Entretien de Mme Nathalie Loiseau, ministre des affaires européennes, avec Cnews le 15 août 2018, sur les victimes françaises de l'effondrement d'un viaduc à Gênes en Italie. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretien de Mme Nathalie Loiseau, ministre des affaires européennes, avec Cnews le 15 août 2018, sur les victimes françaises de l'effondrement d'un viaduc à Gênes en Italie.

Personnalité, fonction : LOISEAU Nathalie.

FRANCE. Ministre des affaires européennes

ti :
Q - Nathalie Loiseau, vous êtes ministre chargée des affaires européennes, vous êtes avec nous par téléphone. Bonsoir, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Il y a donc 4 victimes françaises. Comment se passe la coopération entre la France et l'Italie ?

R - Dès hier le président de la République a appelé Giuseppe Conte, président du Conseil italien, pour lui présenter les condoléances des Français aux Italiens dans ce qui est une véritable tragédie et pour lui proposer notre aide pour identifier des personnes, les sortir des décombres. À ce stade l'Italie n'a manifesté aucun besoin particulier, les autorités italiennes savent que nous sommes disponibles pour envoyer des secouristes, pour envoyer tous les moyens dont ils pourraient avoir besoin. Ce que l'on constate, c'est que les secouristes italiens travaillent avec énormément d'engagement, de manière très professionnelle.

Il y a effectivement 39 victimes et parmi ces victimes on déplore le décès de 4 jeunes Français. Toute notre énergie est concentrée à accompagner les familles de ces jeunes français qui sont en train de se rendre sur place, à les aider à accéder à Gênes, car vous vous doutez bien que la ville est devenue très difficile d'accès, et à faire toutes ces formalités extrêmement pénibles auxquelles elles vont être confrontées.

Q - Justement comment ces familles de victimes sont-elles prises en charge ?

R - Notre consulat général, qui est à Milan mais qui s'est déplacé à Gênes, accueille les familles. Une première famille est arrivée et d'autres arriveront à partir de demain, il les accompagne pour l'identification des corps et pour faire toutes les formalités nécessaires au rapatriement des corps des victimes en France. Il est également proposé, si elles le souhaitent, si elles en expriment le besoin, une aide médico-psychologique sur place et elles pourront aussi en solliciter une à leur retour en France

Q - Vous avez pu parler à ces familles de victimes ou pas du tout ?

R - Non. C'est notre consulat général qui s'en occupe et notre centre de crise à Paris. Ce sont des gens extrêmement professionnels dont je veux saluer le dévouement parce que je travaille avec eux depuis longtemps. Ils sont, malheureusement et c'est triste à dire, habitués à gérer les cas très difficiles que ce soit des catastrophes naturelles, des catastrophes comme celle de Gênes ou des attentats terroristes. Et ils sont extrêmement efficaces dans l'accompagnement des proches, à la fois pour leur rendre les choses moins difficiles et pour les accompagner dans toute l'urgence des premiers moments et ensuite dans la durée pour tout ce qui est nécessaire à leur prise en charge.

Q - Nathalie Loiseau, est-ce qu'on peut s'attendre, est-ce qu'on doit s'attendre à ce que ce bilan de victimes françaises s'alourdisse à nouveau ?

R - Ce que l'on sait au moment où je vous parle, c'est qu'il n'y a pas de blessés français dans les hôpitaux en Italie. C'est le constat que nous avons fait mais nous sommes en contact permanent avec les autorités italiennes, avec les secouristes italiens au cas où nous aurions soit des inquiétudes de familles restées en France sur des personnes dont elles n'auraient pas de nouvelles, soit les autorités italiennes qui nous signaleraient des personnes qui pourraient être françaises. Ce n'est pas le cas mais on peut très bien comprendre que 24 heures après la catastrophe, tout cela n'est encore qu'un bilan provisoire. Nous sommes en contact permanent pour nous assurer qu'il n'y a pas d'autres victimes, ou pour venir en aide à des survivants qui seraient trouvés. Les victimes, comme vous le savez, étaient dans un véhicule sur le pont et le pont est lui-même au-dessus d'une zone industrielle où il y avait moins de risque de trouver des Français mais sait-on jamais.

Q - Bien sûr. Dernière question : vous avez mis en place une cellule de crise. Est-ce que vous avez reçu beaucoup d'appels en 24 heures ?

R - Ce que nous avons demandé - notre ambassade en Italie l'a largement rendu public, et je saisis cette occasion pour le faire moi-aussi - c'est aux Français qui vivent à Gênes ou étaient de passage dans la région d'appeler leurs proches pour les rassurer, pour faire en sorte que les gens qui sont en attente de nouvelles de leurs familles puissent savoir qu'elles sont en bonne santé. Non, il n'y a pas beaucoup d'appels de ce type mais le centre de crise du Quai d'Orsay est toujours là pour répondre avec les indications nécessaires. J'en profite pour redire que ce que nous disons régulièrement, en particulier l'été quand les gens voyagent beaucoup : ne jamais hésiter à s'inscrire sur l'application Ariane, c'est très simple et cela permet de savoir que quelqu'un est dans un pays donné, dans une région, une ville donnée et en cas de catastrophe naturelle ou en cas d'accident ou si nécessaire, on peut joindre les gens et savoir s'ils vont bien. Vraiment, j'invite nos compatriotes qui sont souvent de grands voyageurs à faire ce geste extrêmement simple et qui rend ensuite le travail de nos consulats plus efficace et notre capacité à rassurer les familles plus rapide.

Q - Merci beaucoup Nathalie Loiseau d'avoir été avec nous par téléphone ce soir.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 17 août 2018

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