Interview de Mme Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation à France Culture le 30 août 2018, sur la rentrée universitaire et la politique de la recherche. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation à France Culture le 30 août 2018, sur la rentrée universitaire et la politique de la recherche.

Personnalité, fonction : VIDAL Frédérique.

FRANCE. Ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation

ti :

GUILLAUME ERNER
Quelle université pour demain, comment doter la France d'un enseignement supérieur à sa mesure ? Bonjour Frédérique VIDAL.

FREDERIQUE VIDAL
Bonjour.

GUILLAUME ERNER
Vous êtes ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, vous étiez auparavant, présidente de l'université de Nice. C'est votre seconde rentrée en quelque sorte. Comment l'envisagez-vous ?

FREDERIQUE VIDAL
Eh bien écoutez, j'ai eu l'occasion de passer hier une partie de la soirée avec les présidents d'université, qui sont réunis à dans le cadre de leur Université d'été, et la rentrée se présente bien, les parcours d'accompagnement et l'accueil des étudiants se sont mis en place ces derniers mois et donc voilà, pas de difficultés particulières qui m'aient été signalées.

GUILLAUME ERNER
On va voir quels sont les différents points que vous devez aborder aujourd'hui et les difficultés qui se posent à votre ministère, on voit également que le classement de Shanghai, les différents indices qui sont aujourd'hui à notre disposition, montrent que le système universitaire français doit être à la fois modernisé, qu'il y a un certain nombre de chantiers à mener, quels sont ceux qui vous paraissent aujourd'hui prioritaires, Frédérique VIDAL ?

FREDERIQUE VIDAL
Alors d'abord, je voudrais rappeler que les classements que vous évoquez, même si le plus célèbre d'entre eux, le classement de Shanghai est effectivement, a une portée importante…

GUILLAUME ERNER
Disons que chaque année la France y est classée de manière extrêmement médiocre.

FREDERIQUE VIDAL
Oui, mais je crois que là encore il faut rappeler d'où vient ce classement. Il a vraiment été construit pour que le Gouvernement chinois puisse suivre l'impact de ses investissements sur la progression de ses universités. Donc il est construit sur un modèle qui est très anglo-saxon, et qui ne correspond pas au modèle universitaire européen. Mais, au-delà de ça, je crois que les universités ont beaucoup changé ces dernières années, elles se sont emparées de l'ensemble de leurs missions, notamment de la mission de l'insertion professionnelle, elles le sont beaucoup plus ouvertes sur leur territoire, elles sont beaucoup plus en capacité d'associer les différentes disciplines, les différentes sciences, pour répondre aux défis sociétaux aujourd'hui. Le président de l'Assemblée nationale a rappelé hier dans son discours que l'Assemblée sollicitait des laboratoires de recherche pour des missions d'expertise de politique publique, et donc je crois que tout ça démontre que la dynamique qui s'est mise en place dans le système d'enseignement supérieur et de recherche français, est une dynamique positive.

GUILLAUME ERNER
Bon, je vais essayer d'ébranler votre sérénité, Frédérique VIDAL, mais auparavant j'ai cité tout à l'heure un extrait du livre de Marc BLOCH « L'étrange défaite », donc un livre de 1940, en voici un autre. « Notre système – dit Marc BLOCH – prépare mal à la recherche scientifique, cette recherche chez nous périclite. Interrogez à ce sujet un médecin, par exemple, ou un historien, s'ils sont sincères, leurs réponses ne différeront guère. Par là, soi-dit-en-passant, notre rayonnement international a été gravement atteint ». Est-ce que, soyez honnête Frédérique VIDAL, est-ce que vous n'avez pas l'impression que ce texte, il aurait pu être écrit aujourd'hui ?

FREDERIQUE VIDAL
Non, vraiment je suis convaincue que le rayonnement de la science française à l'international est toujours très important, il suffit de voir ce qui se passe dans les colloques internationaux, il suffit de voir la dynamique, à la fois d'attractivité des laboratoires et des universités françaises vis-à-vis des chercheurs internationaux, mais aussi à la facilité avec laquelle nos jeunes docteurs sont capables d'aller aussi participer à la création de la connaissance dans des laboratoires internationaux. Le temps long évidemment c'est quelque chose qui est très important en recherche. Il y a c'est vrai peut-être de plus en plus de technicité, mais ça n'empêche pas évidemment la réflexion et le conceptuel qui est au coeur en fait de l'activité de recherche.

GUILLAUME ERNER
Parlons argent, puisqu'il faut aussi parler donc de considération budgétaire. On parle d'une hausse de 200 à 300 millions de crédits. D'après la Conférence des présidents d'université, il faudrait une hausse minimale de 700 millions d'euros, une hausse que vous ne réussirez pas à obtenir de la part du budget. Comment faire pour combler cet écart entre les sommes qu'il faudrait investir dans notre université et celles que vous pouvez réellement mobiliser, Frédérique VIDAL ?

FREDERIQUE VIDAL
Alors il y a il y a plusieurs façons évidemment de voir ce que l'on peut faire pour accompagner l'enseignement supérieur et la recherche et l'innovation. Evidemment il y a le budgétaire et c'est très important, je voudrais aussi rappeler que dans le cas du grand plan d'investissements, il y a aussi un peu plus de 10 milliards qui sont consacrés à la recherche. Nous avons, avec Bruno LE MAIRE créé un fonds pour l'innovation qui va aussi être en capacité d'accompagner l'innovation de rupture, or l'innovation de rupture c'est en fait les connaissances nouvelles qui sont créées dans les laboratoires de recherche. Donc voilà, je crois que ce qui est très important c'est qu'on soit capable d'utiliser au mieux les différentes sources de financements, l'Europe bien sûr, nous sommes en train de négocier le prochain volant financier d'horizon Europe et les chiffres sur lesquels nous nous commençons à travailler, c'est une hausse de 40 milliards d'euros de ce budget. Une reconnaissance de plus en plus importante en France de la part du secteur privé, de l'importance de la recherche fondamentale, justement, pour être capable d'irriguer les innovations de demain. Donc voilà, je crois que c'est aussi cette lisibilité et cette clarification dont on a besoin.

GUILLAUME ERNER
Mais on est quand même très loin, par exemple en recherche, vous êtes chercheuse Frédérique VIDAL, donc, vous le savez bien, on a aujourd'hui un budget de la recherche qui est équivalent à 2,27 %, désolé pour la précision de ce chiffre, du PIB, la Corée du Sud c'est 4,3 %, le Japon ces 3,6 %, beaucoup de pays font mieux, il faudrait quasiment doubler cette somme.

FREDERIQUE VIDAL
Alors effectivement, et c'est une chose que nous visons, notre objectif c'est vraiment d'être en capacité d'avoir 3 % du PIB, ce qui correspond d'ailleurs aux engagements qui ont été pris au niveau européen, ça, ça veut dire qu'effectivement il faut que nous soyons en capacité de mobiliser plus de financements publics, mais aussi plus de financement privés à destination de la recherche, puisque ce pourcentage que vous évoquez, il est globalement constitué pour 1/3 de d finances publiques et pour 2/3 de finances privées.

GUILLAUME ERNER
Et alors donc du coup, qu'est-ce que vous imaginez, est-ce qu'il s'agit en quelque sorte d'ouvrir plus grand la porte des universités au privé, parce que pour un certain nombre de chercheurs, il s'agit en quelque sorte de faire entrer le loup dans la bergerie ?

FREDERIQUE VIDAL
Alors, là encore je crois qu'il faut regarder ce qui se passe dans un certain nombre de pays. Vous avez de très grands scientifiques qui sont internationalement reconnus, mais qui, à côté de leur activité scientifique académique qui est vraiment indiscutable, sont capables de pousser certains de leurs doctorants à la création de start-up, sont capables eux-mêmes de s'impliquer, un moment de leur vie académique, pour transformer une idée en quelque chose qui va améliorer le bien-être de la société. Donc ça c'est la première chose. La deuxième chose que l'on observe, c'est que les grands groupes, y compris les grands groupes français, sont parfaitement capables, lorsqu'ils ont une relation de confiance avec les universités, de financer des recherches très en amont, parce qu'ils savent que ce sont de ces recherches que viendront les innovations. Et par définition, on est incapable de prédire évidemment le résultat d'une recherche, mais aussi…

GUILLAUME ERNER
C'est pour ça qu'il faut faire de la recherche fondamentale.

FREDERIQUE VIDAL
Absolument, et donc finalement l'équilibre dans lequel on doit arriver, c'est un équilibre de ce type. Je serai au début du mois de novembre en Israël et dans les territoires palestiniens, on a des exemples d'universités qui ont produit des scientifiques de renommée internationale et qui dans le même temps, sont capables d'attirer et d'expliquer au monde industriel, pourquoi c'est important qu'ils investissent gratuitement, si je puis dire, sans attendre quoi que ce soit, mais simplement pour voir qu'est-ce qui sort de la connaissance produire.

GUILLAUME ERNER
Et puis, Frédérique VIDAL, le feuilleton de l'été, qui inquiète les familles, les étudiants, les futurs étudiants, c'est bien évidemment Parcoursup. Alors, aujourd'hui, si on veut faire un bilan de ce système, donc il y avait un peu plus de 800 000 candidats au début de l'été, et aujourd'hui il y aurait 57 000 candidats qui seraient sans aucune proposition.

FREDERIQUE VIDAL
Alors, je ne veux pas rentrer dans un débat de chiffres, puisque les chiffres sont publiés tous les jours sur le site du ministère, donc chacun les additionne comme il le souhaite, et ce n'est pas mon propos. Je crois que ce que nous avons voulu faire, avec la loi orientation et réussite des étudiants, c'est donner à chaque étudiant plus d'informations, l'aider à s'orienter et puis surtout l'accueillir et l'aider à réussir et à réussir ce passage, cette marche, entre le lycée et l'enseignement supérieur. Si on doit absolument comparer les choses, parce qu'on aime bien comparer, à la fin du mois de juillet, la plateforme Parcoursup, qui n'est qu'un outil au service de cette politique que nous souhaitons mener en faveur des étudiants, avait permis à 60 000 jeunes de plus de recevoir une proposition, acceptée par eux, donc là l'immense majorité des jeunes ont eu, avant le départ en congés du mois d'août, leur proposition et leur affectation. Les jeunes avec lesquels nous continuons à travailler, et je tiens vraiment à remercier toutes les équipes qui le font, je les rencontre très régulièrement, je serais encore cet après-midi à Lille, les jeunes dont nous sommes en train de nous occuper, sont des jeunes qui, dans les systèmes précédents serait complètement sorti des radars, majoritairement des bacheliers professionnels et des bacheliers technologiques, avec des parcours parfois un peu compliqués, et nous les accompagnons un par un. Alors oui, ça prend plus de temps, oui quand on remet de l'humain dans le système, lorsqu'on essaye de comprendre quels sont les projets de ces jeunes, lorsqu'on essaye de leur proposer des choses dans lesquelles ils vont pouvoir s'épanouir et rentrer avec succès dans l'enseignement supérieur, ça prend un peu plus de temps. Mais globalement la plateforme a rempli son rôle, puisque la très grande majorité des lycéens ont eu une affectation, et je tiens à le rappeler…

GUILLAUME ERNER
Alors ça c'est votre analyse…

FREDERIQUE VIDAL
… ont choisi leur affectation. Aujourd'hui les chiffres c'est aux alentours de 7 000 bacheliers qui continuent à être accompagnés chaque jour.

GUILLAUME ERNER
Alors ça c'est votre analyse, Frédérique VIDAL…

FREDERIQUE VIDAL
Bien sûr.

GUILLAUME ERNER
Evidemment il y a d'autres commentaires sur Parcoursup qui sont des commentaires beaucoup plus critiques que ce que vous venez de faire, parmi ces critiques…

FREDERIQUE VIDAL
Qui sont faits d'ailleurs par ceux qui dès le début, estimaient que la plateforme n'ouvrirait pas les universités ne regarderaient pas les dossiers, les profs principaux n'accompagneraient pas les jeunes, il n'y aurait pas de parcours personnalisés, donc sur tous ces sujets là, nous avons pu leur démontrer, grâce à l'engagement de tous, qu'ils s'étaient trompés et lorsque nous analyserons et nous ferons le bilan de la plateforme, et c'est le Comité scientifique et éthique que j'ai nommé, qui le fera, eh bien nous aurons la réalité et nous serons capables évidemment d'améliorer les choses à améliorer.

GUILLAUME ERNER
Ne pas de hiérarchiser les choix, on voit quelle était votre intention, quelle était l'intention du système dans le fait donc de ne pas demander aux futurs étudiants de classer leurs préférences, mais aujourd'hui, du coup, il y a des étudiants, de futurs étudiants, qui n'ont pas effectué de choix alors qu'ils ont des propositions et donc qui bloquent le système. Est-ce que ça ce n'était pas une mauvaise idée, tout simplement, Frédérique VIDAL ?

FREDERIQUE VIDAL
Alors d'abord, je tiens à dire que contrairement à tout ce qu'on peut entendre, ces étudiants ne bloquent pas le système, ils ont été acceptés dans une formation…

GUILLAUME ERNER
81 000.

FREDERIQUE VIDAL
Ils ont été acceptés dans une formation…

GUILLAUME ERNER
10 %.

FREDERIQUE VIDAL
Simplement ils attendent de voir si autre chose leur est proposé. Je vous donne un exemple…

GUILLAUME ERNER
Ça c'est très embarrassant pour ceux qui n'ont rien.

FREDERIQUE VIDAL
Pourquoi ?

GUILLAUME ERNER
Eh bien tout simplement parce qu'ils bloquent des places, donc ça fait 10 % en fait du système…

FREDERIQUE VIDAL
Non, ils ne bloquent rien, puisqu'ils sont en attente sur les autres places. Ce que je veux dire par là, c'est que si l'un de ces jeunes décidait que finalement il renonce à la place qu'il a, en attente, et qu'il décide définitivement de s'inscrire et donc de renoncer aux place où il est en attente, les suivants vont remonter sur la liste d'attente, mais il n'occupe un chaque instant qu'une seule place dans un seul établissement.

GUILLAUME ERNER
Nous sommes aujourd'hui le 30 août, il y a donc un certain nombre d'étudiants, moi j'ai 57 000 d'après le chiffrage qui m'a té donné, vous n'êtes pas d'accord avec ce chiffre, mais en tout cas un certain nombre, on va considérer que ça c'est évident…

FREDERIQUE VIDAL
Un certain nombre, on peut dire comme ça, oui.

GUILLAUME ERNER
Ces gens-là vont devoir se préparer à l'entrée dans un établissement, dans un laps de temps extrêmement court, on comprend l'inquiétude des familles, et même leur embarras, parce que s'il s'agit de trouver un logement, un lieu qui est un point de chute imprévu, comment faire ? Est-ce que là aussi, ce système ne doit pas être considérablement réformé pour l'an prochain, Frédérique VIDAL, vous qui êtes ministre de l'Enseignement supérieur ?

FREDERIQUE VIDAL
Alors je l'ai toujours dit et donc je le répète une fois de plus, il y a un bilan qui sera fait, et s'il y a des choses à améliorer, évidemment elles seront améliorées. L'immense majorité…

GUILLAUME ERNER
Mais j'aimerais savoir lesquelles, justement, dès maintenant, puisqu'on est aujourd'hui suffisamment avancé, est-ce que finalement il ne faut pas mettre un terme à la non-hiérarchisation ? Est-ce qu'il ne faut pas dire : à partir de telle date, eh bien on donne aux familles une affectation définitive ?

FREDERIQUE VIDAL
L'important, et c'était vraiment ce que nous souhaitions faire, c'est que le choix soit donné au futur étudiant de choisir sa formation. Comment voulez-vous qu'un jeune, au mois de février, décide d'une hiérarchie dans ses choix, alors qu'il ne sait même pas qu'elles sont, dans les filières sélectives, ses chances d'être sélectionné ou pas ? Ça donne des stratégies complètement incroyables. Est-ce qu'on met d'abord la prépa la plus prestigieuse dans laquelle on souhaite entrer, au risque de ne pas être pris et donc de se retrouver à la queue de toutes les autres prépas ou de toutes les autres licences ? Est-ce qu'on met par sécurité une licence, parce que les licences étant non sélectives, on sait qu'on ira, mais finalement en regrettant d'avoir eu cette réponse ? Je crois que le temps de mûrir son projet qui a été donné, est un temps qui est extrêmement important. Sur la façon dont les choses sont en train de se dérouler maintenant, il faut bien comprendre que, jusqu'à la dernière minute, des jeunes peuvent changer d'avis, ce qui donne la chance à d'autres d'avoir quelque chose qu'ils n'attendaient pas mais qui leur est proposé…

GUILLAUME ERNER
Mais c'est un vrai casse-tête !

FREDERIQUE VIDAL
Non, la très grande majorité, une fois de plus, essayons de rester sur ce sujet, extrêmement clairs, si 60 000 jeunes de plus ont reçu et accepté une proposition à la fin du mois de juillet, c'est plus de 95 % des bacheliers généraux…

GUILLAUME ERNER
Des bacheliers généraux, mais pas des bacheliers tout court.

FREDERIQUE VIDAL
Oui, mais les statistiques sur les étudiants dont on s'occupe aujourd'hui, c'est vrai que c'est sont majoritairement des bacheliers pro et des bacheliers techno, mais ce sont des bacheliers qu'on doit accompagner plus pour les aider, par rapport à ce qu'ils ont fait avant, et leur proposer des formations dans lesquelles ils vont pouvoir s'épanouir et trouver leur place. C'est très important aussi cette envie et cette motivation, parce que c'est ça qui aide à la réussite. Sur la mobilité, les commissions d'accès à l'enseignement supérieur, travaillent avec les CROUS, sont en capacité de proposer des chambres en cités universitaires, si nécessaire. Nous avons débloqué 7 millions d'euros pour aider à la mobilité et au déménagement lorsque l'on propose une formation qui est éloignée du lieu de domicile du jeune en question, et ensuite, très clairement, la mobilité entre le bac et la première année d'enseignement supérieur, ça n'est quand même pas la majorité des étudiants.

GUILLAUME ERNER
Frédérique VIDAL, lorsqu'il est question donc d'étudiants qui ont des choix, lesquels ne sont pas des choix définitivement arrêtés, on dit que pour absorber tout ça il y a du surbooking qui est fait, et je vais traduire ça en français, autrement dit il y a un certain nombre de places et qui sont allouées, alors qu'on sait très bien qu'elles ne seront pas toutes comblées. Est-ce que c'est vrai, vous faites en ce moment du surbooking dans les facs ?

FREDERIQUE VIDAL
Non, c'est ce qui se passe absolument tous les ans, on sait très bien que la différence entre le nombre de préinscriptions et le nombre de jeunes qui s'inscrivent vraiment administrativement, puis qui s'inscrivent vraiment pédagogiquement, selon les établissements, ça varie entre 15 et 30 %.

GUILLAUME ERNER
Et si ça n'est pas le cas, si justement vous avez, parce que certains présidents d'université sont inquiets aujourd'hui, ils se disent que si d'aventure tout le monde venait, eh bien ils seraient face à un problème matériel important.

FREDERIQUE VIDAL
Alors, d'abord rien n'a été fait contre le gré des présidents d'université, donc ils sont en capacité de savoir si oui ou non, et en fonction des filières, leurs salles de cours seront pleines ou pas, et de toutes les façons, une fois de plus, l'augmentation de la démographie a été cette année accompagnée, et elle a été accompagnée là où étaient les demandes des jeunes.

GUILLAUME ERNER
Frédérique VIDAL, on vous retrouve dans une quinzaine de minutes, on évoquera l'avenir de l'université française et vous dialoguerez avec un réalisateur de films qui est aussi médecin, Thomas LILTI. Le 12 septembre prochain, son film sera diffusé, « Première année », il évoque justement les études de médecine et les difficultés rencontrées par les étudiants.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 13 septembre 2018

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