Point presse de M. Edouard Philippe, Premier ministre, sur la limitation de vitesse maximum autorisée à 80 kilomètres par heure sur les routes secondaires bidirectionnelles, à Saint-Denis le 29 juin 2018. | vie-publique.fr | Discours publics

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Point presse de M. Edouard Philippe, Premier ministre, sur la limitation de vitesse maximum autorisée à 80 kilomètres par heure sur les routes secondaires bidirectionnelles, à Saint-Denis le 29 juin 2018.

Personnalité, fonction : PHILIPPE Edouard.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Rencontre avec la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) le 29 juin 2018

ti :
29 juin 2018 – Saint-Denis

(Transcription d’une vidéo)


« Bonjour, écoutez nous sommes à Saint Denis, en Seine-Saint-Denis à la brigade des sapeurs-pompiers de Paris pour rencontrer des sapeurs-pompiers qui interviennent sur des opérations de secours en matière d'accidentalité routière, pour rencontrer aussi des sapeurs-pompiers qui forment les autres sapeurs-pompiers à ces opérations de secours et donc, évidemment à la fois pour dire toute la reconnaissance de la nation aux sapeurs-pompiers de Paris qui font un travail absolument exceptionnel, qui le font avec calme, avec maîtrise, avec professionnalisme, avec un engagement qui véritablement force l'honneur, force l'admiration et fait l'honneur du pays tout entier. Mais aussi pour illustrer l'ensemble des mesures que nous avons décidé de mettre en oeuvre en matière de sécurité routière.

Nous voulons, le gouvernement, la majorité parlementaire, nous souhaitons faire en sorte que la France obtienne de meilleurs résultats en matière de sécurité routière, que les français soient plus en sécurité sur les routes.

Le constat que chacun connaît mais qui est parfois difficile de faire admettre, c'est que les routes françaises, même si elles sont plus sûres qu'elles ne l'étaient il y a 10 ans, 20 ans ou 30 ans, restent des routes sur lesquelles beaucoup d'accidents se produisent, beaucoup de gens meurent, beaucoup de gens sont blessés et sont blessés durablement voir, pour le reste de leur vie.

3500 à 3600 morts par an. 75 mille blessés par an dont 25 mille qui font l'objet de lésions soit cérébrales soit physiques, qui seront durables, permanentes et irréversibles.

C'est évidemment un constat qui n'est pas acceptable.

C'est un coût humain terrifiant, c'est un coût social pour la collectivité absolument terrifiant. Et notre objectif c'est de faire en sorte que nous puissions obtenir des résultats, faire baisser l'accidentalité, faire baisser la mortalité, faire en sorte que nos concitoyens soient plus en sécurité et soient mieux protégés sur les routes françaises. Pour cela, après beaucoup de travail nous avons mis en oeuvre un plan qui comporte 18 mesures qui permet de s'attaquer à la racine, à des comportements qui sont des comportements dangereux ; je pense évidemment à la conduite sans permis, je pense à la conduite en état d'ivresse, à la conduite sous l'emprise de produits stupéfiants, je pense à l'utilisation des téléphones portables au volant, qui conduit à des inattentions. Lesquelles peuvent avoir des conséquences dramatique, et nous savons que la vitesse et notamment la vitesse sur la partie du réseau routier qui est le plus, celui sur lequel se passe le plus grand nombre d'accidents. La vitesse est systématiquement un facteur aggravant.

C'est la raison pour laquelle, nous avons pris la décision, largement commenté, de faire passer la vitesse maximum autorisée sur ces segments bidirectionnels sans séparateurs centrales, de 90 à 80km/h.

Une des raisons pour laquelle je suis venu ici en Seine-Saint-Denis, et dans la région parisienne, qui n'est pas directement concerné par ce sujet des 80km/h, c'est parce qu'une expérience, une expérimentation, une décision a été prise il y a quelques années de faire baisser la vitesse de 10 km/h sur le périphérique parisien.

Lorsqu'elle a été prise, elle a suscité, on s'en souvient, des commentaires dénigrants, des critiques, parfois de la colère d'un certain nombre d'automobilistes qui disaient « c'est déjà difficile de circuler dans la région Ile de France mais si on limite la vitesse sur le périph' tout ça n'a aucun intérêt ». La vérité c'est que depuis que cette mesure a été mise en oeuvre, on a constaté 18% d'accidents en moins sur le périphérique.

Et peut-être aussi intéressant que cela, on a constaté une meilleure fluidité de la circulation sur le périphérique parisien. Ça veut dire que faire baisser la vitesse moyenne sans impacter la vie quotidienne c'est souvent se donner des chances de préserver beaucoup de vies et d'éviter beaucoup, beaucoup d'accidents et donc beaucoup beaucoup de blessés.

C'est ça que je suis venu indiquer ici, c'est ça que j'essaye d'expliquer, il y aura un énorme effort de pédagogie, et d'explication qui sera réalisé évidemment par le gouvernement mais, plus concrètement qui sera réalisé par les forces de polices, les forces de gendarmeries, les pompiers. Je suis ici avec le directeur général de la gendarmerie nationale, le général qui commande la brigade des sapeurs-pompiers de Paris.

Toute une série de hauts fonctionnaires, de gradés qui se mobilisent pour faire en sorte que nos compatriotes, nos concitoyens, ceux qui vont prendre la route parce que nous sommes à la fin du mois de juin et que c'est pour beaucoup de français le moment du départ en vacances, soient informés à la fois des conditions dans lesquelles la mesure a été mise en oeuvre, de son objectif, de ce qu'elle recouvre. L'idée ça n'est pas de punir, l'idée c'est d'informer, l'idée c'est d'expliquer, l'idée c'est de changer les comportements et l'idée c'est de sauver des vies. Il faut le faire avec beaucoup de calme, il ne m'a pas échappé que cette mesure suscitait une certaine forme d'impopularité.

Je l'avais dit dès le moment où j'ai annoncé que nous étions prêts à prendre cette mesure, qu'elle susciterai forcément l'impopularité. Comme ont suscité l'impopularité toutes les mesures en matière de sécurité routière qui ont produits des effets. Il y a finalement plusieurs façons d'envisager sa mission comme chef de gouvernement ou comme responsable politique quel que soit les responsabilités qu'on exerce. Je crois que quand on pense qu'une mesure est efficace, quand elle est fondé sur l'expérience, quand les experts vous disent qu'elle produira un effet, si vous êtes certains d'être capable de sauver 300 à 400 vies, éviter 2000 à 3000 accidents graves, je pense que c'est un bon objectif et qu'on peut supporter une forme d'impopularité à cet égard ».


Journaliste : « Monsieur le Premier ministre, concernant les 80km/h, est ce que les sanctions seront appliquées dès le jour de la mise en oeuvre, ou est-ce qu'il y aura une période de tolérance » ?

Edouard Philippe : « Bien il y a évidemment une période de pédagogie. La loi est la loi et personne ne comprendrai qu'on puisse dire que la loi est la loi mais on ne va pas l'appliquer. La loi est la loi elle va être appliqué, mais j'ai demandé à l'ensemble des forces de gendarmeries et de polices, lesquelles en sont d'ailleurs intimement convaincu, d'expliquer cette mesure, de faire de la pédagogie et de l'information dans les premiers jours de son application, c'est bien naturel.

Encore une fois, nous ne voyons pas cette mesure comme un moment où il s'agirait de punir qui que ce soit, nous la voyons pas comme un moyen de mettre des amendes, je sais que ceux qui dénigrent la mesure se plaisent à dire que vraiment ça serait la meilleur façon pour l'Etat de taxer encore un peu plus les automobilistes. L'ensemble des amendes, qui serait le cas échéant perçues si la mesure ne serait pas respecter, viendrai abonder les finances des établissements qui accompagnent ceux qui ont été victimes d'accidents de la route. Il ne s'agit pas de financer autre chose que, le cas échéant, l'accompagnement de ceux qui doivent se reconstruire.

Et il se trouve que, dans les 6, dans les 8 derniers mois même, j'ai visité un certain nombre de ces établissements. Peut-être même que certains d'entre vous, représentant de la presse m'accompagnaient à ces occasions. Il suffit d'aller dans ces centres pour voir ce qui s'y joue ; la reconstruction d'hommes et de femmes qui sont brisés.

En un instant, ils pensaient partir au travail et retrouver, leurs parents leur conjoint, leurs amis, leurs enfants et qui pour un moment d'inattention, pas forcément de leur part, de la part d'un automobiliste, voient leurs corps, leurs vies brisées. L'idée c'est de faire en sorte d'éviter au maximum ces accidents, d'éviter au maximum ces décès. C'est un objectif de protection, c'est un objectif de sécurité, notre pays est légitimement attaché à sa sécurité, nos concitoyens, nos compatriotes sont attachés à la sécurité bah la sécurité routière c'est un des aspects de cette sécurité c'est pour ça que nous sommes très déterminés dans ce domaine et comme dans tous les autres.

Journaliste : « Des formations pourront être proposées aux contrevenants à la place des sanctions classiques ? »

Edouard Philippe : «  Mais, encore une fois la mesure sera, les mesures, l'ensemble des mesures seront mises en oeuvre, elle sera mise en oeuvre avec bien sûr beaucoup de sérieux, beaucoup de fermeté mais aussi avec beaucoup de pédagogie. Il y a toute une série de mesures dans le plan ;c'est intéressant d'ailleurs parce que le plan il est souvent ramené à une seule mesure mais il y a beaucoup beaucoup d'autres mesures, il y a toute une série de mesures qui ont pour objet notamment d'accompagner ceux qui, dans le passé ont commis des infractions, nous allons par exemple, faciliter la mise en place de mécanismes permettant de démarrer son automobile, avec le contrôle d'un éthylotest. C'est une bonne façon de ne pas priver d'usage de véhicule quelqu'un qui a commis un délit, mais qui a compris qu'il ne fallait plus le refaire. Donc, on est encore une fois dans l'accompagnement ; l'objectif, pour le dire peut-être de façon triviale, l'objectif ça n'est pas d'emmerder le monde, l'objectif c'est de faire en sorte qu'il y est moins de morts et moins de blessés graves. Et je pense que chacun peut comprendre, chacun en France a été confronté un jour à ces drames ».

Journaliste : « La présidente de la Creuse ne souhaite pas changer les panneaux, elle dit que c'est à l'Etat de s'en occuper, ce n'est pas au Conseil départemental, est ce qu'il peut y avoir des sanctions ? Comment vous réagissez face à ces propos-là ? »

Edouard Philippe : « Alors, vous savez que dès que nous avons annoncé la mesure, nous avons indiqué que l'Etat prendrai à sa charge le financement de la totalité du changement des panneaux. C'est bien naturel, il est bien normal que cela se passe, ça a un coût c'est vrai, c'est un coût qui est limité mais ça a un coût. Ça a été fait pour l'ensemble des départements. Moi j'invite les présidents de départements à respecter la loi, ils sont et ils ont raison d'ailleurs extrêmement exigeant vis-à-vis de nos concitoyens dans le respect de la loi, dans le respect de leurs obligations. Je crois qu'il convient que de leurs côtés, ils la respectent aussi et d'ailleurs l'immense majorité des présidents des conseils départementaux, qu'ils soient favorables ou défavorables à la mesure l’a bien compris et a permis la mise en oeuvre de cette mesure dans d'excellentes conditions. Je ne doute pas que dans la Creuse comme ailleurs, la mesure sera bien mise en oeuvre et chacun comprendra in finé que derrière la mauvaise humeur qui peut s'exprimer, derrière l'opposition qui est parfaitement exprimable dans une démocratie. Il y a, le respect d'un principe ferme ; la légalité et le respect d'un objectif simple : la sécurité de nos concitoyens ».

Journaliste : « Monsieur le Premier ministre, est ce que vous ne vous sentez pas seul dans ce combat ? On est ici par exemple dans une caserne de pompiers de Paris et il n'y a pas le ministre de l'intérieur ».

Edouard Philippe : « Le ministre de l'intérieur, il est près des commissaires je crois ce matin, puisqu'il préside à une cérémonie de délivrance des diplômes, des commissaires. Il est donc parfaitement normal qu'il soit là-bas et contenu l'engagement des forces de polices, je pense qu'il est très saint qu'il soit là-bas. Je n'ai pas du tout le sentiment d'être seul. D'abord ça ne vous aura pas échappé que je suis avec les représentants de ceux qui sont confrontés tous les jours, dans leurs activités quotidiennes à ces accidents de la route. Il n'y a pas ici, une femme ou un homme derrière moi pour qui la sécurité routière ça serait un problème théorique ou une fatalité. Tous les jours, ceux que vous avez vu agir tout à l'heure, ils arrivent sur des interventions et ils voient des hommes et des femmes dont la vie a été soit interrompue soit brisé par ces accidents de la route.

Et c'est tout cela qui vont s'engager pour faire en sorte qu'il y est moins de ces accidents, donc il y a une mesure dont je comprends qu'elle suscite, encore une fois l'agacement, mais il y a une bonne mesure pour les français, elle est assumée, elle est mise en oeuvre avec sérieux et avec l'engagement de tous, j'ai d'ailleurs adressé à l'ensemble des préfets des consignes très claires pour mettre en oeuvre dans de bonnes conditions la mesure, faire l'action de pédagogie que j'ai évoqué, il est indispensable, elle est indispensable et obtenir des résultats.

Journaliste : « Autre question très pragmatique, les radars fixes sont déjà réglés, prêt et ils vont flasher dès le premier jour » ?

Edouard Philippe : « Ils sont en train d'être comme on dit, recalibrées pour les nouvelles limitations donc tout ça est fait évidemment en fonction d'un plan qui a été pensé, qui a été mis en oeuvre et qui sera mis en oeuvre dans d'excellentes conditions et très rapidement.

Merci beaucoup.»

source https://www.gouvernement.fr, le 17 août 2018

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