Interview de Mme Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation à LCI le 16 août 2018, sur l'accompagnement des étudiants en recherche d'inscription et d'affectation à l'université sur le logiciel Parcoursup. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation à LCI le 16 août 2018, sur l'accompagnement des étudiants en recherche d'inscription et d'affectation à l'université sur le logiciel Parcoursup.

Personnalité, fonction : VIDAL Frédérique.

FRANCE. Ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation

ti :


BENJAMIN CRUARD
Invitée de La Matinale LCI aujourd'hui Frédérique VIDAL, bonjour…

FREDERIQUE VIDAL
Bonjour.

BENJAMIN CRUARD
Vous êtes ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation. Madame la Ministre, un mot d'abord sur la catastrophe en Italie, quatre Français parmi les victimes, vous nous confirmez ce matin que les autorités françaises, que le gouvernement sont pleinement mobilisés pour accompagner les familles, les proches ?

FREDERIQUE VIDAL
Oui absolument, les familles ont été prévenues, elles bénéficient bien sûr de l'assistance du gouvernement, elles ont été mises en contact avec les autorités, localement c'est un drame vraiment terrible qui touche à la fois toute l'Italie mais aussi ces familles françaises et je crois que toute la France est aussi extrêmement émue de ce drame.

BENJAMIN CRUARD
C'est un accompagnement sur la durée qui va se mettre en mettre auprès des…

FREDERIQUE VIDAL
C'est un accompagnement qui va aussi nécessiter probablement un accompagnement psychologique, oui bien sûr.

BENJAMIN CRUARD
Je sais que ce n'est pas vraiment votre domaine de compétence, mais, en tant que citoyenne et aussi ministre, quand vous voyez ce rapport en France qui montre qu'un tiers des ponts nécessite des réparations, qu'est-ce que ça vous inspire ? Est-ce que ça vous inquiète ?

FREDERIQUE VIDAL
Evidemment.

BENJAMIN CRUARD
De nombreux Français ce matin découvrent ces chiffres, il y a de quoi s'inquiéter ?

FREDERIQUE VIDAL
Bien sûr. A la mi-mai Elisabeth BORNE, lorsqu'elle a reçu ce rapport, a tout de suite indiqué que nous travaillerions sur une loi de programmation pour les infrastructures à la fois la réparation des routes et aussi des ouvrages sur les sciences et, donc, c'est quelque chose qui est déjà dans le calendrier de la rentrée.

BENJAMIN CRUARD
Malgré le contexte budgétaire qui est un peu tendu, avec des chiffres de croissance qui sont compliqués…

FREDERIQUE VIDAL
Il y a eu des défauts d'investissement et c'est très important de faire ces investissements parce qu'on le voit lorsqu'ils manquent ils peuvent conduire à des drames, donc bien sûr c'est très important d'être en capacité d'investir sur le long terme sur les routes et les ouvrages routiers.

BENJAMIN CRUARD
Pour conclure sur ce dossier, quand vous entendez le vice-Premier ministre italien, le ministre de l'Intérieur, dire : « c'est de la faute de l'Europe, c'est de la faute des contraintes budgétaires », quel commentaire cela vous inspire ?

FREDERIQUE VIDAL
Je trouve que c'est peut-être un petit peu indécent de mettre ça sur le dos de l'Europe dès le lendemain du drame, je crois qu'avant toute chose il faut respecter le temps du deuil et puis bien sûr lancer des enquêtes qui sont nécessaires, mais se défausser sur les autres ça n'a jamais été une attitude que j'approuve.

BENJAMIN CRUARD
On va revenir à votre domaine de compétence, puisque votre dossier majeur du moment s'appelle Parcoursup, le logiciel qui doit donner les affectations aux bacheliers pour la rentrée, combien d'étudiants ce matin n'ont pas d'affectation pour la rentrée à trois semaines de cette rentrée universitaire ?

FREDERIQUE VIDAL
On a dépassé les 590.000 étudiants qui savent où ils seront à la rentrée, nous avons un peu moins maintenant de 16.000 jeunes qui sont accompagnés par les services du rectorat qui vont leur faire des propositions, les inscriptions vont se faire maintenant de façon définitive - pour le moment c'était des préinscriptions – et on sait que tous les ans il y a à peu près 800.000 demandes de préinscriptions pour 600.000 inscriptions définitives, donc les chiffres cette année sont à peu près similaires. Je sais qu'il y a une bataille de chiffres sur 16.000, 66.000, je crois qu'il faut être sérieux, on n'est pas là pour faire des calculs de comptable. Moi je sais que nous avons aujourd'hui un peu moins de 16.000 jeunes qui sont toujours actifs, qui cherchent, que l'on accompagne, que l'on aide ; et puis, comme tous les ans, à peu près 50.000 jeunes qui ont changé d'avis pendant l'été, qui ne répondent plus aux sollicitations qui leur sont faites au travers de la plateforme qui ont changé leurs plans qui sont entrés en apprentissage, qui.…

BENJAMIN CRUARD
Ca c'est un peu l'angle mort, on ne sait pas trop ce qu'ils deviennent ces 50.000 que vous qualifiez d'inactifs ou de…

FREDERIQUE VIDAL
Absolument, mais ça c'est ce qui se passe absolument tous les ans et c'est pour ça que cette année ce que nous avons choisi de faire c'est de continuer à les suivre pour savoir ce qu'ils font, parce que ça nous paraît très important si l'on veut améliorer le système - et c'est évidemment tout l'objectif du gouvernement - de savoir exactement ce que deviennent tous les bacheliers. Donc, aujourd'hui, c'est à peine 9.200 bacheliers qui sont encore en recherche active sur les 16.000 qui sont en en recherche, les autres sont, soit des étudiants qui sont en réorientation, soit des inscrits qui viennent de l'étranger, des étudiants internationaux.

BENJAMIN CRUARD
Des étudiants se sont plaints d'avoir été placés dans la case « inactifs » parce qu'ils n'avaient pas été connectés à Internet pendant plusieurs jours de suite ou parce qu'ils n'avaient pas reçu de message, donc vous n'excluez pas certains bugs ?

FREDERIQUE VIDAL
Oui, j'entends tout à fait les commentaires de quelques pseudo-experts, les mêmes ont tout à fait reconnu que lorsqu'ils ont contacté les services de Parcoursup qui ont travaillé tout l'été ils ont immédiatement ont retrouvé leur place et leur rang, le système n'a pas changé de ce point de vue là - on a toujours trois jours pour répondre - mais évidemment pour ceux qui se trouvent dans l'impossibilité de répondre pendant ces trois jours on a des systèmes de récupération qui sont mis en place et qui fonctionnent très bien.

BENJAMIN CRUARD
Ça va se débloquer dans les prochains jours, on sait à quel moment vraiment ça va s'accélérer, il y a des étudiants qui ont fait plusieurs choix, qui ont une affectation, mais qui attendent avant de l'accepter ?

FREDERIQUE VIDAL
Oui.

BENJAMIN CRUARD
Ça va se débloquer ? Vous leur demandez d'en prendre une maintenant de choisir pour libérer les places ?

FREDERIQUE VIDAL
Non, je crois qu'il ne faut pas culpabiliser les jeunes qui actuellement ont déjà une proposition mais attendent de regarder ce qui va se passer encore dans les prochains jours, ils n'occupent qu'une place, sur laquelle ils ont ils ont accepté, sur les autres ils sont en attente, ils attendent juste de voir ce qui va se passer. Les inscriptions démarrent sur toutes les filières sélectives de manière administrative le 27 août, donc à ce moment-là tout étudiant qui s'inscrira fera un choix définitif et les choses vont évoluer. On est dans une situation qui, par rapport à l'année dernière, nous a permis d'avoir 50.000 jeunes de plus qui ont accepté une proposition, donc c'est une situation qui est certainement encore perfectible.…

BENJAMIN CRUARD
Par rapport à APB.

FREDERIQUE VIDAL
Mais qui est satisfaisante. Par rapport à APB on n'a pas tiré au sort, on a 50.000 jeunes de plus qui savent où ils iront à la rentrée et qui ont accepté les propositions qui leur étaient faites.

BENJAMIN CRUARD
Vous nous dites ce matin que les 16.000 étudiants, un peu moins, qui n'ont pour l'instant pas précisément leur affectation en auront une avant la rentrée universitaire ?

FREDERIQUE VIDAL
Absolument.

BENJAMIN CRUARD
C'est un engagement que vous prenez ?

FREDERIQUE VIDAL
Absolument, c'est un engagement que j'ai pris et toutes les équipes ont travaillé là-dessus cet été, ils ont les dossiers de ces jeunes et au fur à mesure que les inscriptions vont se faire et que des places vont se libérer des propositions leur seront faites.

BENJAMIN CRUARD
Si on se met à la place de ces 16.000 étudiants qui ne savent pas, ni vraiment vers quelle filière ils vont aller, ni la ville, c'est très difficile de s'organiser pour une rentrée : trouver un logement, gérer les trajets... il va y avoir une aide ? Ils vont être aidés ?

FREDERIQUE VIDAL
Absolument. Donc nous avons débloqué des financements qui vont leur permettre justement d'être aidés s'ils doivent s'éloigner de la ville dans laquelle ils habitent, après il faut être conscient que la très, très grande majorité des lycéens choisit une offre de formation dans leur environnement, les mouvements d'étudiants se font beaucoup plus en fin de licence que vraiment entre le bac et la rentrée dans l'enseignement supérieur où la très grande majorité des jeunes en proximité de chez eux, mais, s'ils doivent bouger, évidemment des aides sont prévues et, là encore, les recteurs disposent à la fois de financement et les CROUS sont présents aussi pour les accompagner.

BENJAMIN CRUARD
Même pour les étudiants qui restent on va dire dans leur région il y a ce problème de candidater pour les plus modestes pour les logements étudiants au niveau du CROUS, est-ce que quand on remplit nos formulaires il faut marquer la filière, la ville, ils ne vont pas arriver un peu en retard ? Est-ce qu'ils ne vont pas arriver après la bataille ?

FREDERIQUE VIDAL
Le processus a été travaillé évidemment entre les rectorats et les CROUS de manière à ce qu'il y ait un accompagnement qui puisse être fait, c'est quelque chose qui n'est pas non plus une surprise totale si je puis dire puisque les jeunes ont fait leurs voeux et donc ils savent où est-ce qu'ils ont demandé à aller et puis les commissions rectorales – et c'est tout l'intérêt d'avoir remis de l'humain - peuvent parfois proposer aux jeunes des formations qui sont plus proches de chez eux, qui sont similaires mais qu'il n'avaient pas trouvées sur la plateforme, parce que la plateforme c'est quand même 13.500 formations et c'est pour ça que c'était très important de remettre de l'humain dans le système.

BENJAMIN CRUARD
C'est quand même un axe d'amélioration pour les années à venir le délai, le moment où l'on reçoit son affectation, il faut quand même s'améliorer sur ce…

FREDERIQUE VIDAL
Oui, j'aurais aimé…

BENJAMIN CRUARD
On n'est pas dans la perfection quand même ?

FREDERIQUE VIDAL
Non. Mais l'important c'était qu'on ne tire plus au sort, c'était vraiment l'engagement que j'avais pris l'année dernière - 60.000 jeunes tirés au sort l'an dernier ce n'était plus possible - et donc c'est pour ça que nous avons mis ce nouveau système en place, je réunis tous les recteurs le 22 août, je vois tous les présidents d'université le 29 et évidemment nous ferons un bilan à la fin du mois de septembre, à la fin de la procédure.

BENJAMIN CRUARD
On reproche au système parfois son opacité, savoir que vous avez révélé l'algorithme global, mais les critères utilisés dans les universités, dans les filières pour dire oui ou non là c'est un peu moins visible et d'ailleurs des syndicats ont porté l'affaire devant le Défenseur des droits, qu'est-ce que vous leur dites ?

FREDERIQUE VIDAL
On n'a jamais été aussi transparent, on n'a jamais communiqué les chiffres au jour le jour comme on le fait actuellement. Moi, mon objectif c'est vraiment de m'occuper de faire en sorte que chacun puisse trouver sa place dans l'enseignement supérieur, s'il souhaite y aller. Donc j'entends évidemment là aussi ces critiques, mais voilà, il faut bien comprendre qu'il y a aussi des gens qui critiquent pour critiquer. L'algorithme a été publié 3 mois avant la date limite fixée par la loi, ça n'avait jamais été fait, il a été publié de façon informatique. Maintenant, effectivement, dans les lycées pour les classes préparatoires, dans les BTS, dans les IUT, dans les universités, des jurés se sont réunis pour classer les candidats, et ça s'appelle la liberté des jurys, et évidemment c'est aussi le droit des candidats que de demander les raisons qui ont amené au classement qui les concernent. Et donc…

BENJAMIN CRUARD
Ils y ont accès ?

FREDERIQUE VIDAL
Absolument, ils y ont rien accès dès la fin de la procédure, donc au mois de septembre, tous ceux qui souhaitent savoir pourquoi ils ont été classés de cette façon, peuvent le demander, et ça fait partie de la transparence que nous avons voulue pour ce système.

BENJAMIN CRUARD
Dans le fond, Parcoursup, APB, le problème de fond n'est-il pas le nombre de places pour les étudiants dans les facs ? Est-ce qu'il n'y a pas trop de monde à vouloir aller à l'université ?

FREDERIQUE VIDAL
La raison pour laquelle on a 50 000 jeunes de plus cette année, qui ont reçu et accepté une proposition, c'est aussi qu'on a ouvert 30 000 places supplémentaires, on a créé 350 emplois supplémentaires pour la rentrée, pour accueillir en fait la bosse démographique qui était prévisible depuis l'an 2000, puisque ce sont les bébés des années 2000 qui arrivent aujourd'hui dans l'enseignement supérieur, et donc ça aussi c'était inédit, nous avons ouvert 30 000 places dans les filières qui sont les plus demandées par les jeunes, et c'est ce qui a permis de à 50 000 jeunes de plus que l'an dernier, d'avoir une proposition et de l'accepter.

BENJAMIN CRUARD
Il y a un classement, Frédérique VIDAL, qui est publié chaque année, qui est assez attendu, le classement de Shanghai et on regarde les meilleures universités du monde, voilà, nous sommes seulement trois, trois universités dans le top 100. Donc, Sorbonne Université 36ème, la meilleure. Chaque année on nous dit qu'il faut s'améliorer et chaque année on est loin des meilleurs, des Etats-Unis et du Royaume-Uni.

FREDERIQUE VIDAL
Le classement de Shanghai, c'est un classement parmi d'autres. Alors effectivement c'est celui qui a peut-être le plus de retentissement médiatique.

BENJAMIN CRUARD
Il a un impact dans le monde aussi, pas seulement que chez nous.

FREDERIQUE VIDAL
Oui oui, absolument, c'est un classement qui est très attendu, très attendu dans le monde entier, mais c'est un classement parmi d'autres, ce que je veux dire par là c'est qu'il prend en compte des critères qui sont des critères qui lui appartiennent, mais qui ne sont pas forcément des critères qui correspondent à la réalité de l'enseignement supérieur en France et en Europe d'ailleurs, et donc ça, ça veut dire qu'il faut probablement que ce classement aussi évolue et prenne en compte, notamment en France, ce qui est en train de se passer en termes d'enseignement supérieur, vous voyez que PSL, qui lorsqu'il simule son classement à Shanghai, peut faire partie des 20 premier, ou l'université de Saclay, et ce sont des simulations qui sont faites par le classement de Shanghai lui-même, mais qui aujourd'hui ne reconnaît pas encore ces établissements et donc c'est le travail que nous avons à faire. Nous avons à clarifier la façon en s'organise l'enseignement supérieur en France, et puis nous avons aussi à faire valoir les atouts de la recherche et de la formation française, qui sont très nombreux.

BENJAMIN CRUARD
Vous dites quoi ? L'année prochaine on sera plus haut ?

FREDERIQUE VIDAL
Je dis que l'important, évidemment, l'importance d'un classement, c'est de permettre de se situer par rapport aux autres, mais je dis aussi qu'il y a d'autres classements et notamment des classements qui utilisent les critères qui correspondent plus à l'Enseignement supérieur et à la recherche européenne, qui valent aussi le coup d'être pris en compte. Ce classement, il a été créé pour que la Chine sache comment ses universités se plaçaient par rapport aux universités américaines, donc les critères qui ont été utilisés placent naturellement les universités américaines en tête.

BENJAMIN CRUARD
Les facs françaises qui, en termes d'image peut-être dans le monde, pâtissent aussi des derniers blocages au printemps. Vous avez garanti que 7 millions d'euros ont été dépensés pour les réparations. Ça sera réparé pour la rentrée ?

FREDERIQUE VIDAL
Oui, les réparations sont en cours et c'est un engagement que j'ai pris. L'ensemble des ces réparations sera pris en charge par le ministère. J'aurais évidemment préféré que cet argent permette d'améliorer les conditions d'accueil des étudiants, de rénover la pédagogie, de faire de nouvelles salles équipées d'ordinateurs, mais voilà, ça s'est passé comme ça, au printemps, quelques dizaines de personnes ont décidé de saccager les universités. Ça ne participe pas à la très bonne réputation des universités françaises, vous avez raison.

BENJAMIN CRUARD
Il y a des grosses réformes qui vont arriver, sociales, je pense notamment aux retraites, ça risque de provoquer de nouveaux blocages, d'envenimer en tout cas la situation au niveau des facs, est-ce que vous avez pris des dispositions pour anticiper ce qui s'est passé ?

FREDERIQUE VIDAL
Alors, j'espère vraiment très sincèrement que les jeunes qui rentrent à l'université ne sont pas déjà en train de se préoccuper de leur retraite. D'ailleurs, pour ceux que je connais, je dois avouer que ça n'est pas du tout le cas. Les blocages et les occupations des universités, ce n'est pas un problème, on a l'habitude de gérer ça, ce qui a été un problème, c'est vraiment la volonté de casser, de quelques-uns, que l'on a vu à l'oeuvre au printemps. Parce qu'il faut savoir que l'on a 2,6 millions d'étudiants en France, et au plus fort des manifestations, ils étaient quelques milliers, donc c‘était vraiment quelque chose qui était organisé pour casser.

BENJAMIN CRUARD
Merci Frédérique VIDAL d'être venue sur ce plateau.

FREDERIQUE VIDAL
Merci à vous.

BENJAMIN CRUARD
Excellente journée à vous.

FREDERIQUE VIDAL
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 16 août 2018

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