Interview de Mme Elisabeth Borne, ministre des transports, à Public Sénat le 13 septembre 2018, sur le financement de la programmation des infrastructures de transport. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Elisabeth Borne, ministre des transports, à Public Sénat le 13 septembre 2018, sur le financement de la programmation des infrastructures de transport.

Personnalité, fonction : BORNE Elisabeth, VIGUIER Cyril.

FRANCE. Ministre des transports;

ti : CYRIL VIGUIER
Et l'invitée politique ce matin, c'est une ministre, Elisabeth BORNE. Bonjour. Vous êtes ministre chargée des Transports. Merci d'être avec nous ce matin.

ELISABETH BORNE
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Oriane MANCINI pour Public Sénat et Nathalie MAURET, pour le groupe EBRA, représentant l'Alsace, ce matin, vont vous co-interviewer.

NATHALIE MAURET
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Elisabeth BORNE, 13,4 milliards pour les transports, 8 milliards annoncés par Emmanuel MACRON pour lutter contre la pauvreté. En cette rentrée, est-ce que le président de la République veut casser l'idée installée qu'il est le président des riches ?

ELISABETH BORNE
Eh bien, écoutez, le président de la République, il est déterminé à continuer des transformations profondes du pays, parce que c'est comme ça qu'on répondra aux problèmes que rencontrent les Français, donc des transformations profondes pour soutenir la croissance et l'emploi, c'est le débat qui a lieu actuellement à l'Assemblée sur la loi Pacte, pour soutenir le développement des PME et des très petites entreprises. C'est la discussion qui est engagée avec les partenaires sociaux sur l'assurance-chômage, et puis, aujourd'hui, c'est aussi tout le volet : protéger les Français, refonder notre modèle social, avec l'annonce du Plan pauvreté. Donc on continue les réformes pour répondre aux problèmes du pays et des Français.

ORIANE MANCINI
Alors, on va parler de votre plan, pour les infrastructures, puisque vous avez présenté avant-hier le budget des dix ans à venir dans les infrastructures en matière de transports. Hervé MAUREY, que vous connaissez bien, qui est le président de la Commission du développement durable, ici, au Sénat, et qui est membre du comité d'orientation des infrastructures, il déplore les montants que vous avez annoncés. Il dit qu'ils ne sont pas à la hauteur des enjeux et des urgences en la matière. Que lui répondez-vous ?

ELISABETH BORNE
Eh bien écoutez, moi, je lui réponds que 13,4 milliards sur le quinquennat, c'est 40 % de plus que dans le précédent quinquennat. Donc ça montre l'importance qu'accorde le gouvernement à l'investissement pour améliorer les transports des Français, et spécifiquement, les transports du quotidien, qui sont la priorité du gouvernement, ma priorité, depuis que je suis à la tête de ce ministère. Donc c'est beaucoup de moyens, et en même temps, effectivement, il y a eu beaucoup de projets qui ont été promis par le passé, sans se préoccuper de la façon dont on allait les financer, qui créent du coup beaucoup de déceptions, qui mettent aussi en doute la parole de l'Etat. Et donc, c'est vraiment un changement d'approche avec la programmation des infrastructures dont j'ai présenté les grands arbitrages mardi dernier. Et à l'avenir, on s'engage sur ce qu'on sait financer, et pas au-delà. Et on le fait de façon très démocratique, puisque pour la première fois, on va avoir une programmation des infrastructures dans la loi d'orientation des mobilités et donc des choix qui vont être débattus au Parlement. Et je le dis clairement, on va investir beaucoup plus, et on veut aussi investir beaucoup mieux…

NATHALIE MAURET
Certes, mais votre ministère n'est pas prioritaire dans le cadre de la loi de finances qui va être discutée ces prochains mois au ministère, donc clairement, la croissance qui n'est pas là, est-ce qu'il faut craindre que votre ministère ait un petit peu plus à se serrer la ceinture ?

ELISABETH BORNE
Enfin, je vous le dis clairement, 13,4 milliards c'est 40 % de plus…

NATHALIE MAURET
Mais la croissance n'est pas au rendez-vous, est-ce que ces 13,4 milliards vont se transformer en 12,8 milliards ?

ELISABETH BORNE
Ecoutez, on ne peut pas présenter une loi de programmation, comme la loi de programmation militaire, où on va donner une vision sur plusieurs années, sur ce quinquennat, les enveloppes sur le quinquennat d'après, 14,3 milliards, et je vous le dis notre objectif, c'est vraiment de passer à une démarche sincère. Alors j'entends bien que certains nous disent qu'il aurait fallu faire plus, on fait ce qui est raisonnable, une augmentation très substantielle, et on tiendra nos engagements. Et je pense que c'est aussi ce que les territoires, et quand je me déplace, je vois qu'il y a beaucoup de doute qui s'est installé avec des promesses qu'on reporte d'année en année, donc là, on dit ce qu'on va faire, on a les moyens de le financer en face, et on propose des calendriers réalistes…

NATHALIE MAURET
Vous garantissez que malgré l'état des finances, ces engagements seront tenus ?

ELISABETH BORNE
Mais je vous le confirme, c'est les arbitrages du gouvernement que je viens d'annoncer, et donc, ils seront tenus.

ORIANE MANCINI
Alors, il y a une hausse de 4 milliards, vous en parliez, sur 2018-2022, comment vous allez les financer ?

ELISABETH BORNE
Donc, c'est évidemment un sujet, il faut qu'il y ait une ressource, pour l'an prochain, c'est, au sein du budget de l'Etat, un choix qui a été fait de consacrer plus d'argent à l'investissement dans les transports, pour répondre aux besoins des Français, et évidemment, les déplacements, la mobilité, c'est un enjeu très important, ça sera au coeur de la loi que je présenterai en octobre au Conseil des ministres, c'est vital de pouvoir aller au travail le matin, c'est vital de pouvoir se déplacer pour aller se former, donc c'est pour ça que c'est une priorité du gouvernement…

ORIANE MANCINI
Mais on comprend bien la philosophie, mais comment vous allez les trouver ces 4 milliards ?

ELISABETH BORNE
Le travail sur la ressource se continue, vous savez que, on a installé, j'ai installé un Conseil d'orientation des infrastructures avec notamment des parlementaires de tous bords pour nous éclairer sur la programmation, qui a aussi fait des propositions sur les ressources, c'est évidemment des sujets délicats, quand on donne les enveloppes de dépenses, on nous dit : ce n'est pas assez, ensuite, quand on dit qu'on va trouver une ressource, eh bien, ceux qui sont concernés trouvent que ça fait beaucoup trop…

NATHALIE MAURET
Est-ce qu'une ressource, ça pourrait être par exemple une éventuelle future écotaxe ?

ELISABETH BORNE
Clairement, ça, je l'ai dit, on ne va pas refaire un nouvel épisode de l'écotaxe. Mais on est en train d'y travailler, c'est des sujets délicats, en plus techniquement compliqués, et donc on annoncera, avant la présentation de la loi en Conseil des ministres, la ressource qui sera mise en place pour financer ces projets…

ORIANE MANCINI
Alors, vous avez été claire sur l'écotaxe, mais il y a quelques mois, on se souvient, vous parliez d'une vignette pour les transporteurs routiers pour qu'ils contribuent au financement de ces infrastructures, est-ce que ça, c'est encore d'actualité ?

ELISABETH BORNE
Il y a des pistes qui ont été avancées par le Conseil d'orientation des infrastructures, on est en train d'y travailler, je pense que c'était important qu'on mette en perspective ce qu'on veut faire dans les infrastructures, cette révolution culturelle, moi, je le dis dans laquelle on ne s'occupe plus exclusivement des grandes infrastructures, mais on travaille sur des sujets importants, l'entretien, la modernisation des route – le drame qui s'est produit en Italie nous rappelle à quel point c'est important – le transport ferroviaire pour doubler la part du ferroviaire dans nos grandes agglomérations, le désenclavement routier, donc voilà nos priorités…

ORIANE MANCINI
Mais on a compris que la question n'était pas tranchée, mais est-ce que vous pouvez nous dire que, même si la nature de la taxe n'est pas tranchée, il y aura une taxe pour financer ces infrastructures ?

ELISABETH BORNE
Il y aura une ressource nouvelle parce qu'on veut une programmation…

NATHALIE MAURET
Un impôt supplémentaire…

ELISABETH BORNE
On est en train de travailler, vous savez qu'on a des objectifs, il faut concilier à la fois la volonté d'investir davantage, en même temps, les Français n'ont pas envie de payer plus d'impôts, donc c'est un sujet compliqué, et je vous annoncerai le moment venu la ressource qui viendra en face de ces dépenses.

CYRIL VIGUIER
Voilà, c'est Elisabeth BORNE, la ministre chargée des Transports, qui est notre invitée politique ce matin. Nathalie MAURET…

NATHALIE MAURET
Un mot sur une infrastructure dont on parle beaucoup, c'est un problème récurrent, et on en entend souvent parler ici au Parlement, c'est le canal Seine-Nord, est-ce que, aujourd'hui, vous pouvez nous dire si cette infrastructure verra oui ou non le jour ?

ELISABETH BORNE
Alors, le président de la République avait eu l'occasion de le confirmer à l'occasion d'un déplacement dans les Hauts-de-France, c'est aussi un engagement européen, donc on est en train de travailler avec Xavier BERTRAND sur la mise en place d'une société de projet régional, les dispositions seront dans la loi d'orientation des mobilités. Et là aussi, on recherche un plan de financement sincère, je le redis, on s'engage sur ce qu'on sait financer, et donc ça sera le cas pour le canal Seine-Nord.

ORIANE MANCINI
Sur la rocade de Strasbourg, on va changer de sujet, c'est un projet d'aménagement qui est controversé, une rocade autoroutière près de Strasbourg, une ZAD a été évacuée en début de semaine, une réunion était prévue aujourd'hui entre les opposants à ce projet et le ministre François de RUGY, est-ce qu'elle aura encore lieu cette réunion ?

ELISABETH BORNE
Alors, je voudrais peut-être rappeler pourquoi on fait ce projet, vous savez qu'aujourd'hui, on a une autoroute, l'autoroute A35, qui traverse la métropole de Strasbourg en plein coeur de la ville. Cette nouvelle infrastructure, l'objectif, c'est de pouvoir sortir le trafic en transit, notamment le trafic des poids-lourds, on ne fait pas des nouvelles infrastructures pour le plaisir de faire des nouvelles infrastructures, c'est toujours des décisions délicates, où il faut prendre en compte les enjeux en termes d'environnement, les prélèvements sur les terres agricoles, donc c'est pour ça qu'on fait cette infrastructure. Et on le fait en s'assurant qu'on protège, enfin, qu'on tient compte de tous les enjeux en termes d'environnement. Donc il y a toujours aujourd'hui des opposants, avec François de RUGY, on avait proposé de les recevoir. La porte est ouverte, moi, je pense que sur ce type de dossier, il faut toujours dialoguer, s'écouter, donc la porte est ouverte si les…

ORIANE MANCINI
Ça veut dire que la réunion d'aujourd'hui est annulée ?

ELISABETH BORNE
Je crois que les opposants ne souhaitent pas venir, je le redis, avec François de RUGY, on est ouvert à écouter tout le monde…

NATHALIE MAURET
Est-ce qu'il est prévu justement qu'avec François de RUGY, vous vous rendiez sur place ?

ELISABETH BORNE
François de RUGY a proposé de rencontrer les opposants, comme tous ceux qui sont pour le projet, je rappelle que c'est le cas du maire de Strasbourg, du président de la métropole, du président du Conseil départemental et du Conseil régional…

NATHALIE MAURET
Mais ça fait quarante ans que ça dure ce projet…

ELISABETH BORNE
Oui, ça fait quarante ans. En même temps, le projet a beaucoup bougé, ce n'est plus le même projet, vous savez que c'était au départ un projet à deux fois trois voies, qu'il y avait des enjeux sur les espèces protégées, il a été profondément.…

NATHALIE MAURET
Et ça se fera, vous pouvez confirmer aujourd'hui que ça se fera ?

ELISABETH BORNE
Moi, ce que je dis, c'est qu'il y a un an, vous savez, avec Nicolas HULOT, on avait refusé le démarrage des travaux parce qu'on attendait que le projet ait toutes ses autorisations environnementales, aujourd'hui, il les a, on est dans un Etat de droit, quand on a des autorisations, on a le droit de faire les travaux.

ORIANE MANCINI
On le voit, on l'a vu avec Notre-Dame-des-Landes, on le voit avec ce projet, les oppositions sont fortes sur ce type de projet, est-ce qu'aujourd'hui, on peut encore réaliser de grands projets en France ?

ELISABETH BORNE
Vous savez, quand... moi, je dis qu'il faut aussi d'abord travailler sur une meilleure utilisation des infrastructures, parce que c'est la bonne démarche, il faut commencer par se demander comment on peut tirer partie des infrastructures existantes, sur le ferroviaire, en utilisant les nouvelles signalisations qui permettent d'accueillir plus de trains, sur les infrastructures routières en ayant de la gestion de trafic, des voies réservées, donc je pense que c'est aussi un changement de mentalité de se dire qu'on utilise d'abord les infrastructures existantes, et puis, dans certains cas, on a besoin d'infrastructures nouvelles, et alors, il faut prendre toutes les précautions vis-à-vis de l'environnement, vis-à-vis des agriculteurs, pour s'assurer que le projet se fait au mieux.

CYRIL VIGUIER
Elisabeth BORNE, ministre chargée des Transports, est notre invitée ce matin. Et on reparle des journées de mobilisation contre la réforme ferroviaire, elles auront lieu la semaine prochaine, et le 9 octobre. Est-ce que vous redoutez ces mobilisations, et qu'est-ce qu'on peut dire du point de vue des usagers, à quoi faut-il s'attendre ?

ELISABETH BORNE
Eh bien, écoutez, moi, j'appelle chacun à la responsabilité, vous savez, on a une loi qui a été votée avant l'été, alors, oui il y a des élections professionnelles, mais je pense qu'il faut aussi penser aux voyageurs, donc moi, j'appelle chacun à la responsabilité, il y a des discussions qui se poursuivent sur la négociation de la convention collective, il faut que les organisations syndicales s'inscrivent dans ces négociations, c'est du reste ce que la CFDT et l'UNSA ont indiqué. Et je pense que c'est la bonne méthode, c'est comme ça qu'on fait avancer les sujets qu'on défend et les salariés, donc chacun doit être aussi face à ses responsabilités.

NATHALIE MAURET
Une question sur la loi Pacte, que vous avez évoquée, qui est effectivement en ce moment en discussion en commission, c'est une loi – je vous le rappelle – à destination des petites et moyennes entreprises. Dans cette loi, il y a aussi la privatisation d'AEROPORTS DE PARIS, et là, ça vous concerne plus directement, cette privatisation arrive une petite dizaine d'années après la privatisation des Autoroutes, qui fait toujours grincer les dents des Français, est-ce que vous craignez que cette mesure soit le caillou dans la chaussure de la loi Pacte pour le gouvernement ?

ELISABETH BORNE
Alors vous faites référence à la privatisation des Autoroutes, et je peux vous assurer qu'avec Bruno LE MAIRE, on en tire toutes les conséquences, pour se dire que, d'abord, il y a des choix à faire, voyez, on ne peut pas être à la fois celui qui est le concédant, qui est le régulateur et qui est en même temps l'actionnaire, c'est un peu compliqué, au bout d'un moment, on ne sait plus très bien quel est son rôle. Par ailleurs donc, on veut effectivement s'assurer qu'on aura tous les moyens pour contrôler ce qui sera un quasi-concessionnaire pour AEROPORTS DE PARIS, et la loi Pacte prévoit bien les dispositions pour renforcer le contrôle ; ce qu'on n'avait pas fait – je crois qu'il faut le dire – avant la privatisation des Autoroutes. Donc on tire bien tous les enseignements pour s'assurer que l'Etat est dans son rôle, celui de concédant, de régulateur, pour que ces aéroports soient bien gérés, dans le sens de l'intérêt général du développement de ces plates-formes franciliennes.

CYRIL VIGUIER
On passe à la politique maintenant.

NATHALIE MAURET
Oui, un petit mot de politique, hier, Richard FERRAND est devenu le président de l'Assemblée nationale, il n'a pas fait le plein au sein du groupe majoritaire, y voyez-vous de la défiance vis-à-vis de lui ?

ELISABETH BORNE
Ecoutez, je pense que vous aurez noté que Richard FERRAND, il a été désigné à une très large majorité par le groupe En Marche, et qu'il a été élu au premier tour. Donc je pense que c'est une belle élection. Et ensuite, on peut…

CYRIL VIGUIER
Avec 80 voix qui sont parties quand même à Marc FESNEAU, 50…

ELISABETH BORNE
Non…

CYRIL VIGUIER
Pardon, 50 voix…

ELISABETH BORNE
Honnêtement, il y a des députés qui n'ont pas voté, moi, je ne vais pas commenter le détail du scrutin…

CYRIL VIGUIER
Mais 80 voix qui manquent…

ELISABETH BORNE
Ce que je note, c'est qu'il a été élu au premier tour. Et vous savez, on ne peut pas à la fois nous dire…

NATHALIE MAURET
Au premier tour, mais de très peu, Madame BORNE…

ORIANE MANCINI
Avec 100 voix de moins que François de RUGY, il y a un an…

ELISABETH BORNE
On ne peut pas à la fois nous dire qu'on a un groupe dans lequel il n'y aurait pas de débat, et en même temps, s'étonner quand il y a du débat. Donc c'est la démocratie, il y a du débat, il a été élu au premier tour. Et je voudrais à nouveau le féliciter pour cette élection.

ORIANE MANCINI
... Selon l'OBS, Emmanuel MACRON a appelé Gérard LARCHER cette semaine à propos de la commission d'enquête sur l'affaire BENALLA. Il lui a dit, souhaiter que les esprits se calment, il s'est dit inquiet de la tournure que prend cette commission, est-ce que vous avez senti de la fébrilité de la part d'Emmanuel MACRON sur ce sujet ?

ELISABETH BORNE
Je n'ai senti aucune fébrilité, je pense qu'il faut être très attentif à la bonne articulation entre le travail d'une commission d'enquête et l'enquête judiciaire, la base de nos institutions c'est la séparation des pouvoirs : il y a la justice, qui doit faire son travail, il y a évidemment le Parlement, qui est dans son rôle, mais il faut faire attention à ce qu'il n'y ait pas d'interférences entre les deux. Il y a une enquête judiciaire qui se déroule, elle ne doit pas interférer avec les travaux, ou plus exactement la commission parlementaire…

NATHALIE MAURET
Et vous pensez que cette commission d'enquête interfère, elle ne reste pas dans son rôle ?

ELISABETH BORNE
Je crois que c‘est un point de vigilance, la base de nos institutions, c'est cette séparation des pouvoirs, que la justice puisse faire son travail et qu'il n'y ait pas d'interférences avec les travaux de la commission parlementaire.

NATHALIE MAURET
Elisabeth BORNE, vous êtes ministre dans un gouvernement impopulaire avec un président de la République qui est encore plus impopulaire que François HOLLANDE à la même époque. Comment vous vivez le fait d'être ministre dans un gouvernement impopulaire ? Est-ce que ça rend les choses plus difficiles ?

ELISABETH BORNE
Ecoutez, je pense qu'il faut qu'on soit attentif aux attentes des Français, et c'est bien ce que le président de la République et le Premier ministre nous demandent, il faut être à l'écoute des attentes, on a engagé des transformations profondes, et on ne le fait pas pour le plaisir de faire des réformes, on le fait parce qu'il y a des problèmes auxquels on répond mal depuis des années. Vous prenez le Plan pauvreté qui sera annoncé tout à l'heure, vous savez que sur le RSA, on a augmenté de 80 % les dépenses sur le RSA, et on a divisé par deux les crédits de l'insertion, donc ça veut dire qu'à la fin, ça ne marche pas, donc il faut des transformations profondes, quand on s'attaque à la racine des problèmes, ça peut prendre du temps. Il faut être à l'écoute des Français et aussi apporter des réponses rapides, moi, c'est ce que je fais dans mon domaine…

NATHALIE MAURET
Le président est à l'écoute ?

ELISABETH BORNE
Le président est à l'écoute des Français, il l'a montré par exemple sur le prélèvement à la source, où il a voulu écouter les inquiétudes, donc nous sommes à l'écoute des Français, on doit à la fois mener des transformations profondes qui du coup vont mettre du temps à porter leurs fruits, et donc du coup, il faut aussi apporter des améliorations rapides et c'est la philosophie de notre action…

CYRIL VIGUIER
Elisabeth BORNE, votre ministère est rattaché à celui de l'Ecologie, vous avez donc un nouveau ministre, depuis quelques jours. C'est comment de passer de Nicolas HULOT à François de RUGY ?

ELISABETH BORNE
Ecoutez, moi, j'ai beaucoup apprécié de travailler avec Nicolas HULOT qui a porté avec beaucoup de conviction les enjeux de l'écologie je me réjouis de travailler avec François de RUGY, qui a une très grande expérience à la fois d'élu local, et puis, comme vous le savez aussi, de parlementaire. Donc moi, je me réjouis de travailler avec François de RUGY on va continuer à porter, avec la même conviction tous ces enjeux d'écologie, pour ce qui me concerne, de transports, c'est des vastes sujets, et donc, on va travailler ensemble.

CYRIL VIGUIER
Merci beaucoup Elisabeth BORNE, ministre chargée des Transports, d'avoir été notre invitée politique.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 24 septembre 2018

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