaire librement…

BENJAMIN GRIVEAUX
Je vous le confirme.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On est bien d'accord, sans craindre de perdre sa pension de réversion ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On est bien d'accord. Les personnes pacsées n'ont pas droit à ces pensions de réversion.

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est juste.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce qui est injuste.

BENJAMIN GRIVEAUX
Je suis pacsé, je peux vous le dire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et les femmes qui se remarient, n'ont pas droit à leur pension de réversion, c'est injuste.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce sont aussi tous ces sujets de justice…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, est-ce que vous allez revoir le système ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce que je veux vous dire c'est que tous les sujets que vous évoquez là, montrent bien quelque chose…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, quoi ?

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est que le modèle social, qui a été pensé après-guerre, qui était fondé sur des familles où on se séparait peu, où les femmes ne travaillaient pas, où finalement on avait une vie relativement linéaire, qu'elle soit en terme de carrière professionnelle ou de vie amoureuse, tout cela a beaucoup changé. Nous avons aujourd'hui des unions qui sont différentes, entre le mariage et le pacs, nous avons aujourd'hui des femmes qui, et c'est heureux, se sont engagées pleinement dans la vie professionnelle, nous avons des hommes qui prennent leurs responsabilités dans le cadre familial, et donc le modèle social vous devez le repenser sur la question des retraites, mais vous devez le repenser dans la totalité, et le travail qui est engagé par Jean-Paul DELEVOYE depuis maintenant des mois, avec l'ensemble des représentants des organisations syndicales, avec l'ensemble des représentants du monde professionnel, le monde du salariat, la fonction publique, le monde de l'indépendance, le monde des professions libérales, c'est aussi pour mettre plus de justice dans le système.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, j'ai compris, mais vous allez donc revoir le système des pensions de réversion, pour lutter contre les injustices.

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais, à nouveau, rien ne changera pour les personnes qui touchent aujourd'hui des pensions de réversion, pas un centime d'euro ne sera modifié, et si demain nous avons des gens qui par exemple, prenez l'exemple des pacs, n'ont pas de pension de réversion, le fait de savoir si demain ils pourront en toucher une, sera sans doute l'un des sujets qui peuvent être débattus…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils en toucheront une ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce n'est pas à moi de le dire, les sujets sont…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais vous êtes là pour lutter contre les inégalités, contre les injustices, Benjamin GRIVEAUX.

BENJAMIN GRIVEAUX
Je vous le confirme.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc vous remettrez en question tout le système, évidemment, c'est le bon sens.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce que je vous dis c'est que c'est l'objet des discussions qui se tiennent depuis des mois autour de Jean-Paul DELEVOYE et que les annoncent seront faites quand nous serons allés au bout des discussions, on ne fait pas les annonces avant la fin des discussions avec les partenaires sociaux. L'objectif de cette réforme c'est que ce soit plus lisible, qu'on y comprenne enfin quelque chose au système de retraite, qu'on en finisse avec les 40 régimes et qu'on ait quelque chose de plus juste.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais, une femme qui se remarie, qui n'a pas droit à sa pension de réversion, c'est quand même… c'est injuste.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ces débats-là sont légitimes et c'est bien l'occasion d'avoir ces débats-là, c'est pour cela que nous faisons une réforme structurelle et non pas paramétrique, on ne fait pas le énième petit ajustement. Vous savez, cette réforme des retraites ça fait 30 ans qu'on nous dit attendez, cette fois-ci c'est la dernière, après on n'y touche plus…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc la réforme sera structurelle.

BENJAMIN GRIVEAUX
Structurelle, je vous confirme, mais, vous savez, ça fait 30 ans qu'on dit on fait un petit bout de réforme, et tous les 2 ou 3 ans on remet le travail sur l'ouvrage parce qu'on dit, ah au fond, il fallait aller sans doute un peu plus loin, soit sur l'âge, soit sur le nombre d'années de cotisation, soit sur… c'en est fini, c'est structurel, et donc ça prendra en considération les situations personnelles qui ont pu évoluer.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc ce système sera plus égalitaire, plus juste.

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui, et plus juste, surtout plus juste, c'est-à-dire que quand on mettra 1 euro de cotisation dans le système, qu'on soit indépendant, fonctionnaire, salarié, ça rapportera la même chose, parce que c'est ça la justice.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous ne serez pas évalué, vous…

BENJAMIN GRIVEAUX
Si, je crois que je serai évalué.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah bon, finalement vous serez évalué, parce qu'on avait des doutes.

BENJAMIN GRIVEAUX
Nous serons évalués, non, non, je crois que tous les membres du gouvernement seront évalués, mais vous savez, nous avons un contrôle continu.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, vous serez évalué, est-ce qu'il y aura de mauvaises notes ? Parce que, quand on évalue, il y a de bonnes et de mauvaises notes.

BENJAMIN GRIVEAUX
Je trouve qu'on moque beaucoup cet exercice. Moi je suis heureux…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un peu, c'est vrai. On assume.

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui, mais on ne peut pas demander à un gouvernement d'être plus efficace, de faire du management, de s'inspirer parfois de ce que font les entreprises, pour évaluer, faire du reporting, etc., et quand on se plie à l'exercice et qu'on essaie de le cadrer, eh bien s'en moquer. Moi je suis heureux qu'on puisse être évalué, se dire voilà les objectifs qui avaient été fixés, voilà la feuille de route…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et si l'évaluation est mauvaise, que se passe-t-il dans une entreprise…

BENJAMIN GRIVEAUX
Ça c'est au Premier ministre et au président de la République d'en décider et ce n'est certainement pas au porte-parole du gouvernement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais je suis d'accord…

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce que je veux dire c'est que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Parce qu'on sait déjà qu'il n'y aura aucune mauvaise note publiquement adressée, vous le savez bien.

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais vous savez, il y a des choses où on peut progresser, ça j'en suis convaincu, moi je peux faire des progrès sur plein de choses, donc c'est aussi la lucidité d'un ministre, après 1 an d'exercice, où vous avez parfois le nez dans le guidon, de prendre le recul, de se dire « voilà la feuille de route que m'avait confié le Premier ministre, sous l'autorité du président de la République il y a 1 an, voilà où on en est, voilà ce qui a plutôt bien fonctionné et voilà les choses qui ont été moins bonnes. »

JEAN-JACQUES BOURDIN
Opération de communication.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, nous faisons, vous considérez que nous communiquons, nous faisons.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais d'accord, mais là sur cette évaluation.

BENJAMIN GRIVEAUX
Vous préfériez quoi, pas d'évaluation ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah non, non… mais l'évaluation elle est permanente, vous le dites.

BENJAMIN GRIVEAUX
Alors il faudrait savoir. On fait de l'évaluation c'est de la com., on n'en fait pas, on est des inconscients.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais, Benjamin GRIVEAUX, vous dites l'évaluation elle est permanente.

BENJAMIN GRIVEAUX
L'évaluation, par ailleurs, elle est en continu, et c'est heureux qu'elle soit en continu, mais c'est important une fois par an de marquer un temps d'arrêt et de regarder ce qui s'est fait.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que c'est l'occasion de changer de gouvernement, ou d'aménager, de réaménager le gouvernement ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce n'est pas à moi de répondre à cette question.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous êtes certain de ça ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ah oui, ça je suis sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Qu'il n'y aura pas de réaménagement ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je suis certain que ce n'est pas à moi de répondre à cette question, je vous le confirme.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quelle est la réforme qui a profondément changé la France depuis 1 an, dites-moi ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Moi je crois que c'est la division par deux des enfants dans les classes dans les quartiers populaires, de ce que disent les enseignants, pas le gouvernement, parce que nous on va être taxé d'être partiaux. Les résultats sont spectaculaires, c'est-à-dire qu'on a des enfants qui ne savaient pas lire, écrire ou compter, à la fin du CP, et qui là…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est la réforme qui a profondément changé la France ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Qui profondément changera la France en 10 ou 15 ans, et c'est ça le plus important. Au fond on ne joue pas la prochaine élection, mais la prochaine génération, c'est ça la noblesse de la politique, c'est de ne pas être dans la mesure qui permettra de satisfaire l'humeur du moment, c'est de construire et de bâtir un pays qui sera plus juste et où chacun aura sa chance de construire sa vie et librement de choisir ce qu'il a envie de faire, et pour pouvoir choisir librement ce qu'on a envie de faire, eh bien il faut savoir maîtriser les savoirs fondamentaux à la fin du CP, surtout quand on vient d'un quartier populaire, où on n'a pas les réseaux sociaux, on n'a pas l'accès au capital social, culturel, on n'a pas les réseaux de ses parents, eh bien la meilleure barrière contre ça c'est l'école.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Concernant Emmanuel MACRON, le doute s'est installé, non, vous ne trouvez pas ? Est-ce qu'il n'est pas un peu décevant, franchement ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Vous l'entretenez beaucoup à vos micros…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, on ne l'entretient pas…

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais je ne crois pas.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais attendez, regardez, la dette se creuse, le moral des ménages est en baisse, l'économie ralentit…

BENJAMIN GRIVEAUX
La dette se creuse…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Eh bien oui, elle se creuse…

BENJAMIN GRIVEAUX
Je vous confirme.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le chômage baisse, mais légèrement, les inégalités demeurent, le pouvoir d'achat ne progresse pas. Je vous pose la question, n'est-il pas décevant ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Vous me décrivez les maux que la France connaît depuis 30 ans, celui qui vous aurait fait croire qu'en 1 an, à coups de baguette magique, on aurait réglé la dette, excusez-moi du peu… on était au même niveau que les Allemands il y a 15 ans, un peu moins, aujourd'hui ils sont à 60 et nous on est à 100 % de la dette, quasiment, un peu en dessous de 100 %, donc moi je veux bien. Mais, vous savez, la dette c'est comme un tanker, quand vous mettez un coup de gouvernail, le tanker ça met du temps à changer sa trajectoire, nous allons la changer, l'objectif c'est 5 points de dette en moins à la fin du quinquennat et pour cela nous réduisons la dépense publique. Sur les autres éléments… alors, à nouveau, moi je veux bien qu'on soit responsable de tous les maux du pays qui sont là depuis 30 ans, ce n'est pas vrai. Vous l'avez dit, le chômage il y a un mieux, il y a une augmentation, comme jamais, des promesses…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, il y a un mieux… on avait des chiffres, on n'a plus de chiffres.

BENJAMIN GRIVEAUX
Une augmentation, comme jamais, des promesses d'embauches en CDI, nous n'avons jamais autant investi sur…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que vous avez des chiffres sur le chômage, parce qu'on ne sait plus, on n'a plus de chiffres, on ne sait plus rien ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce sera trimestriel, vous le savez très bien, donc il faut attendre la fin du mois. Nous avons investi comme jamais dans les compétences, nous avons mis 15 milliards d'euros, je sais que c'est un sujet auquel vous êtes sensible, la question de l'apprentissage, de la formation professionnelle, de dire à des gens qui sont éloignés de l'emploi depuis tant d'années, plutôt que de leur dire on va vous traîner d'un contrat aidé à un autre, on va vous traîner d'un contrat d'insertion d'engagement à un autre, on investit 15 milliards d'euros. On investit le plus d'argent là où il y a le moins de capitaux publics, chez les gens qui sont dans la plus grande souffrance, ça prend du temps.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Certains disent Emmanuel MACRON, et moi je le dis parfois parce que je l'entends, Emmanuel MACRON c'est le pouvoir de l'apparence, c'est vrai ou faux ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le pouvoir des remontrances publiques, le pouvoir des petites phrases préparées, les statures étudiées, non ?

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est le temps long, et c'est ce qui sans doute échappe aujourd'hui, je le dis, à une partie de la classe politique française qui… qu'est-ce qu'elle fait de manière très confortable ? Elle est dans l'instant, et donc elle est dans l'écume, la petite phrase, la petite mesure, etc. Comme nous avons fait le choix de transformer durablement le pays, ça prend du temps, et croyez-moi, vous avez une majorité silencieuse dans ce pays qui a parfaitement compris que ça prenait du temps, qu'on ne réparerait pas le pays en 12 mois, ça aurait mentir que de dire cela.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y en a un qui n'arrête pas, c'est François HOLLANDE.

BENJAMIN GRIVEAUX
Qui n'arrête pas ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Eh bien oui, il critique sans cesse, non mais c'est vrai, vous avez vu ça.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, c'est sans doute ce qu'il fait le mieux.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est ce qu'il fait le mieux ? Il est meilleur en tant qu'ancien président qu'en tant que président.

BENJAMIN GRIVEAUX
… Exercer la fonction au mieux de ce qu'on peut en entendre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et Anne HIDALGO, parce que la colère monte à Paris, dites-moi, vous l'avez constaté ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ah, c'est sans transition aucune !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous l'avez constaté ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui, vous avez un mécontentement, à Paris, qu'on constate dans les échanges que vous avez avec la population quand vous faites les marchés, quand, voilà, mais… vous savez, je ne crois pas qu'on construise…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous êtes Parisien, vous êtes en colère contre cette mairie, cette municipalité ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je vais vous dire, la colère, un, est mauvaise conseillère, d'abord. Deux, on ne construit pas un projet…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous regrettez.

BENJAMIN GRIVEAUX
On ne construit pas, et c'est ce que nous faisons collectivement, un projet d'alternance politique sur la colère des gens, si vous faites ça vous êtes un colosse au pied d'argile, votre projet politique repose sur du sable, et donc…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais vous ne feriez pas la même chose.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, nous l'avons dit, à La République en Marche nous sommes très basiques, quand un maire a fait un bon travail, quand il a transformé son territoire, quand il a fait que les gens y vivent mieux, y vivent bien, et qu'il y a un projet, on n'a aucune raison d'y présenter des candidats simplement pour faire des candidatures de témoignage, ce n'est pas le cas dans certaines villes de France, ce n'est pas le cas à Paris. Paris n'est plus au rendez-vous, les Parisiens sont mécontents, mais à nouveau ce n'est pas sur la colère qu'on construit quoi que ce soit, il faut donc aller les voir avec un projet…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le mécontentement, j'oublie la colère.

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais sur le mécontentement, il faut aller les voir avec un projet qui leur parle à eux, de leur quotidien…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce que vous ferez.

BENJAMIN GRIVEAUX
Les transports, la sécurité, la proximité, la propreté, c'est leur quotidien qui doit être l'obsession du futur maire de Paris.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce que vous ferez, Benjamin GRIVEAUX.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce que nous ferons collectivement à La République en Marche, je vous confirme.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Avec vous.

BENJAMIN GRIVEAUX
En tant qu'élu parisien j'y prendrai évidemment toute ma part.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais oui, et une première place. Dites-moi, Nicolas HULOT va rester au gouvernement ou pas ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais Nicolas HULOT a toute sa place au gouvernement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il a toute sa place, oui, heureusement, il est ministre.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ces questions sur Nicolas HULOT m'amusent. Quand on fait le bilan…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est lui qui est venu ici dire « je prendrai ma décision cet été. »

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais, regardez, quand on fait le bilan de la première année…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Nous sommes en été.

BENJAMIN GRIVEAUX
Notre-Dame-des-Landes, c'est à mettre à l'actif de ce gouvernement. La fermeture de Fessenheim, à l'actif de ce gouvernement. En 2022 il n'y aura plus de centrales à charbon en France, on n'aura plus construit aucune centrale thermique, on a interdit les explorations de nouveaux sites d'hydrocarbures en France. Tout ça c'est à mettre au crédit de qui ? Du gouvernement, et en premier lieu de Nicolas HULOT. Donc il y a eu, pour Nicolas HULOT, des grandes victoires cette année. Il y aura la Programmation Pluriannuelle de l'Energie…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vais vous en parler.

BENJAMIN GRIVEAUX
Cet été, nous allons y travailler, il y travaille…

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai deux questions à ce propos.

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais il a donc toute sa place, et moi je peux le dire, il a de quoi être aussi fier de ce qui a été accompli, en une petite année seulement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, j'ai deux questions. Est-ce que la filière nucléaire nous emmène dans une dérive ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est ce qu'a dit Nicolas HULOT il y a quelques jours.

BENJAMIN GRIVEAUX
La filière nucléaire a, historiquement en France, une place importante, vous le savez. L'objectif de la Programmation Pluriannuelle de l'Energie c'est de baisser la part du nucléaire dans notre production électrique, d'arriver à 50 %. Quand on est arrivé aux responsabilités il y avait un objectif qui était fixé…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il attend un calendrier des fermetures de centrales, avant la fin de l'année.

BENJAMIN GRIVEAUX
Je sais bien, mais l'avenir, la Programmation Pluriannuelle de l'Energie ce n'est pas simplement la question de la fermeture des centrales, c'est aussi…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est ce qu'il demande.

BENJAMIN GRIVEAUX
J'entends, mais ce n'est pas que ça, c'est l'éolien, on y était la semaine dernière, c'est le solaire, les annonces qui ont été faites par Sébastien LECORNU et Nicolas HULOT, encore ce week-end, on multiplie par trois la production, on passe de 10 gigawatts à 30 gigawatts, c'est ce qu'on fait sur les biocarburants, donc c'est l'ensemble de ces sujets-là, ce n'est pas que le sujet nucléaire. En revanche, c'est l'objectif c'est d'arriver à 50 %, c'est-à-dire de réduire la part du nucléaire à 50 %, dans notre mix électrique, et ça c'est un objectif que nous tiendrons. Nous avons, et je crois Nicolas HULOT l'a fait avec beaucoup de courage, avec beaucoup de lucidité, nous avons expliqué que les engagements qui étaient ceux de papiers du gouvernement et du président précédent, qui prenaient beaucoup d'engagements, qui ne coûtaient pas cher, parce que, voilà, on va réduire à 50 % à horizon 5 ans, rien n'a été mis en place pour que ce soit fait, rien. Nous, nous faisons, et nous sommes sans doute plus réalistes dans les objectifs, que nous tiendrons.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Benjamin GRIVEAUX, j'ai une dernière question sur la filière nucléaire, est-ce que vous nous assurez, vous vous engagez, à ce qu'il n'y ait pas, en France, de construction d'un deuxième réacteur EPR ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Un, ce n'est pas à moi de m'engager, nous allons avoir…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous êtes porte-parole du gouvernement.

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui, mais enfin, la PPE elle sera présentée cet été, et elle sera présentée par le ministre en charge, pas par le porte-parole du gouvernement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'accord, mais est-ce que vous vous engagez à ce qu'il n'y ait pas de deuxième EPR ?

BENJAMIN GRIVEAUX
On s'engage d'abord à ce que Fessenheim ferme lorsque l'EPR de Flamanville sera pleinement opérationnel et nous espérons que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que vous vous engagez à ce qu'il n'y ait pas de deuxième EPR ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce n'est pas à moi de prendre cet engagement…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Parce que là HULOT s'en va !

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais ce n'est pas à moi de prendre cet engagement, à nouveau ça se gère dans le cadre global de la Programmation Pluriannuelle de l'Energie présentée par Nicolas HULOT cet été, c'est au ministre en charge de la Transition solidaire et écologique de faire cette annonce, pas à moi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Benjamin GRIVEAUX.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 11 juillet 2018

Rechercher