Interview de Mme Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation à Europe 1 le 12 juillet 2018, sur les résultats du baccalauréat et le système Parcoursup. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation à Europe 1 le 12 juillet 2018, sur les résultats du baccalauréat et le système Parcoursup.

Personnalité, fonction : VIDAL Frédérique, DUCHEMIN Raphaëlle.

FRANCE. Ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation;

ti :


RAPHAËLLE DUCHEMIN
Les oraux de rattrapage du bac sont terminés, bonjour Frédérique VIDAL.

FREDERIQUE VIDAL
Bonjour.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Ministre de l'Enseignement supérieur, merci d'être avec nous ce matin sur Europe 1. Sait-on quel est le nombre précis d'élèves reçus ?

FREDERIQUE VIDAL
Non, on aura le décompte précis dans la journée, puisqu'en fait on a encore quelques notes qui arrivent ce matin.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Les résultats n'ont pas vraiment fait baisser en tout cas le nombre d'élèves en attente sur Parcoursup, je crois qu'il y avait encore hier soir 133.000 jeunes en attente de réponse avec le nouveau système, quand est-ce qu'ils seront tous fixés ?

FREDERIQUE VIDAL
En fait il y a ce matin 82.000 jeunes qui sont en attente de réponse, et puis on a environ 30.000 jeunes qui ont été pris en charge par les commissions rectorales, et donc auxquels des solutions sont en train d'être proposées, et puis d'autres qui, parce qu'ils ont reçu les résultats des différents concours auxquels ils avaient appliqués, se sont aussi désinscrits de la plateforme. On a surtout 680.000 jeunes qui ont une proposition, qui en ont eu en fait trois en moyenne, puisque c'est plus de 2,2 millions de propositions qui ont été faites globalement. Donc voilà, les choses continuent de progresser, et elles progressent de façon satisfaisante, au fur et à mesure…

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Oui, vous êtes satisfaite de la mise en place de ce nouveau système, vous dites c'est mieux que ce qu'on a pu proposer aux élèves l'année dernière.

FREDERIQUE VIDAL
Alors c'est mieux parce que d'abord, quand on dit qu'il y a beaucoup plus d'humain, c'est vraiment ce qu'on voit, avec cette prise en charge dès le 22 mai par les commissions d'accès à l'enseignement supérieur, les commissions rectorales, et je tiens vraiment à remercier l'ensemble des gens qui depuis le 22 mai travaillent avec les élèves, et puis maintenant les bacheliers, ce qui fait qu'on n'aura pas cet embouteillage du mois d'août et du début du mois de septembre qui, l'année dernière, a été très compliqué.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Alors, ces jeunes, comme ceux qui ont déjà leur bac en poche, sont maintenant dans, on va dire la dernière ligne droite avant d'attaquer leurs études. Il y a eu une polémique autour de la bachelière de Polynésie, arrivée major, qui disait avoir été refusée dans les établissements parisiens, elle souhaitait, via Parcoursup, maintenir ses voeux et rester dans le processus Parcoursup. Les choses ont évolué, la polémique est close autour d'elle ?

FREDERIQUE VIDAL
C'est-à-dire que c'est un exemple typique du fait que les goûts et les choix des lycéens changent entre le moment où ils inscrivent leurs voeux et le moment où ils ont le baccalauréat. Cette jeune fille, mais d'autres, il ne faut pas ne parler que d'elle, ont, par exemple, demandé des classes préparatoires à dominante économique, et puis finalement se rendent compte qu'ils préfèrent des classes préparatoires à dominante math/ physique, et donc voilà. Ils ne prennent pas les propositions qui leur sont faites et ils attendent d'autres propositions qui, finalement, correspondent mieux à ce qu'ils souhaitent aujourd'hui, et qu'ils avaient indiquées sur la plateforme. L'idée c'était vraiment ça, c'était redonner le dernier mot au lycéen et lui permettre de choisir jusqu'au bout. Après, pour les classes préparatoires, et pour la sélectivité des classes préparatoires, Parcoursup ne change strictement rien par rapport à APB.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Alors justement, ces classes prépa, des grandes écoles notamment, sont sur le point de fermer, normalement cette semaine, à la fin de la semaine, certains nous confiaient il y a encore deux jours que les inscriptions avaient pris énormément de retard, exemple au lycée du Parc à Lyon, un tiers des places toujours vacantes. Ça chamboule l'organisation, c'est ce que dit en tout cas le proviseur.

FREDERIQUE VIDAL
Alors je crois qu'il y a une confusion, en fait il n'y a pas de places vacantes dans ces classes préparatoires, c'est simplement que les jeunes n'ont pas confirmé leur voeu. Ça veut dire que finalement peut-être que leur premier voeu n'est pas cette classe préparatoire et qu'ils attendent une réponse d'une autre formation dans laquelle ils espèrent rentrer. Et donc, les classes préparatoires ont fait leur sélection, ont fait leur choix, et maintenant c'est les lycéens qui confirment ou pas ces choix.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Mais pour l'ensemble du territoire c'est 50 % des inscriptions confirmées, c'était 90 % l'année dernière à la même époque.

FREDERIQUE VIDAL
Alors là encore, le 50 % c'est un chiffre qui date d'avant les résultats du groupe 1 du baccalauréat, les choses ont déjà beaucoup bougé, on est aujourd'hui à plutôt près de 70 % de jeunes qui ont confirmé. Il faut bien comprendre qu'ils attendaient…

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Mais comment on fait, par exemple, pour leur envoyer la liste des ouvrages qui vont être nécessaires pour la rentrée ? C'est ce que disent en tout cas les proviseurs, qui sont inquiets.

FREDERIQUE VIDAL
Bien sûr. Je pense que ce n'est pas très compliqué de mettre la liste des ouvrages à consulter pour la rentrée sur le site Internet de ces écoles, je ne doute pas qu'elles en ont, ou de l'envoyer à tous les candidats, même s'ils n'ont pas encore confirmé leur voeu.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Ce n'est pas utile, par exemple, comme le proposent certains d'entre eux, de décaler la rentrée d'une quinzaine de jours ?

FREDERIQUE VIDAL
Non, vraiment, je crois que c'était une façon d'expliquer que pour eux aussi, cette année, les choses ont changé, parce que le dernier mot est au lycéen, et qu'on peut avoir été pris dans une prestigieuse classe préparatoire, mais encore se demander si on a vraiment envie d'y aller.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Alors, cette rentrée universitaire, Frédérique VIDAL, elle a un coût, évidemment chaque année pour les étudiants, les syndicats montent à chaque fois au créneau en disant « c'est trop cher. » Est-ce que, oui ou non, ce coût va baisser ? En 2017 je crois que c'était 184 euros pour s'inscrire en licence, 256 en master.

FREDERIQUE VIDAL
Alors, l'ensemble des frais d'inscription, des droits d'inscription, baisse, sur l'ensemble des cycles universitaires, cette année ce sera 170 euros pour une licence au lieu de 184 euros. Et puis au-delà de ça, nous avons rendu la Sécurité sociale gratuite pour l'ensemble des étudiants, et puis nous avons mis en place…

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Ça veut dire que la cotisation de Sécurité sociale disparaît.

FREDERIQUE VIDAL
Absolument. Avant les étudiants devaient cotiser à une Sécurité sociale particulière, maintenant ils restent sur le régime général de la Sécurité sociale, donc ça c'est plus de 200 euros d'économie. Globalement c'est 100 millions d'euros de moins pour les étudiants et leur famille, à la rentrée 2018, c'était un engagement fort du Premier ministre.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Donc c'est tout bénéfice pour les étudiants, en revanche ça passe assez mal, et vous le savez, auprès de certains présidents d'université. C'est censé être compensé en partie par la fameuse contribution à la vie étudiante que vont devoir payer les jeunes, 90 euros, c'est ça ?

FREDERIQUE VIDAL
C'est ça. En fait, là encore, je crois qu'il y a une forme de contestation qui est presque une contestation de principe. C'est vrai que les droits d'inscription n'avaient pas augmenté, mais n'avaient pas baissé non plus, cette année c'est la première fois depuis des années qu'on baisse les droits d'inscription. Hier j'animais une réunion autour justement de cette contribution vie étudiante et de campus, et je regardais tout ce que les établissements sont en train, avec les CROUS, d'organiser pour la rentrée en termes de vie étudiante et de vie de campus. Et on aura une plateforme, aussi, qui permettra aux étudiants de dire de quoi ils ont envie sur leur campus, qu'est-ce qu'ils aimeraient y trouver, de façon à ce que, avec cette contribution, on soit capable de mieux organiser, non seulement la prévention et la santé, mais aussi le sport, la culture, et tout ce qui fait la vie étudiante, et le projet étudiant, autour de ses études.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Il y a une autre question qui se pose, c'est celle de la mobilité géographique, il y a des taux maximums de candidats qu'on appelle extra-académiques, qui ont été fixés par les rectorats, qui varient, d'ailleurs, d'un endroit à l'autre. Est-ce que ces jeunes seront aidés s'ils bougent ?

FREDERIQUE VIDAL
Absolument. Nous avons confié aux commissions d'accès à l'enseignement supérieur une enveloppe de 7 millions d'euros pour accompagner justement les mobilités, on a souvent des jeunes qui ont regardé, par exemple, quels étaient les BTS dans la ville où ils habitent, sans, parfois, savoir, ou sans avoir les moyens d'aller dans des BTS qui sont dans une ville située à 50 kilomètres, mettons, et donc l'objet c'est qu'on puisse les aider, avec ces aides à la mobilité, entre 200 et 1000 euros, qui sont donc…

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Sur la base de quoi, sur quels critères est-ce que vous allez les aider ?

FREDERIQUE VIDAL
En fait l'objectif c'est que lorsque l'on propose des places aux lycéens dans des filières qui les intéressent, et c'est ce que font les commissions rectorales, si ces filières sont éloignées de leur domicile et que les jeunes hésitent à accepter, à cause de cet éloignement, on peut leur proposer cet accompagnement financier.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Qui va venir s'ajouter à l'APL, par exemple ?

FREDERIQUE VIDAL
Absolument, c'est quelque chose qui est en plus, et c'est ce qu'on appelle une aide à la mobilité, c'est quelque chose, là aussi, sur quoi je m'étais engagée, parce que je sais que parfois…

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Ça va concerner combien de jeunes, à votre avis, aujourd'hui ?

FREDERIQUE VIDAL
En moyenne on pense que ce sera à peu près 10.000 jeunes qui pourraient être accompagnés de cette façon. En fait cette idée-là m'est venue de façon très simple, l'été dernier j'ai rencontré une jeune fille qui avait été acceptée dans une formation extrêmement sélective et qui finalement s'était rendu compte que le coût de transport et l'abonnement, même si c'était un coût relativement faible, ne lui permettait pas de rejoindre cette formation, et je me suis dit que c'était extrêmement dommage d'être contraint par ce genre de question. Et c'est pour ça que j'ai souhaité que les recteurs aient cette opportunité d'accompagner les jeunes dans leur mobilité, parce que je pense que la mobilité c'est quelque chose d'important, certains la souhaitent, certains ne la souhaitent pas, ceux qui la souhaitent il faut qu'on puisse les accompagner.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Merci Frédérique VIDAL d'avoir été avec nous en direct ce matin sur Europe 1.

FREDERIQUE VIDAL
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 17 juillet 2018

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