Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire d’État, porte-parole du Gouvernement, à RTL le 23 juillet 2018, sur l'affaire Benalla. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire d’État, porte-parole du Gouvernement, à RTL le 23 juillet 2018, sur l'affaire Benalla.

Personnalité, fonction : GRIVEAUX Benjamin, CHAPUIS Jérôme.

FRANCE. Porte-parole du Gouvernement;

ti : JEROME CHAPUIS
Bonjour Benjamin GRIVEAUX.

BENJAMIN GRIVEAUX
Bonjour.

JEROME CHAPUIS
Alors effectivement porte-parole du gouvernement, mais cette parole on ne l'a pas beaucoup entendue depuis mercredi soir, depuis les révélations sur l'affaire Alexandre BENALLA, on vous remercie d'être là ce matin. Pourquoi avoir tant attendu pour donner des explications, est-ce que comme beaucoup cette affaire vous laisse sans voix ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Elle ne me laisse pas sans voix mais ce qui me laisse (moi) sans voix, c'est le comportement des oppositions à vouloir instruire une affaire sur les plateaux de télévision, sur leur compte Twitter et à ne pas respecter nos institutions. Il y a 3 enquêtes qui ont été lancées, une enquête judiciaire qui a été ouverte par le Parquet de Paris ; une enquête administrative conduite par l'Inspection générale de la Police nationale ; et vous receviez avant moi l'un des deux co-rapporteurs, deux enquêtes parlementaires, une à l'Assemblée nationale dont les auditions vont débuter d'ici quelques minutes…

JEROME CHAPUIS
A 10 h 00.

BENJAMIN GRIVEAUX
A 10 h 00 et une au Sénat. Il y a donc un bon fonctionnement de nos institutions…

JEROME CHAPUIS
Un bon fonctionnement mais un silence…

BENJAMIN GRIVEAUX
Et nous respectons…

JEROME CHAPUIS
Un silence de l'Elysée et un silence du président de la République.

BENJAMIN GRIVEAUX
Et nous respectons le fonctionnement de nos institutions. Nous ne faisons pas de la petite communication politique sur le dos de nos institutions et sur une affaire dont, le président de la République l'a dit, le comportement est choquant, il est inacceptable, il doit amener à des sanctions, il doit amener à régler les dysfonctionnements. Il a confié cette tâche-là au secrétaire général de l'Elysée afin que cela ne se reproduise plus…

JEROME CHAPUIS
Mais est-ce que ça ne pose pas… ça pose un certain nombre de questions, notamment la question de l'implication même du président de la République et de son entourage. Est-ce qu'il n'est pas étrange de confier au secrétaire général de l'Elysée, Alexis KOHLER, une mission sur la réorganisation alors que la Commission d'enquête veut l'entendre, c'est ce qu'on vient d'entendre de la part du co-rapporteur !

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui mais ce que j'entends moi de la part du co-rapporteur, c'est qu'il est co-rapporteur d'une commission d'enquête. Il parle avant même d'avoir procédé à la première audition, qui se tiendra dans un peu plus de 2 h 00…

JEROME CHAPUIS
Vous voulez dire qu'il n'aurait pas dû en parler…

BENJAMIN GRIVEAUX
Avant même…

JEROME CHAPUIS
Il n'aurait pas dû en parler ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Avant même d'avoir procédé à la première audition, Guillaume LARRIVE co-rapporteur de la commission d'enquête parle, je le cite, de milice parallèle, d'organisation souterraine. Moi, je veux une commission d'enquête qui fasse la lumière sur ce qui s'est passé…

JEROME CHAPUIS
Vous voulez dire…

BENJAMIN GRIVEAUX
Et sur les dysfonctionnements, qu'il fasse la vérité…

JEROME CHAPUIS
Vous voulez dire qu'il a manqué à l'impartialité ce matin…

BENJAMIN GRIVEAUX
Il a manqué à la plus élémentaire des déontologies, lorsqu'on est co-rapporteur d'une commission d'enquête la première des choses à faire, c'est d'entendre ceux qui souhaitent être… on a souhaité auditionner avant de les juger. De la même manière, les députés de la France Insoumise qui réclament la démission de Gérard COLLOMB alors qu'ils ne l'ont pas entendu, qu'ils vont l'entendre dans un peu plus de 2 h 00, tout cela n'est pas sérieux. Moi je souhaite – et je pense que les Français y ont droit – que cette commission d'enquête travaille de manière indépendante pour éclairer les faits qui se sont déroulés ; et identifier les responsabilités et les dysfonctionnements. Ça n'est pas…

JEROME CHAPUIS
Alors Benjamin GRIVEAUX, il y a aujourd'hui…

BENJAMIN GRIVEAUX
Ça n'est pas Monsieur CHAPUIS un tribunal politique, c'est un peu le sentiment que m'a donné Monsieur LARRIVE à votre micro…

JEROME CHAPUIS
Un certain nombre de faits…

BENJAMIN GRIVEAUX
Il y a quelques minutes.

JEROME CHAPUIS
Il y a un certain nombre de faits aujourd'hui qui sont établis, des faits publics, notamment par exemple, par exemple cette déclaration de Bruno ROGER-PETIT, le porte-parole de l'Elysée, c'était vendredi, il parle d'Alexandre BENALLA : il a été démis de ses fonctions en matière d'organisation de la sécurité des déplacements du président, et c'est au minimum ça, c'est au minimum une contrevérité pour ne pas dire un mensonge.

BENJAMIN GRIVEAUX
Le président de la République nous a rappelés hier que depuis le 1er jour de son arrivée à l'Elysée, seuls les policiers et la gendarmerie – qui sont attachés à sa sécurité – sont en responsabilité sur l'organisation de la sécurité du président de la République…

JEROME CHAPUIS
Alors comment expliquez-vous... j'ai sous les yeux…

BENJAMIN GRIVEAUX
Et pas Monsieur BENALLA.

JEROME CHAPUIS
J'ai sous les yeux le journal Libération avec cette photo, Alexandre BENALLA qui porte ici un badge et ce badge est celui du GSPR, la sécurité du président de la République.

BENJAMIN GRIVEAUX
Le badge c'est celui des badges que vous avez chez tous les collaborateurs de l'Elysée, non pas celui du GSPR Monsieur CHAPUIS, ne cédez pas aux fake news qui sont légion en ce moment…

JEROME CHAPUIS
Ecusson de la sécurité du président de la République.

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais c'est ce qui est écrit dans un journal mais ce qui est écrit dans le journal est parfois inexact. Cet écusson, vous le trouvez chez celui qui gère les médias et les réseaux sociaux du président de la République, dont je ne pense pas qu'il ait le sujet de sécurité à traiter auprès du président de la République. Il avait une mission auprès du président de la République, il était adjoint au chef de cabinet du président de la République, ce qui explique sa présence à de nombreuses reprises auprès du président. C'est le rôle d'un chef de cabinet, enfin d'un adjoint au chef de cabinet. Et l'écusson que vous mentionnez n'est en rien l'insigne du GSPR, c'est celui de toutes les personnes qui travaillent à l'Elysée, au cabinet du président de la République.

JEROME CHAPUIS
Pour autant, pas besoin encore d'enquête…

BENJAMIN GRIVEAUX
Non mais il faut…

JEROME CHAPUIS
Il y a les photos…

(…) Brouhaha

BENJAMIN GRIVEAUX
Cette commission d'enquête…

JEROME CHAPUIS
Oui mais la vérité là pour le coup…

BENJAMIN GRIVEAUX
Cette commission d'enquête sera utile pour qu'on évite de raconter n'importe quoi.

JEROME CHAPUIS
Alors il y a des choses encore une fois qui sont sur la place publique, qui sont connues aujourd'hui et qui appellent une réponse politique dès aujourd'hui, pourquoi Alexandre BENALLA se trouvait-il le 21 juin à la Fête de la musique, le 1er juillet au Panthéon, le 13 en Normandie, le 14 à l'Elysée, le 16 pour le retour des Bleus au côté du président de la République…

BENJAMIN GRIVEAUX
La commission d'enquête…

JEROME CHAPUIS
Alors qu'il était censé avoir été sanctionné ?

BENJAMIN GRIVEAUX
La commission d'enquête porte sur les événements qui se sont déroulés le 1er mai. A nouveau là, il faut être précis. Vous avez ensuite…

JEROME CHAPUIS
Oui mais là, ma question porte sur…

BENJAMIN GRIVEAUX
Vous avez ensuite…

JEROME CHAPUIS
Ce qui s'est passé ensuite.

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais il y a des enquêtes judiciaires, il y avait des gardes-à-vue, il y a eu des mises en examen hier, nous n'avons pas l'habitude (nous) de nous immiscer dans les affaires judiciaires et dans le fonctionnement de la justice. Je sais que ça peut surprendre certains élus, mais ça n'est pas les pratiques de ce pouvoir. La justice travaille de manière indépendante, elle déterminera ces éléments-là. Les enquêtes parlementaires…

JEROME CHAPUIS
Mais il ne s'agit pas d'enquête judiciaire…

BENJAMIN GRIVEAUX
Les enquêtes parlementaires qui sont conduites là portent sur les événements du 1er mai. Et moi c'est de cela…

JEROME CHAPUIS
Il s'agit d'une question politique, il s'agit d'une question politique, quel était le rôle précis d'Alexandre BENALLA auprès du président de la République, il ne s'agit pas d'une question à laquelle la justice doit répondre, ce n'est pas là-dessus qu'elle enquête la justice.

BENJAMIN GRIVEAUX
A nouveau, c'est là-dessus… c'est évidemment aussi là-dessus qu'elle enquête. Et ce que je veux vous dire moi, c'est que ce à quoi on assiste, le vrai scandale, parce que tout le monde parle de scandale d'Etat, le vrai scandale d'Etat il se déroule depuis plusieurs jours à l'Assemblée nationale. Parce que lorsque vous voyez que tout le travail du gouvernement sur des textes importants, la révision constitutionnelle en premier lieu, tout le travail gouvernemental est bloqué par des alliances assez étranges entre la France Insoumise, le Parti socialiste, les Républicains et le Front national, pourquoi ? Parce qu'ils ne veulent pas – et d'ailleurs Monsieur LARRIVE l'a dit ce matin à votre micro – ils ne veulent pas de la réforme constitutionnelle…

JEROME CHAPUIS
Alors on entend aussi…

BENJAMIN GRIVEAUX
Ils ne veulent pas de la réforme constitutionnelle parce que nous supprimons un tiers de députés. Ils veulent protéger leur place.

JEROME CHAPUIS
Alors il y a peut-être de ça, c'est un argument…

BENJAMIN GRIVEAUX
Ils veulent protéger leur place…

JEROME CHAPUIS
Mais eux ont un argument…

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais c'est un élément important, c'est un élément important…

JEROME CHAPUIS
Que j'aimerais soumettre…

BENJAMIN GRIVEAUX
A livrer au débat.

JEROME CHAPUIS
C'est un argument que j'aimerais vous soumettre, l'argument qu'eux donnent également, il faut l'entendre et j'aimerais avoir votre réaction là-dessus, est-ce que l'atmosphère est bonne aujourd'hui pour débattre d'une révision constitutionnelle au moment où la Parlement justement doit enquêter sur l'Elysée ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais Monsieur CHAPUIS, nous avons… non, il n'enquête pas sur l'Elysée…

JEROME CHAPUIS
Sur le bon fonctionnement de nos institutions et sur les rapports entre le président de la République et…

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais attendez, les affaires d'Etat c'est quand il y a de l'opacité, vous avez 3 enquêtes ouvertes…

JEROME CHAPUIS
Ce n'est pas une affaire d'Etat ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Vous avez 3 enquêtes ouvertes en moins de 4 jours, ça n'est pas de l'opacité, il y a une affaire d'Etat quand vous masquez les choses. Une affaire d'Etat c'est l'affaire BOULIN, c'est le Rainbow Warrior, c'est l'affaire CAHUZAC quand il y a eu de la dissimulation. Il n'y a pas eu de dissimulation et d'ailleurs, il y a 3 enquêtes ouvertes : une enquête judiciaire, une enquête administrative, deux enquêtes parlementaires…

JEROME CHAPUIS
Il n'y a pas eu de dissimulation…

BENJAMIN GRIVEAUX
Tout cela en moins de 5 jours…

JEROME CHAPUIS
Où en serait-on s'il n'y avait pas eu les révélations du journal Le Monde mercredi dernier ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Avec une majorité… s'il vous plaît, avec une enquête… et la presse a fait son travail, et avec une enquête parlementaire et une commission d'enquête parlementaire, dont vous savez très bien que la majorité La République en Marche aurait pu refuser qu'elle se tienne, elle se tient dans un temps record. Donc moi, j'appelle chacun à un peu de calme, à un peu de discernement et à ne pas faire d'instrumentalisation politique. Le travail à l'Assemblée nationale, il est bloqué sur la révision constitutionnelle, ils n'en veulent pas, seront-ils aussi cyniques parce que nous avons deux textes à examiner rapidement avant la rentrée : la réforme de la formation professionnelle et l'apprentissage, parce qu'on a des gamins qui sont apprentis et qui début septembre ont besoin que cette loi soit votée. Est-ce qu'ils seront aussi cyniques et instrumentaliseront, pour leur bénéfice personnel, la situation des apprentis qui attendent que ce texte soit voté pour la rentrée du mois de septembre.

JEROME CHAPUIS
Alors encore une fois, il y a des questions…

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est la question que je pose à nos oppositions.

JEROME CHAPUIS
Alors nous, nous avons des questions qui sont posées au gouvernement, rien n'explique, rien n'explique aujourd'hui la lenteur de la sanction ou plutôt l'absence de sanction véritable…

BENJAMIN GRIVEAUX
Il n'y a pas eu d'absence de sanction…

JEROME CHAPUIS
Jusqu'aux révélations du journal Le Monde mercredi dernier ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Vous ne pouvez pas dire qu'il y a une absence de sanction, la sanction a été prise quelques jours à peine après que les faits aient été portés à la connaissance du supérieur hiérarchique…

JEROME CHAPUIS
Mais pas suivie d'effet.

BENJAMIN GRIVEAUX
Direct de Monsieur BENALLA…

JEROME CHAPUIS
15 jours de suspension, 15 jours de suspension.

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est la sanction que l'autorité hiérarchique de Monsieur BENALLA a prise en fonction des éléments dont ils disposaient à ce moment-là, voilà.

JEROME CHAPUIS
Mais pour quelqu'un qui n'avait plus de responsabilité opérationnelle, je crois que ce sont les mots de Bruno ROGER-PETIT, le porte-parole de l'Elysée, que faisait-il par exemple – c'est un des nombreux exemples – dans le bus des Bleus lundi dernier, lundi 16 ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais vous savez que vous avez à l'Elysée plus d'un millier de personnes qui y travaillent. Si vous pensez que je suis en capacité de vous dire quelles sont les tâches de chacun, apparemment il était chargé des sujets de placement, si vous considérez que c'est une tâche essentielle auprès du président de la République, sans doute imaginez-vous mal la manière dont on travaille autour du président de la République.

JEROME CHAPUIS
En tout cas aujourd'hui, vous comprenez qu'il y a énormément de questions qui se posent…

BENJAMIN GRIVEAUX
Et c'est la raison pour laquelle, je me réjouis qu'on ait 3 enquêtes, ce qui va permettre de déterminer et de faire la lumière sur les faits tels qu'ils se sont déroulés le 1er mai, c'est aussi le rôle des enquêtes parlementaires. Monsieur LARRIVE, moi je vais lui suggérer des auditions puisqu'il en voulait beaucoup, je vais lui suggérer qu'on entende les policiers blessés, je suis même surpris que Monsieur LARRIVE n'ait pas demandé à entendre les policiers blessés lors des événements du 1er mai…

JEROME CHAPUIS
Alors il va vous écouter…

BENJAMIN GRIVEAUX
Qu'il entende également les commerçants dont les commerces ont été brûlés lors des événements du 1er mai…

JEROME CHAPUIS
Mais vous conviendrez que ça n'est pas le sujet…

BENJAMIN GRIVEAUX
Qu'on puisse avoir…

JEROME CHAPUIS
Ce n'est pas le sujet sensible…

(…) Brouhaha

JEROME CHAPUIS
La question est celle du rôle de Monsieur BENALLA, la question n'est pas de savoir qui…

BENJAMIN GRIVEAUX
La question du rôle de Monsieur BENALLA dans un contexte ; et j'aimerais qu'on n'oublie pas le contexte qui était celui du 1er mai qui a vu à Paris les violences les plus inouïes depuis bien longtemps dans notre capitale.

JEROME CHAPUIS
Ça veut dire, selon vous, je vous écoute, ça veut dire que le contexte justifierait…

BENJAMIN GRIVEAUX
Non.

JEROME CHAPUIS
L'action de Monsieur BENALLA ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Non mais lorsqu'on veut éclairer ce qu'il s'est passé, on prend le contexte en considération, c'est la base du droit et je suis certain que le conseiller d'Etat qu'est Monsieur LARRIVE est sensible à cet élément-là.

JEROME CHAPUIS
Question rapide, vous avez vu longuement le président de la République hier soir, quel est son état d'esprit ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Il est calme et extrêmement déterminé à ce que la vérité puisse être établie. Il a dit hier qu'il avait été choqué par les images et qu'il considérait ce comportement comme étant un comportement inacceptable ; et que dans la République nul n'est au dessus des lois et que nul ne peut avoir une quelconque impunité. Et donc…

JEROME CHAPUIS
Ça peut aller jusqu'à… ça peut aller jusqu'à la sanction du ministre de l'Intérieur lui-même ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais écoutez ! L'enquête va déterminer l'enchaînement des décisions et la réalité de la situation. Mais…

JEROME CHAPUIS
Ça veut dire que le départ de Monsieur COLLOMB n'est pas exclu ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Non, mais écoutez ! Nous n'en sommes pas là, nous sommes au départ d'une enquête. Nous laissons ceux qui veulent bâcler l'enquête et en faire une enquête politique à leurs politicailleries, nous, nous sommes trop respectueux à la fois des institutions et des 3 enquêtes judiciaire, administrative et parlementaire qui sont lancées aujourd'hui.

JEROME CHAPUIS
Gérard COLLOMB que vous avez vu hier soir d'ailleurs aussi, dans quel état d'esprit était-il le ministre de l'Intérieur ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Extrêmement calme et combatif, vous le verrez lors de son audition aujourd'hui, il répondra à la totalité des questions qui lui seront posées.

JEROME CHAPUIS
Est-ce que fonctionnellement, il est encore en mesure d'exercer ses fonctions de ministre de…

BENJAMIN GRIVEAUX
Il est parfaitement en mesure, si à chaque fois qu'une commission d'enquête parlementaire s'ouvre, il faut démissionner le ministre, je vous l'annonce, c'est l'instabilité. Moi ce que je souhaite, c'est que nous retrouvions un peu le sens de l'ordre républicain. Et je m'étonne que des parlementaires depuis plusieurs jours, objectivement, entretiennent le désordre.

JEROME CHAPUIS
Alors on peut dire qu'ils ont aussi de bonnes raisons d'avoir été surpris, notamment parce qu'ils ont découvert – comme nous – ce week-end que Monsieur BENALLA disposait d'un badge d'accès à l'Hémicycle, ce qui là encore pose beaucoup de questions sur son rôle.

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais sous la présidence précédente de Monsieur HOLLANDE, il y avait 6 collaborateurs de l'Elysée qui avaient un badge, sous la présidence précédente de Monsieur SARKOZY…

JEROME CHAPUIS
Qui avaient des fonctions politiques, en général c'était des conseillers parlementaires.

BENJAMIN GRIVEAUX
Egalement… non, pas uniquement, qui avaient des fonctions politiques. Alors vous savez, je veux bien qu'on prête tous les fantasmes, on va bientôt nous expliquer qu'il avait les codes nucléaires et qu'il conduisait des sous-marins nucléaires, mais enfin il y a un moment il faut arrêter. Et donc on va se calmer, on va prendre les choses avec discernement et avec calme. Nos institutions méritent ça et les Français attendent ça, je pense que le spectacle donné à l'Assemblée nationale ces derniers jours est un spectacle cofondant pour nos parlementaires.

JEROME CHAPUIS
Ecoutez ! Merci beaucoup en tout cas d'être venu vous expliquer ce matin sur l'antenne de RTL.

BENJAMIN GRIVEAUX
Je vous remercie.

JEROME CHAPUIS
Merci Benjamin GRIVEAUX. Le porte-parole du gouvernement était sur RTL ce matin.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 24 juillet 2018

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