Entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, dans "L'Yonne Républicaine" du 29 août 2018, sur les relations entre le gouvernement et les territoires ruraux. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, dans "L'Yonne Républicaine" du 29 août 2018, sur les relations entre le gouvernement et les territoires ruraux.

Personnalité, fonction : LEMOYNE Jean-Baptiste.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Europe et des affaires étrangères

ti : Q - Pourquoi décentraliser la conférence des ambassadeurs ?

R - C'est une première. Nous avons pris cette décision avec Jean-Yves Le Drian. Nous avons, notamment, en commun d'être des élus locaux. Il nous a semblé utile que les ambassadeurs soient au contact de nos réalités économiques locales. Nous sommes et ils sont en charge du rayonnement économique de la France et ce rayonnement passe aussi par une connaissance de nos filières industrielles, agricoles, agro-alimentaires pour être toujours plus performants à l'exportation. En la matière, nous avons un certain nombre de défis à relever car notre balance commerciale est encore trop déficitaire.

Q - Est-ce aussi une façon, plus symbolique, de réconcilier le gouvernement avec les territoires ruraux alors qu'il lui est souvent reproché d'en être trop éloigné ?

R - Le gouvernement ne peut pas réussir sans faire réussir les territoires. Toute la politique que nous conduisons au Quai d'Orsay va en ce sens. Au niveau du commerce extérieur par exemple, nous signons des conventions avec les régions pour déployer une équipe de France de l'export. On décline ce travail partenarial avec les territoires dans toutes les problématiques. En matière touristique, j'ai décidé d'intégrer quatre représentants des régions de France au conseil d'administration d'Atout France, l'office de tourisme de la France. L'énergie vient des territoires et il appartient à l'Etat d'accompagner ces énergies.

Q - Pour reprendre vos mots, la France est-elle toujours la "championne du monde" du tourisme ?

R - Oui, la France entend le rester. Nous sommes les premiers pour la fréquentation internationale. Il est très important de rester mobilisés, de mettre des moyens supplémentaires sur la promotion et d'accompagner les prestataires pour investir.

Q - Comment se positionne la Bourgogne ?

R - Nous avons une vraie carte à jouer, notamment vis-à-vis des clientèles d'Asie du sud-est. Il y a de très bons retours de la clientèle chinoise qui apprécie énormément les territoires viti-vinicoles. Des retombées économiques majeures peuvent être attendues. La Chine est le premier pays émetteur de touristes internationaux.

Q - Lundi, lors de la conférence des ambassadeurs, Emmanuel Macron a placé le "combat européen" au coeur de son mandat. La France n'est-elle pas trop seule à porter cette voix ?

R - Nous sommes à un moment de vérité. L'Europe est-elle capable de rester unie et de se doter d'une véritable autonomie pour peser dans le concert international ? Le président de la République porte l'ambition d'une Europe puissante et souveraine. Aucun pays ne peut apporter des réponses purement nationales à des défis mondiaux, cela ne fonctionnera pas. Pour les européennes, le débat est planté : il y a ceux qui veulent une Europe forte et puissante, et il y a ceux qui préconiseront des fausses solutions et se recroquevilleront à l'échelle nationale.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 13 septembre 2018

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