Interview de Mme Delphine Gény-Stephann, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'économie et des finances, avec BFM Business le 12 juillet 2018, sur le budget 2019 et sur l'attractivité économique de la France. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Delphine Gény-Stephann, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'économie et des finances, avec BFM Business le 12 juillet 2018, sur le budget 2019 et sur l'attractivité économique de la France.

Personnalité, fonction : GENY-STEPHANN Delphine.

FRANCE Secrétaire d'Etat à l'économie et aux finances

ti :
AURELIE PLANEIX
Delphine GENY-STEPHANN, bonjour.

DELPHINE GENY-STEPHANN, SECRETAIRE D'ETAT AUPRES DU MINISTRE DE L'ECONOMIE ET DES FINANCES
Bonjour. Merci de me recevoir.

AURELIE PLANEIX
Vous êtes la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des finances. Débat d'orientation budgétaire ce matin à l'Assemblée. J'aimerais qu'on revienne d'abord sur les grands équilibres de ce budget. Visiblement, le gouvernement a fait le choix de rester sur toujours la même hypothèse de croissance que celle qui a été envoyée à Bruxelles il y a quelques mois, donc 1,9 % pour l'an prochain. Pourtant, on voit qu'il y a un ralentissement. La Banque de France elle-même table sur 1,7 l'an prochain. Est-ce que c'est bien réaliste de rester sur cette position ?

DELPHINE GENY-STEPHANN
Nous avons fait le choix de maintenir notre prévision qui est celle du programme de stabilité qui avait été validée par le Haut Conseil des finances publiques en avril dernier. Il y a eu en effet quelques prévisions légèrement en dessous depuis, mais il nous semble qu'un certain nombre de signes restent bien orientés : l'investissement des entreprises, la confiance des ménages, et puis on a des mesures gouvernementales qui rentrent en vigueur au deuxième semestre et qui devraient soutenir la croissance.

AURELIE PLANEIX
Vous comptez là-dessus, en fait, pour relancer, avoir une espèce de deuxième moteur.

DELPHINE GENY-STEPHANN
Nous pensons que le deuxième semestre peut être favorable et donc nous pensons que le 2 % reste réaliste. En revanche, évidemment, l'appréciation va s'affiner au cours de l'année mais aujourd'hui, nous restons sur les 2 %.

AURELIE PLANEIX
Sur le plan des économies budgétaires à venir, pour l'instant je crois qu'Emmanuel MACRON dans son programme, c'est entre soixante et quatre-vingts milliards sur l'ensemble du quinquennat. Pour l'instant, on ne voit pas grand-chose venir. Quand est-ce qu'on rentre vraiment dans le vif du sujet ? Dans ce budget 2019 ?

DELPHINE GENY-STEPHANN
Dans ce budget 2019, on rentre dans le vif du sujet. Et puis, en termes de travail gouvernemental, on est rentré dans le vif du sujet. Chaque ministère est en train de travailler sur la vision de transformation pour son action au jour le jour et pour ses moyens, et donc on aura au fil de la préparation de ces plans de transformation des ministères des décisions d'ajustement du dispositif et donc d'économies.

AURELIE PLANEIX
Vous allez être confrontés à quel type de décisions alors au ministère de l'Economie par exemple dans ce cadre-là ?

DELPHINE GENY-STEPHANN
Au ministère de l'Economie, nous avons engagé une revue des aides aux entreprises pour identifier celles qui sont les moins efficaces et comment mieux orienter les deniers publics. Et puis, nous avons aussi une réflexion sur les implantations du ministère sur le territoire.

AURELIE PLANEIX
Vous partez à Londres tout à l'heure pour parler d'attractivité. Hier et aujourd'hui d'ailleurs, c'est le Forum Paris Europlace. Edouard PHILIPPE a fait un long discours hier, il a commenté et confirmé d'ailleurs certaines décisions. Il en a annoncé d'autres en matière de mesures, d'abord la fin de la surtransposition. C'est quoi la surtransposition ?

DELPHINE GENY-STEPHANN
La surtransposition, c'est la tendance qu'on a eue dans notre droit à aller plus loin que ce qu'impose le droit européen. Et donc, en fait, imposer des normes, imposer des standards qui sont supérieurs à ce qui pourrait être fait dans les pays voisins, ce qui est évidemment un désavantage dans beaucoup de cas pour les entreprises qui s'installent en France.

AURELIE PLANEIX
Donc ça, demain c'est fini ?

DELPHINE GENY-STEPHANN
Demain ou déjà aujourd'hui, on identifie des cas de surtransposition et on les attaque un par un pour se ramener, disons, à une situation qui est plus comparable et qui rend notre économie plus compétitive.

AURELIE PLANEIX
Ça va être transposé dans la loi via la loi PACTE, c'est ça ?

DELPHINE GENY-STEPHANN
Il y aura des éléments dans la loi PACTE. Par exemple, nous avons proposé dans le projet de loi de changer les seuils d'obligation pour le commissariat aux comptes. Vous savez qu'en Europe, il y a des seuils de référence et qu'en France nous étions à des niveaux très en dessous. A titre d'exemple, c'était de l'ordre de huit millions pour le chiffre d'affaires en Europe et c'était à deux millions de chiffre d'affaires en France. Donc les entreprises, même les très petites entreprises, pouvaient avoir l'obligation d'avoir un commissaire aux comptes. Nous souhaitons revenir à la référence européenne et donc libérer pour les entreprises la possibilité d'utiliser ce coût de commissariat aux comptes pour se faire accompagner différemment ou investir différemment.

AURELIE PLANEIX
Là, c'est les mesures qui concernent un peu tout ce qui est administratif, évidemment tout ce qui est imposition aussi avec les mesures sur les impatriés. Et puis, j'ai vu qu'il y avait quand même une mesure pratique mais qui était très attendue, je crois, par les entreprises aussi qui viennent de l'étranger, c'est cette école européenne qui a été annoncée hier par Edouard PHILIPPE.

DELPHINE GENY-STEPHANN
Oui. On a déposé le dossier d'agrément d'une école européenne qui sera à Courbevoie et qui va ouvrir en 2019. Elle pourra accueillir les enfants de fonctionnaires européens. Vous savez que nous avons obtenu la relocalisation à Paris de l'Autorité bancaire européenne, c'était un succès important de l'année dernière qui va ancrer et en Ile-de-France ce savoir-faire et cette expertise bancaire européenne. Et donc, cette école européenne va pour accueillir des enfants de fonctionnaires européens mais aussi des jeunes Français ou des enfants d'expatriés en poste à Paris.

AURELIE PLANEIX
Justement, on attend je crois trois mille cinq cents. C'est un chiffre que vous confirmez ? J'ai lu aussi le chiffre de vingt mille emplois indirects. Ça me paraît beaucoup pour la place de Paris.

DELPHINE GENY-STEPHANN
Europlace a fait le total des annonces, en fait, qui ont été faites par les acteurs financiers, en particulier les grandes banques anglo-saxonnes, et donc il arrive à trois mille cinq cents emplois directs qui seraient relocalisés à Paris. C'est le ratio habituel de la profession que de considérer qu'on peut avoir trois fois plus…

AURELIE PLANEIX
D'emplois directs.

DELPHINE GENY-STEPHANN
Six fois plus d'emplois directs, donc voilà d'où vient le vingt mille. Mais enfin, je pense que c'est totalement réaliste parce que ces emplois à haute valeur ajoutée entraînent avec eux des besoins techniques et de support importants.

AURELIE PLANEIX
Vous allez donc partir à Londres, je le disais, ce soir et passer la journée de demain. Quel message vous allez envoyer aux entreprises là-bas ?

DELPHINE GENY-STEPHANN
Le message, c'est déjà la continuité et la cohérence dans les réformes puisque nous avons engagé un dialogue qui a été déjà lancé l'année dernière par Benjamin GRIVEAUX, par Bruno LE MAIRE, à l'occasion de rencontres à Londres ou à Paris avec des institutions financières. Donc c'est de poursuivre le dialogue, leur montrer que le gouvernement met en oeuvre ce qu'il annonce de façon constante, cohérente, efficace. C'est la crédibilité en fait de notre programme de réformes et montrer qu'on va au bout de ce que l'on dit. Puis, nous allons revenir dans le détail sur ce qui les intéresse évidemment pour s'installer à Paris. Donc on a parlé de la simplification, de la désurtransposition, le fait qu'on a en place un certain nombre de points de contact très directs pour eux qui leur permettent de faciliter leur arrivée en Ile-de-France…

AURELIE PLANEIX
Une sorte de guichet.

DELPHINE GENY-STEPHANN
Des guichets uniques. Un fast track chez les régulateurs. On a mis en place la Cour internationale auprès de la cour d'appel de Paris, la Chambre internationale auprès de la cour d'appel de Paris pour traiter en anglais les cas qui pourraient se présenter. Elle fonctionne aujourd'hui, donc ça c'était une forte demande. Nous avons des travaux d'infrastructures qui vont démarrer en Ile-de-France et qui les intéressent évidemment, parce que la fluidité des transports et de la vie en Ile-de-France, on a parlé des écoles. Donc tous ces sujets, qui sont à la fois des sujets techniques, professionnels, réglementaires mais aussi j'ai des sujets très pratiques de la vie quotidienne, tout ça ça les intéresse beaucoup et le fait de venir faire le point régulièrement, c'est important.

AURELIE PLANEIX
Merci beaucoup Delphine GENY-STEPHANN, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 17 juillet 2018

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