Déclaration de M. Gérard Collomb, ministre de l'intérieur, sur le dispositif national de sécurisation des 13, 14 et 15 juillet 2018, à Paris le 13 juillet 2018. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Gérard Collomb, ministre de l'intérieur, sur le dispositif national de sécurisation des 13, 14 et 15 juillet 2018, à Paris le 13 juillet 2018.

Personnalité, fonction : COLLOMB Gérard.

FRANCE. Ministre de l'intérieur

ti :

Monsieur le Préfet de Police,
Monsieur le Préfet, Directeur général de la Police Nationale,
Mon Général, Directeur général de la Gendarmerie Nationale,
Monsieur le Préfet, Directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises,
Mesdames et Messieurs,


Je souhaitais vous réunir ce matin pour vous présenter, avec le Préfet de Police de Paris, le Directeur Général de la Police Nationale et le Directeur Général de la Gendarmerie Nationale, le Directeur Général de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises, le dispositif de sécurisation d'ampleur exceptionnelle qui sera mis en place pour un week-end qui s'annonce exceptionnel.

Aux manifestations entourant la Fête nationale, qui mobilisent chaque année de nombreux policiers et gendarmes ; à la sécurisation du Tour de France (étape Dreux-Amiens le 14 juillet, qui sera comme chaque étape du 14 juillet particulièrement suivie ; étape Arras-Roubaix le 15 juillet), à celle des zones touristiques et des premiers grands événements de l'été, s'ajoute en effet cette année la sécurisation de la finale de la coupe du monde de football et des festivités qui pourraient suivre, en cas de victoire de l'équipe de France.

Je tiens à assurer l'ensemble de nos compatriotes que tout sera mis en oeuvre pour leur permettre de vivre ces moments de fête, d'unité nationale, en toute sérénité malgré le contexte d'une menace terroriste qui s'établit à un très haut niveau.

1) Je laisserai dans quelques instants la parole au Préfet de police et aux directeurs généraux qu'ils détaillent les dispositifs qu'ils mettent en place.

Je tiens toutefois à souligner que le niveau de mobilisation des forces sera maximal pour ces 3 jours.

Sur l'ensemble du week-end, ce sont ainsi 110 000 policiers et gendarmes qui seront engagés, dont 142 unités de forces mobiles.

Après une année particulièrement chargée en maintien de l'ordre, et avant un été qui les verra renforcer les dispositifs locaux de sécurisation de la saison estivale, je veux saluer l'engagement des militaires de la gendarmerie mobile et des fonctionnaires des CRS, qui démontrent une fois encore leur capacité de mobilisation et de réactivité.

A ce dispositif de sécurisation s'ajouteront près de 44 000 sapeurs-pompiers qui assureront – Jacques WITKOWSKI le rappellera - les missions essentielles de secours aux personnes.

2) L'ensemble de ce moyens sera placé sous l'autorité des préfets territorialement compétents, à qui il appartient de mettre en oeuvre les dispositifs localement les plus adaptés. Le 11 juillet, je leur ai adressé un télégramme détaillant une série d'instructions pour assurer le bon déroulement du week-end.

* Il s'agira d'abord de prévenir les phénomènes de violences urbaines qui, malheureusement, accompagnent, dans certaines villes, la célébration de la fête nationale.

Que ce soit pour la nuit du 13 ou celle du 14 juillet, j'ai demandé à chaque préfet de prendre les mesures préventives nécessaires en lien avec les maires, mais aussi les bailleurs sociaux, pour limiter les risques de violences (détection des voitures épaves, inspection des locaux dont les bailleurs sociaux ont la responsabilité pour détecter d'éventuels objets dangereux, etc.).

Au cours de chaque nuit, et en fonction de l'évaluation réalisée par les services de renseignement, des dispositifs seront déployés dans les principales villes pour détecter tout groupe d'individus susceptible de générer des troubles à l'ordre public, prévenir tout passage à l'acte ou les faire cesser le plus rapidement possible en procédant à des interpellations. Sur le ressort de la préfecture de police, ce sont près de 3.000 membres des forces de l'ordre, essentiellement de la direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP) qui seront spécifiquement dédiés à la sécurisation générale de Paris et de sa couronne.

Partout où c'est nécessaire, les préfets ont été invités à prendre les mesures administratives pour restreindre ou interdire de vente et d'usage certains produits (alcool à emporter, carburants et gaz inflammables). Tel sera le cas, par exemple, à Paris et en région parisienne, mais également à Strasbourg, Lille, Lyon, Rouen, Marseille, pour ne prendre que quelques exemples parmi beaucoup d'autres.

De même, les procureurs de la République ont délivré de nombreuses réquisitions sur le fondement de l'article 78-2 du code de procédure pénale pour procéder aux contrôles d'identité nécessaires.

Durant ces deux jours, et spécifiquement dans les grandes agglomérations, la sécurisation des transports en commun fera par ailleurs l'objet d'un dispositif renforcé, pour permettre à tous d'emprunter les lignes de métro, de tramway, de train et de bus, sans crainte.

* Deuxième enjeu du week-end, la sécurisation des événements festifs de célébration de la fête nationale, qu'il s'agisse des défilés, des concerts (comme celui organisé sur le Champs de Mars à Paris), des bals ou des feux d'artifice.

Comme l'année dernière, j'ai demandé à chaque préfet de recenser l'ensemble des événements de voie publique programmés dans leur département et de valider personnellement les dispositifs de sécurité à mettre en oeuvre pour assurer la sécurité du public.

Il appartient à chacun d'eux de s'assurer que la concertation avec les maires, les organisateurs et les partenaires publics et privés de chaque événement a permis de construire un dispositif de sécurité dissuasif et réactif.

Au besoin, les préfets ont été invités à mettre en place des périmètres de protection permis par la loi SILT – et ce sera par exemple le cas, à Paris, pour la sécurisation du défilé et celle du concert du 14 juillet au soir. Les dispositifs mis en place dans chaque département reposeront sur des mesures de sécurité passive (dispositifs anti-intrusion notamment) mais également, bien sûr, sur la mobilisation des policiers et des gendarmes locaux ou de la réserve nationale, en lien étroit avec les maires et leurs polices municipales.

* Pour les deux nuits du 13 et du 14, j'ai demandé à ce que soit activé le centre opérationnel de la police nationale, qui aura pour mission de recenser toute l'activité et tous les éventuels incidents auxquels nous aurions à faire face. Ce centre, pour être précis, sera ouvert dès cette nuit puis, sans discontinuer, de 18 heures le samedi 14 juillet jusqu'à 6 heures le lundi 15 juillet puisque, après la fête nationale, le ministère de l'intérieur aura en charge la sécurisation des événements qui accompagneront la présence de l'équipe de France en finale de la coupe du monde.

3) J'en viens précisément, Mesdames et Messieurs, à la soirée du 15 juillet dont nous espérons évidemment tous, au Ministère de l'Intérieur, qu'elle sera celle où la France inscrira dans son palmarès une deuxième victoire en coupe du monde.

* Nos concitoyens sont nombreux, qui souhaitent pouvoir vivre cette finale historique au coeur de nos villes, en communion avec des milliers de spectateurs comme ce fut le cas lors de l'Euro 2016.

Pour répondre à cette demande légitime, de nombreux maires ont pris l'initiative d'organiser, dimanche après-midi, des rassemblements : à ce jour, ce sont près de 200 événements qui ont été recensés – mais je sais que d'autres projets sont encore susceptibles d'être soumis aux préfets.

Il y aura bien sûr le rassemblement organisé à Paris sur le Champs de Mars, où se déploiera une fan zone susceptible d'accueillir 90.000 spectateurs.

Les événements seront également nombreux en province. A chaque fois, ils seront accompagnés d'un dispositif de sécurité adapté.

Ainsi, à Toulouse, une fan zone sera installée sur la Prairie des filtres. D'une jauge initiale de 20.000 personnes depuis les ¼ de finale, elle pourrait accueillir encore plus de monde pour la finale. Un contrôle d'accès sera mis en place, avec palpations de sécurité, grâce à la mobilisation de plus d'une centaine d'agents de sécurité privée et de policiers municipaux. De son côté, la DDSP engagera près de 150 fonctionnaires de police locaux, en plus des renforts en forces mobiles.

A Strasbourg, la finale sera diffusée sur trois écrans géants dans l'enceinte d'une fan zone pouvant accueillir 25.000 personnes. Un périmètre de protection a été pris pour l'occasion. Près de 60 agents de sécurité privée seront mobilisés pour assurer le contrôle du public, en complément des forces de l'ordre.

A Rouen, ce sont 140 policiers locaux qui seront engagés pour sécuriser la fan zone mise en place sur l'esplanade Saint-Gervais, où un filtrage sera également réalisé.

Un important dispositif sera également mis en place à Marseille, où la retransmission sera organisée à l'intérieur du parc Chanot, au sein d'une enceinte close et délimitée. Le dispositif policier sera déployé aux abords immédiats du parc mais également à l'intérieur, où les fonctionnaires interviendront en tenue mais aussi en civil.

A La Rochelle, ce sont 150 policiers qui seront mobilisés, la célébration du 14 juillet se déroulant alors que bat son plein le festival des Francofolies.

A Bordeaux, la ville a fait le choix d'ouvrir au public le stade Chaban-Delmas, avec une mobilisation importante d'agents de sécurité privée, de la police municipale et de policiers nationaux (plus de 150) aux abords du site.

Ce sont des exemples parmi les principaux dont le ministère aura à assurer la sécurisation. Mais d'autres rassemblements se tiendront dans des stades, des salles ou des lieux publics sécurisés, par exemple à Nantes, au Puy en Velay, Périgueux, Marmande, Poitiers, Metz, Dijon, Orléans, Cherbourg, et il y en a beaucoup d'autres., tant en zone police qu'en zone gendarmerie, d'ailleurs. A chaque fois, conformément à mes instructions du 11 juillet, un dispositif adapté sera mis en oeuvre après échange entre les maires, les préfets et leurs services pour garantir le contrôle du public et assurer une forte réactivité en cas de besoin.

* En cas de victoire de l'équipe de France, nous nous attendons, comme ce fut le cas lors de la demi-finale de mardi dernier, et surtout le 12 juillet victoire de 1998, à des scènes de liesse et de communion populaire partout en France, avec des milliers de personnes, voire des dizaines de milliers dans les rues de nos villes et de nos villages.

Comme certains exemples l'ont malheureusement montré le soir de demi-finale à Paris, en banlieues parisiennes mais aussi en province, ces rassemblements pourront ponctuellement donner lieu à des débordements, qu'il nous faudra prendre en compte.

De même, il nous faudra être présent sur les routes au lendemain de cet événement – l'exemple de 1998 nous ayant démontré que les lendemains de fête sont susceptibles d'engendrer une mortalité accrue.

Les préfets ont été chargés d'anticiper ces réactions et de concevoir des systèmes de gestion des flux et de sécurisation des lieux de rassemblement, en particulier dans les grandes agglomérations.

A Paris, la préfecture de police a conçu un dispositif qui permette une sécurisation immédiate de l'avenue des Champs-Elysées, ce qui mobilisera au total près de 4.000 membres des forces de l'ordre. Je suivrai personnellement ce dispositif avec le préfet de Police.

Voilà, Mesdames et Messieurs, comme vous le constatez, l'ensemble de l'appareil d'Etat est pleinement mobilisé.

Plus que jamais ce week-end, c'est en assurant un niveau de sécurité maximale, que nous garantirons la liberté de tous.

Je laisse maintenant la parole au Préfet de Police, qui va vous présenter les mesures mises en oeuvre sur l'agglomération parisienne, avant que chacun des Directeurs Généraux ne présente les dispositions mises en oeuvre sur le reste du territoire.


Source https://www.interieur.gouv.fr, le 17 juillet 2018

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