Interview de Mme Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes à LCI le 3 août 2018, sur la lutte contre les violences et le harcèlement sexuel. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes à LCI le 3 août 2018, sur la lutte contre les violences et le harcèlement sexuel.

Personnalité, fonction : SCHIAPPA Marlène.

FRANCE. Secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes

ti :

ADRIEN BORNE
L'invité politique ce matin de La Matinale LCI, Marlène SCHIAPPA, bonjour…

MARLENE SCHIAPPA
Bonjour.

ADRIEN BORNE
Secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes. Ultime conseil des ministres tout à l'heure auquel vous ne serez pas en tant que secrétaire d'Etat, je crois en revanche que vous serez dans le bureau du Premier ministre cet après-midi pour votre entretien d'évaluation, c'est ça ?

MARLENE SCHIAPPA
Absolument.

ADRIEN BORNE
On distribue les bons et les mauvais points aux membres du gouvernement ?

MARLENE SCHIAPPA
Je vous le dirai en sortant mon entretien d'évaluation.

ADRIEN BORNE
Mais c'est le bus en tout cas de dresser le bilan de votre action individuellement ?

MARLENE SCHIAPPA
Oui bien sûr, on a une feuille de route, on a eu une feuille de route quand nous avons été nommés, là l'idée c'est de voir ce que nous avons fait et pas fait sur la feuille de route et puis peut-être d'avoir aussi un temps d'échange avec le Premier ministre sur la manière dont on envisage notre action pour l'année à venir parce que là on a été dans une année – une première année – très chargée, très dense, nous avons lancé beaucoup de chantiers et, là, il va falloir les mettre en oeuvre et ça ne sera pas plus simple.

ADRIEN BORNE
C'est le modèle start-up nation un peu dont on parle beaucoup finalement, parce que dans les entreprises c'est classique les entretiens individuels comme ça, c'est ce modèle-là ?

MARLENE SCHIAPPA
Oui, moi je suis très favorable à ça, c'est-à-dire à évaluer l'efficacité. Je le fais pour tout, je mets des indicateurs d'évaluation d'efficacité pour toutes les mesures que je lance, moi-même j'ai évalué les collaborateurs de mon cabinet, je crois que c'est quelque chose de très sain qui permet aussi de savoir ensemble où on veut aller et comment on y va, je pense qu'il n'y a jamais assez de temps d'échange à cet égard.

ADRIEN BORNE
Encore faut-il coller justement au standard qu'on vous a fixé ?

MARLENE SCHIAPPA
Nous verrons !

ADRIEN BORNE
Vous avez un doute ?

MARLENE SCHIAPPA
Non, je n'ai a priori pas beaucoup de doute, mais ce sera au Premier ministre de dire ce qu'il en est, mais les critères d'évaluation étant la collégialité dans laquelle il me semble je travaille et la manière dont on a avancé sur notre feuille de route... Moi je rappelle que, quand j'ai été nommée, tout le monde disait : « c'est un petit secrétariat d'Etat, on ne fera rien, etc. », résultat c'est la grande cause du quinquennat, il y a un projet de loi que j'ai porté qui a été voté à l'unanimité à l'Assemblée nationale et au Sénat, on a réussi à faire exister dans le débat public les questions d'égalité femmes-hommes, donc j'ai l'impression qu'il reste encore énormément de choses à faire mais que beaucoup de choses ont été faites cette première année.

ADRIEN BORNE
On va parler de votre bilan au sein de votre secrétariat d'Etat, plus généralement vous diriez que cette année elle a été mouvementée pour le gouvernement ?

MARLENE SCHIAPPA
Oui elle l'a été, parce que nous sommes un gouvernement inédit avec des gens qui viennent d'engagements politiques de gauche, d'engagements politiques de droite et des gens qui viennent de la société civile et qui n'ont jamais eu auparavant d'engagement politique partisan, donc nous avons construit cette nouvelle manière de faire de la politique dans la ligne de ce qu'a lancé le président de la République et le mot d'ordre du président de la République c'était de transformer le pays, donc forcément quand on transforme ça bouge toujours un peu.

ADRIEN BORNE
C'est un peu difficile, c'est un peu laborieux, c'est ça ce que vous dites aussi parfois la mise en place ?

MARLENE SCHIAPPA
Non, je ne dis pas que ce soit laborieux mais je dis qu'on n'arrive pas à créer une start-up nation en claquant des doigts, ça demande du travail, il faut changer de culture, parfois on se heurte à une forme de bureaucratie ou de lenteur administrative et, donc, il faut réussir à transformer cela avec les gens qui sont de bonne volonté. Parce que l'Etat c'est une grosse machine et c'est aussi une machine avec beaucoup d'experts et beaucoup de gens qui sont justement au service des Françaises et des Français, donc il faut qu'on travaille avec les gens…

ADRIEN BORNE
Et qui vous retarde parfois ?

MARLENE SCHIAPPA
Ca dépend, ce qui retarde c'est la machine, c'est le système, ce sont les habitudes, moi la phrase que je déteste entendre, c'est : « on a toujours fait comme ça » ou « ça ne rentre dans aucune case ». Je vous donne un exemple ! Quand j'ai été nommée j'ai voulu créer pour les collaborateurs du ministère un bureau des enfants, c'est-à-dire une petite pièce dans laquelle quand vous avez un problème de mode de garde vous pouvez venir avec vos enfants sur votre lieu de travail, ça a pris des mois parce qu'on m'a opposé à chaque fois le fait de dire : « ça ne rentre dans aucune case, on n'a jamais fait ça avant, etc. » et donc, finalement, on a réussi à le faire et on a créé une nouvelle case.

ADRIEN BORNE
Vous ne serez pas face au président de la République tout à l'heure au conseil des ministres, mais vous étiez mercredi à l'Elysée…

MARLENE SCHIAPPA
Oui.

ADRIEN BORNE
Il y avait une réunion autour du président de tous les membres du gouvernement, quel a été le message : « continuer comme ça ou il y a des choses à changer, il y a des choses à rectifier », qu'est-ce qui vous a dit le chef de l'Etat ?

MARLENE SCHIAPPA
Non. D'abord c'était un moment de convivialité parce que c'était un dîner avec aussi un certain nombre de conjoints des membres du gouvernement, donc le message c'est un message de collégialité, de travail, on va se quitter pendant deux petites semaines pour mieux se retrouver au travail après.

ADRIEN BORNE
Certains disent qu'avec l'affaire BENALLA qui a un petit peu secoué la fin de cette session extraordinaire, notamment à l'Assemblée, certains disent que c'est la fin de la naïveté pour la majorité, c'est comme ça que vous le diriez aussi, qu'il y avait une forme de naïveté jusque-là ?

MARLENE SCHIAPPA
Non, je n'ai pas l'impression qu'il y ait une forme de naïveté. Moi vous savez si j'ai une grande fierté c'est d'avoir été membre de la Commission nationale d'investiture qui a choisi les députés de La République En Marche et moi c'est toujours une fierté quand je vais à l'Assemblée nationale et que je vois ces gens, jeunes ou moins jeunes, qui ont un parcours de la société civile, qui ont un parcours associatif, parfois politique, qui sont pour certains de très brillants d'experts dans leur domaine travailler et représenter la Nation avec notamment…

ADRIEN BORNE
Ils ne sont pas toujours formés au jeu politique qui est complexe et on l'a vu avec l'affaire BENALLA, c'est parfois compliqué ?

MARLENE SCHIAPPA
Mais est-ce qu'on a besoin d'être formé au jeu politique ou est-ce qu'on a besoin de réinventer le jeu politique ? Est-ce qu'on a besoin de posture ? Est-ce qu'on a besoin de faire comme le fait la France Insoumise de manipuler un petit peu à ce qui est à notre disposition, c'est-à-dire que la France Insoumise là sur les trois derniers textes de loi a déposé des motions de rejet préalable pour finalement parfois voter même pour les textes pour lesquels ils déposaient des motions de rejet préalable ? Donc on a un enjeu politicien de l'obstruction, je ne suis pas certaine que ce soit véritablement ça que les gens attendent.

ADRIEN BORNE
Vous partez en vacances aujourd'hui…

MARLENE SCHIAPPA
Oui.

ADRIEN BORNE
Pour deux semaines et demie - trois semaines demain…

MARLENE SCHIAPPA
Non 10 jours.

ADRIEN BORNE
10 jours seulement ?

MARLENE SCHIAPPA
Oui.

ADRIEN BORNE
Est-ce que ce n'est pas un peu excessif de demander au ministre, ce n'est pas nouveau avec ce gouvernement, ne pas partir trop loin, de ne pas partir trop longtemps, on ne vous lâche pas en fait ?

MARLENE SCHIAPPA
Mais, attendez, je trouve ça extrêmement indécent de se plaindre qu'on ne peut pas partir longtemps, il y a énormément de gens qui d'abord n'ont pas de travail – donc n'ont pas de vacances - et il y a des gens qui ont des vacances mais n'ont pas les moyens de partir en vacances, donc je ne vais absolument pas me plaindre de ma situation.

ADRIEN BORNE
Donc, ça vous suffit quelques jours de vacances après l'année vous avez…

MARLENE SCHIAPPA
Ca ira très bien.

ADRIEN BORNE
Ca ira très bien. Justement cette année elle a été riche et elle s'est conclue très récemment puisque à la toute fin de la session extraordinaire, je crois même que c'est le dernier texte qui a été voté, les députés vous l'avez dit à l'unanimité - il y a eu quand même quelques abstentions - ont voté votre projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles, si on doit résume il y a beaucoup de points, il y a quelques piliers : la verbalisation du harcèlement de rue, l'allongement de 20 à 30 ans du délai de prescription pour les viols sur mineurs, il y a aussi des mesures sur le cyber harcèlement. Je voudrais qu'on rend en détail un peu, le harcèlement de rue d'abord, une loi et une réalité qui est venue se rappeler à nous à travers les images brutales de l'agression de Marie LAGUERRE - cette jeune femme qui a refusé de baisser les yeux face aux insultes et qui a essuyé les coups de son agresseur - dans un cas comme celui-ci de votre loi elle change quoi ?

MARLENE SCHIAPPA
D'abord moi je suis toujours extrêmement prudente, parce que je trouve qu'il est facile de dire : « là il s'est produit ça, mais, si ma loi avait été en oeuvre, ça ne serait pas produit », la vérité c'est qu'on ne sait pas. Mais néanmoins là ce qu'on voit c'est que - dans cette vidéo - on observe un continuum des violences sexistes et sexuelles, c'est-à-dire que ça commence avec des bruits de bouche, des bruits d'animaux, puis des insultes, puis des cris, puis un jet de cendrier, puis un coup extrêmement violent qui fait le chanceler de cette jeune femme, nous ce que nous voulons c'est arrêter le continuum des violences sexistes et sexuelles dès le début, dès le harcèlement de rue, donc nous recrutons 10.000 policières et policiers de la Police de la Sécurité du Quotidien qui seront formés et équipés pour verbaliser le harcèlement de rue en flagrant délit et, donc, pour abaisser le seuil de tolérance de notre société. C'est-à-dire que pendant des générations on s'est dit que c'était la fatalité, que ça a toujours été comme ça, que les femmes quand elles sortent eh ben oui elles sont suivies, intimidées, invectivées, menacées, nous refusons cette fatalité, nous voulons y mettre fin.

ADRIEN BORNE
Et qu'est-ce que vous répondez aux policiers, c'est le syndicat Unité SGP Police qui dit par exemple : « c'est inapplicable » ?

MARLENE SCHIAPPA
Plusieurs choses : d'abord il y a effectivement certains responsables de syndicats policiers qui disent cela, mais c'est une minorité, nous pour construire notre loi nous avons fait un tour de France de l'égalité femmes-hommes, nous avons interrogés 55.000 personnes, donc beaucoup de policiers, la police nationale municipale, la gendarmerie et puis à des forces de l'ordre en général qui ont à coeur de mieux protéger les femmes et qui ont hâte de pouvoir mettre cela en oeuvre ; et puis enfin les policiers, la loi elle a été votée, donc les policiers feront respecter la loi.

ADRIEN BORNE
Oui. Mais eux disent : « la contravention ça nécessite un flagrant délit », on est bien d'accord ?

MARLENE SCHIAPPA
Tout à fait, c'est le principe de contravention.

ADRIEN BORNE
Et ce n'est pas une limite justement ce genre de…

MARLENE SCHIAPPA
C'est évidemment une limite, mais on peut toujours dire que ça ne marchera jamais, on peut toujours être défaitiste par avance, moi je crois que pendant des années la question du harcèlement de rue elle était sous les radars des politiques publiques, enfin on pose un acte très volontariste avec des moyens qui y sont associés et des actions. Je rappelle qu'il y aura aussi des stages en plus à la charge des harceleurs auxquels ils seront condamnés, donc là je pense qu'il faut mettre cela en oeuvre, seul ça ne suffira pas, mais, si toute la société s'y met et si les témoins interviennent - c'est pour ça que nous lançons une grande campagne télévisée à partir de la rentrée avec un investissement de quatre millions d'euros pour interpeller les témoins - et leur dire que : « quand une femme est harcelée, quand on est frappée par son mari , chez elle, quand une femme est violée, ce n'est jamais une affaire privée, c'est une affaire de société et il faut que les témoins interviennent ou témoignent ».

ADRIEN BORNE
Justement les témoins sur le cas de Marie LAGUERRE on les voit sur cette vidéo, ils se lèvent, ils interviennent, comment vous jugez eux leur attitude à ces témoins ? Certains disent : « ils font ce qui est normal », d'autres : « ils ne vont pas assez loin », vous, vous estimez que quoi ?

MARLENE SCHIAPPA
Moi, comme je le disais tout à l'heure, je suis toujours très prudente et je me garderais bien de juger l'attitude de tel ou tel, ou de dire : « moi à leur place j'aurais fait ci ou ça ». En revanche sur ces images particulièrement, ce sont des images qui vont très vite, mais ça veut dire que nous devons réussir à créer ce que le président de la République appelle une société de la vigilance - c'est vrai pour le sexisme, c'est vrai pour le terrorisme et c'est vrai pour beaucoup d'autres sujets - nous devons être dans une société dans laquelle chaque citoyen joue pleinement son rôle et est vigilant et attentif à ce qui se passe autour de lui et se sent légitime…

ADRIEN BORNE
C'est difficile face à des situations de violences ?

MARLENE SCHIAPPA
Bien sûr que c'est difficile, je ne dis pas que ce soit facile. Mais là quand nous avons 12 personnes qui assistent à cela, les 12 personnes peuvent se lever, intervenir, s'interposer, ou en tout cas les témoins leur rôle ça peut être aussi d'aller témoigner après et, là, je crois que c'est ce que ces témoins ont fait - donc il faut leur rendre grâce pour cela – ils sont allés me semble-t-il apporter des témoignages qui permettront d'identifier l'agresseur et, ça, c'est très important parce que parfois les femmes se disent : « moi je n'ai pas de preuve, je n'ai pas d'élément d'identification », si vous avez trois – quatre témoins qui sont en mesure eux de décrire et d'identifier cette personne, elle pourra être condamnée.

ADRIEN BORNE
Il y a beaucoup de choses qui circulent sur les réseaux sociaux, vraies ou fausses ces choses…

MARLENE SCHIAPPA
Oui.

ADRIEN BORNE
Un regard insistant vaudra-t-il 90 euros d'amende, comme on peut le lire parfois ?

MARLENE SCHIAPPA
Faux, un regard insistant ou pas ne vaudra pas d'amende, ce n'est pas vrai, cette information je pense qu'elle vient d'un certain nombre de débats qui ont pu avoir lieu précédemment sur la question du harcèlement de rue. Nous, nous disons dans la loi : « il n'est pas fait mention de regard appuyé, il est fait mention : « de ce qui crée une situation manifestement dégradante, humiliante, intimidante pour les femmes ». Le harcèlement de rue ce n'est pas la séduction, le harcèlement de rue c'est quoi ? C'est suivre une femme pendant une, deux, trois, quatre, cinq rues, c'est faire des bruits avec sa bouche comme l'a entendu tout à l'heure, c'est rentrer dans son espace intime, c'est-à-dire nous savons toutes et tous qu'il y a des codes sociaux, je ne vous parle pas à deux centimètres de votre oreille c'est rentrer dans son espace intime, la suivre, lui demander 40 fois son numéro de téléphone c'est cela le harcèlement de rue, ce n'est pas faire un compliment gentiment ou regarder quelqu'un.

ADRIEN BORNE
Vous étiez très en colère contre le député de la France Insoumise Ugo BERNALICIS mercredi lui reprochant d'avoir eu un comportement sexiste à l'égard de votre collègue Brune POIRSON, il faisait des gestes mimant des baisers, c'est du sexisme ça ?

MARLENE SCHIAPPA
Ecoutez, pendant ma collègue était en train de parler, dans un premier temps j'ai vu ce député en train de mimer le fait de l'attraper et de la prendre dans ses bras et en faisant ces gestes-là de manière extrêmement théâtrale et j'ai mon voisin Benjamin GRIVEAUX en lui disant : « je ne comprends pas ce qu'est en train de faire ce député », je lui ai fait signe : « je vous vois, c'est inapproprié ce que vous êtes en train de faire » et il a continué en lui jetant des baisers comme ça de façon très agressive en se jetant vers elle pendant qu'elle parlait. Le sexisme, c'est quoi ? Le sexiste c'est traiter différemment, négativement en général, une personne en raison de son sexe, je crois qu'on ne traiterais pas un député ou un ministre homme de cette manière et je crois que c'est ce que vivent beaucoup de femmes dans le monde du travail - d'ailleurs dans le Code du travail ça s'appelle un agissement sexiste », si vous êtes en réunion et que pendant qu'il y a une femme qui parle et il y a un homme qui lui envoie des baisers pour la discréditer, je crois que c'est indécent et je crois qu'il faut réagir. Moi je suis animée par un esprit de sororité et de solidarité féminine, donc je ne peux pas laisser ma collègue se faire traiter de la sorte sans réagir, avec son accord j'ai donc réagi.

ADRIEN BORNE
Je précise qu'Ugo BERNANICIS lui dément tout sexisme et estime que c'est de l'instrumentalisation de votre part.

MARLENE SCHIAPPA
Il a le droit de démentir et d'expliquer que c'est pour autre chose, mais j'espère qu'il aura compris que ce n'est pas quelque chose à reproduire et que, quelle que soit la raison, il dit - je vais le dire - il dit qu'il envoyait des baisers au monde de la finance pour parodier le gouvernement, dans le cas d'une question sur le réchauffement climatique je ne vois pas bien le rapport. Peut-tre que c'est aussi du sexisme inconscient, je ne dis pas que ce soit un odieux personnage, je dis juste que ce qu'il a fait là ça ne se fait pas, présenter des excuses l'honorerait.

ADRIEN BORNE
Vous dites souvent qu'il faut arrêter l'escalade très vite et, pour ça, ça commence peut-être dès le plus jeune âge…

MARLENE SCHIAPPA
Oui.

ADRIEN BORNE
Dès l'école, le collège, le lycée. Il y a une loi qui existe, qui n'est pas mise en oeuvre, qui stipule qu'il y a trois séances par an d'éducation à la vie affective et sexuelle, pourquoi est-ce qu'elles ne sont pas mises en oeuvre ces séances, c'est un tabou en France ?

MARLENE SCHIAPPA
Vous savez il y a plusieurs sujets. D'abord, il y a effectivement le fait que ce sont des sujets qui sont considérés parfois comme clivant, je vous rappelle les ABCD de l'égalité qui avaient généré un certain nombre de problèmes, peut-être d'abord parce que les parents s'en étaient senti exclus et moi, en tant que mère de famille, j'avoue très humblement que j'aime savoir ce qu'on va expliquer à mon enfant à l'école ; Ensuite ? parce qu'il y a des gens qui ont voulu instrumentaliser cette question à des fins de politique sans doute politicienne. Maintenant ce que nous faisons avec Jean-Michel BLANQUER c'est que nous appliquons la loi, donc le ministre de l'Education nationale Jean-Michel BLANQUER a adressé une circulaire aux recteurs - parce que ce que nous avons observé aussi c'est que si ça n'est pas mis en oeuvre c'est aussi peut-être parfois parce que c'est compliqué pour les chefs d'établissement qui ont déjà énormément de travail, qui n'ont parfois pas le temps d'aller identifier le bon interlocuteur, etc. - donc, nous, nous avons adressé, Jean-Michel BLANQUER plus exactement a adressé une circulaire aux recteurs leur demandant de mettre en oeuvre la loi de 2001 et nous avons adressé un catalogue avec les associations qui ont un agrément IMS - Intervention en Milieu Scolaire - pour qu'il soit simple pour les chefs d'établissement de mettre en oeuvre ces séances ; Et je tiens à préciser, parce qu'il y a là encore beaucoup de fausses informations, qu'il ne s'agit pas de dire aux petits garçons de mettre des jupes, de transformer les petites filles en petits garçons, etc., il ne s'agit pas non plus de faire de l'éducation à la sexualité qui serait inapproprié par rapport à l'âge, il s'agit par exemple de parler de respect de soi, de respect de son corps, d'égalité entre les filles et les garçons, de lutte contre les stéréotypes... vous savez il y a très peu de jeunes filles qui s'orientent par exemple dans la science et, ça, ça trouve sa racine dans les stéréotypes.

ADRIEN BORNE
Merci Marlène SCHIAPPA…

MARLENE SCHIAPPA
Merci à vous.

ADRIEN BORNE
D'avoir accepté l'invitation de La Matinale LCI, bonnes vacances à vous donc…

MARLENE SCHIAPPA
Merci.

ADRIEN BORNE
Et on voit qu'il y a encore beaucoup de chantiers en cours. Merci d'avoir accepté notre invitation.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 6 août 2018

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