Interview de M. François de Rugy, ministre de la transition écologique et solidaire, avec France Inter le 5 septembre 2018, sur la politique de l'environnement. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. François de Rugy, ministre de la transition écologique et solidaire, avec France Inter le 5 septembre 2018, sur la politique de l'environnement.

Personnalité, fonction : RUGY François de, DEMORAND Nicolas, SALAME Léa.

FRANCE. Ministre de la transition écologique et solidaire; ;

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NICOLAS DEMORAND
Avec Léa SALAME nous recevons ce matin le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, nommé par Emmanuel MACRON. Prenez la parole au 01.45.24.7000, intervenez sur les réseaux sociaux et l'application de France Inter. François de RUGY, bonjour.

FRANÇOIS DE RUGY
Bonjour.

NICOLAS DEMORAND
C'est la première fois que vous êtes ministre dans une déjà longue carrière politique, vous ne vous y attendiez pas, avez-vous dit hier lors de la passation de pouvoir. Vous entrez au gouvernement au terme d'une crise ouverte par la démission de Nicolas HULOT il y a une semaine, l'attente est forte, à tout point de vue, on va y venir, mais dites-nous d'abord pourquoi vous avez accepté ce travail, ce poste ?

FRANÇOIS DE RUGY
En effet, j'ai accepté de répondre positivement à une demande qui m'était faite par le président de la République et le Premier ministre de relever ce défi, car c'est un défi, chacun l'a bien compris, notamment sur cette antenne et dans ce studio. C'est un défi, de mener la transformation écologique de la France, comme nous menons la transformation de l'économie, de la santé, de l'éducation. Je le dis aussi, parce que vous l'avez cité, moi, l'écologie est au fondement de mon engagement, mes parents, déjà, et je les remercie d'ailleurs, m'ont éveillé, comme mon frère et ma soeur, à l'écologie, je me suis engagé dans une association, l'Association nantaise de défense de l'environnement, quand j'étais au lycée.

NICOLAS DEMORAND
Donc, inattendu mais pas illogique.

FRANÇOIS DE RUGY
Oui, on peut le résumer comme cela, et je dirais qu'à un moment donné il faut avoir un peu le sens du devoir en politique. Il y a un défi lourd à relever, tout le monde le reconnaît, sur l'écologie, tout le monde n'est pas prêt, ensuite, à le faire, dans tous les sens du terme. Ceux qui font profession de foi d'écologie, mais qui parfois se dérobent devant les responsabilités, c'est déjà arrivé, dans un passé pas si lointain, mais aussi ceux qui évidemment, une fois qu'il s'agit de passer à l'action, disent « ah ben non, plutôt dans quelques années », ou « pas sur ce sujet-là », comme dans d'autres domaines…

LEA SALAME
Nicolas Hulot était prêt à le faire votre avis ? Nicolas HULOT, il était prêt ?

FRANÇOIS DE RUGY
Ecoutez, Nicolas HULOT il l'a accepté, il y a 15 mois, il a pris une décision dans votre studio il y a une semaine, moi j'ai dit, lors de la passation de pouvoir hier, que je salue son action, je pourrais saluer tout son parcours à Nicolas HULOT, y compris son évolution depuis l'animateur de télévision jusqu'au fondateur de la Fondation Nicolas HULOT.

LEA SALAME
On va en parler, est-ce qu'on vous demander…

FRANÇOIS DE RUGY
Mais je veux quand même dire que ce qu'il a fait, pendant 15 mois, avec le gouvernement, avec la majorité à l'Assemblée nationale, ce sont des acquis précieux, ce sont des points d'appui précieux.

LEA SALAME
On va en parler. Est-ce qu'on peut demander à quel moment Emmanuel MACRON vous a appelé pour vous proposer le poste, et ce qu'il vous a dit, quelle feuille de route il vous a donnée ?

FRANÇOIS DE RUGY
Vous savez, moi je ne vais pas raconter dans les moindres détails, en général, on le fait quand on écrit ses mémoires, et je suis un peu jeune pour écrire des mémoires, donc… les discussions que j'ai eues avec lui, je l'avais dit avant, j'avais dit à vos confrères ou consoeurs qui m'interrogeaient, que s'il m'appelait je discuterai avec lui, mais que je ne le ferai pas par médias interposés, donc je ne vais pas le faire non plus a postériori.

LEA SALAME
Mais il vous a appelé très rapidement après la démission de HULOT ou ça mis un peu de temps ?

FRANÇOIS DE RUGY
Nous avons discuté avec le Premier ministre, puis avec le président, dans le courant de la semaine dernière et pendant le week-end.

LEA SALAME
Et dans ces discussions, est-ce que vous avez obtenu des garanties ?

FRANÇOIS DE RUGY
J'ai obtenu la garantie que la transformation, le programme de transformation, sur lequel nous avons été élus, car en effet, moi j'ai été élu, en 2017 j'ai été candidat aux législatives, comme bien d'autres, et nous avons constitué une majorité parlementaire à la suite de l'élection d'Emmanuel MACRON, que j'avais soutenu, j'avais d'ailleurs nourrit son programme, notamment sur ces aspects-là. Nous avons été élus sur un programme de transformation, et donc, si on disait on fait des transformations dans tous les domaines, sauf dans le domaine de l'écologie, là, évidemment, ce n'est pas la peine, en tout cas c'est sans moi. Donc moi j'applique, dans ce domaine, la même logique de transformation. Evidemment qu'il faut discuter, dialoguer, chercher à rassembler, à fédérer, ce qui n'est pas toujours facile, mais en s'appuyant sur les Français, en s'appuyant sur les associations, sur les entreprises, qui font des choses, sur les élus locaux, et ensuite il faut trancher, il faut décider, pour mettre en oeuvre, faire des choix, et c'est ce que nous ferons, et c'est ma feuille de route au ministère de l'Ecologie.

NICOLAS DEMORAND
On démissionnant dans ce studio Nicolas HULOT a clairement décrit une impasse, les mots qu'il a employé hier sont les suivants : « une ligne de failles entre économie et écologie », fracture qu'il n'a pas réussi, qu'il n'est pas parvenu à réduire. Cette contradiction, il vous la lègue, François de RUGY, est-ce pour vous une impasse ou plutôt une opposition féconde, que vous allez gérer sans problème, ni philosophique, ni métaphysique ?

FRANÇOIS DE RUGY
Gérer les enjeux écologiques sans problème, là ce serait être naïf, mais ce qui est sûr…

NICOLAS DEMORAND
La contradiction avec l'économie.

FRANÇOIS DE RUGY
Ce qui est sûr c'est que si on croit qu'il est impossible de faire converger écologie et économie, ou je lis même à la Une de certains journaux, depuis une semaine, que de toute façon c'est impossible de faire de l'écologie avec l'économie de marché, par exemple, si on croit cela, on attend que le grand soir, ou on attend qu'il y ait une révolution qui change complètement le système, je ne sais pas sur quel modèle d'ailleurs, puisque je n'ai pas vu dans d'autres pays, où c'était un autre modèle économique, qu'on faisait plus d'écologie. Moi je crois, depuis toujours, qu'on peut faire marcher main dans la main écologie et économie, que ça doit être l'objectif. Il y a des entreprises qui le font déjà. Moi j'ai souvent dit on ne valorise pas assez dans notre pays, je l'ai dit y compris à des ministres de l'Economie, successifs, l'économie verte ce sont déjà des centaines de milliers, voire des millions d'emplois dans notre pays. Il y a aussi d'ailleurs, l'économie sociale et solidaire, qui fait partie de mon champ ministériel, et c'est également méconnu. Mais il y a aussi des entreprises qui sont en train de conduire des transformations, et puis il y en a d'autres qui résistent, il y en a d'autres qui évidemment se disent non, ça va remettre en cause complètement notre activité, et nous devons dialoguer avec tout le monde, s'appuyer sur ce qui marche, pour le valoriser, et pour motiver, parce que si on ne parle que de ce qui ne marche pas, eh bien on finit par démotiver tout le monde sur la capacité à agir.

LEA SALAME
Justement, Nicolas HULOT il y a une semaine, jour pour jour, ne parlait pas de révolution, il n'appelait pas à la révolution, mais il disait « la politique des petits pas ça ne marche pas. » Je vous propose de l'écouter, précisément.

NICOLAS HULOT
Est-ce que les petits pas suffisent à endiguer, inverser, et même à s'adapter, parce que nous avons basculé dans la tragédie climatique ? Eh bien la réponse elle est non. La question fondamentale qu'il faut se poser, est-ce que nous avons commencé à réduire nos émissions de gaz à effet de serre ? La réponse est non. Est-ce que nous avons commencé à réduire l'utilisation des pesticides ? La réponse est non. Est-ce que nous avons commencé à enrayer l'érosion de la biodiversité ? La réponse est non. Est-ce que nous avons commencé à se mettre en situation d'arrêter l'artificialisation des sols ? La réponse est non.

LEA SALAME
Le réquisitoire est sévère.

FRANÇOIS DE RUGY
Moi je connais ces discours sur les petits pas, etc., moi je prends les faits, y compris sur les 15 derniers mois. Annoncer la fermeture de toutes les centrales à charbon, en France, il en reste 5, d'ici 2022, alors que c'était prévu plutôt en 2035, par le précédent gouvernement, c'est ce que Nicolas HULOT a fait, eh bien moi je peux vous dire que ce n'est pas une petite décision, ce n'est pas une petite décision sans conséquence, c'est une grande décision pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, les émissions de gaz carbonique, on sait très bien que le charbon est celui qui en émet le plus, que c'est le plus polluant, mais c'est aussi une grande décision qui n'est pas sans effet, de façon économique et sociale. Vous savez, il y a une centrale à charbon en Loire-Atlantique, le département dont je suis l'élu, à Cordemais, moi j'ai rencontré les syndicalistes, notamment, et qui évidemment étaient très opposés à cette fermeture, qui ont d'ailleurs reconnu que, à partir du moment où l'objectif était clair, où il était posé, ils avaient commencé à réfléchir à des alternatives sur le site, mais ça ne se fait pas comme cela, en se disant « oh c'est un petit pas qui se fait sans que personne ne s'en rende compte. »

NICOLAS DEMORAND
Mais vous n'avez donc rien contre la politique des petits pas, critiquée par Nicolas HULOT, c'est une méthode pour avancer ?

FRANÇOIS DE RUGY
Non, moi je demande à être jugé, je m'inscris dans la durée, je pense que dans tous les domaines d'action il faudra être jugé en 2021 ou 2022, au moment où viendront les élections nationales, nous serons jugés sur notre bilan, et là on pourra voir. Regardez, dans un autre domaine, je le dis d'autant plus…

LEA SALAME
Alors, parlons concrètement, parce que vous parliez…

FRANÇOIS DE RUGY
Non, non, mais il a parlé, dans son intervention, des pesticides. Regardez ce qui a été fait sur les néonicotinoïdes, ça a été interdit là, au 1er septembre, c'est un hasard de calendrier, mais c'est le 1er septembre cette année, ça a été voté 2 ans auparavant, j'étais député…

LEA SALAME
C'est ça, sous François HOLLANDE.

FRANÇOIS DE RUGY
Barbara POMPILI était ministre de la Biodiversité. A l'époque on nous a dit « 2 ans c'est loin », etc., ça faisait 20 ans qu'on en parlait de ce problème, avec les apiculteurs, c'est fait.

LEA SALAME
François de RUGY, vous parliez des centrales de charbon, on va parler des centrales nucléaires.

NICOLAS DEMORAND
Oui, parce que c'est un des dossiers lourds qui est sur votre bureau. Pendant la primaire de la gauche vous étiez le plus ambitieux en la matière, 50% de nucléaire en 2025, disparition à horizon 2040, du coup 100 % d'électricité renouvelable en 2050. Alors, on va commencer par le commencement, maintenant que vous êtes ministre, quand aura-t-on un calendrier de sortie du nucléaire, on l'attend depuis que la date de 2025 a été abandonnée, donc quand un calendrier, et quel calendrier, 2030, 35, on lit des choses contradictoires ?

FRANÇOIS DE RUGY
Alors, soyons précis sur les mots, c'est un sujet extrêmement lourd et important, comme vous l'avez dit, c'est la production d'électricité en France, et pas simplement l'année prochaine, dans 2 ans, dans 3 ans, c'est sur le temps long. Nous avons été élus, avec Emmanuel MACRON, sur l'engagement de mettre en oeuvre la loi de transition énergétique votée en 2015, et cette loi prévoit qu'il y a une programmation pluriannuelle de l'énergie, on entend le sigle PPL, moi je n'aime pas les sigles, programmation pluriannuelle de l'énergie, ça veut bien dire que ça veut dire. Nicolas HULOT, depuis qu'il a été ministre, a travaillé dessus, les choses ne sont évidemment pas simples, pour les mêmes raisons que ce j'ai dit sur les centrales à charbon. Vous dites qu'on va fermer une centrale nucléaire, nous allons le faire sur Fessenheim, ça c'est acté, alors que pendant les cinq dernières années on avait tergiversé sur le sujet, évidemment il y a des personnes qui y travaillent, il y a un territoire dont ça bouleverse l'économie, etc., il faut accompagner cela, sur ce site-là comme sur d'autres.

LEA SALAME
Est-ce que vous avez demandé un calendrier précis, 2035, 2040, quand ?

FRANÇOIS DE RUGY
Il y aura… sur la programmation pluriannuelle de l'énergie, nous serons en serons en mesure de la présenter à la fin du mois d'octobre, donc je vous ne renvoie pas aux calendes grecques, je ne peux pas vous dire…

LEA SALAME
C'est-à-dire qu'à la fin du mois d'octobre on aura une date précise, un engagement, un calendrier ?

FRANÇOIS DE RUGY
On aura la programmation pluriannuelle de l'énergie, c'est-à-dire le déroulé en application de la loi, que nous avons votée, ce qui n'avait jamais été fait auparavant, la part de chaque énergie, le développement des énergies renouvelables, que nous voulons faire, et j'ai toujours été, alors là, à tous les niveaux, à l'Assemblée ou ailleurs, pour faire sauter tous les verrous qui ont été mis pendant des années pour freiner le développement de l'éolien, du solaire, de la biomasse, de la méthanisation, des déchets, des déchets agricoles, des déchets ménagers, nous allons le faire, et là aussi des choses avaient déjà été engagées, qui sont des points d'appui.

LEA SALAME
Les chasseurs ont été l'élément déclencheur de la démission de Nicolas HULOT, la fameuse réunion à l'Elysée où il y avait Thierry COSTE, le lobbyiste des chasseurs, les chasseurs qui se sont félicités hier de votre nomination dans un communiqué en parlant de votre pragmatisme, en louant votre pragmatisme, comment vous allez faire pour que, quelle est votre position sur les lobbies ? On se souvient de l'envolée de Nicolas HULOT dans ce studio contre les lobbies qui seraient partout dans le cercle du pouvoir et qui seraient un problème démocratique, est-ce que vous partagez cette position avec lui ?

FRANÇOIS DE RUGY
Alors, moi je ne découvre pas les lobbies, j'ai été député pendant 10 ans, président de l'Assemblée nationale, je sais que dans notre pays, comme dans tous les pays du monde d'ailleurs, il y a des gens qui se structurent, qui en payent certains d'ailleurs, pour défendre leurs intérêts. Vous en avez dans le domaine économique, avec des intérêts extrêmement lourds, on parlait de l'énergie à l'instant, vous imaginez ce que c'est. Vous en avez qui sont structurés officiellement, clairement, d'autres moins, j'aime autant, moi personnellement, quand les gens affichent la couleur, et ils disent « nous voulons défendre la chasse etc. », on affiche la couleur et on discute.

LEA SALAME
Est-ce que ça vous aurez choqué, si vous étiez, vous, puisque vous êtes ministre maintenant de l'Ecologie, si vous étiez à cette réunion à l'Elysée et que Thierry COSTE, ou non ?

FRANÇOIS DE RUGY
Moi je ne fais pas de la politique fiction, ce que je sais c'est que, pour la chasse, il y a eu un accord de négocié, cette réunion était là pour d'ailleurs prendre acte des avancées, pas tout à fait sur tous les sujets, mais presque, donc moi je ne vais pas revenir là-dessus. En revanche j'aurai évidemment à rencontrer la Fédération nationale des chasseurs, ce sera la première fois de ma vie d'ailleurs, je n'ai jamais eu l'occasion de les rencontrer par le passé, mais je l'ai dit hier dans mon intervention à la passation de pouvoir, moi je rencontrerai tout le monde, et les gens qui veulent m'expliquer les contraintes, économiques, sociales, techniques, je les écouterai toujours, et il faut savoir les prendre en compte, mais on ne déviera pas de l'objectif qui est celui de transformer les choses. Si les gens veulent me convaincre qu'il ne faut rien faire, qu'il ne faut toucher à rien, qu'il faut être conservateur, ça il y a des lobbies qui sont comme cela, eh bien ils seront déçus par ma nomination.

NICOLAS DEMORAND
C'est un lobby EDF, François de RUGY ? C'est une grande entreprise, mais est-ce que c'est un lobby ?

FRANÇOIS DE RUGY
C'est une grande entreprise qui sait faire entendre ses intérêts à tous les niveaux, je vous le confirme.

NICOLAS DEMORAND
EDF ne fera pas la politique énergétique de la France, avez-vous déclaré à plusieurs reprises. Si le patron d'EDF veut faire la loi à la place des députés, qu'il se présente aux élections législatives. Vous êtes toujours sur cette ligne-là ?

FRANÇOIS DE RUGY
En tout cas il est évident que, EDF, qui est une grande entreprise publique, je crois que 85 ou 83 % du capital est détenu par l'Etat…

NICOLAS DEMORAND
Vous êtes toujours sur cette ligne dure ?

FRANÇOIS DE RUGY
Est comme les autres entreprises publiques, là pour mettre en oeuvre la politique votée par le Parlement et choisie par le gouvernement.

NICOLAS DEMORAND
Donc vous déciderez, ils exécuteront.

FRANÇOIS DE RUGY
Après, il est tout à fait normal que, EDF, comme d'autres grandes entreprises publiques, dise aux pouvoirs publics, aux décideurs, Parlement, gouvernement, dise « écoutez voilà, il y a telle et telle contrainte, si on bouge ça, ça coûte tant, si on bouge ça, ça fait tant d'emplois, si on bouge-ci, etc. » Mais, EDF est une grande entreprise qui a des moyens, qui a des moyens, par exemple pour faire de la reconversion de salariés, pour faire du reclassement, c'est une entreprise qui a des moyens, et qui le fait déjà, pour développer les énergies renouvelables, les grands projets éoliens offshores que Nicolas HULOT avait sauvés, alors que certains voulaient les casser, eh bien EDF est partie prenante dans plusieurs d'entre eux, et c'est cela vers quoi EDF doit se tourner.

LEA SALAME
François de RUGY, est-ce que vous avez obtenu le co-pilotage, la cogestion de la PAC, de la Politique Agricole Commune, avec le ministre de l'Agriculture ?

FRANÇOIS DE RUGY
Nous ferons une proposition dans les semaines qui viennent, et le président de la République, le Premier ministre, le diront, sur la façon d'organiser le travail, en commun, entre le ministère de l'Agriculture et le ministère de la Transition écologique, sur la question de la réforme de la Politique Agricole Commune.

LEA SALAME
Donc ça pourrait aller vers une cogestion que vous annoncerez bientôt.

FRANÇOIS DE RUGY
Moi je ne suis pas venu ce matin dans votre studio pour faire des annonces, pour une raison simple, je prends connaissance des dossiers, il y a beaucoup de sujets que je connais, mais les dossiers d'un ministère c'est lourd, c'est particulier, voyez on m'a remis, quand je suis arrivé hier, cette note, voyez l'épaisseur de la note, celles et ceux qui n'ont pas la télévision pourront le voir, c'est un gros dossier avec tous les sujets qui sont sur la table du ministre, je les prends, j'en prends connaissance, je travaille. Evidemment que moi mon souhait, j'ai dit écologie, économie, faire marcher main dans la main, c'est particulièrement vrai dans le secteur agricole, même si c'est parfois difficile, je le sais d'expérience, dans le secteur agricole, mais je ne veux pas rentrer dans une opposition entre l'agriculture et l'écologie, ce serait la pire façon de rentrer en matière sur ce sujet.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 18 septembre 2018

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