Interview de Mme Laura Flessel, ministre des sports, à France-Info le 17 juillet 2018, sur la France championne du monde de football et l'attrait du sport. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Laura Flessel, ministre des sports, à France-Info le 17 juillet 2018, sur la France championne du monde de football et l'attrait du sport.

Personnalité, fonction : FLESSEL Laura.

FRANCE. Ministre des sports

ti :


KARINE BASTE-REGIS
Comme prévu notre invitée ce matin est la ministre des Sports, Laura FLESSEL, qui arrive en direct en ce moment même sur le plateau de France Info, bonjour Laura FLESSEL.

LAURA FLESSEL
Bonjour.

KARINE BASTE-REGIS
Merci beaucoup d'être avec nous, ministre des Sports, double championne olympique d'escrime, quintuple médaillée aux J.O. D'abord, votre état d'esprit, vous la sportive, la championne, celle qui sait ce que représente un sacre, compte tenu de tout ce qui est en train de se passer.

LAURA FLESSEL
Je suis fière, fière de cette France qui rayonne, fière de cette France jeune qui insuffle une dynamique positive, ravie de ne pas entendre le logo BBB, Black, Blanc, Beur, mais Liberté, Egalité, Fraternité. Et ça, ça fait un bien fou parce que ce sont des années de sacrifices, ce sont des années de plaisir aussi, c'est un équivalent, il y a un indicateur de positivité, parce qu'on a vu une transformation, notre équipe de France s'est adaptée pendant les six semaines, à leur rêve, ils sont allés chercher leur étoile, pour rajouter une deuxième étoile, et donc du coup on ne peut être que satisfaite aujourd'hui.

KARINE BASTE-REGIS
C'est vrai qu'ils ont fonctionné un peu comme des moteurs diesel, ça c'était plutôt pas mal, au fur et à mesure. Laura FLESSEL, Lilian THURAM disait que la France fêtait les Bleus, ça répond à un profond besoin de partage, est-ce que seul le football peut offrir cela, peut offrir cette union, cette cohésion nationale, à vos yeux ?

LAURA FLESSEL
Je dirais il n'y a que le sport qui génère cette effervescence, cette ferveur patriotique, ça réveille des consciences. Le football est populaire, donc forcément ça génère encore plus, et donc à cette échelle on touche plus de personnes, on parle de plus de 64 millions de Français, plus les francophiles, et les étrangers qui…

KARINE BASTE-REGIS
Oui, ça en fait beaucoup.

LAURA FLESSEL
Voilà, ça en fait beaucoup, mais c'est là où on voit la puissance du sport, c'est-à-dire que c'est un levier diplomatique, c'est un levier, un outil de médiatisation, et un outil qui rassemble, donc il faut utiliser ces valeurs, ces valeurs du sport. Et puis on est, quelque part, à un croisement des chemins, ce qu'on vit c'est historique. Nous allons dans 6 ans recevoir les Jeux olympiques et Paralympiques, donc à nous d'avoir, tout à chacun, une responsabilité pour pouvoir organiser tous ces grands événements qui vont venir, et donner des messages très clairs, très sains, et ce n'est pas de l'utopie, c'est utiliser cet outil pour parler à son voisin.

KARINE BASTE-REGIS
On en revient au message, parce que j'aimerais qu'on aborde quand même cet aspect logo, comme vous disiez, Black, Blanc, Beur, mais d'abord, vous qui avez eu l'honneur de vivre les dernières rencontres de l'intérieur, en Russie, est-ce que vous retenez tout particulièrement une image, un instant ?

LAURA FLESSEL
Un collectif, en fait c'est un bloc. On a vu une équipe de France, et on a vu, à la fin, un bloc, un bloc France, et je pense qu'aujourd'hui on peut être fier de cette équipe, on peut être fier de ce capitaine d'équipe Didier DESCHAMPS, parce qu'il a su unir, associer, il y a eu un maillon fort, et s'il y a un mot qui revient c'est collectif, l'intelligence collective, pour faire rayonner la France.

KARINE BASTE-REGIS
Ce qui était la critique initiale à l'encontre des Bleus d'ailleurs…

LAURA FLESSEL
On sait bien que la critique est facile dans la culture française, mais ce qui est intéressant c'est l'image qu'on voit aujourd'hui, cette unité autour des Champs-Elysées, ces Français qui vont acheter le maillot, ces Français qui vont aller chercher la deuxième étoile, ces jeunes qui disent « en 98 on n'était pas né » ou « on a vécu à travers les propos de nos parents », là ils ont vécu leur Coupe du monde, leur victoire. Le plus jeune a 19 ans, donc nos jeunes, cette jeunesse, va se retrouver dans ce parcours pour aller chercher et oser chercher la réussite.

KARINE BASTE-REGIS
Et ça peut changer, effectivement, quelque chose dans la vie des plus jeunes qui ont vécu cet instant.

LAURA FLESSEL
Et des moins jeunes aussi.

KARINE BASTE-REGIS
Et des moins jeunes aussi, ma foi, mais les plus jeunes qui sont l'avenir de…

LAURA FLESSEL
Tout à fait, on est des jeunes aussi.

KARINE BASTE-REGIS
Oui, on se met dedans, c'est clair. Je voudrais, Laura FLESSEL, qu'on revienne quand même, d'une certaine façon, à ce logo, comme vous dites, Black, Blanc, Beur, on évoquait hier sur ce plateau, avec votre prédécesseur au ministère, cette dualité entre la réalité quotidienne et la parenthèse, lors d'un tel événement, lorsqu'il s'agit d'intégration. Il y a 17 Bleus qui sont d'origine étrangère, est-ce qu'il doit en rester quelque chose, d'une certaine façon, plus, peut-être, qu'en 98 ?

LAURA FLESSEL
Je vous dirais il faut rester dans l'unité. On a vécu 20 ans, 20 ans où on était content de cette première étoile, à nous d'utiliser, de manière objective et concrète, et en femme pragmatique que je suis, c'est utiliser cette deuxième étoile pour parler d'une solidité de l'équipe de France. Utilisons le sport au croisement des chemins, utilisons le sport comme un véritable outil qui va permettre de vivre ensemble, le faire ensemble, pour le bienfait des Français, et qu'à l'horizon de 2024 on puisse se dire on a réussi cette transformation. Parce que pendant on a oublié la puissance du sport, ce n'est pas que 90 minutes, c'est un écosystème qui permet de dire merci aux éducateurs, qui permet de dire merci aux bénévoles, qui permet de dire merci aux parents qui amènent leur enfant, et qui aujourd'hui s'oublient un petit peu et qui doivent penser aussi à la pratique sportive pour leur bien-être. Donc, utilisons cet écosystème, et mon objectif c'est de rassembler, d'avoir une cohérence dans la politique sportive qu'on veut pour notre pays, et donc, du coup, j'ai lancé une concertation avec tous les acteurs du sport, les collectivités territoriales, l'Etat prend sa responsabilité, le monde économique et le mouvement sportif, soyons ensemble, la main dans la main, pour structurer ces six prochaines années.

KARINE BASTE-REGIS
Ça veut dire que c'est le vrai vecteur d'intégration, de cohésion, c'est le sport, plus que jamais, pour l'avoir vécu de l'intérieur, pour le vivre encore, d'une certaine façon à la fois de l'extérieur et de l'intérieur ?

LAURA FLESSEL
Oui, c'est un monde à part, il faut faire avec et nous donner aussi les moyens de faire avec, et mon objectif c'est d'insuffler cette dynamique pour que concrètement chaque Français puisse se retrouver dans son projet, que ce soit un projet sportif, que ce soit un projet sport bien-être, sport et santé, nous avons en fait un écosystème qui permet aujourd'hui de donner des réponses. Je suis en rémission, je peux pratiquer. Je viens de faire une greffe de moelle osseuse, je peux pratiquer, je suis une femme éloignée de toutes pratiques, je peux pratiquer, et que derrière on a un challenge. Les personnes en situation de handicap, nous avons des offres d'activités physiques et sportives à leur donner, pour aussi travailler l'inclusion sociale, utilisons, capitalisons cette énergie positive, parce que, réellement, nous avons des réussites sur le terrain.

KARINE BASTE-REGIS
On parlait tout à l'heure des communes, des quartiers pourvoyeurs de talents, comme Bondy, comme Roissy-en-Brie, ce sont des communes, des clubs, qui peuvent plus que jamais bénéficier et qui vont bénéficier de ce Mondial… ?

LAURA FLESSEL
Quand je suis arrivée ici j'ai fait une cartographie fine de ce qui se faisait, je connaissais en tant que sportive, en tant que créatrice, j'ai créé un club, donc je voyais aussi les différents travers, je suis allée dans l'humanitaire, et je me suis rendue compte qu'aujourd'hui, comme dans la téléphone mobile, nous avons des quartiers, les zones blanches du sport, comme dans la téléphonie mobile…

KARINE BASTE-REGIS
Exactement, comme en Outre-mer !

LAURA FLESSEL
Tout à fait, pour moi c'est une unité…

KARINE BASTE-REGIS
C'est un ensemble.

LAURA FLESSEL
C'est un ensemble. Donc, du coup, nous travaillons ensemble. J'entends dire « oui, il faut se battre », non, il faut convaincre, il faut travailler, c'est l'objectif numéro 1, c'est donner à tout à chacun cette place dans la société, et par le prisme du sport, nous allons travailler, et nos champions, justement, vont nous transporter, parce qu'à chacun sa responsabilité, mais la réussite n'est que collective, ils l'ont montré.

KARINE BASTE-REGIS
Ministre des sports, mais sportive avant tout. Merci beaucoup.

LAURA FLESSEL
Et sportive, et je pense qu'il ne faut pas dissocier, il faut faire avec.

KARINE BASTE-REGIS
Merci beaucoup Laura FLESSEL d'être venue sur notre plateau.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 20 juillet 2018

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