Déclaration de Mme Laura Flessel, ministre des sports, sur la politique et la pratique du sport et l'intervention du CNDS dans les territoires en difficulté, Marseille le 13 juillet 2018. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Laura Flessel, ministre des sports, sur la politique et la pratique du sport et l'intervention du CNDS dans les territoires en difficulté, Marseille le 13 juillet 2018.

Personnalité, fonction : FLESSEL Laura.

FRANCE. Ministre des sports

ti :

Merci pour cette belle énergie.

Lorsque je vous entends, j'imagine aussi les centaines, les milliers de jeunes habitants de quartiers qui, grâce à vous tous, ont la chance de connaître les joies du sport.

Vous m'avez connue championne. Je n'oublie pas que, si j'ai eu l'honneur de chanter la Marseillaise sur les podiums, c'est d'abord parce que j'ai eu l'opportunité, petite, de m'inscrire dans un club qui m'a ouvert ses portes.

C'est d'abord parce que j'ai rencontré des passionnés, qui m'ont à leur tour transmis la passion du sport.

C'est par ces rencontres que je me suis construite, non seulement en tant que sportive, mais aussi en tant que femme.

Je sais ce que le sport peut apporter en termes d'estime et de confiance en soi.

Parce qu'il pousse à se surpasser soi-même, mais aussi à interagir avec autrui, le sport peut révéler le meilleur d'un individu.

Il est aussi un formidable levier de cohésion sociale et d'insertion professionnelle, et de nombreux acteurs ont pu en témoigner ce matin.

Mais il faut être lucide : l'accès à la pratique d'un sport ne va pas de soi pour tout le monde. Il est même très inégal selon les territoires. Et les chiffres parlent d'eux-mêmes : le taux de licenciés dans les quartiers est plus de 2 fois inférieur au taux national.

Pour pratiquer du sport, encore faut-il y avoir accès : savoir à quelle porte frapper, connaître une salle, un terrain, un club, une association près de chez soi.

Or, il existe bel et bien des « Zones blanches du sport » aujourd'hui, en France.

Ce constat nous oblige. Tous, collectivement.

L'Etat prend sa part dans la correction de cette inégalité.

Dès cette année, j'ai demandé à ce que la moitié des crédits d'intervention du Centre national pour le développement du sport soient orientés vers les territoires en difficultés.

Car oui, ces territoires ont, plus qu'ailleurs, besoin d'une attention particulière, à travers le développement d'équipements sportifs, ou encore à travers la présence d'éducateurs sportifs.

Mais, là aussi, soyons lucides : l'Etat ne peut agir seul. Et, de fait, il n'est pas seul : énormément d'acteurs sont d'ores et déjà mobilisés sur le terrain. Énormément d'énergies sont déployées pour permettre au plus grand nombre de découvrir les vertus du sport. Vous en êtes la preuve.

L'Etat doit être un facilitateur et un accélérateur de toutes vos initiatives dans les quartiers :

- en vous permettant de vous rencontrer, tout d'abord. Parfois, on partage des valeurs, des objectifs, et on ne se parle pas assez. C'est précisément ce qui nous réunit aujourd'hui.
Je suis sûre que, dans cette salle, que vous soyez acteur associatif, sportif, élu, ou collaborateur d'entreprise…, vous avez pu, chacun, vous inspirer des différentes prises de paroles et des différentes expériences qui vous ont été présentées. Je suis sûre que de belles idées vont émerger de cet événement, et j'espère que le déjeuner auquel vous êtes tous cordialement invités vous permettra d'approfondir vos échanges pour les concrétiser.

- de cette rencontre doit naître l'idée que rien n'est impossible. L'obstacle que vous croyez insurmontable
dans votre projet, votre voisin a peut être trouvé la solution, détient peut être la bonne idée ou la ressource pour vous aider. C'est cela, la rencontre des solutions: mutualiser les bonnes idées et apporter la preuve que vos actions fonctionnent et peuvent donner de l'élan à bien d'autres encore. Je fais le voeu d'une intelligence collective au service des quartiers. C'est ensemble, en libérant les énergies de tous, à tous les niveaux que nous arriverons à relever le défi.

- l'Etat doit contribuer à cette intelligence collective. Le ministère des Sports travaille actuellement avec l'Observatoire national de la politique de la ville, pour établir une cartographie des territoires carencés en équipements sportifs. Ce travail nous permettra de mesurer précisément l'accessibilité à pied aux équipements pour les habitants de quartiers. Et d'identifier les territoires les plus carencés en équipements sportifs. Cette cartographie sera à votre disposition.

- l'Etat doit aussi vous accompagner pour renforcer vos actions et vous permettre de les déployer sur le territoire. C'est à cette fin que nous avons décidé, avec Jacques
MEZARD, de mobiliser une enveloppe de XX € pour soutenir financièrement les acteurs les plus actifs dans les quartiers.

Mesdames et messieurs, cette Rencontre des solutions est un rendez-vous important, et je tiens à remercier chaleureusement la Friche Belle de Mai pour son accueil dans ce lieu magnifique. Cette Rencontre démontre combien fédérations, associations et Etat ont tout à gagner à travailler main dans la main pour développer le sport dans les quartiers.

Mais cette Rencontre ne doit pas être un “one shot”. Elle doit se poursuivre et se structurer :

- ici, à Marseille, et je remercie les services de l'Etat pour leur mobilisation. Elle sera essentielle pour que ce travail de co-construction se poursuive au-delà de la rencontre d'aujourd'hui
- cette dynamique doit aussi se poursuivre partout sur le territoire, et je vous annonce que nous organiserons une Rencontre des solutions par trimestre, de façon à couvrir l'ensemble des Régions de France.

Le Président de la République m'a demandé de mobiliser 3 millions de pratiquants d'activités physiques et sportives supplémentaires d'ici 2022.

Je sais que c'est aussi et surtout grâce à votre mobilisation que nous pourrons amener le plus grand nombre de nos concitoyens à la pratique, en particulier dans les territoires fragiles.

Je sais que nous pouvons compter sur vous, car nous partageons ce même objectif.

C'est une question d'égal accès au sport pour tous. C'est surtout une question d'égalité républicaine.


Je vous remercie.


Source http://sports.gouv.fr, le 1er août 2018

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