Interview de M. Mounir Mahjoubi, secrétaire d'Etat au numérique à France Bleu le 12 septembre 2018, sur l'accès au haut débit internet dans les établissements scolaires et les élections municipales à Paris. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Mounir Mahjoubi, secrétaire d'Etat au numérique à France Bleu le 12 septembre 2018, sur l'accès au haut débit internet dans les établissements scolaires et les élections municipales à Paris.

Personnalité, fonction : MAHJOUBI Mounir.

FRANCE. Secrétaire d'Etat au numérique

ti :


ROMAIN AMBRO
L'invité de France Bleu Paris ce matin, c'est quelqu'un que vous connaissez : le secrétaire d'Etat en charge du Numérique.

FAUSTINE CALMEL
Bonjour Mounir MAHJOUBI.

MOUNIR MAHJOUBI
Bonjour.

FAUSTINE CALMEL
Valérie PECRESSE était hier en Seine-Saint-Denis, elle a promis le haut débit dans tous les lycées d'Ile-de-France d'ici 2 ans. Je vous propose d'écouter cette lycéenne de Bondy, pour bien comprendre ce que c'est aujourd'hui Internet dans son établissement.

TEMOIGNAGE
Quand on est tous dessus, c'est très très très lent, on peut passer 20 minutes à attendre que chacune finisse, pour nous accéder à un poste, puisqu'on ne peut pas travailler toutes en même temps sur l'ordinateur en fait. C'est incroyable, dans l'époque là où on est, c'est indispensable.

FAUSTINE CALMEL
20 minutes pour réussir à accéder à Internet au lycée, comment on peut encore en être là en 2018 ?

MOUNIR MAHJOUBI
On en est là parce, cette jeune femme le rappelle, on n'a pas prévu, à l'époque où on a fait ces gros appels d'offres, qu'on allait massivement utiliser le numérique. Et aujourd'hui, ce que décrit cette jeune fille, c'est que, quand elle est dans son établissement, elle a beaucoup moins que quand elle est chez elle ou pire, elle a beaucoup moins que sur son téléphone qui est en 4G. Et donc, il y a vraiment quelque chose qui est complètement absurde pour tous ces jeunes étudiants, c'est de se dire : ça irait plus vite pour eux de se connecter en Wi-Fi à leur téléphone que d'utiliser le réseau de l'établissement. Donc, ce que raconte Valérie PECRESSE, ce qu'elle explique, c'est la question qu'on se pose sur toute l'administration. Moi j'ai aussi une responsabilité, vous savez c'est le numérique de toute l'administration de l'Etat. Je fais un grand mea culpa, dans tous les lieux de l'Etat, partout, ceux qui sont déconcentrés, le tribunal, les prisons, partout on est en retard sur la liaison au très haut débit, parce qu'on a encore des contrats avec FRANCE TELECOM, avec SFR, où on paie cher, on paie cher pour des débits qui ne sont pas très élevés. Donc là, au niveau national on est en pleine renégociation de ces contrats, et ce que la région Ile-de-France va faire, et ce que je comprends de ce qu'annonce Valérie PECRESSE, parce que c'est encore une fois la région qui décide pour les lycées, c'est de renégocier ces nouveaux contrats et de se donner un objectif, et qu'il faut que quand on est dans un lycée et qu'on se connecte on ait un bon débit.

FAUSTINE CALMEL
Alors ça c'est pour les lycées, c'est de la compétence de la région, mais qu'est ce que peut faire l'Etat, puisque vous le disiez, c'est pareil dans les tribunaux par exemple ?

MOUNIR MAHJOUBI
Un des grands sujets, c'est de s'assurer que les réseaux existent, donc ce que fait déjà l'Etat c'est de s'assurer qu'on a du très haut débit partout en France, que la fibre optique existe, et partout où elle n'existe pas, participer au financement et accompagner les collectivités locales pour qu'elles aident localement là où le marché n'est pas suffisant, ce qu'on appelle les réseaux d'initiative publique, c'est quand la loi du marché ne permet pas qu'un concurrent vienne vraiment tirer, et donc ça c'est la phase 1 du plan. La phase deux du plan, c'est maintenant que les réseaux de base existent, comment on s'y relie. Et là il y a à la fois le côté juridique, donc refaire les appels d'offre pour se connecter, et puis il y a le côté simplement organisationnel et humain, il faut que des gens se disent : ce n'est pas acceptable d'être aussi lent aujourd'hui dans un établissement public. Et cette prise de conscience, elle est collective et c'est plus généralement aussi un enjeu dans les entreprises. Les gens, dans leur vie, sont des hyper connectés, qui ont des connexions qui vont très vite, on a 100 % d'équipements d'un smartphone chez les 17/40 ans, donc 100 % de smartphones chez 17/40 ans, ça veut dire qu'aujourd'hui, dans toute la population, on s'habitue maintenant à des nouveaux usages, et on ne comprend pas…

FAUSTINE CALMEL
Donc c'est les institutions qui sont en retard, et qui sont trop lentes.

MOUNIR MAHJOUBI
Mais les institutions, elles sont toujours en retard et lentes, mais ce n'est pas si grave que ça, le plus important c'est qu'elles ne le soient pas trop. Une institution, elle est là pour durer dans le temps. Les lycées d'Ile-de-France ils seront encore là dans 100 ans.

FAUSTINE CALMEL
Ça n'empêche pas d'être rapide au quotidien.

MOUNIR MAHJOUBI
Il faut être agile rapide, et assurer qu'on est toujours là et durable. Agile et durable, c'est pas mal comme philosophie.

FAUSTINE CALMEL
Mounir MAHJOUBI, quand on a une bonne connexion Internet, encore faut-il réussir à s'en servir, et surtout pour ses démarches administratives, de plus en plus souvent on nous demande de les faire en ligne, on s'est tous déjà énervé devant son ordinateur parce qu'on n'y arrivait pas, vous dévoilez demain un plan dit d'inclusion numérique, en quoi ça va nous aider ?

MOUNIR MAHJOUBI
Ça part d'un constat assez simple que vous venez de décrire et qu'on fait tous dans nos familles, aujourd'hui en France il y a une personne sur cinq qui ne sait pas utiliser les services en ligne, ça veut dire qu'elle ne sait pas créer un mail elle ne sait pas naviguer, elle ne sait pas répondre à une démarche en ligne. Un sur cinq, ça fait près de 13 millions de Français, on les connaît tous, c'est parfois les personnes très âgées, personnes simplement jeunes retraités mais qui n'ont pas été formés au numérique pendant leur carrière, qui n'ont pas eu d'enfants à la maison, mais c'est aussi des jeunes qui savent utiliser une partie d'Internet, mais qui dit, dès qu'ils se confrontent à une interface d'administration en ligne, sont complètement perdus.

FAUSTINE CALMEL
Peut-être parce qu'elles sont trop compliquées, ces interfaces.

MOUNIR MAHJOUBI
Alors, vous savez, j'ai une double responsabilité, demain j'annoncerai un plan pour aider à l'inclusion numérique, pour former. C'est aussi moi qui suis responsable des services publics en ligne. Donc tout à l'heure, quand je vous disais « vous vous énervez parfois », eh bien moi aussi ça m'arrive de m'énerver, et je me souviens que c'est moi leur ministre, et donc je m'énerve tout seul face à l'écran et je m'engueule. La dernière fois, je suis allé aider ma mère, qui est une toute jeune retraitée, qui est retraitée depuis le 1er janvier, et donc quand vous avez ces grands passages de vie, il y a beaucoup d'administrations à prévenir, eh bien j'ai fait mon carnet et ma liste de toutes les choses qu'on va faire évoluer dans les prochains temps. Donc demain qu'est-ce qu'on annonce ? Demain on annonce une mobilisation générale des régions, des départements, de l'Etat, des grandes métropoles, de toutes les associations d'élus, de toutes les associations de la médiation numérique, pour lancer ce plan. Ce plan, il va permettre de structurer partout en France des lieux où on peut former et accompagner les personnes. Et on va former les agents publics et aussi des agents privés qui font l'accueil, la personne qui est au guichet de la banque, la personne qui est au guichet de Pôle emploi, la personne qui est au guichet de LA POSTE, on va les former à aider quelqu'un qui ne sait pas utiliser le numérique, à identifier qu'elle ne sait pas utiliser le numérique, et à lui offrir un pass. Et donc ça va faire que, notre objectif dès l'année 2019, c'est qu'il y ait plus d'un million et demi de personnes qui reçoivent ce pass numérique et qui aillent se rendre ensuite dans une association de formation, qui les accompagnera pour 10 à 20 heures de formation. On a fait de nombreux tests depuis un an et demi, et dans ces tests, on voit que sur certains publics, ça a un effet incroyable sur les jeunes retraités, de 60 à 70 ans, quand on fait cette formation 90 % d'entre eux, à l'issue des 20 heures, disent : « Ça y est, je me sens autonome ». Quand on fait ça, c'est une véritable victoire.

FAUSTINE CALMEL
Un pass numérique, pour qu'on comprenne tous un peu mieux, comment être sur Internet avec les administrations dès l'année prochaine. Mounir MAHJOUBI, vous avez laissé entendre que la Mairie de Paris vous intéresse. Vous êtes candidat ou pas ?

MOUNIR MAHJOUBI
Alors, j'ai parlé beaucoup de la mairie de Paris et j'ai beaucoup parlé de Paris, et j'ai aussi beaucoup expliqué comment j'étais redevable vis-à-vis de Paris, que quand on est pauvre à Paris et quand on est sans une cuillère d'argent dans la bouche, le service public de qualité de proximité c'est ça qui fait votre vie, c'est d'ailleurs grâce à ce service public gratuit que j'ai appris le numérique, que j'ai appris à programmer, et même qu'on pourrait dire que je suis devenu ministre. Donc…

FAUSTINE CALMEL
Donc vous voulez rendre ça à Paris en étant maire ou pas ?

MOUNIR MAHJOUBI
Je dois beaucoup à Paris, et je dois, c'est d'ailleurs pour ça que j'ai été candidat pour être député de Paris, c'est pour ça que je m'engage très fort avec les Parisiens, et hier Benjamin GRIVEAUX dans son interview au Parisien, a énoncé beaucoup d'éléments de programme, qu'on a construit avec ce fameux COPOL (phon), ce groupement d'une soixantaine de personnes qui déjà travaille sur ces prochaines municipales, donc on est très actif, on a un programme, et vous poser question de savoir…

FAUSTINE CALMEL
Qui va le porter alors ?

MOUNIR MAHJOUBI
… qui va porter, pas le programme, ce collectif, ce collectif qui travaillent là beaucoup, ce collectif il doit continuer à s'agrandir, ça c'est un de mes boulots, il doit continuer à devenir encore plus experts dans les quartiers. L'objectif c'est qu'on soit ouvert et qu'on soit capable d'attirer vers nous une majorité de Parisiens qui veulent changer Paris. Et donc si les gens veulent faire, qu'ils l'accompagnent ce serait une très belle chose, et ensuite quand il faudra l'incarner, vous me demandez à question : est-ce que je pense que je pourrais faire ? Oui je pense que je pourrais être une bonne personne pour le faire, pour plein de raisons. Je pense aussi que je suis une très bonne personne aujourd'hui pour apporter une vision à ce projet, à ce programme, à ce collectif, notamment sur le numérique, sur la transformation de la ville, sur une ville plus sociale, sur une ville qui inclut plus. Donc vous voyez, cette réponse…
FAUSTINE CALMEL

Vous êtes nombreux à penser à être la bonne personne, il y a Benjamin GRIVEAUX, vous l'avez cité vous-même, on parle de Sylvain MAILLARD, Hugues RENSON, qui va décider ? Vous attendez les arbitrages d'Emmanuel MACRON ?

MOUNIR MAHJOUBI
Il n'y a pas de question d'arbitrage, d'abord il faut bosser. Vous savez, une candidate ou un candidat, ça émerge aussi par le boulot, ça émerge aussi par ce qui ressort de ce qu'on est en train de construire aujourd'hui. Donc on verra bien, mais ce que je peux vous dire c'est que ce n'est pas, ce n'est pas fossé, ce n'est pas un mensonge la façon qu'on a de bien s'entendre tous. On bosse vraiment. Si vous aviez vu la dizaine de personnes qui se réunit chaque semaine, la centaine de personnes qui se réunit tous les mois et les milliers de Marcheurs dans Paris qui vont au contact des Parisiens, qui partent à la recherche de la compréhension, des problèmes du quotidien, pour apporter des solutions. Vous verriez qu'on est vraiment une grande bande qui n'a qu'une seule envie, c'est de s'ouvrir.

FAUSTINE CALMEL
Eh bien vous êtes nombreux et on le verra donc, qui prendra la tête de cette bande pour être candidat à la mairie de Paris. Merci beaucoup Mounir MAHJOUBI…

MOUNIR MAHJOUBI
Merci à vous !


Source : Service d'information du Gouvernement, le 21 septembre 2018

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