Interview de Mme Muriel Pénicaud, ministre du travail à France Bleu le 7 septembre 2018, sur la réforme de l'apprentissage et les parcours des jeunes. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Muriel Pénicaud, ministre du travail à France Bleu le 7 septembre 2018, sur la réforme de l'apprentissage et les parcours des jeunes.

Personnalité, fonction : PENICAUD Muriel.

FRANCE. Ministre du travail

ti :


JOURNALISTE
La ministre du Travail est aujourd'hui dans le Vaucluse pour un déplacement sur le thème de l'apprentissage, et elle est ce matin sur France Bleu Vaucluse.

THOMAS SCHONHEERE
Bonjour Muriel PENICAUD.

MURIEL PENICAUD
Bonjour.

THOMAS SCHONHEERE
Vous avez choisi deux centres de formation des apprentis aujourd'hui, Avignon en hôtellerie-restauration, Carpentras en automobile, pourquoi ces deux-là ?

MURIEL PENICAUD
D'abord j'ai choisi de faire cette semaine la rentrée de l'apprentissage en visitant neuf CFA dans toute la France, et j'ai choisi deux CFA, du Vaucluse, un le CSA automobile Victor Hugo à Carpentras, et le CFA hôtellerie-restauration d'Avignon. Pourquoi ? Parce qu'ils excellent chacun dans un domaine. Le CFA d'Avignon en hôtellerie-restauration, a de nombreux médaillé des Olympiades des métiers, c'est les championnats de France, d'Europe et du monde, des meilleurs apprentis, et puis le CFA automobile de Carpentras, il accueille des apprentis en situation de handicap, il les fait réussir. Dans les deux cas on parle de CFA, qui ont à la fois une vocation d'insertion, mais aussi d'excellence, et j'espère bien voir, comme dans tous les CFA, des jeunes qui sont passionnés, puisqu'ils ont choisi un métier qui leur plaît, il y a beaucoup d'emplois après, 7 jeunes sur 10 ont un emploi après l'apprentissage. Et je rencontrerai aussi des chefs d'entreprise, parce qu'il y a de nombreux jeunes qui veulent aller en apprentissage, et il faut aussi encourager les entreprises qui se mobilisent sur ce sujet.

THOMAS SCHONHEERE
Dans votre réforme justement, de l'apprentissage, Madame PENICAUD, il y a plusieurs mesures pour simplifier l'accès à ce parcours à l'apprentissage, pour inciter les jeunes également à y aller, ça veut dire qu'il n'y a plus de freins aujourd'hui ?

MURIEL PENICAUD
La loi pour l'Avenir professionnel, qui a été votée cet été, et promulguée mercredi par le président de la République, en matière d'apprentissage, en fait ôte tous les verrous qui empêchaient de développer l'apprentissage. pour les jeunes, quelques exemples, à partir du 1er janvier 2019 ils auront 500 euros chacun, d'aide au permis de conduire, ils pourront entrer jusqu'à 30 ans en apprentissage s'ils le souhaitent, ils pourront partir toute l'année en apprentissage, et non pas juste en septembre, ils pourront aller dans toute l'Europe grâce à Erasmus, et pour les entreprises il y aura une seule aide, au lieu de quatre, ce qui était très compliqué, beaucoup n'y avaient pas accès, et toute une série de choses qui simplifient la vie des entreprises.

THOMAS SCHONHEERE
Ça ce sont des mesures de simplification, parce qu'on a quand même toujours, aujourd'hui, deux structures, lycées professionnels et CFA, ce sont les branches également désormais qui ont les commandes, non plus les régions, ça reste quand même compliqué, non ?

MURIEL PENICAUD
Alors non, ça sera très simple, parce qu'en fait ce n'est pas les branches qui prennent les commandes par rapport aux régions, c'est que tout le monde est sur le pont, les régions auront un rôle en matière d'orientation, de découverte des métiers…

THOMAS SCHONHEERE
Elles n'ont plus les budgets en tout cas les régions.

MURIEL PENICAUD
Et d'investissements, les branches auront un rôle en matière de construction des diplômes et de mobilisation des entreprises, et chaque centre de formation d'apprentis sera garanti que, à chaque fois qu'un jeune et une entreprise décident de faire un contrat d'apprentissage, à ce moment-là il y a le financement pour le centre de formation. Donc, en fait, on a besoin de tout le monde sur le pont pour l'apprentissage. Il n'y a que 7 % d'apprentis en France, c'est 15 % en Allemagne, 30 % au Danemark, 40 % en Autriche, et les pays qui ont développé l'apprentissage, eh bien il n'y a pas de chômage de masse des jeunes. Notre défi c'est ça, c'est d'ouvrir deux voies pédagogiques, soit sous statut scolaire, et c'est très bien, soit sous forme d'apprentissage, deux voies pédagogiques, qu'on puisse passer de l'une à l'autre, que chaque jeune ait l'occasion, ait la capacité à réussir.

THOMAS SCHONHEERE
Une autre réforme, Muriel PENICAUD, celle de l'assurance chômage, on en est à la phase de discussions entre les partenaires sociaux, est-ce que l'objectif c'est de faire baisser la dette de l'UNEDIC ? 35 milliards d'euros l'année prochaine, ce sont les prévisions.

MURIEL PENICAUD
Mon objectif, dans la réforme de l'assurance chômage, c'est d'inciter au retour à l'emploi, pour ceux qui sont demandeurs d'emploi, et que l'emploi soit le plus durable possible, et qu'on ne soit pas condamné, je dirais à s'installer dans la précarité, même aidé par l'assurance chômage. Ça c'est l'objectif principal. Et puis, par ailleurs, comme le chômage commence à décroître, eh bien on parlera aussi désendettement, puisqu'il y a 35 milliards de dette à l'UNEDIC.

THOMAS SCHONHEERE
Parmi les pistes de travail, bonus-malus pour les entreprises qui ont recours aux contrats courts, dégressivité des allocations chômage, vous dites tout est sur la table aujourd'hui, vous n'avez pas de préférence ?

MURIEL PENICAUD
Ce que je dis c'est qu'on fait ça avec méthode, la méthode c'est du diagnostic partagé et de la concertation, on démarre trois semaines de diagnostic, avec les partenaires sociaux, qui gèrent l'assurance chômage, avec les services de l'Etat, UNEDIC, Pôle emploi, pour bien analyser toutes les situations, ce qui fonctionne, ce qui doit être amélioré, et ensuite, comme le prévoit la loi, le gouvernement, nous enverrons un document de cadrage, et c'est les partenaires sociaux qui négocieront. Donc, il est trop tôt pour parler des pistes de solutions, il faut d'abord faire le diagnostic, le partager, définir les priorités, et ensuite prendre le temps de la négociation.

THOMAS SCHONHEERE
Une question, Muriel PENICAUD, sur ce que traverse en ce moment le gouvernement, la démission de Nicolas HULOT, un ministre très populaire, démission pour désaccord politique, est-ce que le gouvernement est fragilisé, même après ce remaniement ?

MURIEL PENICAUD
Je ne crois pas que le gouvernement est fragilisé, d'abord parce qu'il y a un travail d'équipe très profond, très fort, très collégial, d'autre part que nous partageons des valeurs, et le projet de société sur lequel Emmanuel MACRON a été élu président de la République, nous sommes engagés dans ces réformes, il comprend une dimension écologique forte, qui va continuer. Après, je connais bien Nicolas HULOT, depuis longtemps, je le respecte, je respecte sa décision, c'est un choix personnel, et ça ne change pas notre détermination, y compris sur l'écologie, qui est, avec le social et l'économique, fait partie des trois dimensions du développement durable, que nous voulons développer.

THOMAS SCHONHEERE
Merci beaucoup Muriel PENICAUD d'avoir été sur France Bleu Vaucluse, bonne journée.

MURIEL PENICAUD
Merci. Bonne journée à tous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 19 septembre 2018

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