Interview de Mme Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes à France-Info le 25 juillet 2018, sur l'affaire sur les fonctions de sécurité et de protection des personnalités de M. Alexandre Benalla et le texte sur les violences sexuelles. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes à France-Info le 25 juillet 2018, sur l'affaire sur les fonctions de sécurité et de protection des personnalités de M. Alexandre Benalla et le texte sur les violences sexuelles.

Personnalité, fonction : SCHIAPPA Marlène, MOREL Alexis.

FRANCE. Secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes;

ti :

ALEXIS MOREL
Et notre invitée ce matin est secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes. Bonjour Marlène SCHIAPPA.

MARLENE SCHIAPPA
Bonjour.

ALEXIS MOREL
Et Jean-Jérôme BERTOLUS pour vous interroger.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Bonjour Alexis. Bonjour Marlène SCHIAPPA

MARLENE SCHIAPPA
Bonjour.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Vous étiez hier aux côtés du président de la République, il était silencieux depuis le début de l'affaire, il est intervenu hier devant une partie du gouvernement et les parlementaires d'une manière fracassante.

EMMANUEL MACRON, HIER A LA MAISON DE L'AMERIQUE LATINE
On ne peut pas être chef par beau temps et vouloir se soustraire lorsque le temps est difficile, s'ils veulent un responsable, il est devant vous, qu'ils viennent le chercher ! Et ce responsable, il répond au peuple français et au peuple…

JEAN-JEROME BERTOLUS
Le président de la République, c'est en quelque sorte votre général en chef qui assume tout, sous la mitraille ?

MARLENE SCHIAPPA
Oui, je crois que c'est le message. Le message, c'est que le président de la République, eh bien, c'est le chef de l'Etat, et qu'il ne se défausse pas…

JEAN-JEROME BERTOLUS
Là, c'était un général en chef plutôt, que le chef de l'Etat ?

MARLENE SCHIAPPA
Ecoutez, c'est votre appréciation, mais en tout cas, c'est un chef effectivement, et il ne peut pas – il l'a dit lui-même – être chef par beau temps, et laisser des N-2, N-4, N-10 être en première ligne quand il y a de l'orage. Donc là, il se met en première ligne, je trouve ça très courageux de sa part au demeurant, parce qu'il aurait pu rester silencieux ou se contenter d'une déclaration sibylline, il a parlé près de 25 minutes en des termes très forts, vous l'avez dit, en rappelant que le chef, c'est lui, et donc le responsable, c'est lui.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Il y avait quand même urgence à ce qu'il remonte un petit peu le moral des troupes d'une majorité qui est effectivement un peu K.O debout depuis le début de cette affaire ?

MARLENE SCHIAPPA
Moi, je ne dirais pas les choses comme ça, ce que j'observe, c'est que, on a des députés qui sont très mobilisés de la majorité, qui étaient présents dans l'hémicycle en plein été pour parler, pour débattre…

JEAN-JEROME BERTOLUS
Un gouvernement assez absent quand même, Nicole BELLOUBET, mais le gouvernement n'était pas très présent…

MARLENE SCHIAPPA
Alors le gouvernement n'a pas vocation à être entièrement dans l'hémicycle à chaque projet de loi, moi-même, quand j'ai défendu ma loi, j'étais seule ou avec Nicole BELLOUBET ou parfois Christophe CASTANER, mais c'est le principe, et le gouvernement n'a jamais cessé d'être en contact avec les députés de la majorité. Et là, on parle quand même d'un bref instant, alors je sais que nous sommes dans une époque où une journée équivaut à un mois, mais là, on parle de trois, quatre jours, et ce que j'allais vous dire, c'est que les députés de la majorité, ils étaient là pour débattre du projet de loi sur la réforme de la Constitution, et que ce qui les a – à mon avis – un peu ébranlés, pour reprendre les termes, c'est plutôt l'obstruction de l'opposition, qui n'a cessé de faire des faux rappels au règlement, dans le but de bloquer ce projet de loi…

JEAN-JEROME BERTOLUS
Marlène SCHIAPPA, mais vous avez été élue effectivement sur les promesses d'un nouveau monde, transparent, de responsabilité, comment vous qualifieriez aujourd'hui le sentiment au sein de la majorité, vous êtes quand même un petit peu en interrogation, secouée par cette affaire ?

MARLENE SCHIAPPA
Moi, je crois qu'on a une majorité qui est très soudée, c'est ce que nous avons vu hier, les députés ne savaient pas que le président de la République allait venir, et néanmoins, ils étaient là en nombre, et je crois que le discours, la prise de parole du président de la République disant qu'il assumait, et, surtout, disant qu'il n'y aurait pas de République des fusibles, qu'il n'allait pas donner des scalps pour faire plaisir à tel ou tel dans l'opinion, je crois que c'est un discours…

JEAN-JEROME BERTOLUS
Donc pas de remaniement, on l'a compris, effectivement, et on a compris que le directeur de cabinet, son directeur de cabinet, irait au bout de ses fonctions jusqu'à la retraite, il a quand même indiqué qu'il a pu y avoir des erreurs commises, quelles sont les erreurs qui ont été commises, selon vous ?

MARLENE SCHIAPPA
Bien sûr, et moi, je crois que c'est là aussi qu'on voit la qualité d'un grand chef, et d'un grand chef de l'Etat en l'espèce, c'est-à-dire qu'il prend la responsabilité sur lui, mais tout en reconnaissant des erreurs ou des dysfonctionnements…

JEAN-JEROME BERTOLUS
Mais quelles erreurs ?

MARLENE SCHIAPPA
Eh bien, ça, il ne m'appartient pas à moi de le dire…

JEAN-JEROME BERTOLUS
Mais vous, vous, ministre, vous estimez que quelles erreurs ont été commises dans cette affaire ?

MARLENE SCHIAPPA
Alors, moi, membre du gouvernement, j'appartiens au pouvoir exécutif, vous savez qu'en démocratie, il y a une séparation des pouvoirs, on peut le déplorer ou pas, c'est ainsi, je ne dois pas m'immiscer dans le pouvoir judiciaire, c'est constitutionnel, donc je n'ai pas la possibilité constitutionnelle de donner une appréciation...

JEAN-JEROME BERTOLUS
Non, mais vous êtes une femme politique…

MARLENE SCHIAPPA
A votre micro…

JEAN-JEROME BERTOLUS
Marlène SCHIAPPA, vous êtes une femme politique…

MARLENE SCHIAPPA
Bien sûr. Mais justement…

JEAN-JEROME BERTOLUS
Vous êtes même l'une des femmes, enfin, vous n'êtes pas forcément une femme de la société civile, vous aviez des responsabilités politiques avant d'être ministre, vous voyez cette affaire, vous vous posez des questions quand même ou pas ?

MARLENE SCHIAPPA
Ecoutez, les questions, c'est la justice qui les pose, et c‘est la justice qui va trancher. Il y a eu une garde à vue, il y a eu ensuite plusieurs mises en examen. Il y a, parallèlement à la justice, des commissions d'enquête parlementaire, moi, ce que j'observe, c'est qu'on n'a jamais… vous parliez de nouveau monde, de nouvelles méthodes, etc., j'observe deux choses, 1°) : une transparence totale. Et 2°) : une rapidité, je crois que là, en quelques jours, on a mis sur pied deux commissions d'enquête parlementaire, la justice a été saisie, le président de la République a missionné son secrétaire général pour faire des propositions de réorganisation, je pense qu'on est dans une réactivité extrêmement rapide.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Le président hier toujours, effectivement à la Maison de l'Amérique latine, à Paris, a rendu hommage quand même à Alexandre BENALLA, pendant la campagne, effectivement, il a indiqué qu'il avait assumé très, très bien ses fonctions à ses côtés, ses fonctions de sécurité. Vous l'avez connu, vous, pendant la campagne, Alexandre BENALLA, vous étiez très présente dans cette campagne ?

MARLENE SCHIAPPA
Oui, j'étais très présente, il m'est arrivé de le croiser effectivement.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Et alors, quel a été un petit peu votre sentiment, c'était quelqu'un parfaitement en responsabilité, Alexandre BENALLA ?

MARLENE SCHIAPPA
Ecoutez, sincèrement, je n'ai pas de sentiment sur l'ensemble des participants de la campagne, et ce serait trop facile pour moi d'ajouter, de rejoindre la meute et de donner telle ou telle anecdote qui ne serait pas signifiante, moi, ce que j'observe, c'est que le président de la République, à la fois, a dit que personne n'était au-dessus des lois, et qu'être un collaborateur de l'Elysée, ça ne mettait pas au-dessus des lois, et que le droit commun s'appliquait, première chose. Deuxième chose, il a aussi effectivement rappelé que c'était quelqu'un qui n'avait pas démérité pendant la campagne, et l'un empêche pas l'autre, moi, je crois que la politique, c'est de l'humain avant tout, et là, on est au coeur de ce que l'humain peut produire, c'est-à-dire quelqu'un qui est engagé, qui fait son travail, mais aussi qui dérape à un moment, qui va trop loin.

ALEXIS MOREL
Quand Emmanuel MACRON dit hier soir : s'il y a un responsable, il est devant vous, qu'ils viennent le chercher, est-ce que c'est une provocation qui est vraiment utile, ça ? Ça s'adresse à qui ?

MARLENE SCHIAPPA
Très sincèrement, je ne crois pas que ce soit une provocation, j'ai entendu des députés de la France Insoumise qualifier cette prise de parole de provocation hier soir et ce matin, de même que Marine LE PEN. Moi, je suis assez surprise, nous avons, là, des gens, qui, pendant des jours entiers, n'ont pas cessé de réclamer une prise de parole du président de la République, le président de la République s'exprime, ils considèrent que c'est de la provocation…

ALEXIS MOREL
Donc ça s'adresse aux oppositions ?

MARLENE SCHIAPPA
Mais il me semble que ça s'adresse d'abord aux commentateurs, aux oppositions, et peut-être à l'ensemble des gens, mais c'est mon interprétation personnelle, qui ont dressé des listes de gens à abattre, qui le préfet STRZODA, qui le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, Gérard COLLOMB, le secrétaire général de l'Elysée…

JEAN-JEROME BERTOLUS
Non, c'est ressorti un peu des auditions. Marlène SCHIAPPA, il s'exprime, il s'exprime devant vous, il s'exprime devant les parlementaires, mais il ne s'exprime pas devant les Français…

MARLENE SCHIAPPA
Alors, les parlementaires, c'est la représentation nationale, donc au travers d'eux, ce sont les Français…

JEAN-JEROME BERTOLUS
Certes, certes, mais par exemple, il annule sa participation sur une étape du Tour de France, là où il pourrait effectivement aller à la rencontre des Français…

MARLENE SCHIAPPA
J'ai beaucoup de respect pour les cyclistes en général, et pour le Tour de France en particulier, mais il ne me semble pas que les coureurs du Tour de France représentent davantage le peuple français que les parlementaires élus…

JEAN-JEROME BERTOLUS
Non, je parlais des Français, tous les Français qui accompagnent ces coureurs avec lesquels effectivement il aurait pu avoir des échanges…

MARLENE SCHIAPPA
Oui, je crois que le président de la République n'est pas quelqu'un qui se défausse, et à chaque fois qu'il fait un déplacement, et vous l'avez rappelé, j'ai fait la campagne, donc je suis la première à l'avoir observé, à chaque fois que le président de la République se déplace, il prend des temps extrêmement longs pour aller au contact, au dialogue, avec les Françaises et les Français, qu'il interpelle dans la rue pour parler avec eux. Donc je n'ai aucun doute sur le fait que dans les prochains temps, ça se passera.

ALEXIS MOREL
Et on continue d'en parler, juste après l'info.

/// Journal ///

ALAIN MOREL
Marlène SCHIAPPA invitée de France Info ce matin, Jean-Jérôme.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Marlène SCHIAPPA, alors le chef de l'Etat hier soir général en chef, on écoute la réaction de François-Noël BUFFET, vice-président Républicain de la Commission d'enquête au Sénat.

FRANÇOIS-NOËL BUFFET, SENATEUR LR ET VICE-PRESIDENT DE LA COMMISSION D'ENQUETE AU SENAT - CE MATIN SUR FRANCE INFO
Il a une façon de faire qui est indigne d'un président de la République ou d'un chef d'Etat au sens où on l'entend et où on l'espère, on est un peu dans une cour d'école : « viens te bagarrer si tu veux », ce n'est pas sérieux.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Marlène SCHIAPPA ce n'est pas sérieux mais est-ce que très sérieusement ça ne va pas abîmer l'image du président et de votre majorité chez les Français et durablement ?

MARLENE SCHIAPPA
Ecoutez, très sincèrement, moi ce que j'en pense – mais c'est une opinion qui n'engage que moi – mais à titre personnel moi ce que je constate c'est que depuis un an Emmanuel MACRON il a restauré la fonction présidentielle qui était très affaiblie précédemment, il a fait de nouveau exister cette fonction de président de la République et j'observe que nous avons affaire à des oppositions qui aimeraient avoir un président faible pour avoir un Etat faible, une République faible, pour pouvoir attiser des peurs, des divisions, des haines parce qu'ils prospèrent là-dessus. Marine LE PEN par exemple, mais également certains députés Les Républicains qui étaient dans l'hémicycle au moment des Questions au gouvernement hier, moi il y en a certains que je ne les avais pas vus en un an pas une fois dans l'hémicycle, Marine LE PEN ça fait un an qu'elle n'est pas là…

JEAN-JEROME BERTOLUS
Marlène SCHIAPPA, vous revenez souvent…

MARLENE SCHIAPPA
Et, maintenant, elle passe sa vie dans les couloirs du Parlement comme si c'était le nouvel endroit de son intérêt.

JEAN-JEROME
Vous revenez souvent au Mans, votre ville d'attache, votre circonscription…

MARLENE SCHIAPPA
Oui.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Est-ce que les Français, les habitants du Mans, vous en parlent, hier un sondage Elab pour BFM montre que pour 8 Français sur 10 cette affaire est choquante ?

MARLENE SCHIAPPA
Vous avez raison de rappeler que je suis élue du Mans, je suis aussi d'origine corse et il s'avère que samedi et dimanche j'étais en Bourgogne dans un village qui s'appelle Pierre-de-Bresse chez ma soeur et ce que je peux vous confirmer – puisque vous faites appel à mon expérience personnelle – c'est que les gens…

JEAN-JEROME BERTOLUS
De terrain !

MARLENE SCHIAPPA
Que ce soit au marché, dans les parcs pour enfants, dans la rue, dans la forêt au cours des promenades et dans les barbecues avec les voisins ce n'est pas un sujet qui les intéresse, ils en ont entendu parler, ils peuvent l'évoquer brièvement, mais les sujets de préoccupation…

ALAIN MOREL
Et, pourtant, les auditions elles font de l'audience sur les chaînes d'info.

MARLENE SCHIAPPA
Bien sûr. Mais écoutez, sincèrement, il y a des auditions, il y a des gens qui les montent aussi peut-être un peu... donc je comprends que ce soit un centre d'intérêt lointain, mais ce n'est pas une obsession de la part des Françaises et des Français. Moi, les sujets de conversation que j'ai entendus c'est : comment je trouve du travail ? Comment je fais garder mes enfants ? Comment je me déplace en sécurité ? Ce sont ces sujets-là qui étaient intéressants ! Comment j'achète quoi et avec quoi ? Mon pouvoir d'achat qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que je vais payer comme impôts ? Les questions qu'on m'a posées elles portaient plus sur la taxe d'habitation ou sur la lutte contre les viols des petites filles que sur ce sujet-là.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Les Français ils ne sont pas intéressés par la manière dont ils sont gouvernés, par l'entourage du président de la République…

MARLENE SCHIAPPA
Je ne dis pas que ça ne les intéresse pas !

JEAN-JEROME BERTOLUS
Par effectivement un civil qui se prend pour un cow-boy en matière de sécurité ?

MARLENE SCHIAPPA
Ce n'est absolument pas ce que je dis, moi je pense que les Français sont choqués par la vidéo et par les images qu'ils ont vues, je pense qu'ils sont choqués par le fait que quelqu'un qui n'est pas policier prenne un rôle de policier - parce que ma conviction c'est que les Françaises et les Français sont attachés à leur police, à leurs forces de l'ordre – donc je pense qu'ils sont choqués, le président de la République a dit lui-même que c'était une déception. Mais vous m'interrogez sur ce que disent les gens en dehors peut-tre d'un certain microcosme, je vous le dis cette affaire elle a été évoquée - c'est mon cas personnel, peut-être qu'il n'est pas représentatif – mais elle a été évoquée mais elle n‘était pas au centre des conversations.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Elle va durer cette affaire, Marlène SCHIAPPA ?

MARLENE SCHIAPPA
Je pense qu'à partir du moment où le président de la République s'est exprimé, je crois que cette affaire elle n'a pas vocation à durer. Je rappelle deux choses : d'abord la justice est saisie, donc les uns et les autres qui brandissent le respect des institutions, la République, l'Etat, etc., peut-être commençons par respecter notre justice qui est en train de travailler et la justice elle se rend dans les tribunaux, elle ne se rend pas sur les plateaux de télévision avec tout le respect que j'ai ni dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale ; Et ensuite on voit qu'on a des gens qui auraient voulu en faire une affaire d'Etat, en fait c'est un sujet d'une ou quelques personnes et ce n'est pas en aucun cas une affaire d'Etat.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Une dernière question sur cette affaire, est-ce que ça ne va pas handicaper la volonté réformatrice du gouvernement, on a déjà vu que la révision constitutionnelle était reportée, votre agenda à la rentrée est extrêmement lourd, extrêmement serré, est-ce que finalement le gouvernement n'est pas un peu affaibli pour porter les réformes qu'il souhaite en septembre ?

MARLENE SCHIAPPA
C'est vrai que l'agenda est très chargé et c'est vrai que nous avons vécu quelques jours dans lesquels l'agenda était bousculé et ce n'était pas le souhait ni du gouvernement ni du président de groupe Richard FERRAND, donc effectivement c'est bousculé. En revanche moi je tiens à ajouter que nous continuons à travailler, le gouvernement et pas uniquement, des députés et des sénateurs se sont réunis dans la commission mixte paritaire pour la loi qui me concerne lundi, dans le silence général puisque l'ensemble des médias était occupé sur l'affaire Benalla – et je ne le remet spas du tout en question – mais cette CMP elle s'est avérée conclusive, c'était un projet de loi qu'on disait clivant initialement, qui en fait a fait l'objet rapidement d'un large consensus, grâce aussi aux députés et aux sénateurs de la commission mixte paritaire majorité et opposition qui se sont réunis.

ALAIN MOREL
On rappelle donc ce projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles…

MARLENE SCHIAPPA
Tout à fait.

ALAIN MOREL
Accord vous le disiez cette semaine en commission mixte paritaire, alors qu'il y avait quand même plusieurs points qui posaient problème aux sénateurs, ça veut dire qu'il y a des modifications par rapport au texte qu'on connaissait il y a quelques semaines ?

MARLENE SCHIAPPA
Non, ça veut dire... Pardon, oui il y a des modifications, ce texte il n'a cessé d'être modifié puisque c'était un texte citoyen - vous savez on a lancé ce Tour de France de l'égalité femmes – hommes, je suis allée partout en France ou presque et des ateliers ont été faits, 55.000 personnes ont été auditionnées - donc c'est un texte citoyen qui a sans cesse évolué, les députés l'ont enrichi, les sénateurs l'ont enrichi.

ALAIN MOREL
Vous avez renoncé notamment à certains points polémiques ?

MARLENE SCHIAPPA
Absolument, on a renoncé à l'atteinte sexuelle avec pénétration - c‘est un peu technique – mais quelque chose qui ne faisait pas consensus auprès des acteurs de terrain, mais il y a toujours la verbalisation du harcèlement de rue – et ça c'est important pour nous – les sénateurs au début y étaient opposés, ils ont fini par donner leur accord en commission mixte paritaire, donc c'est important. Dès que cette loi sera promulguée, le harcèlement de rue sera interdit en France et des amendes seront mises par les forces de l'ordre en flagrant délit.

ALAIN MOREL
Mais les associations ne sont pas franchement convaincues quand même, est ce qu'il va changer concrètement quelque chose ce texte pour les victimes de violences ?

MARLENE SCHIAPPA
Ca dépend de quelques associations, moi je rappelle toujours que le mouvement féministe ce n'est pas un mouvement monolithique, il y a plusieurs courants différents qui parfois s'affrontent ou s'opposent et qui ne sont pas toujours en accord sur telle ou telle disposition. Moi je crois que…

JEAN-JEROME BERTOLUS
Sur l'âge quand même les associations, sur le fait qu'il n'y ait pas d'âge effectivement…

MARLENE SCHIAPPA
Il y a un âge, il y a un âge qui est fixé à 15 ans, mais comme c'est un texte qui a beaucoup évolué toutes les associations n'ont pas non plus la dernière version du texte. Mais plusieurs choses qui font consensus, d'abord l'allongement des délais de prescription à 30 ans pour les crimes sexuels commis sur mineur, ça c'est important, c'était une revendication…

JEAN-JEROME BERTOLUS
Ça, c'est le Sénat ?

MARLENE SCHIAPPA
Non, ça c'est un engagement du président de la République et c'est le gouvernement qui l'a proposé, c'était dans mon texte initial, c'est moi qui l'ait porté.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Et qui a été rajouté au Sénat ?

MARLENE SCHIAPPA
Non, pas du tout.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Ah ! Bon.

MARLENE SCHIAPPA
Ah ! Non, non, c'était un engagement du président de la République que j'ai porté personnellement avec la Garde des sceaux Nicole BELLOUBET, la verbalisation du harcèlement de rue c'est aussi un engagement de campagne du président de la République qui se traduit ; la création d'un seul d'âge en-dessous duquel on considère qu'il faut faciliter la définition du viol pour les moins de 15 ans, le Sénat…

ALAIN MOREL
Mais il n'y a pas de prsomption de non consentement ?

MARLENE SCHIAPPA
On peut l'expliquer comme on veut, là c'est une question de vocabulaire juridique, ce que dit la loi très exactement c'est que lorsque les faits – donc les viols – sont commis sur un mineur de 15 ans, donc quelqu'un qui a moins de 15 ans, ces faits relèvent de la contrainte ou la surprise, ça veut dire qu'ils sont caractérisés comme viol, donc ça veut dire que quand on a moins de 15 ans et qu'on a eu une relation sexuelle avec un adulte on part du principe que ce n'était pas consenti.

ALAIN MOREL
Marlène SCHIAPPA, un petit mot de la PMA pour les couples de femmes, début 2019 ça c'est sûr vous confirmez, c'est le calendrier ?

MARLENE SCHIAPPA
Oui, le calendrier il est même sur la fin 2018, on voit que les débats sont ouverts, il y a des prises de position très fortes.

ALAIN MOREL
Il y a un débat au sein même de la majorité d'ailleurs ?

MARLENE SCHIAPPA
Tout à fait, nous sommes une grande majorité, le président de la République a dit hier d'ailleurs que chacun avait le droit de faire entendre sa voix si c'était symphonique et pas cacophonique, donc je crois que c'est important aussi pour la PMA qui est un sujet sensible. Vous connaissez ma position, moi je crois que la PMA elle doit être ouverte à toutes les femmes – y compris célibataires ou en couple avec d'autres femmes – je crois également qu'elle doit être remboursée par la Sécurité sociale de la même manière que le parti La République En Marche le défend, nous verrons ce qui en ressort dans les débats.

ALAIN MOREL
Vous ne craignez pas une nouvelle Manif pour tous dans les prochains mois ?

MARLENE SCHIAPPA
Non, non, je crois que les auditions elles sont menées de manière assez continue, tout le monde a pu s'exprimer dans le cadre des débats citoyens sur les Etats généraux de la bioéthique, tout le monde est respecté, mais le président de la République tient ses engagements généralement et celui-ci était un engagement de campagne également.

ALAIN MOREL
Marlène SCHIAPPA, secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, était l'invitée de France Info ce matin, merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 26 juillet 2018

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