Interview de M. Julien Denormandie, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la cohésion des territoires, avec France Inter le 19 juillet 2018, sur un conseiller de l'Elysée accusé de violences contre des manifestants le 1er mai à Paris, la fin des zones blanches en matière de très haut débit et sur les entreprises et les quartiers en difficulté. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Julien Denormandie, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la cohésion des territoires, avec France Inter le 19 juillet 2018, sur un conseiller de l'Elysée accusé de violences contre des manifestants le 1er mai à Paris, la fin des zones blanches en matière de très haut débit et sur les entreprises et les quartiers en difficulté.

Personnalité, fonction : DENORMANDIE Julien.

FRANCE. Secrétaire d'Etat

ti :

FRÉDÉRIC METEZEAU
Bonjour Julien DENORMANDIE.

JULIEN DENORMANDIE, SECRETAIRE D'ETAT AUPRES DU MINISTRE DE LA COHESION DES TERRITOIRES
Bonjour.

FREDERIC METEZEAU
Vous êtes secrétaire d'Etat chargé de la Cohésion des territoires. Vous êtes un proche d'Emmanuel MACRON depuis le début de son aventure politique. Un conseiller de l'Elysée mis à pied quinze jours pour avoir molesté des manifestants le 1er mai à Paris en se faisant passer pour un policier, c'est disruptif ?

JULIEN DENORMANDIE
C'est un comportement inacceptable, c'est surtout ça. Effectivement, vous l'avez rappelé, un chargé de mission qui était invité en tant qu'observateur dans les manifestations du 1er mai, souvenez-vous ces manifestations où il y avait eu tant de violence. Il a été invité en tant qu'observateur et il y a eu un comportement qui n'est pas acceptable. Et donc il y a ce comportement, des sanctions ont été prises.

FREDERIC METEZEAU
Quinze jours de suspension.

JULIEN DENORMANDIE
Attendez. Des sanctions ont été prises, elles ont été prises immédiatement à la lumière des informations dont disposait sa hiérarchie, à savoir une mise à pied et un changement de fonction.

FREDERIC METEZEAU
Pardon, mais hier, deux conducteurs de la mairie de Paris qui avaient pris sans violence un camion poubelle pour aller déverser des ordures devant le siège de La République en Marche encourent la radiation à vie de la fonction publique. Ils prennent soixante-dix heures de travaux d'intérêt général. Là, ce conseiller est suspendu deux semaines, il retrouve un autre poste à l'Elysée.

JULIEN DENORMANDIE
Attendez. Non mais, moi je ne veux pas rentrer dans le débat de savoir quelle est la nature des sanctions et quelle est la nature de la réaction.

FREDERIC METEZEAU
« Je n'ai aucune indulgence pour la grande violence ou les tenants du désordre », phrase d'Emmanuel MACRON après les violences le 1er mai.

JULIEN DENORMANDIE
Mais c'est le cas. Je veux dire…

FREDERIC METEZEAU
Quinze petits jours ?

JULIEN DENORMANDIE
Non, non. Une personne a eu un comportement inacceptable, des sanctions ont été prises. Moi, j'entends ça ou là des oppositions politiques s'insurger contre ces sanctions. Enfin, je veux dire, ces sanctions ont été prises parce qu'il n'y a pas d'impunité, parce qu'il fallait réagir vis-à-vis de ce comportement, et ces sanctions ont été prises tout de suite, dès que la hiérarchie a eu connaissance. Encore une fois, en l'état des informations dont elle disposait, dès que sa hiérarchie a eu à disposition ces informations, les sanctions ont été prises : une mise à pied et un changement de fonction.

FREDERIC METEZEAU
Donc le dossier est clos ? Le dossier est clos aujourd'hui ?

JULIEN DENORMANDIE
En tout cas, aujourd'hui moi au regard des informations dont je dispose, ce que je vous dis c'est que contrairement à ce que peuvent dire ici ou là soit des commentateurs, soit des oppositions politiques, il y a eu une réaction, une réaction immédiate suite à un comportement qui n'est pas acceptable encore une fois.

FREDERIC METEZEAU
Julien DENORMANDIE, vous êtes donc secrétaire d'Etat chargé de la Cohésion des territoires. Emmanuel MACRON est en Dordogne aujourd'hui, on a entendu un reportage dans le journal de 07 heures et demie. Les habitants des campagnes ont toujours le sentiment qu'Emmanuel MACRON ne les comprend pas, ne les connaît pas.

JULIEN DENORMANDIE
Vous savez, moi ça fait longtemps que je travaille avec Emmanuel MACRON. J'étais déjà à ses côtés lorsqu'il était ministre de l'Economie et ça fait des années qu'il met tout entier son énergie au bénéfice de tous les Français, au bénéfice de tous les territoires. Aujourd'hui, il est effectivement en Dordogne sur une question qui est fondamentale qui est l'accès aux services publics pour tous nos concitoyens. Ça fait des années – je dis bien des années – qu'il y a une perception chez nous tous où on a le sentiment que des services publics disparaissent au fur et à mesure sur les territoires.

FREDERIC METEZEAU
C'est une réalité ou c'est une perception d'ailleurs ?

JULIEN DENORMANDIE
C'est non seulement une réalité mais c'est une réalité qui ne date pas d'il y a un an. C'est une réalité qui, au fur et à mesure des années, s'est aggravée dans certains territoires. Je vais vous donner un exemple. Moi, ça fait un an que je travaille sur un sujet extrêmement important – ce n'est pas le seul – mais qui est l'accès à la téléphonie mobile et au numérique. Au moment où on se parle, vous avez un Français sur deux qui n'a pas accès au très haut débit, qui n'a pas accès à un Internet de très bonne qualité. De la même manière, on est combien à voir ces territoires, connaître ces territoires où pour appeler, vous êtes obligé d'aller au fond du jardin, de lever la main gauche, de baisser la jambe droite alors même que tout le monde, y compris les opérateurs, vous disent : « Ne vous inquiétez pas. Ça capte très bien. » Bien, on a beaucoup travaillé, on a changé les choses. On a conclu un accord historique avec les opérateurs : trois milliards d'euros pour faire en sorte que demain ces zones où les opérateurs n'allaient pas, elles seront enfin couvertes. C'est du concret. Au moment où je vous parle, depuis janvier dernier c'est deux mille communes qui ont basculé des anciennes technologies du téléphone vers les nouvelles technologies. Encore une fois, c'est du concret.

FREDERIC METEZEAU
Précisément, Julien DENORMANDIE, la fin des zones blanches comme on dit, c'était une annonce du Premier ministre Edouard PHILIPPE il y a un an, dans ce discours de politique générale. On a le sentiment qu'entre les emplois francs, le dédoublement des classes de CP et de CE1, vous redites souvent des annonces qui ont déjà été faites. Libé écrit ce matin : « Les annonces d'annonces ». Vous ne tournez pas un peu en rond ?

JULIEN DENORMANDIE
Non. Mais vous savez, moi je me suis engagé en politique – je n'en avais jamais fait avant – avec un seul souci : c'est que ça marche et qu'il y ait du résultat. Rien d'autre. Je vous parlais du numérique, continuons. Ce n'est pas des annonces. En janvier dernier, on signe un accord historique, je viens de le dire, trois milliards d'euros. Depuis lors, deux mille communes ont basculé vers les nouvelles technologies. Depuis lors, cinq cents zones blanches, ces fameuses zones où on ne capte pas la téléphonie mobile, ont été identifiées et vont faire l'objet d'une infrastructure dans les douze à vingt-quatre prochains mois. Encore une fois, c'est lancé, c'est du concret et ça marche. Maintenant, il ne faut pas se leurrer. Ça fait un an qu'on est aux fonctions. En un an, il faut mettre en place les mesures, il faut faire en sorte que les acteurs s'engagent et puis à la fin, notre boulot est de faire en sorte que ça marche.

FREDERIC METEZEAU
Que les acteurs s'engagent. Avant-hier, les dirigeants des cent plus grandes entreprises françaises étaient reçus à l'Elysée. L'Etat leur demande de s'impliquer dans l'embauche et dans l'apprentissage dans les quartiers difficiles, mais sans objectifs chiffrés et sans contraintes. Vous croyez à la bonne volonté et au volontariat des entreprises ?

JULIEN DENORMANDIE
Je crois à la dynamique. Il faut les impliquer. Il faut faire en sorte qu'elles comprennent que les quartiers aujourd'hui, ce n'est pas l'histoire des quartiers. Les quartiers, c'est l'histoire de toute la République. Et moi qui suis beaucoup dans les quartiers, je n'arrive pas à expliquer qu'un jeune d'un quartier qui a tout pareil qu'un jeune d'un autre territoire, qui a fait des études pour lesquelles la famille a fait des efforts, pour lequel la République a donné accès à l'éducation…

FREDERIC METEZEAU
Il n'a peut-être pas tout pareil justement en matière d'éducation.

DENORMANDIE
Exactement. Et à la fin des fins – à la fin des fins – lorsqu'il a tous ses diplômes, il a deux fois moins de chances d'avoir un entretien d'embauche. C'est ça la réalité. Et donc, on a beaucoup travaillé avec les entreprises et ce n'est pas des engagements de bonne volonté qu'on fait avec elles. On est convenu d'un pacte et dans ce pacte, c'est des engagements réciproques. Depuis mai dernier, c'est plus de quinze mille offres de stage de troisième, qui est un élément essentiel, qui seront offertes par les entreprises. C'est plus de vingt entreprises qui aujourd'hui se sont engagées concrètement, avec des indicateurs chiffrés, dans la démarche que nous proposons.

FREDERIC METEZEAU
Merci beaucoup, Julien DENORMANDIE, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires. Merci d'être venu ce matin sur France Inter.

JULIEN DENORMANDIE
Merci à vous.

FREDERIC METEZEAU
Bonne journée.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 23 juillet 2018

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