Interview de M. Julien Denormandie, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la cohésion des territoires, avec Public Sénat le 13 juillet 2018, sur la Conférence nationale des territoires, la révision constitutionnelle, la politique du logement et sur la politique de la ville. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Julien Denormandie, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la cohésion des territoires, avec Public Sénat le 13 juillet 2018, sur la Conférence nationale des territoires, la révision constitutionnelle, la politique du logement et sur la politique de la ville.

Personnalité, fonction : DENORMANDIE Julien, VIGUIER Cyril .

FRANCE. Secrétaire d'Etat;

ti :

CYRIL VIGUIER
Bonjour et à ceux qui nous retrouvent deuxième partie de cette émission avec « Territoires d'infos », la presse quotidienne régionale, les télévisions locales qui nous rediffusent ce matin, les Indéradios – 130 radios qui sont nos partenaires sur tout le territoire français - et avec TV5 Monde qui nous diffuse dans le monde dans 200 pays. L'invité politique c'est Julien DENORMANDIE, bonjour…

JULIEN DENORMANDIE
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Merci d'être, vous êtes le secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires - ça tombe bien au lendemain de la Conférence des territoires – pour vous interroger, ce matin : Marcelo WESFREID, du Figaro pour Public Sénat…

CYRIL VIGUIER
Bonjour Marcelo…

MARCELO WESFREID
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Et Christelle BERTRAND, du groupe La Dépêche…

CHRISTELLE BERTRAND
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Qui propose les journaux du midi, merci d'être là. Votre interview, Julien DENORMANDIE, sera rediffusée sur les sites Internet dont 25 partenaires de la presse quotidienne régionale à partir de 10 h ce matin. Hier c'est donc tenue la Conférence nationale des territoires dans une salle de conférences du Quai d'Orsay d'ailleurs, 103 grandes associations d'élus qui la boycottaient - les régions, les départements et les maires – elles estiment que le gouvernement est trop centralisateur et ne les consulte pas assez. Est-ce que c'est vrai, est-ce que ça reste vrai ?

JULIEN DENORMANDIE
Déjà j'ai envie d'évoquer les associations qui étaient présentes, parce qu'on ne parle que des associations qui n'étaient pas là, mais enfin…

MARCELO WESFREID
Pas de grosses associations emblématiques, on va dire ?

JULIEN DENORMANDIE
Mais il y avait quand même d'autres associations qui étaient présentes – et pas des moindres – avec qui hier on a passé une journée de travail ; Et j'insiste dessus ce sont ces Conférences nationales du territoires une méthode nouvelle, une méthode de travail où on associe les élus locaux avec le gouvernement sur des thématiques très précises, notamment hier la thématique c'était la fracture territoriale et plus précisément comment peut-on utiliser les moyens de l'Europe au moment où nous sommes en train de négocier les cadres de support de l'Europe, ce qu'on appelle les cadres pluriannuels financiers, comment on peut utiliser les moyens européens aussi pour lutter contre les fractures territoriales ? Un sujet essentiel, l Les fonds européens à destination de notre territoire c'est près de 20 milliards d'euros. Donc, c'est un sujet essentiel. Ensuite effectivement vous avez un certain nombre d'associations qui n'étaient pas là…

CYRIL VIGUIER
Trois grosses.

JULIEN DENORMANDIE
Moi je le regrette. Mais surtout ce que je veux souligner c'est que le dialogue avec ces associations il continue, ce dialogue il est toujours là, moi quand je prends les sujets dont j'ai la charge avec Jacques MEZARD, que ce soit le logement, que ce soit le numérique…

CYRIL VIGUIER
Sur lequel on va revenir d'ailleurs dans l'émission, on va y revenir.

JULIEN DENORMANDIE
L'opération « Coeur de ville » pour rénover les centres villes de nos villes moyennes, mais on est dans la discussion au quotidien avec les associations et véritablement dans un rapport de confiance.

CYRIL VIGUIER
Est-ce qu'il y aura un rendez-vous de rentrée ou pas ?

JULIEN DENORMANDIE
Les rendez-vous ils vont continuer à venir ! Mais encore une fois vous savez lez élus locaux, le gouvernement, on ne peut pas les opposer les uns aux autres, quand vous faites une politique publique vous faites la politique publique avec le gouvernement, avec les élus locaux, ça n'existe pas une politique du territoire sans les élus locaux, ça n'existe pas. Donc moi, quand je fais l'aménagement du numérique, je consulte, je travaille, je suis avec les élus locaux.

CYRIL VIGUIER
On en parle.

MARCELO WESFREID
Julien DENORMANDIE, quand vous voyez ces trois grandes associations qui ne viennent pas c'est pour vous exclusivement au fond un positionnement politique ?

JULIEN DENORMANDIE
Je ne sais pas si c'est la posture, je ne sais pas si ce n'est qu'un positionnement politique ou pas, et puis en fait je vais vous dire…

MARCELO WESFREID
On entend souvent ça au gouvernement.

JULIEN DENORMANDIE
Oui. Mais je vais vous dire moi je ne veux pas rentrer dans la petite phrase ici et là parce que je pense que le dialogue est nécessaire, que l'ouverture, le souhait du gouvernement d'être dans cette concertation, ce dialogue, il perdure au-delà de la Conférence nationale du territoire, au-delà des petites phrases ou des postures des uns et des autres, moi ce que je vous dis, ce que je vous assure, c'est que le dialogue sur les projets avec les associations d'élus il a toujours été là, il continue et il continuera. Encore une fois, moi sur tous mes dossiers, je consulte très régulièrement mes équipes et l'ensemble de mon ministère est tourné vers les élus.

CHRISTELLE BERTRAND
Changeons de sujet. Lundi Emmanuel MACRON s'est exprimé devant le Parlement à Versailles, il a promis à cette occasion de revenir l'année prochaine, mais cette fois-ci d'écouter les questions et de rester pour y répondre, est-ce qu'au fond il n'est pas en train d'absorber le rôle du Premier ministre ?

JULIEN DENORMANDIE
Je ne crois pas. J'ai vu l'ensemble des débats sur le sujet, je comprends les interrogations que cela peut amener ici ou là, mais fondamentalement non je ne crois pas que ce soit d'aucune manière que ce soit une remise en cause des rôles du Premier ministre ou des rôles du fonctionnement de nos institutions, absolument pas. Moi je pense que c'est…

CHRISTELLE BERTRAND
Mais c'est au Premier ministre de répondre aux parlementaires, de répondre à leurs questions.

JULIEN DENORMANDIE
Oui. Mais moi je pense que, à partir du moment où on a un président de la République qui a indiqué, qui s'est engagé à le faire et qui le fait d'aller tous les ans devant le Congrès pour rendre compte de son action et pour mettre en avant le cap, les prochaines étapes dans l'année à venir de son action et de celle de son gouvernement, cela donne lieu à un discours du président de la République et beaucoup de parlementaires se sont sentis parfois frustrés de ne pouvoir poser des questions et surtout de ne pouvoir entendre les réponses que ce président de la République aurait vis-à-vis de ces questions, moi je trouve que c'est de bonne démocratie qu'un président de la République puisse répondre également aux interrogations.

CHRISTELLE BERTRAND
A un moment, est-ce qu'il ne risque pas de concentrer ou d'accentuer cette image de quelqu'un qui concentre tous les pouvoirs ?

JULIEN DENORMANDIE
Non, parce que la répartition des rôles elle est très claire : d'un côté vous avez un président de la République qui fixe un cap, qui fixe la vision, qui fixe le chemin -, ça c'est le rôle d'un président de la République qui préside – et je pense fondamentalement que nous avons un président de la République qui préside – et, d'un autre côté, vous avez un gouvernement avec un Premier ministre qui est chargé de mettre en oeuvre, de mettre en oeuvre cette politique, de mettre en oeuvre les réformes, de dire : « pour atteindre ce cap, voilà le chemin qu'il nous faudra suivre » et qui ensuite rend les comptes devant les parlementaires, devant l'ensemble de nos concitoyens. Donc, non, on a un président qui préside et un gouvernement qui agit pour aller vers le cap.

MARCELO WESFREID
Dans la révision constitutionnelle on a eu hier soir un amendement que personne n'avait vu venir émanant du groupe MoDem qui reconnaît la diversité des territoires et l'organisation décentralisée de la France, qu'est-ce que vous en pensez et est-ce que... parce qu'on a entendu des voix dans l'opposition, notamment sur la gauche de la gauche, dire qu'on commençait à détricoter la République avec cet amendement et puis le droit de différenciation qui arrive dans quelques jours ?

JULIEN DENORMANDIE
Je ne vais pas rentrer sur le détail de l'amendement précis que vous avez évoqué, que je n'ai pas lu, mais le sujet fondamental c'est est-ce qu'aujourd'hui il y a des différenciations en fonction des territoires, des spécificités ou autres ? Moi je crois fondamentalement que nos territoires sont très différents les uns des autres, je crois fondamentalement que jusqu'à présent c'était une erreur que lorsque vous mettiez en place une politique publique différente d'un territoire à l'autre le principe même constitutionnel vous imposait de la généraliser ensuite, vous savez ce droit à la différenciation dans la Constitution vous pouviez expérimenter nos différenciations si seulement à la fin vous la généralisiez partout…

MARCELO WESFREID
Ah bon !

JULIEN DENORMANDIE
C'était d'ailleurs un engagement très tôt pris par le président de la République et de ce gouvernement que de dire : « y compris dans la Constitution, on va pouvoir reconnaître qu'il y a des spécificités…

MARCELO WESFREID
On n'ouvre pas une boite de Pandore ?

CHRISTELLE BERTRAND
Des diversités pour pouvoir dire ici ou là on va faire une politique peut-être un peu différente sans la généraliser partout ». Mais vous savez vous connaissez comme moi les territoires, les territoires sont très différents les uns des autres, leurs spécificités il faut.les prendre en compte, moi je pense que c'est une bonne politique…

CHRISTELLE BERTRAND
Est-ce qu'on va vers un modèle, par exemple comme aux Etats-Unis certains territoires peuvent avoir des lois différentes, est-ce qu'on on se dirige vers ça ?

JULIEN DENORMANDIE
On n'en est absolument pas là, je pense qu'il faut avoir là aussi une certaine mesure dans les propos, les commentaires de ce qui est en train d'être faits. L'objectif, la volonté politique, le projet politique c'est de se dire : « il faut reconnaître que les territoires sont différents les uns des autres et, au-delà de cette reconnaissance, il faut surtout faire en sorte que notre action, notre politique publique puisse prendre en compte ces caractères différents ». Hier à la Conférence nationale des territoires, lorsqu'on parlait avec le président de l'Association des maires ruraux de France, lorsqu'on parlait avec la vice-présidente du Conseil national des villes, mais on avait des sujets, des problématiques qui étaient parfois en commun mais parfois aussi différents : Et d'ailleurs même au niveau de la ruralité vous avez des ruralités qui sont totalement différentes, moi je suis ingénieur agronome, je n'en peux plus qu'on me parle uniquement de la ruralité, la ruralité non, il y a des ruralités et donc il y a des spécificités, des territoires très différents, on le prend en compte.

CYRIL VIGUIER
C'est Julien DENORMANDIE, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires qui est notre invité politique ce matin. Julien DENORMANDIE, le projet de loi Elan sur le logement arrive bientôt au Sénat, alors il y a déjà des mécontents ce sont les architectes qui sont vent debout car le texte réduit leur rôle dans les grands ensembles, est-ce qu'on va reproduire les erreurs urbanistiques des années 70 ?

JULIEN DENORMANDIE
Non ! Et e veux vraiment rassurer tout le monde, parce que c'est normal vous savez dès lors que vous touchez à, ou plutôt que vous voulez faire bouger des lignes, mais bouger des lignes pour pouvoir construire mieux, pour pouvoir construire plus vite, pour pouvoir construire aussi moins cher, vous touchez parfois à des ordres établis, parfois à…

CYRIL VIGUIER
Mais vous les avez vus venir les architectes, vous les avez vus arriver ?

JULIEN DENORMANDIE
Non seulement je les ai vus arriver mais je les ai rencontrés et on travaille ensemble…

MARCELO WESFREID
Oui, c'est du corporatisme, dites-les si c'est du corporatisme…

JULIEN DENORMANDIE
Non. Mais en tout cas…

MARCELO WESFREID
Selon vous ?

JULIEN DENORMANDIE
Vous savez dès lors que vous changez les équilibres, à ce moment-là vous avez beaucoup de personnes qui se disent…

CYRIL VIGUIER
Mais qu'est-ce que vous allez leur dire ?

JULIEN DENORMANDIE
« Je préfère rester dans l'équilibre qui était avant ».

MARCELO WESFREID
Vous savez bien que les grands ensembles sont passés par les concours d'architectes, c'est quand même courir le risque d'avoir encore des barres qu'on va détruire dans 30 ans ?

JULIEN DENORMANDIE
Mais non. Mais de quoi on parle justement ? C'est là où moi j'attire l'attention de toutes celles et ceux qui nous écoutent, en aucun cas, en aucun cas le projet de loi logement ne remet en cause le rôle des architectes, le rôle des architectes il est défini en France par un code qui s'appelle le Code de l'urbanisme qui impose les architectes – et c'est très bien - les architectes sont une profession dont nous avons besoin, tout projet doit avoir un architecte, tout projet, et ça je le dis, je le réaffirme on n'y touche en rien. En revanche, aujourd'hui quand vous êtes un bailleur social - et c'est ça que nous faisons – quand vous êtes un bailleur social, parce que vous êtes un bailleur social, l'Etat, le droit pardon, le droit vous dit : « vous devrez prendre un architecte comme tout le monde mais la façon que vous aurez de travailler avec cet architecte on va aussi se définir par la loi », là où les autres opérateurs n'auront pas ce côté figé, et moi ce que je dis c'est que dans la société d'innovation, dans la société de mouvement, de mobilité, d'agilité, je ne pense pas que le droit doit imposer des relations entre les uns et les autres.

CHRISTELLE BERTRAND
Un autre des points qui est critiquée par la droite, comme par la gauche, dans ce projet de loi c'est la possibilité ou l'objectif de vendre 40.000 logements par an à leurs locataires, est-ce qu'on ne court pas le risque de voir diminuer encore un peu plus la part de logements sociaux, notamment dans les villes aisées ?

JULIEN DENORMANDIE
Non. Pour une raison très simple, c'est que quand vous vendez un logement social, un bailleur qui le fait généralement construit deux ou trois logements sociaux suite à cette vente, tout simplement..…

CHRISTELLE BERTRAND
Mais il y aura une obligation par rapport à ça ?

JULIEN DENORMANDIE
Tout simplement parce que vous récupérez de l'argent et que vous le réinvestissez. En revanche, et c'est un point sur lequel nous avons beaucoup débattu à l'Assemblée nationale et que nous allons continuer à faire au Sénat où le texte arrive la semaine prochaine, nous allons renforcer la loi pour s'assurer que lorsqu'un logement social est vendu par un bailleur le réinvestissement, la reconstruction - notamment dans les villes vous savez qui n'ont pas atteint le quota de logement social – ces réinvestissements puissent se fait sur le même territoire.

CHRISTELLE BERTRAND
Parce que, là, vous avez donné un délai supplémentaire à ces villes ?

JULIEN DENORMANDIE
Et donc là on va renforcer la loi pour s'assurer justement que ce réinvestissement se fasse sur le même territoire, c'est un élément fondamental. Mais l'accession sociale, parce que là aussi on entend beaucoup de choses, moi j'y crois profondément : 1) parce que vous êtes un bailleur social, vous vendez, mais vous réinvestissez et donc vous construisez plus, donc c'est bien ; 2) parce que c'est une demande de beaucoup de personnes, bien entendu pas toutes, mais c'est une demande de nos concitoyens qui vivent dans ces logements sociaux, et à la fin moi je trouve ça très bien que dans un ensemble immobilier vous puissiez avoir à la fois des locataires, à la fois des propriétaires - c'est très bien - c'est aussi source de mixité sociale comme nous disons.

CHRISTELLE BERTRAND
Mais est-ce que vous avez donné un délai supplémentaire aux villes qui n'ont toujours pas atteint les fameux 25 % de logements sociaux, vous leur avez donné jusqu'en 2025, est-ce que finalement ce n'est un petit peu la fin de la loi SRU qui imposait un quota de logements sociaux à beaucoup de municipalités ?

JULIEN DENORMANDIE
Non, en aucun cas. Moi je suis profondément attaché à la loi SRU, profondément attaché, c'est une loi qui a permis de construire énormément de logements sociaux - et aujourd'hui en France on manque encore de beaucoup de logements sociaux - donc en aucun cas l‘ambition…

CHRISTELLE BERTRAND
Alors, pourquoi vous repoussez le délai ?

JULIEN DENORMANDIE
Non, on n'a pas repoussé le délai, enfin c'est quelque chose de très précis, c'est que lorsque vous êtes dans un logement social et que vous achetez votre logement social – on vous l'a vendu à vous-même - à ce moment-là jusqu'à présent pendant cinq ans votre logement était compté dans ces quotas de loi SRU et demain ils seront comptés pendant 10 ans. Pourquoi ? Parce que généralement vous restez 10 ans dans votre appartement et pas cinq ans.

MARCELO WESFREID
Il y a un spécialiste de ces sujets-là qui s'est exprimé, qui vous a rendu un rapport, c'est Jean-Louis BORLOO, or vous n'en avez pas fait grand-chose et aujourd'hui quand on l'écoute il est passé d'un soutien plus ou moins tacite au gouvernement à une sorte d'opposition, il est très dur dans ses critiques, qu'est-ce que vous en pensez ?

JULIEN DENORMANDIE
Moi je pense que le rapport de Jean-Louis BORLOO... vous savez ce n'est pas le rapport de Jean-Louis BORLOO, c'est un rapport fait par beaucoup de personnes sous le dynamisme de Jean-Louis BORLOO, et…

CHRISTELLE BERTRAND
Dont vous !

JULIEN DENORMANDIE
C'est ce que j'allais vous dire, dont moi, Jean-Louis BORLOO il était dans le bureau juste au-dessus du mien, il était dans mon ministère avec Jacques MEZARD…

MARCELO WESFREID
Et vous n'avez pas retenu ces propositions ?

JULIEN DENORMANDIE
Jean-Louis BORLOO je l'ai vu mais des dizaines de fois avec Jacques MEZARD, eh bien détrompez-vous, vous savez que dans ces propositions il y en a énormément qui font suite, soit à des discussions que nous avons eues avec lui, soit des dispositions que nous avons d'ores et déjà reprises. On parlait du logement, dans le logement il y a quelque chose qui est insupportable dans nos quartiers c'est ce qu'on appelle les marchands de sommeil, c'est insupportable, dans la loi nous avons d'ores et déjà repris énormément, énormément des dispositions que Jean-Louis BORLOO prônait sur la lutte contre l'habitat indigne, contre ce qu'on appelle les copropriétés dégradées ou la lutte contre les marchands de sommeil ; Sur la discrimination à l'embauche, j'ai réuni avec Jacques MEZARD avant-hier plusieurs entreprises, plusieurs associations pour faire cette mobilisation nationale dans la suite de tout ce que nous avons fait depuis…

MARCELO WESFREID
Julien DENORMANDIE, vous dites que…

JULIEN DENORMANDIE
La discrimination, de la même manière on avait énormément travaillé avec Jean-Louis BORLOO, et aujourd'hui nous mettons en oeuvre énormément des dispositions de son rapport.

MARCELO WESFREID
Vous dites mobilisation nationale, mais quand on regarde les budgets il y a deux budgets qui baissent en France l'an prochain c'est celui du Travail et c'est le vôtre, est-ce que ce n'est pas en contradiction, - 9 % sur le budget de l'an prochain ?

JULIEN DENORMANDIE
Vous savez nous on a un ministère qui représente énormément de missions différentes, vous avez des missions sur le logement, des missions sur la politique de la ville, des missions sur l'hébergement d'urgence, dans ce ministère-là vous avez des postes qui sont en augmentation, par exemple l'hébergement d'urgence c'est en augmentation, par exemple le logement d'abord c'est en augmentation…

MARCELO WESFREID
Mais sur la politique de la ville ?

JULIEN DENORMANDIE
Par exemple sur la politique de la ville c'est en augmentation, c'est en augmentation, parce que la politique de la ville effectivement aujourd'hui nous avons besoin d'encore plus accompagner de celles et ceux qui y vivent. Encore une fois, moi vous savez la politique de la ville j'ai énormément travaillé dessus, les quartiers ce n'est pas l'histoire des quartiers, les quartiers c'est l'histoire de toute la France, ce qui se joue c'est la notion même de la République, c'est ce qui nous unit la République, c'est ce qui nous unit toutes et tous, et donc lutter contre les discriminations... moi au moment où on se parle, quand je vois un jeune d'un quartier qui fait énormément d'efforts, pour lequel la famille a fait des efforts, pour lequel la République a donné accès à l'éducation et que à la fin des fins il a tout pareil qu'un autre jeune qui vient d'un autre territoire, mais à la fin des fins il a deux fois moins de chance d'avoir l'entretien d'embauche, ça ce n'est pas acceptable et donc on prend des mesures fortes, très fortes qu'on a encore annoncé avant hier au ministère, des mesures très fortes avec ce souhait de créer une véritable dynamique, d'accompagner toutes les entreprises notamment qui sont volontaires sur ces sujets.

CYRIL VIGUIER
Julien DENORMANDIE, vous n'avez pas répondu à la question de Marcelo WESFREID, pourquoi Jean-Louis BORLOO à cette attitude alors de réserve puisque vous avez travaill avec lui, pourquoi, c'est quoi votre explication à vous ?

JULIEN DENORMANDIE
Je crois que vous faisiez mention à une phrase qu'il a dite lorsqu'il était à Valenciennes…

MARCELO WESFREID
A Valenciennes, tout à fait.

JULIEN DENORMANDIE
Voilà !

MARCELO WESFREID
Il a dit : « on aide ceux qui courent vite à courir plus vite ».

JULIEN DENORMANDIE
Voilà ! Moi je ne voudrais vraiment pas rentrer là aussi... vous savez c'est trop facile le jeu des petites phrases ici ou là, moi ce que je vous dis c'est qu'avec Jean-Louis BORLOO en fait on a eu deux objectifs, à la fois de prendre des mesures fortes et à la fois de recréer une dynamique, il y a eu tout ce travail fait pas Jean-Louis BORLOO, il y a eu tout un travail que nous avons fait également au ministère…

CYRIL VIGUIER
Il pourrait dans le futur vous aider à nouveau ? Est-ce qu'il pourrait vous aider à nouveau ? Vous pourriez lui demander à nouveau de vous aider ?

JULIEN DENORMANDIE
La question n'est pas de savoir si aussi oui ou non il faut qu'il continue à nous aider, vous savez... et moi je l'ai revu à plusieurs reprises depuis qu'il nous a remis son rapport, mais encore une fois le sujet des quartiers ce n'est pas de sujet de Jean-Louis BORLOO et sa relation avec Julien DENORMANDIE, le sujet des quartiers c'est le sujet de 15 % de notre population, donc sortons de savoir est-ce qu'il y a un rapport, est-ce que c'est bien, est-ce qu'il y a un…

CYRIL VIGUIER
Christelle BERTRAND, justement, allez.

CHRISTELLE BERTRAND
Il y aussi justement…

JULIEN DENORMANDIE
Mais allons directement sur le fond.

CHRISTELLE BERTRAND
Un mot sur vous, il y a aussi des quartiers à Bordeaux où on parle de vous pour les Municipales, les prochaines municipales, pour un ticket éventuellement avec Alain JUPPE, est-ce que ça pourrait vous intéresser ?

JULIEN DENORMANDIE
J'ai vu ça dans un…

MARCELO WESFREID
Sud-ouest !

JULIEN DENORMANDIE
Voilà ! Je l'ai découvert en même temps que vous…

MARCELO WESFREID
Et alors, c'est crédible ?

CYRIL VIGUIER
Vous avez des racines, est-ce que vous avez des racines ?

JULIEN DENORMANDIE
Non, je n'ai pas de racines personnelles en Gironde, même si je suis très branché Côte Atlantique parce que j'ai des rachines, des racines pardon, pour le coup en Charente Maritime…

MARCELO WESFREID
Et le ticket, alors ?

CHRISTELLE BERTRAND
C'est plutôt La Rochelle.

JULIEN DENORMANDIE
Non, mais vraiment moi je suis.... vous savez il y a deux ans je n'avais pas fait de politique, aujourd'hui je suis pleinement à ma tâche, totalement à ma tâche, et c'est déjà beaucoup.

CHRISTELLE BERTRAND
Vous excluez cette possibilité ?

CYRILLE CYRIL VIGUIER
Julien DENORMANDIE justement vous disiez que vous étiez ingénieur, vous êtes devenu jeune secrétaire d'Etat, c'était inattendu - même pour vous vous l'aviez dit - vous êtes donc entrer au gouvernement grâce à Emmanuel MACRON, qu'avez-vous découvert très vite de ce monde qui vous a surpris ?

JULIEN DENORMANDIE
Beaucoup de choses qui... alors, pour être très... votre question n'est pas évidente, mais moi ce qui me surprend le plus c'est qu'on a un engagement vis-à-vis des Français qui est de transformer le pays, transformer le pays c'est prendre des mesures fortes - on l'a dit par exemple sur la politique de la ville - mais moi ce en quoi je crois beaucoup également dans la politique publique c'est de recréer les dynamiques, ce qui est le plus compliqué quand vous êtes à ma place ce n'est pas tant d'inventer, de mettre en oeuvre des mesures fortes, c'est de créer de la dynamique entre tous les acteurs, de faire en sorte qu'on arrête d'opposer les uns aux autres, mais vraiment d'avancer dans le même sens, de réaligner les intérêts de tous pour faire en sorte qu'on atteigne les bons objectifs.

CYRIL VIGUIER
Merci. Pas de dureté du monde politique, de chose comme ça ?

JULIEN DENORMANDIE
Voilà ! Ça c'est assez normal, ça je m'y attendais pour le coup.

CYRIL VIGUIER
Merci Julien DENORMANDIE, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires, d'avoir été notre invité.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 18 juillet 2018

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