Interview de M. Stéphane Travert, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, avec Cnews le 4 septembre 2018, sur la politique agricole. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Stéphane Travert, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, avec Cnews le 4 septembre 2018, sur la politique agricole.

Personnalité, fonction : TRAVERT Stéphane, ELKABBACH Jean-Pierre.

FRANCE. Ministre de l'agriculture et de l'alimentation;

ti :
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Bienvenu Stéphane TRAVERT, bonjour.

STEPHANE TRAVERT
Bonjour Jean-Pierre ELKABBACH.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Comment vous vivez d'être en quelque sorte un ministre en sursis ?

STEPHANE TRAVERT
Ecoutez, moi j'ai…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ou dont on dit qu'il est en sursis ?

STEPHANE TRAVERT
Moi je suis calme, déterminé, et à la fois serein. Je travaille, j'ai depuis le début du quinquennat, la confiance du président de la République, et du Premier ministre pour avancer sur mes dossiers, et puis j'ai une feuille de route qui est capitale pour les Français, pour leur pouvoir d'achat, redonner du revenu aux agriculteurs.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui, mais vous l'aurez demain, cette feuille de route, à réaliser vous-même.

STEPHANE TRAVERT
C'est la décision du président de la République et du Premier ministre, moi…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous avez dit : « J'ai la confiance ».

STEPHANE TRAVERT
Oui…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous l'avez ?

STEPHANE TRAVERT
Je l'ai, parce que j'ai été nommé à ce poste, et pendant toute cette période nous avons travaillé ardemment pour que les agriculteurs puissent vivre demain dignement de leur travail, pour améliorer la qualité alimentaire de nos concitoyens, réduire la précarité alimentaire de nos concitoyens, et donc…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
C'est vous qui le ferez ou quelqu'un d'autre ?

STEPHANE TRAVERT
Eh bien, je suis…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Je suis un peu lourd, mais c'est le jour, quoi.

STEPHANE TRAVERT
Je suis déterminé à continuer à conduire cette action, mais je vous le rappelle, c'est une décision qui importe au président de la République et au Premier ministre, c'est leur décision.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous faites partie des premiers et des socialistes qui ont rejoint Emmanuel MACRON…

STEPHANE TRAVERT
Oui, tout à fait.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Avec Christophe CASTANER, Richard FERRAND, Gérard COLLOMB, etc.

STEPHANE TRAVERT
Gérard COLLOMB, François PATRIAT.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Est-ce que c'est cette fidélité qui va primer ou le harcèlement des hulotistes contre vous ?

STEPHANE TRAVERT
Il n'y a pas de prime à la fidélité, il y a une prime à ce que l'on fait dans le travail que l'on mène. Et puis vous savez, tout ce qui est dit contre moi, comme vous le dites, moi j'entends énormément de choses depuis de nombreux jours.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Il vaut mieux être sourd.

STEPHANE TRAVERT
Tout ça, c'est l'écume des choses, et moi, aux insultes, aux mensonges, aux contrevérités, à ce grand n'importe quoi qui est proféré par des gens qui passent leur vie sur des plateaux, à faire du commentaire, moi je suis dans l'action, je suis sur le terrain. J'étais hier à Laval…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
D'accord. Oui oui, on va en parler.

STEPHANE TRAVERT
… avec les agriculteurs…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais, vous savez bien que Nicolas HULOT, parce que vous en parlez, ses amis, militent, s'agitent pour votre départ. Vous le savez, ça.

STEPHANE TRAVERT
Mais moi je ne suis pas un agité.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Non, mais pas vous, mais eux, à votre égard.

STEPHANE TRAVERT
Mais, chacun s'agite comme il l'entend, chacun fait comme il le souhaite. Moi, ce qui m'importe, c'est que les objectifs qui sont les nôtres, ceux du président de la République, ceux que nous avons pour l'agriculture, c'est-à-dire de transformer notre agriculture et de l'emmener vers une situation plus durable, de faire en sorte que demain nos agriculteurs vivent de leur travail, c'est un point essentiel.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Eh bien c'est cela qu'un certain nombre de gens qui ont travaillé avec vous autrefois, qui sont partis, contestent. Certains veulent que vous soyez entraîné dans la chute de Nicolas HULOT. Vous le savez bien, donc il ne faut pas nier, que vous soyez une sorte de victime collatérale de son départ, et en même temps la cible préférée.

STEPHANE TRAVERT
Oui, mais moi je suis, je vous le dis, à tous ces commentaires, moi je préfère… Vous savez, il y a beaucoup de « y'a qu'à, faut qu'on », des gens qui sont à porter de grands discours, c'est très bien, mais l'action sur le terrain, elle est absolument essentielle. Et quand on est sur le terrain, quand je vais à Moulins dans l'Allier, quand je vais dans la Creuse, lorsque je vais dans la Mayenne à Ruillé Froid Fonds, comme je l'ai fait hier avec des agriculteurs, lorsque je vais rencontrer 15 000 personnes, chez moi, à la Fête de la Ruralité dans mon dpartement, dimanche dernier, c'est là le travail que vous menez, c'est là que…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais est-ce qu'on vous dit… mais, quand vous y allez, on vous dit : « Vive HULOT ! Pourquoi il est parti ? ».

STEPHANE TRAVERT
Personne ne me parle de ça.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Personne ne vous parle de HULOT ?

STEPHANE TRAVERT
Les agriculteurs viennent me parler de leurs problèmes, des difficultés qu'ils rencontrent, aujourd'hui, sur un certain nombre de sujets. Et nous en parlons à coeur ouvert, et de façon concrète.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Stéphane TRAVERT, si vous restez ou puisque probablement vous resterez, comment seront vos rapports avec le ou la successeur ? Est-ce que ça va recommencer avec les chamailleries ?

STEPHANE TRAVERT
Mais bien sûr que non, il va falloir travailler ensemble. Vous savez, le gouvernement c'est un collectif et moi je l'ai toujours dis, je suis solidaire pour deux, et moi j'aime ce travail en collectif, ce travail, cette réflexion en interministériel, qui nous permet d'avancer et puis nous avons une feuille de route commune, tous les ministres une feuille de route, c'est le programme du président de la République.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais, comment vous voyez le profil de celui ou celle qui va arriver, à l'Ecologie, avec qui vous travaillez tout le temps ?

STEPHANE TRAVERT
C'est un ou une ministre qui devra bien évidemment, sur l'ensemble de ses sujets, appliquer la feuille de route du président de la République et en même temps travailler sur les questions économiques, parce que l'environnement ne peut pas être détaché de l'économie.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais par exemple, justement, les Verts ou les écologistes proposent ou suggèrent la création d'un seul ministre, un ministre de la Terre. Est-ce que c'est possible ça ?

STEPHANE TRAVERT
Ce n'est pas à moi que revient cette décision. Ce que je sais, c'est que les Français ils sont plus attachés à leur agriculture et que le ministère de l'Agriculture traite de l'agriculture mais il traite aussi d'autres sujets, la forêt, la pêche, nous traitons aussi de sujets économiques. Il n'y a pas uniquement l'agriculture versus l'environnement, il y a aussi agriculture versus économique avec le nombre d'emplois que crée l'agriculture.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Dimanche, Daniel COHN-BENDIT a laissé entendre, après son entretien téléphonique avec le président de la République, que le voeu de Nicolas SARKOZY et le sien allaient être réalisés dans les négociations de Bruxelles sur la PAC, bientôt, il y aurait co-pilotage, deux ministres pour piloter. Est-ce que c'est vrai ?

STEPHANE TRAVERT
La France, elle n'a qu'une seule voix, le gouvernement parle d'une seule voix et puis toutes les décisions qui sont prises, elles sont interministérielles, et c'est toujours…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
C'est vrai ou c'est faux ?

STEPHANE TRAVERT
Je ne sais pas. Moi je ne…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Deux pilotes ou un pilote ?

STEPHANE TRAVERT
Il n'y a qu'un pilote pour la PAC, c'est ministère de l'Agriculture, et c'est bien normal, et c'est historique et c'est comme cela. Pour autant, toutes les décisions qui sont prises pour la PAC et pour la négociation de la prochaine PAC, elles sont prises de manière collégiale, en interministérialité, parce que c'est comme cela que nous avançons.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
D'accord, mais pour négocier, un, pas deux ?

STEPHANE TRAVERT
Mais pour négocier, il n'y a qu'une personne, il n'y a qu'une place au banc, à la Commission à Bruxelles.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc Daniel COHN-BENDIT s'est un peu trompé.

STEPHANE TRAVERT
Mais, il y a copilotage, si, dans la préparation…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Avant, mais au moment de la négociation, vous avez dit un.

STEPHANE TRAVERT
Mais au moment de la négociation, il n'y a qu'un seul siège et il n'y a qu'une seule voix, et c'est ça qui est important.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Avant son rendez-vous de travail avec Gérald DARMANIN et Edouard PHILIPPE, ce matin, là, dans quelques heures, le président MACRON a exprimé des doutes, on le dit, on le répète, sur le prélèvement à la source, par exemple, il dit : moi, je me donne le temps, la porte de sortie c'est la mensualisation, mais imaginez qu'il y ait 100 000 bugs, avec ça on peut brûler un capital politique. Qu'est-ce qu'il serait bon pour enrichir son capital politique ?

STEPHANE TRAVERT
Ce qui serait bon, c'est que cette réforme puisse se mettre en place et que nous ayons bien pris et c'est ce que souhaite faire le président de la République, bien pris la mesure de toutes les incidences. C'est une mesure d'ampleur.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Si la réforme est reportée, ce sera technique ou politique ?

STEPHANE TRAVERT
Mais c'est forcément technique, puisque, à un moment ou à un autre, il faut pouvoir s'assurer que lorsqu'on appuiera sur le bouton, cela fonctionnera bien pour tous nos compatriotes qui paient aujourd'hui des impôts.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous étiez hier avec lui, vous êtes revenu en avion de Mayenne, comment dire, est-ce que… On est en train de découvrir un Emmanuel MACRON inattendu, parce qu'on nous raconte qu'il doute, qu'il tergiverse, qu'il hésite. Est-ce que Jupiter est en train de devenir Hamlet ?

STEPHANE TRAVERT
Vous savez, le président de la République, je me souviens qu'Emmanuel MACRON a toujours dit qu'il fallait douter, il fallait se coucher le soir avec un doute, pour pouvoir réfléchir à l'action qui était la sienne…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Je doute, donc je suis.

STEPHANE TRAVERT
Mais, le matin se lever avec les certitudes, l'envie et la détermination de construire et de transformer.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Dans l'avion du retour, il vous a donné quelques signes rassurants pour l'avenir, le vôtre ?

STEPHANE TRAVERT
Pas de signe à donner, c'est le président de la République et…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais in silence, ce qui se disait.

STEPHANE TRAVERT
C'est le président de la République et nous avons évoqué avec d'autres.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Des problèmes de votre domaine, Stéphane TRAVERT. La guerre de la coquille Saint-Jacques, au large de la Normandie. Depuis le mois d'août, les Britanniques viennent pêcher dans les eaux françaises la coquille Saint-Jacques, hors de la saison de la pêche, c'est-à-dire qui commence le 1er octobre, c'est donc une pêche illégale, ils le savent et ils le font et ils continuent,. On va aboutir à quoi là ?

STEPHANE TRAVERT
Elle n'est pas illégale, proprement dite, puisque ce sont les Français qui ont déterminé…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Il n'y avait pas d'accord.

STEPHANE TRAVERT
… un calendrier pour pouvoir mieux gérer la ressource, donc. Mais il n'y a pas d'accord et les Britanniques sont venus pêcher que dans cette zone et donc ce qui a provoqué les heurs. Nous, nous les avons condamnés, et j'ai vu mon homologue George EUSTICE, nous avons convenu qu'il y ait une réunion demain, qui se tiendra entre les pêcheurs britanniques et les pêcheurs français et les industriels, pour trouver un accord. Nous avons besoin de cet accord pour avoir une gestion durable et efficace de la ressource en coquilles Saint-Jacques.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et s'il n'y a pas d'accord ?

STEPHANE TRAVERT
Eh bien il va falloir travailler, parce qu'il en faudra, parce qu'on ne peut pas continuer dans cette situation-là, on ne peut pas avoir des heurts comme ceux-là, dans…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Parce que les Britanniques ne respectent, si j'ai bien compris, ni les dates, ni l'agenda, ni la taille des bateaux, ni les saisons de pêche…

STEPHANE TRAVERT
C'est ça.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
… ni les compromis, et il paraît que cette nuit les pêcheurs français, si ça continue, vont en découdre avec les Britanniques. Est-ce que vous confirmez, Monsieur le Ministre, que les navires de la Royal Navy et de la Royale, seront aujourd'hui sur la zone ?

STEPHANE TRAVERT
Alors, Royal Navy, je n'ai pas d'informations particulières, mais ce que je sais c'est que la Marine française est prête à intervenir en cas de heurts, et puis venir faire des contrôles, parce que je le rappelle, nous déplorons cette situation.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc la Marie française sera employée probablement dans la journée ou ce soir, pour éviter une bataille entre pêcheurs français et britanniques.

STEPHANE TRAVERT
Ou tout au moins pour éviter que cela ne s'envenime et faire ce travail de police absolument nécessaire sur les eaux.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais, ce que j'ai lu, qui est le comble, vous me dites si c'est vrai ou faux, les Anglais, ils ne pêchent pas pour les Anglais, mais les exportent, les coquilles Saint-Jacques chez nous.

STEPHANE TRAVERT
Oui, parce que…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Parce qu'on en consomme davantage.

STEPHANE TRAVERT
Parce qu'on en consomme davantage, et surtout c'est que les entreprises de transformation, elles sont sur le sol français, mais vous savez, là nous sommes aussi lancés dans le Brexit et les pêcheurs anglais sont plutôt des Brexiteurs, et il faut reconnaître que les tensions se ravivent à l'approche du calendrier de sortie du Royaume-Uni.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais, qu'est-ce que vous dites à ces Brexiteurs ? Quand le Brexit va s'appliquer, est-ce que les Britanniques pourront continuer tranquillement à pêcher dans les eaux françaises, et européennes ?

STEPHANE TRAVERT
Eh bien il faudra trouver des accords là aussi. Il faudra trouver un accord avec les pêcheurs britanniques, mais ça c'est le travail que mène aujourd'hui Michel BARNIER, au nom des 27, parce que nous, nous avons souhaité faire quelque chose de global, nous ne souhaitons pas que la pêche soit traitée à part, parce que la pêche ne peut pas être la variable d'ajustement du Brexit.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Enfin, ça se tend, on le sent bien, là en ce moment.

STEPHANE TRAVERT
Bien sûr.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et en saison, à partir du 1er octobre il paraît que les pêcheurs artisans français ont des petits bateaux inadaptés…

STEPHANE TRAVERT
Des bateaux de moins de 15 m.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui de moins de 15 m alors que les Britanniques ont des navires puissants, super équipés, et qui piquent…

STEPHANE TRAVERT
Voilà, et bien souvent ils ne peuvent pas aller au-dessus de la ligne Barfleur-Antifer, et donc eh bien ce sont des bateaux de pêche côtiers et donc la ressource elle doit aussi être préservée sur ces côtes, pour pouvoir fournir nos compatriotes qui sont grands demandeurs de coquilles Saint-Jacques.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
J'ai suivi de loin votre voyage en Mayenne hier, on y revient, vous vous êtes fait applaudir par les agriculteurs, mais ça ne va pas empêcher la FNSEA de manifester demain, d'une manière dispersée, pas massive, sur le territoire, parce qu'il y a la loi agriculture et alimentation qui va venir en deuxième lecture le 12 septembre à l'Assemblée. Est-ce qu'ils vont avoir satisfaction, en particulier, est-ce que ça veut dire que vous allez confirmer que les prix seront effectivement calculés sur les coûts de production des agriculteurs et pas des prix fixés par les quatre centrales d'achat, de distribution, qui monopolisent 90 % des échanges ?

STEPHANE TRAVERT
Je vous confirme que lorsque la loi sera votée, nous aurons l'inversion de la construction du prix, c'est-à-dire sur les producteurs qui fixeront le prix et c'est pour ça que nous leur demandons de bien vouloir se regrouper, pour être plus forts, pour mieux négocier et sur la base d'indicateurs, eh bien ils seront en mesure de faire des propositions à la grande distribution ou au transformateur, et c'est comme cela…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ça vous le leur dites, et cette loi, après la lecture, la navette, avec le Sénat etc. …

STEPHANE TRAVERT
Elle sera votée, promulguée début du mois d'octobre, parce que nous devons être prêts pour les négociations qui ouvrent le 1er novembre.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc à partir d'octobre, il y a cette inversion…

STEPHANE TRAVERT
A partir du 12 septembre, lecture à l'Assemblée…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Chacun y trouvera son compte, y compris les agriculteurs.

STEPHANE TRAVERT
Y compris et surtout les agriculteurs.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
La loi prévoit l'amélioration de la qualité de l'alimentation, etc. et dissuade la consommation excessive de boissons sucrées et d'aliments salés, il y a d'ailleurs une campagne contre le sel en ce moment.

STEPHANE TRAVERT
Bien sûr.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Est-ce que ça veut dire qu'après le tabac et l'alcool, les deux ennemis ça va être aujourd'hui le sucre et de sel ?

STEPHANE TRAVERT
Mais, on sait très bien qu'aujourd'hui dans l'alimentation, nous avons fait beaucoup d'efforts avec les industriels et les entreprises de l'agroalimentaire, pour diminuer le sucre et le sel. Et donc il faut continuer dans ces investissements, et nous devons être très attentifs parce que nous avons des pathologies aujourd'hui…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
La santé.

STEPHANE TRAVERT
… c'est l'obésité, c'est de maladies cardio-vasculaires, sur lesquelles nous devons être très attentifs et qui coûtent cher aussi en matière de traitement.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
L'autre angoisse des agriculteurs, qui est urgenter, ce sont les aléas de la météo.

STEPHANE TRAVERT
Oui.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
De temps en temps il y a des inondations, comme dans les Hauts-de-. France, mais surtout la sécheresse, dans 30 départements, en particulier dans le Grand Est. Bruxelles a décidé, si j'ai bien lu, d'avancer, d'augmenter les aides PAC, en général c'est en décembre, cette fois-ci ce sera quand ?

STEPHANE TRAVERT
Ça sera à la mi-octobre, parce que nous avons anticipé, nous avons demandé à la Commission, qu'elle puisse faire un geste vis-à-vis des agriculteurs qui sont touchés par la sécheresse, donc nous avons obtenu deux choses : nous avons obtenu le fait que les agriculteurs puissent faucher les jachères pour avoir du foin, pour éviter d'aller prendre dans les stocks dévolus à l'hiver. Et puis nous avons obtenu qu'ils puissent avoir une avance de trésorerie sur la PAC, qui arrivera à la mi-octobre et qui représentera 70 % au lieu de 50.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et le deuxième versement ?

STEPHANE TRAVERT
Et le deuxième versement suivra par la suite dans le calendrier normal.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous en avez parlé, la sécheresse s'accompagne d'une pénurie de fourrage et de paille…

STEPHANE TRAVERT
Bien sûr.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
… dont souffrent les agriculteurs, ils se montrent solidaires entre départements, ils ont réclamé la gratuité provisoire des autoroutes privées, est-ce que vous y êtes favorable ?

STEPHANE TRAVERT
Alors là, ce sont des entreprises privées, donc il va falloir négocier avec eux…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais vous ?

STEPHANE TRAVERT
J'ai demandé aux préfets, parce que je suis favorable à ce qu'il y ait des moments de solidarité qui puissent se mettre en place pour pouvoir transporter du fourrage, j'ai demandé aux préfets de bien vouloir regarder comment nous pouvions organiser cette solidarité sur les territoires, je sais même que la SNCF, plusieurs fois, a mis en place du fret gratuit, pour pouvoir transporter du fourrage.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ils en ont besoin.

STEPHANE TRAVERT
Donc il faut organiser cette solidarité et je sais que les agriculteurs en ont besoin.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
La PAC ne cesse de se négocier ou se renégocier.

STEPHANE TRAVERT
Bien sûr.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Le 2 mai, Bruxelles a prévu de réduire entre 12 et 17 %, peut-être même 15 % le prochain budget. Est-ce que vous promettez ici aux agriculteurs qu'on ne touchera pas aux 10 milliards de la PAC pour la France ?

STEPHANE TRAVERT
Ce que je promets, c'est que l'on se batte comme des lions pour pouvoir sauver un budget ambitieux pour la PAC, nous étions six à Madrid, à réclamer un budget ambitieux, nous sommes aujourd'hui 22, 22 Etats, l'Allemagne nous a rejoints et donc avec cette force que nous constituons, et que j'ai mis en place en appelant les uns après les autres, tous mes collègues ministres de l'Agriculture, de la Commission... du Conseil européen, que nous puissions faire en sorte d'avoir à la fois un budget ambitieux, qui protège nos agriculteurs…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Non mais ça c'est les voeux, vous pensez que vous pouvez l'obtenir, les 22, si ça se…

STEPHANE TRAVERT
Il faudra l'obtenir parce que l'agriculture c'est un élément stratégique de notre économie.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Autrement dit, la PAC va être aussi, en plus des migrants, en plus du problème de la laïcité, de l'islam des religions, etc. la PAC sera sûrement un thème pour la campagne des européennes.

STEPHANE TRAVERT
Ça sera un thème de campagne des européennes, oui, la Politique agricole commune, parce que la politique agricole, c'est une politique historique de l'Europe.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et est-ce que Daniel COHN-BENDIT peut être la tête de liste des européennes pour les En Marche ?

STEPHANE TRAVERT
Mais, écoutez, si j'en juge…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Puisqu'il n'est pas…il voulait être ministre, il n'est pas ministre.

STEPHANE TRAVERT
C'est lui qui avait fait le meilleur score d'Europe Ecologie-Les Verts, donc avec 16 %, il y a quelques années, donc je pense qu'il a été aussi un député européen engagé.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc à vous écouter, vous êtes bien à l'aise au ministère de l'Agriculture.

STEPHANE TRAVERT
Moi je suis à l'aise, je vous l'ai dit, je suis serein, calme et déterminé à faire et à conduire la feuille de route qui m'a été donnée.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Si je vous dis : « Bonne journée, bonne journée », qu'est-ce que vous pensez ?

STEPHANE TRAVERT
Une bonne journée aussi.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Non non. Merci, mais elle sera bonne pour vous ?

STEPHANE TRAVERT
Mais toutes les journées, les journées se suivent et celle-là sera certainement bonne, sans nul doute. Je reçois toutes les filières aujourd'hui, donc ça va être des beaux sujets de discussions. On avance en tous les cas et on travaille.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous avez des rendez-vous demain ?

STEPHANE TRAVERT
Demain, oui, bien sûr, j'ai des rendez-vous, je pars faire ma rentrée scolaire dans des établissements.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Merci d'être venu, Stéphane TRAVERT.

STEPHANE TRAVERT
Merci à vous.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et d'avoir été aussi direct.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 17 septembre 2018

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