Interview de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, avec RTL le 6 juillet 2018, sur le conflit commercial avec les Etats-Unis, l'accord relatif au nucléaire iranien et sur la coupe du monde de football en Russie. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, avec RTL le 6 juillet 2018, sur le conflit commercial avec les Etats-Unis, l'accord relatif au nucléaire iranien et sur la coupe du monde de football en Russie.

Personnalité, fonction : LE DRIAN Jean-Yves, MARTICHOUX Elizabeth .

FRANCE. Ministre de l'Europe et des affaires étrangères;

ti :

JEROME CHAPUIS
Elizabeth MARTICHOUX, vous recevez ce matin Jean-Yves LE DRIAN, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères.

ELIZABETH MARTICHOUX
Bonjour Jean-Yves LE DRIAN…

JEAN-YVES LE DRIAN
Bonjour.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci beaucoup d'être sur RTL avec nous ce matin. La fin de l'innocence n'en finit plus, Monsieur le ministre, Donald TRUMP est passé à l'attaque en lançant la plus grande guerre commerciale de l'histoire économique, selon Pékin depuis cette nuit-là il impose des droits de douane très élevés sur 34 milliards de dollars de produits chinois, la Chine riposte. Est-ce qu'il y a un risque réel d'effondrement du commerce mondial depuis cette décision ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Il y a une remise en cause systématique de tous les outils de vie en commun de la communauté internationale mise en oeuvre progressivement depuis 1945 de la part des Etats-Unis et de la part de Donald TRUMP, c'est vrai sur le climat, c'est vrai sur les relations avec l'Iran, c'est vrai que sur les grands enjeux liés aux Nations unies, c'est vrai désormais maintenant sur l'organisation de la régulation du commerce qui a été mise en place par l'Organisation Mondiale du Commerce et qui prévoit des règles, prévoit des mode de fonctionnement, prévoit des lieux de règlement, des contentieux et des différends, et cet ensemble-là est en train d'être remis en cause ne serait-ce que par les mesures qui viennent d'être prises par le président TRUMP à l'égard de la Chine. Nous avons des blocages à l'égard de…

ELIZABETH MARTICHOUX
Qui impose la loi du plus fort ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Nous avons des contentieux à l'égard de la Chine.

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui.

JEAN-YVES LE DRIAN
Je suis allé accompagner le Premier ministre en Chine il y a quelques jours, on a pu par la discussion permettre des avancées, je pense en particulier à la levée de l'embargo sur le boeuf, donc il faut parler, il faut discuter - il y a un lieu pour le faire qui s'appelle l'OMC – et, aujourd'hui, TRUMP rompt avec cette logique-là. C'est un jeu dangereux, ce n'est pas…

ELIZABETH MARTICHOUX
Un jeu dangereux vous dites…

JEAN-YVES LE DRIAN
Ce n'est pas encore la guerre commerciale mais ça ressemble à la guerre commerciale beaucoup. Après…

ELIZABETH MARTICHOUX
Ce n'est pas encore, pourquoi vous dites ce n'est pas encore la guerre commerciale ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Parce qu'elle n'est pas encore totale, il y a des annonces, il va y avoir des ripostes, peut-être qu'il y a une négociation qui s'ouvrira après.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous y croyez ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Mais nous sommes en train…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous y croyez Jean-Yves LE DRIAN à ce stade-là de la confrontation, du rapport de force ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Mais bien sûr.

ELIZABETH MARTICHOUX
Pourquoi pas, puisque nous sommes dans le rapport de force et que les Etats-Unis essayent d'obtenir des avantages par la pression et par la menace, mais, s'ils n'obtiennent pas ces avantages-là, alors on est dans une spirale dangereuse et dans tout cela il n'y a que des perdants - les perdants sont aussi Américains - je pense en particulier aux mesures qui ont été annoncées par les Etats-Unis concernant l'automobile à l'égard de l'Europe, mais je pense aussi aux mesures qui ont déjà été mises en oeuvre par l'élévation des droits de douane sur l'acier et l'aluminium, l'Europe a réagi, elle a réagi de manière unanime elle a réagi de manière déterminée pour faire en sorte qu'il y ait des contre-mesures qui montrent que nous ne sommes pas naïfs et que nous savons nous défendre, mais cela aboutit à des décisions comme par exemple HARLEY DAVIDSON qui vient de décider de quitter les États-Unis pour s'installer ailleurs.

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, l'Europe-là à un levier ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Il n'y a que des perdants dans l'histoire.

ELIZABETH MARTICHOUX
L'Europe a eu un levier, elle opère effectivement sur HARLEY DAVIDSON qui est une petite niche mais qui contrarie Donald TRUMP, là dans le cadre de la confrontation Chine / États-Unis vous pensez donc possible que ce qui a été décidé cette nuit ne soit pas appliqué et qu'il y ait derrière un certain nombre de compromis qui empêchent ce cataclysme ?

JEAN-YVES LE DRIAN
On va on va le voir, pour l'instant les Etats-Unis ont pris des mesures parce qu'ils estiment que leurs relations avec la Chine nécessitent cette mesure forte, ils font des mesures de pression et de menace, la Chine va réagir - peut-être qu'après il y aura une discussion - s'il y a pas de discussion après on est rentrés à ce moment-là dans la guerre commerciale et cette guerre commerciale elle aboutit au fait que la croissance mondiale va de se ternir et elle aboutira aussi…

ELIZABETH MARTICHOUX
La croissance mondiale, la croissance européenne et la croissance française.

JEAN-YVES LE DRIAN
Que les différents pays vont se replier sur eux-mêmes, donc on souhaite que ça ne soit pas le cas et il faut faire pression sur les Etats-Unis pour éviter cette logique-là. C'est une logique infernale, une logique dangereuse et une logique qui ne sert personne, a commencé par les Etats-Unis…

ELIZABETH MARTICHOUX
A commencé par les Etats-Unis, avec un risque…

JEAN-YVES LE DRIAN
Qui vont être eux-mêmes victimes…

ELIZABETH MARTICHOUX
Exactement.

JEAN-YVES LE DRIAN
Quand je vois le patron de GENERAL MOTORS alerter les autorités américaines pour dire : « si vous faites ça, si vous continuez dans cette logique-là, moi je vais fermer des entreprises et je vais diminuer les emplois », on voit bien que ce n'est pas une somme gagnant-gagnant, c'est une somme perdant- perdant à laquelle nous assistons.

ELIZABETH MARTICHOUX
Certains économistes ont fait le calcul de ce que ça coûterait à la croissance française, 3 % du PIB ce serait l'impact de cette guerre commerciale si elle existait.

JEAN-YVES LE DRIAN
Ce qui veut dire qu'il faut dans l'état actuel des choses se défendre, il n'est pas question.…

ELIZABETH MARTICHOUX
On a des moyens en Europe, on a des moyens en Europe ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Oui, nous l'avons montré par la réaction européenne à l'égard des mesures sur l'acier et l'aluminium par des contre-mesures proportionnées, mais très fermes, prises à 'unanimité de l'Union européenne, prises avec une grande détermination, si demain il y a des initiatives complémentaires qui sont prises par les Etats-Unis concernant l'automobile il y aura la même réaction.

ELIZABETH MARTICHOUX
On n'en finit pas quand même d'être médusés par la politique américaine ?

JEAN-YVES LE DRIAN
On est dans une logique de déconstruction que j'indiquais tout à l'heure, on est dans une logique de chacun pour soi, on est dans une logique un peu de Far West, on est dans une logique de oeil pour oeil dent pour dent, on est dans une logique de réaffirmation des puissances, on est dans une logique de repli sur soi, d'isolationnisme, avec les victimes, mais les victimes demain seront les Américains eux-mêmes.

ELIZABETH MARTICHOUX
Jean-Yves LE DRIAN, vous partez à Vienne dans la foulée de cet entretien où se réunissent pour la première fois tous ensemble les signataires de l'accord sur le nucléaire iranien depuis le départ des Etats-Unis, justement TRUMP encore - encore lui - est-ce qu'il y a la moindre chance pour qu'il revienne dans l'accord ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Non, non, mais l'accord reste là. Nous avons cette réunion à Vienne aujourd'hui qui est prévue dans les accords de Vienne, les accords de Vienne ça remonte à trois ans presque jour pour jour, après 12 ans de négociations, 12 ans de négociations pour aboutir à un accord qui permet aujourd'hui d'éviter le risque nucléaire à partir de l'Iran, sous réserve que l'Iran respecte totalement ses engagements, aujourd'hui c'est le cas puisque l'Agence Internationale de l'Energie Atomique le constate...

ELIZABETH MARTICHOUX
Pour l'instant c'est le cas.

JEAN-YVES LE DRIAN
Nous allons je pense le constater tout à l'heure, il y a des engagements que l'Iran doit remplir- y compris ne pas en permanence agiter la menace de rompre ses engagements - parce que s'il rompait ses engagements alors nous en tirerions nous-mêmes les conséquences…

ELIZABETH MARTICHOUX
Il faut qu'il arrête avec la menace ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Il faut qu'il arrête avec la menace et qu'on cherche les solutions pour que l'Iran puisse avoir les compensations nécessaires qu'il peut avoir en raison de l'accord…

ELIZABETH MARTICHOUX
Compensations économiques ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Compensations économiques qu'il doit avoir et qu'il faut maintenant imaginer en sachant que les Etats-Unis ont décidé de mettre en oeuvre des mesures dites extraterritoriales qui visent des entreprises qui en gros utilisent le dollar pour leurs négociations commerciales, donc il faut mettre en oeuvre avec nos partenaires qui sont à la fois les partenaires Européens - les Britanniques, les Allemands - mais aussi les Chinois et les Russes qui seront présents à cette réunion de Vienne, mettre en place un dispositif qui permet à l'Iran de continuer à commercer tant qu'il respecte ses engagements.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ce que vous nous dites, pardon, pour qu'on comprenne bien, ce que vous nous dites c'est que vous cherchez à mettre en place un mécanisme financier qui permettrait à certaines entreprises françaises de rester, pas toutes…

JEAN-YVES LE DRIAN
Françaises ou autres, de rester sans être victimes…

ELIZABETH MARTICHOUX
Sans avoir la menace de la…

JEAN-YVES LE DRIAN
Des mesures extraterritoriales américaines.

ELIZABETH MARTICHOUX
De la sanction américaine.

JEAN-YVES LE DRIAN
C'est le sujet qui est sur la table, avec aussi le contentieux nous avons avec l'Iran.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et ça c'est possible ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Nous essayons de faire des propositions là maintenant.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ça pourrait se dessiner avant le début des sanctions ?

JEAN-YVES LE DRIAN
On va essayer de le faire avant le début des sanctions, le début des sanctions c'est début août, il y a un deuxième train de sanctions qui doit intervenir en novembre, pour début août ce sera peut-être un peu court mais pour le mois de novembre nous essayons d'y aboutir. Mais ça n'enlève pas le contentieux que nous avons avec l'Iran, parce que nous sommes dans une logique d'éviter l'accession à l'arme nucléaire de l'Iran - c'est le cas aujourd'hui - parce que si l'Iran avait l'arme nucléaire alors ce serait extrêmement dangereux pour l'équilibre de l'ensemble de la région mais même pour l'équilibre de la planète. Mais il y a d'autres sujets avec l'Iran, d'autres sujets de contentieux lourds : d'abord leur volonté de déstabiliser l'ensemble de la région en aidant à la fois certains groupes au Yémen ou en aidant en Syrie en étant présent et en accompagnant Bachar El-ASSAD dans les conflits et dans le soutien aux opérations aujourd'hui dans le Sud-est de l'Iran, euh dans le Sud-est de la Syrie, tout cela doit s'arrêter, doit faire l'objet de discussions comme doit faire l'objet de discussions l'espèce d'appétence en missiles qu'a l'Iran aujourd'hui qui n'est pas une appétence uniquement liée à sa propre sécurité mais qui est liée aussi à sa volonté d'intervenir sur d'autres territoires que le sien. Donc ces précautions-là doivent être prises, il faut ouvrir le débat avec eux.

ELIZABETH MARTICHOUX
Voilà, c'est un front dont on parlait tout à l'heure. On se détend un tout petit peu, Vladimir POUTINE avec lequel il n'est pas toujours facile de se détendre, mais enfin il est en train de réussir son Mondial entre autres ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Ça se passe bien pour l'instant, ce n'est pas fini.

ELIZABETH MARTICHOUX
Non, mais l'organisation est irréprochable, la compétition est belle, le Tsar gagne son pari sur ce sujet ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Pour l'instant oui, mais il ne faut pas renier notre plaisir, s'il y a une belle manifestation sportive à Moscou tant mieux, tant pour le sport et tant mieux pour les Russes.

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce que, si Emmanuel MACRON va en Russie pour une demi-finale, il en profitera pour rencontrer justement Emmanuel POUTINE (sic) en tête-à-tête ou…

JEAN-YVES LE DRIAN
Pas Emmanuel POUTINE, Vladimir.

ELIZABETH MARTICHOUX
Emmanuel POUTINE, j'ai dit ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Oui.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vladimir, Vladimir POUTINE, pardon.

JEAN-YVES LE DRIAN
De toute façon il faut d'abord attendre le match de ce soir, il faut attendre ce que j'espère la France se qualifie…

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui.

JEAN-YVES LE DRIAN
Ensuite, il y aura la demi-finale.

ELIZABETH MARTICHOUX
Que vous ne pourrez peut-être ne pas regarder d'ailleurs, vous ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Non, je pense que je serai à Vienne malheureusement, mais je serai de soutien. Ensuite j'imagine que, si le président de la République va en Russie, il verra Vladimir POUTINE…

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc ça c'est une hypothèse qui est sur la table.

JEAN-YVES LE DRIAN
Mais je ne sais pas si la Russie sera en finale.

ELIZABETH MARTICHOUX
Non plus. Par parenthèse, si vous voulez bien on fait un crochet par la France ou on revient à la France puisqu'on parle aussi d'Emmanuel MACRON ? Agnès BUZYN a été maladroite de mettre en balance le Plan Pauvreté et le football comme elle l'a fait dans son expression ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Je n'ai pas saisi cette maladresse, mais en tout cas le Plan Pauvreté il est sur la table, il est en discussion, il aboutira, il y a des arbitrages qu'il faut continuer à faire et il viendra en temps et en heure, donc il n'y a pas de difficulté là-dessus. Il y a un train de réformes qui est engagé par le président de la République depuis le début de son mandat, la caractéristique du président, de la République c'est qu'il fait ce qu'il a dit, après il ne faut pas…

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais alors parfois un peu plus tard que prévu comme le Plan Pauvreté, les associations disent…

JEAN-YVES LE DRIAN
Oui, mais enfin à ma connaissance il est élu pour cinq ans et donc le bilan d'un chef de l'Etat on le fait au bout des cinq ans et on vérifie au bout des cinq ans la cohérence de son action et la cohérence de ses engagements de campagne par rapport à ce qu'il a effectué et, donc, tout ça suit une ligne régulière, une série de réformes est mise en oeuvre avec beaucoup d'efficacité et de rapidité, il faut laisser en même temps le temps de l'agenda se dérouler.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais on pressent que le doute s'installe, Monsieur le Ministre ?

JEAN-YVES LE DRIAN
On ne peut pas à la fois dire : « vous allez trop vite »... Ah ! Pas du tout…

ELIZABETH MARTICHOUX
On sent que le doute, si, dans les sondages par exemple on le voit…

JEAN-YVES LE DRIAN
Les sondages vous savez !

ELIZABETH MARTICHOUX
La cote du président n'a jamais connu une telle chute depuis son élection, elle s'établit à 34 % selon un sondage Elab ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Oui, mais il y a des hauts et des bas dans les sondages, il y a des hauts et des bans dans la vie politique, il faut axer sur la durée, le bilan d'un président de la République se fait à la fin du mandat et non pas à tel ou tel moment de la vie politique.

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui. Franchement, vous, ça ne vous pas choqué qu'il est parlé de la mafia bretonne devant le Pape ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Oh ! C'est une boutade, c'est une boutade.

ELIZABETH MARTICHOUX
Les Bretons, vos compatriotes, n'ont pas apprécié.

JEAN-YVES LE DRIAN
Franchement vous n'allez pas... ce n'est pas vrai, parce que depuis j'en ai vu beaucoup qui trouvent la boutade humoristique, en réalité il se trouve que je rencontre dans le bureau du Pape – en présence du président de la République – un de mes anciens amis d'enfance qui est interprète du Pape et du président de la République et c'est le Pape qui dit : « lui aussi il est Breton » et à ce moment-là le président de la République dit : « eh bien oui les Bretons sont partout, eh bien oui les Bretons sont partout, c'est la mafia bretonne » ; « mais c'est une mafia du bien » ajoute le Pape, donc vous voyez c'est plutôt une boutade et c'est plutôt affectueux à l'égard des Bretons.

ELIZABETH MARTICHOUX
Une mafia du côté du bien. Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin, Jean-Yves LE DRIAN, sur RTL.

JEROME CHAPUIS
Le ministre des Affaires étrangères qui n'a pas mâché ses mots à propos des taxes américaines, déconstruction, Far-West, chacun pour soi, une logique infernale et dangereuse.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 13 juillet 2018

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