Interview de M. Olivier Dussopt, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'action et des comptes publics, avec Public Sénat le 10 septembre 2018, sur la baisse des effectifs dans la Fonction publique, le plan pauvreté, les élections européennes de 2019, les services publics et sur la réforme du prélèvement à la source. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Olivier Dussopt, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'action et des comptes publics, avec Public Sénat le 10 septembre 2018, sur la baisse des effectifs dans la Fonction publique, le plan pauvreté, les élections européennes de 2019, les services publics et sur la réforme du prélèvement à la source.

Personnalité, fonction : DUSSOPT Olivier, VIGUIER Cyril .

FRANCE. Secrétaire d'Etat à l'action et aux comptes publics;

ti :

CYRIL VIGUIER
Et l'invité politique ce matin sur ce plateau, en direct, c'est Olivier DUSSOPT. Bonjour. Merci d'être avec nous.

OLIVIER DUSSOPT
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Vous êtes le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des comptes publics. On a beaucoup de questions à vous poser. Pour vous interroger à mes côtés, Marcelo WESFREID, du Figaro, pour Public Sénat. Bonjour Marcelo.

MARCELO WESFREID
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Et Pascal JALABERT pour le Dauphiné…

PASCAL JALABERT
Bonjour…

CYRIL VIGUIER
Le groupe EBRA à Paris. Merci Pascal d'être avec nous. Votre interview sera rediffusée sur les sites Internet de la presse quotidienne régionale ce matin, à partir de 10h, Olivier DUSSOPT. Le Premier ministre et la ministre des Sports ont rendez-vous ce matin à Matignon, une note fait état de 1.600 postes supprimés au ministère des Sports. Est-ce que vous confirmez d'abord ce chiffre, et est-ce que vous mettez le sport français à la diète ?

OLIVIER DUSSOPT
La note qui est évoquée est une note de prospective, de cadrage, non pas sur l'année…

CYRIL VIGUIER
Mais sur le chiffre ?

OLIVIER DUSSOPT
Mais à l'échelle du mandat, et avec effectivement un cadrage…

CYRIL VIGUIER
A l'échelle du mandat, sur cinq ans…

OLIVIER DUSSOPT
Autour de 1.600 emplois. Comme vous l'avez dit, le Premier ministre et la ministre des Sports ont rendez-vous ce matin, la nouvelle ministre des Sports prend ses marques, pose aussi un certain nombre de points, d'orientations politiques dans son action, et à l'issue de cette discussion, nous pourrons avancer, c'est une base de départ, et l'objectif que nous poursuivons en matière de sport n'est ni une mise à la diète ni quoi que ce soit, c'est d'adapter la politique sportive à l'organisation du sport aujourd'hui. Il y a des fédérations qui sont puissantes, qu'il faut accompagner, il y a des collectivités locales qui mènent des actions fortes en matière sportive, il y a une administration d'Etat, avec des points forts et des points faibles, y compris dans des disparités de présence sur le territoire, et tout l'objectif est de trouver la bonne organisation pour que le sport français reste le sport d'élite et le sport amateur dans le même temps que l'on connaît.

CYRIL VIGUIER
1.600 postes sur cinq ans, sur le mandat.

MARCELO WESFREID
C'est quand même un très mauvais signal avant les JO 2024 ?

OLIVIER DUSSOPT
Je ne crois pas parce que, on parle de ces 1.600 postes, en tout cas, de cette perspective sur cinq ans, on oublie de parler de l'ensemble des postes qui existent ailleurs, dans des agences, dans des comités, et notamment auprès du comité olympique, dans les collectivités, et je le répète, elles font un travail extrêmement fort. Donc tout l'objectif est de faire en sorte que l'organisation soit adaptée, et nous permette d'avoir la meilleure politique sportive. Les discussions, comme vous l'avez vu, et comme cela est su désormais, commencent aujourd'hui pour trouver le bon point d'atterrissage.

PASCAL JALABERT
Donc vous avez supprimé l'an dernier, dans la Fonction publique, 1.600 postes, 4.500 l'année prochaine. Bon, on est loin de l'objectif de 50.000 pour l'Etat et de 120.000 fonctionnaires en moins au total ; comment vous allez y arriver ?

OLIVIER DUSSOPT
Alors, deux choses sur cet aspect-là, effectivement, le budget pour 2019 prévoit la suppression d'environ 4.500 postes, qui, en réalité, sont des non remplacements de départs à la retraite, puisque nous aurons autour de 60.000 départs à la retraite parmi les fonctionnaires d'Etat. La première chose, c'est que le président de la République s'est engagé sur une baisse progressive des effectifs de la Fonction publique, c'est un objectif que nous poursuivons, une cible que nous gardons en tête, ça n'est pas l'alpha et l'oméga de notre politique en matière de Fonction publique. Nous avons aussi un travail de réforme structurelle de la Fonction publique, de modernisation. Dans quelques heures, à 10h ce matin, j'ouvrirai la négociation formelle sur le renouvellement de l'accord pour l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la Fonction publique. Et c'est un sujet majeur. La deuxième chose, c'est que nous ne voulons pas répéter les erreurs du passé, il fut un temps où dans le cadre de la RGPP, le ministère, et les ministères annonçaient 10.000 suppressions, 15.000 suppressions, et le gouvernement, finalement, disait aux services : débrouillez-vous avec cela, menez la politique qu'on vous demande de mener avec 10.000 postes en moins. Nous, nous avons une logique différente, nous réexaminons les politiques, nous regardons les missions, nous regardons l'organisation, et à l'issue de ce processus, nous regardons la question des effectifs de manière à ce que cette diminution progressive des effectifs ne se fasse pas au détriment de la qualité du service, ni de la présence territoriale.

PASCAL JALABERT
Comment vous allez obliger les collectivités locales à supprimer 70.000 postes, vous n'avez pas la main là-dessus, et puis, c'est de l'emploi dans les territoires !

OLIVIER DUSSOPT
Il y a un principe de libre administration, et nous le respectons, nous considérons que les collectivités locales doivent participer à l'effort de redressement ; nous ne sommes pas les premiers à le faire, dans les années précédentes, ça s'est traduit par différentes méthodes, différentes politiques, du gel en matière de dotations, de la baisse de dotations de 2014 à 2017, j'étais député dans la majorité, à cette période-là, avec le nouveau gouvernement, nous avons fait le choix de maintenir les dotations. Nous sommes, là aussi, convaincus que les départs à la retraite, la numérisation des services, la réorganisation des collectivités, la volonté affichée par l'immense majorité des élus de participer à la maîtrise des dépenses, tout ça peut amener à une diminution des effectifs, et d'ailleurs, quand on regarde les bilans des années précédentes, et notamment pour les derniers chiffres complets que nous avons, le bilan de l'année 2016, lorsqu'on regarde les trois grands secteurs d'administration publique, l'Etat, les administrations de Sécurité sociale ou le secteur sociale, et les collectivités, le seul secteur qui ait diminué légèrement ses effectifs, c'est le secteur des collectivités locales.

MARCELO WESFREID
Alors, Olivier DUSSOPT, vous en parliez à l'instant, à 10h, commencent des négociations sous votre tutelle, pour aboutir à un accord sur l'égalité salariale femmes, hommes, est-ce qu'on peut être concret, parce que sur les principes, il y a beaucoup de choses qui ont été dites, est-ce que, par exemple, il y aura une obligation dans certains secteurs d'avoir des nominations qui soient paritaires, et est-ce qu'il y aura des sanctions à la clé ?

OLIVIER DUSSOPT
Cela existe. L'accord égalité femmes-hommes a été signé, le premier accord, en 2013, il arrive à échéance, et nous souhaitons le renouveler avec les organisations syndicales et les employeurs, nous allons avancer, et il y a peut-être une ligne de conduite à tenir : ne jamais reculer sur ce qui a été capitalisé en 2013, puisque l'accord est bon, et il faut protéger le contenu de cet accord. Aller plus loin et prévoir des moyens contraignants, y compris des sanctions financières.

MARCELO WESFREID
Alors, un exemple, soyons concrets.

OLIVIER DUSSOPT
Un exemple, un exemple pour être très concret, l'accord de 2013 ainsi que la loi de mars 2012 sur la Fonction publique prévoient une mise de métiers, d'emplois de direction dans la Fonction publique, pour lesquels il faut qu'il y ait une obligation de nominations équilibrées, pas paritaires, mais équilibrées, 60 40 ans avec une montée progressive dans un sens ou dans l'autre, un certain nombre de ministères n'ont pas atteint cet objectif en 2017, et ont fait l'objet de sanctions financières, nous voulons aller plus loin et faire en sorte par exemple que les métiers concernés par cette obligation de nominations équilibrées soient plus nombreux. Il y a des établissements publics d'Etat qui pour certains ne sont pas dans cette cible d'obligation de nominations équilibrées, il faut que nous puissions élargir…

MARCELO WESFREID
Vous pensez à quel ministère par exemple ?

OLIVIER DUSSOPT
Il ne s'agit pas de ministère, mais plutôt des établissements publics rattachés à tel ou tel ministère, qui n'ont pas fait l'objet de cette obligation-là, donc il faut qu'on puisse élargir cette liste, on appelle ça la liste T1, c'est la liste fixée par loi de 2012 avec des sanctions financières, et voir comment utiliser ces pénalités financières pour nourrir la politique en matière d'égalité ; il y a d'autres exemples sur lesquels on peut être très concret, j'en prends un si vous me le permettez, la question des congés parentaux, aujourd'hui, lorsqu'un agent public prend un congé parental de 3 ans, la première année, son avancement, son déroulement de carrière est protégé l'année 2 et l'année 3, cet avancement est réduit de 50 % ; très souvent, pour ne pas dire tout le temps, ce sont les femmes qui prennent le congé parental, et c'est une des explications de l'inégalité de salaires, donc nous allons aussi résoudre cela.

MARCELO WESFREID
Alors, jeudi, le président de la République présente lui-même le plan pauvreté, c'est le fameux plan qui avait été reporté cet été, est-ce que ça marque enfin le tournant à gauche de ce gouvernement ?

OLIVIER DUSSOPT
Ça marque la volonté du président d'appliquer l'intégralité de son programme, et le plan pauvreté, le plan de lutte contre la pauvreté est un plan qui est très attendu sur lequel le gouvernement travaille beaucoup, ma collègue Agnès BUZYN est extrêmement investie pour que ce plan soit une réussite, il y a une philosophie derrière ce plan, c'est évidemment mieux traiter les questions d'inégalité, les questions de pauvreté, mais c'est peut-être surtout éviter que la pauvreté soit quelque chose d'héréditaire, renouvelable, parce que nous savons aujourd'hui que lorsqu'on est dans une famille pauvre, on a toutes les chances d'être pauvre soi-même, et donc il faut pouvoir sortir les gens de la pauvreté, prévenir les inégalités, faire en sorte que toutes les inégalités soient attaquées, en matière d'accès aux soins, d'accès à un certain nombre de prothèses, et nous avons déjà dit avant l'été notre volonté d'un reste à charge zéro sur les prothèses dentaires, sur les prothèses auditives, sur les lunettes pour…

MARCELO WESFREID
Donc ce n'est pas un rééquilibrage du cap…

OLIVIER DUSSOPT
La question n'est pas, en tout cas sur le fond du plan, n'est pas de faire ce qui a été fait pendant 30 ans. Pendant 30 ans, l'idée était d'indemniser la pauvreté pour permettre aux pauvres de vivre un peu mieux, ou plutôt moins mal, nous, nous voulons prévenir la pauvreté.

PASCAL JALABERT
Juste, sur le RSA, vous avez des départements, comme le Haut-Rhin, qui disent : eh bien, il faut qu'en contrepartie, il y ait une mission d'intérêt public assurée par les bénéficiaires du RSA, ça fait partie des choses, ça, ça fait partie du retour au travail progressif, ça fait partie des choses que vous soutiendrez ?

OLIVIER DUSSOPT
Je ne suis pas là pour sanctionner positivement ou négativement l'initiative du département que vous avez cité, et je sais aussi que parfois, et je le répète, pas forcément dans ce département-là, mais parfois, c'est vu comme une mesure de donnant-donnant avec parfois aussi une volonté de stigmatiser celles et ceux qui sont bénéficiaires du RSA. Pour en avoir rencontré beaucoup dans mon territoire et dans d'autres moments, dans d'autres dans d'autres endroits, je ne connais pas de bénéficiaire du RSA qui soit heureux d'être au RSA, on n'est pas riche au RSA. Par contre, ça me permet de souligner un point, c'est que nous voulons effectivement tout faire pour permettre le retour au travail, nous considérons que la meilleure façon de sortir de la pauvreté durablement, c'est l'accès au travail, c'est l'autonomie par les revenus de son travail.

CYRIL VIGUIER
Olivier DUSSOPT, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des comptes publics est notre invité politique ce matin dans « Territoires d'infos. » On asse à la politique, les journées parlementaires de La République En Marche à Tours aujourd'hui. Désignation du candidat pour le poste du perchoir, la présidence de l'Assemblée nationale, alors vous seriez député aujourd'hui, vous voteriez Richard FERRAND ou Barbara POMPILI, les deux favoris ?

OLIVIER DUSSOPT
Je ne suis pas député. Je ne suis pas député et…

CYRIL VIGUIER
Réponse à ma question…

OLIVIER DUSSOPT
Et d'abord une réponse de principe, les députés sont libres, sont adultes sont libres évidemment de choisir qui ils veulent comme président…

CYRIL VIGUIER
Un choix personnel…

OLIVIER DUSSOPT
Tout le monde connaît de l'amitié que j'ai pour Richard FERRAND, avec qui j'ai siégé dans le même groupe pendant longtemps, et je lui souhaite le meilleur.

PASCAL JALABERT
Mais est-ce qu'il ne faut pas justement une femme, puisque vous parliez des négociations hommes/femmes, Barbara POMPILI par exemple qui est candidate, ça serait moderne, non ?

OLIVIER DUSSOPT
Et qui est aussi une très bonne présidente de la Commission du développement durable, je la connais aussi, j'allais dire, Barbara, avec un peu de familiarité, comme Richard, parce que ce sont un homme et une femme, une femme et un homme avec qui j'ai siégé, avec qui j'ai partagé des engagements, les députés feront de toute façon, et en toute hypothèse, le meilleur choix.

MARCELO WESFREID
Vous étiez au Parti socialiste, il y a encore quelque temps, je ne sais pas si vous avez vu hier que Jean-Luc MELENCHON a rencontré à Marseille les représentants de l'aile gauche du Parti socialiste, et il leur a dit cette phrase assez étonnante, il leur a dit : vous m'avez manqué. Comment vous réagissez, vous, l'ancien socialiste, quand vous voyez ce rapprochement entre, d'une part, La France Insoumise, et de l'autre, l'aile gauche du Parti socialiste ?

OLIVIER DUSSOPT
Je ne partage pas les orientations de la France Insoumise, ce n'est pas un secret, et je considère que le projet qui était porté par Jean-Luc MELENCHON pendant l'élection présidentielle n'était pas un projet satisfaisant, pour être le plus poli possible

MARCELO WESFREID
Mais quand vous voyez vos anciens camarades aller vers MELENCHON ?

OLIVIER DUSSOPT
Pas tous déjà, si j'ai bien compris, puisque je crois que…

MARCELO WESFREID
Emmanuel MAUREL…

OLIVIER DUSSOPT
Oui, et qui est un député européen brillant par ailleurs, mais pas tous, je crois que certains au Parti socialiste ne sont pas particulièrement satisfaits de ce rapprochement, c'est leur affaire, c'est leur affaire. Pour moi, ça signifie en tout cas, si ça devait aboutir, une forme de radicalisation, voire d'amnésie par rapport à la période de responsabilité qu'on a connue.

PASCAL JALABERT
Oui, alors, à Marseille, qui, décidément, doit être une petite ville, Emmanuel MACRON a croisé par hasard, nous dit-on, Jean-Luc MELENCHON, donc pour vous, c'est vraiment, là, une des confrontations aujourd'hui, c'est-à-dire, il y aurait, d'un côté, le clan des progressistes européens, l'autre celui des populistes, et ça serait le nouvel affrontement ?

OLIVIER DUSSOPT
L'élection européenne que nous aurons à connaître au mois de mai va être marquée par ce clivage-là, par un clivage entre les progressistes, celles et ceux qui veulent à la fois s'appuyer sur l'Europe, la faire avancer, faire en sorte que l'Europe soit vraiment un outil d'égalité, de progrès, social et économique, et celles et ceux qui se réfugient dans des réflexes populistes ou nationalistes, et ce clivage au niveau européen, nous le retrouvons pour une partie sur la scène nationale...

PASCAL JALABERT
Donc vous défendez une liste qui regroupe, eh bien, des gens de droite, de gauche, de LREM ?

OLIVIER DUSSOPT
Je défends ce que j'aurai toujours défendu, une liste de progressistes, attachés à la construction européenne, attachés à faire de l'Europe un outil de progrès, d'égalité pour tous, et ce sera la liste de la majorité présidentielle.

MARCELO WESFREID
En cette rentrée, il y a une tonalité un peu différente de la part de l'exécutif avec du mea culpa, ce qui est vraiment nouveau en Macronie, et les auditions de la commission parlementaire au Sénat reprennent mercredi sur l'affaire BENALLA, est-ce qu'avec le recul, avec honnêteté, vous diriez que l'exécutif a manqué d'humilité dans la gestion de cette affaire.

OLIVIER DUSSOPT
Je ne crois pas, et je pense que, au contraire, le président de la République a voulu à la fois que la lumière soit faite, et, au-delà, l'Assemblée nationale a pris ses responsabilités avec une commission d'enquête qui a connu quelques difficultés par la volonté…

MARCELO WESFREID
Pas d'autocritique…

OLIVIER DUSSOPT
De la paralyser pour certains, avec le Sénat qui fait son travail. Je pense, et je rejoins ce qui a été dit par ailleurs par le Premier ministre, par le ministre de l'Intérieur, par le président de la République lui-même, que le pouvoir, enfin, quand on dit le pouvoir, c'est l'exécutif, gagne toujours à la transparence, et que lorsqu'on parle d'humilité, lorsqu'on parle d'écoute, c'est simplement reconnaître que nous faisons de notre mieux, nous mettons tout en oeuvre pour que le programme du président de la République soit intégralement appliqué, et que tous les engagements qu'il a pris soient tenus. Et nous pouvons aussi – ça arrive à tous les exécutifs, à tous les responsables, quel que soit le niveau – parfois commettre des erreurs, il faut simplement savoir les reconnaître et savoir les corriger lorsqu'elles sont commises.

PASCAL JALABERT
Oui, dans les territoires, je vais vous citer un exemple qui n'est pas loin de chez vous, à Bourg-Argental, dans la Loire, les gens vont voir partir la perception, ils ont déjà vu partir LA POSTE, un peu plus au Nord…

OLIVIER DUSSOPT
Je crois qu'il y a... enfin, vous me pardonnez Monsieur JALABERT, mais je connais bien Bourg-Argental, je connais bien le maire Bourg-Argental, qui est un ami de longue date, il y a toujours un bureau de POSTE à Bourg-Argental…

PASCAL JALABERT
Oui, oui, enfin, bon, ils voient le service se dégrader, plus au nord, à Montbrison, c'est le tribunal, donc est-ce que vous comprenez que les territoires disent : eh bien, ce gouvernement nous regarde d'en haut, prend des décisions pour nous…

OLIVIER DUSSOPT
Je vais prendre un exemple, non pas pour relativiser, parce qu'à chaque fois qu'on touche à l'organisation d'un service public sur les territoires, je sais les effets, je sais aussi la crainte que cela peut nourrir, mais vous parlez des perceptions, des points d'implantation du réseau de trésorerie de la DGFIP. Sur les dix dernières années, ce sont plus de 900 perceptions qui ont été fermées, plus de 900, c'est presque 100 par an, ça n'est pas un phénomène nouveau, c'est aussi un phénomène qui s'explique : nous avons des implantations, cela relève directement du ministère de l'Action des comptes publics, donc de Gérald DARMANIN et moi-même, nous avons des points d'implantation avec deux, trois, quatre équivalents temps plein, et des gens qui, parfois, au rythme de telle ou telle absence, pour des raisons justifiables, parfois, souvent de maladies, se retrouvent seuls et isolés, et nous avons des points de contact dans lesquels, des perceptions, dans lesquelles nous avons entre quatre, cinq, parfois moins de dix visites par semaine d'usagers, parce que vous et moi, on a dématérialisé notre déclaration de revenus, qu'on a dématérialisé le paiement, parce que les élus, qui ont besoin d'un conseil, savent aussi que le conseil, ils peuvent le trouver auprès de plateformes, auprès d'équipes pluridisciplinaires, si vous me permettez ce barbarisme, avec plus d'acuité et plus opportunités. Donc nous travaillons à la refonte de ce réseau-là, avec un objectif, que le service au public soit garanti, ça passera aussi par une réforme des maisons de service public, et avec l'objectif d'être présent partout où il le faut sur le territoire.

MARCELO WESFREID
Vous êtes secrétaire d'Etat auprès du ministre des Comptes et de l'action publique, est-ce que vous pouvez garantir aux Français que, il n'y aura pas de bugs sur le prélèvement à la source, à partir de janvier ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous travaillons pour que toutes les questions techniques et tous les risques soient levés. Tous. Il y a un système qui est mis en place avec la déclaration sociale dans les entreprises pour la collecte des données, avec un système informatique, nous avons veillé à une chose en particulier, et Gérald DARMANIN s'y est attaché tout particulièrement pendant cette année, c'est que le système informatique ne soit pas un système totalement intégré comme l'était le système Louvois qui, lui, a "beugué"…

MARCELO WESFREID
Pour la défense…

OLIVIER DUSSOPT
Pour la défense, et le système de rémunération, il ne peut pas y avoir de bug systémique. On peut avoir, parce que c'est…

MARCELO WESFREID
Un bilan, 300.000 bugs en février quand même…

OLIVIER DUSSOPT
Oui, mais 300.000 qui ont été corrigés…

MARCELO WESFREID
Dans la phase de tests…

OLIVIER DUSSOPT
La phase de tests sert à cela aussi, nous avons 39 millions de déclarations de revenus, chaque année, il y a environ 2 millions de contestations ou de difficultés, sur les 2 millions, 1,7 million sont liées à des problèmes de déclarations par les contribuables, 300.000 peuvent être liés à des erreurs matérielles, sur 39 millions de fiches de paye. Donc nous travaillons à lever cela. Le système est prêt, le système dans sa globalité est prêt, nous travaillons à lever les dernières difficultés, notamment sur les employeurs et les employés, chez les particuliers, cela va marcher.

CYRIL VIGUIER
Olivier DUSSOPT, vous avez des nouvelles personnelles de Manuel VALLS, il est en en route pour Barcelone ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est à lui qu'il faut poser la question, et…

CYRIL VIGUIER
Vous trouvez ça normal qu'il déserte au fond sa circonscription de l'Essonne pour faire campagne à Barcelone ?

OLIVIER DUSSOPT
Je ne crois pas qu'il déserte sa circonscription de l'Essonne, d'une part…

CYRIL VIGUIER
Enfin, il est beaucoup à Barcelone…

OLIVIER DUSSOPT
Et c‘est à lui qu'il faut poser la question, j'ai eu l'occasion de le dire…

CYRIL VIGUIER
Mais vous étiez très proche de lui, c'est pour ça que je vous pose la question…

OLIVIER DUSSOPT
Oui, et j'ai eu l'occasion de le voir encore avant l'été…

CYRIL VIGUIER
Qu'est-ce qu'il vous a dit ?

OLIVIER DUSSOPT
Et j'ai eu l'occasion de dire ici même, je crois, avant l'été, que je lui souhaitais le meilleur dans toutes les entreprises qu'il entreprendra, et c'est lui qui fera son choix, ce n'est pas à moi de me prononcer à sa place.

CYRIL VIGUIER
Donc devenir maire de Barcelone éventuellement ?

OLIVIER DUSSOPT
Ce n'est pas à moi de me prononcer à sa place, mais s'il le souhaite, je lui souhaite le meilleur.

MARCELO WESFREID
Est-ce que le plus cohérent, ce ne serait pas qu'il renonce à son poste de député ?

OLIVIER DUSSOPT
Mais, enfin, chaque chose en son temps, laissez-le faire ses choix, et je peux vous assurer que, il est présent à l'Assemblée nationale, il siège en commission des lois, et il prendra toutes ses responsabilités, c'est à lui de le dire, c'est à lui de le faire, je le souhaite le meilleur.

CYRIL VIGUIER
Merci beaucoup Olivier DUSSOPT, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des comptes publics, d'avoir été notre invité ce matin…

OLIVIER DUSSOPT
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 20 septembre 2018

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