Interview de M. Julien Denormandie, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la cohésion des territoires, avec Public Sénat le 17 septembre 2018, sur La République en Marche, les relations entre le gouvernement et l'opposition, l'orientation scolaire, l'aménagement numérique du territoire, le plan santé et sur l'avenir politique de Manuel Valls. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Julien Denormandie, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la cohésion des territoires, avec Public Sénat le 17 septembre 2018, sur La République en Marche, les relations entre le gouvernement et l'opposition, l'orientation scolaire, l'aménagement numérique du territoire, le plan santé et sur l'avenir politique de Manuel Valls.

Personnalité, fonction : DENORMANDIE Julien, VIGUIER Cyril .

FRANCE. Secrétaire d'Etat;

ti :
CYRIL VIGUIER
Deuxième partie de cette émission Territoires d'Infos avec la presse quotidienne régionale, les télés locales de France, le réseau Vià télévision, les Indéradios – 130 radios qui sont nos partenaires sur tout le territoire français – et Télé 5 monde et l'invité politique à 8 h comme chaque jour. Aujourd'hui c'est Julien DENORMANDIE, bonjour…

JULIEN DENORMANDIE
Bonjour.
CYRIL VIGUIER
Vous êtes secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires, on a évidemment beaucoup de questions à vous poser ce matin, et pour vous co-interviewer ce matin : Marcelo WESFREID, du Figaro…

MARCELO WESFREID
Bonjour.

CYRIL VIGUIE
Pour Public Sénat, bonjour Marcelo ; Nathalie MAURET, bonjour…

NATHALIE MAURET
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Du groupe EBRA, vous représentez quel titre ce matin ?

NATHALIE MAURET
Le Progrès de Lyon.

CYRIL VIGUIER
Le Progrès de Lyon, merci. Votre interview, Julien DENORMANDIE, sera retransmise sur le site Internet de la presse quotidienne régionale, tous à partir de 10 h. On démarre avec l'actualité politique, Frédérique DUMAS – la députée La République En Marche – annonce dans Le Parisien sa démission du groupe, elle stigmatise une absence de débat interne, des ministres au garde à vous, votre réaction là-dessus vous qui êtes l'un des – j'allais dire presque fondateurs – de La République En Marche – est-ce que c'est une démission qui fait mal ?

JULIEN DENORMANDIE
Je la regrette, c'est une décision personnelle, je connais bien Frédérique DUMAS parce que Frédérique a participé à une grande partie de la campagne et Frédérique DUMAS, dans son interview que j'ai lue avec attention, met en avant les débats qui ne seraient pas suffisamment profonds au sein du groupe parlementaire notamment. Je pense que cette caractéristique-là n'est pas du tout le reflet de la réalité, j'en veux pour preuve... vous savez dans les prochaines heures il y aura l'élection du président, du nouveau président du groupe de La République En Marche…

CYRIL VIGUIER
Qui succède à Richard FERRAND.

JULIEN DENORMANDIE
Qui succède à Richard FERRAND nouveau président de l'Assemblée nationale, ce n'est pas loin d'une dizaine de parlementaires de La République En Marche qui ont porté leur candidature avec ces mouvances avec des projets parfois différents les uns des autres et donc je pense que ça c'est, au contraire, le témoin d'un vrai débat au sein du groupe majoritaire. Après vous savez le groupe majoritaire c'est plus de 300 députés, donc c'est un groupe qui est composé de différentes sensibilités.

MARCELO WESFREID
Oui. Mais, Julien DENORMANDIE, quand elle parle ou quand elle pointe les critiques qu'elle pointe c'est la question de la caporalisation de la majorité, c'est un sujet qu'on a vu monter chez beaucoup de députés, souvent de façon anonyme – c'est la première fois que quelqu'un le dit aussi explicitement – vous l'entendez ça quand même ?

JULIEN DENORMANDIE
Je l'entends. Mais vous savez moi je travaille à La République En Marche depuis le premier jour et ensuite au Gouvernement, donc cette caporalisation si elle existait j'en aurais été « l'une des premières victimes », moi ce que je peux vous dire c'est que les débats au sein de La République En Marche du groupe parlementaire ils sont intenses – je l'ai vu – j'ai présenté il y a quelques semaines avec Jacques MEZARD une loi qui s'appelle la loi Logement, pendant tous ces débats on avait différentes sensibilités, on avait de véritables débats.

NATHALIE MAURET
Il y avait débat mais à la fin tout le monde doit voter de la même façon, c'est ce qu'elle dit, elle dit : « qu'il y a besoin de contrepouvoirs, il y a besoin de garde-fous », ses mots sont relativement violents et ce sont des mots off qu'on entend régulièrement.

JULIEN DENORMANDIE
Je ne suis pas d'accord avec vous. Vous savez les députés, lorsqu'ils ont candidaté pour l'investiture, ils ont signé un engagement, un engagement qui est de soutenir le projet présidentiel et soutenir le projet présidentiel, c'est-à-dire soutenir le cap ; ensuite les députés ils sont libres de voter ou de ne pas voter, c'est-à-dire de s‘abstenir, c'est l'engagement qu'ils ont pris au moment où ils ont rejoint le groupe La République En Marche et, ça, c'est une règle de fonctionnement qui moi me parais très saine ; et puis, enfin, vous avez beaucoup de députés qui sont énormément forces de propositions, que ce soit le groupe majoritaire ou que ce soit le mouvement politique, cela ne vous aura pas échappé Christophe CASTANER il y a quelques jours a fait une grande conférence de presse de rentrée mettant sur la table de nouveaux sujets, des sujets pour lesquels il interpelle le Gouvernement, il y a quelques semaines ou quelques mois on critiquait tous nos parlementaires en disant qu'ils étaient des parlementaires godillots, aujourd'hui certains critiquent en disant qu'il y aurait des personnes qui voudraient se dissocier... Bon, il y a un équilibre, il est ce qu'il est, mais moi je trouve qu'il y a un véritable débat au sein de notre majorité.

MARCELO WESFREID
Julien DENORMANDIE, pourquoi vos parlementaires – vous en parliez à l'instant – et notamment vos sénateurs de La République En Marche ici au Sénat n'assisteront pas à l'audition d'Alexandre BENALLA mercredi matin ?

JULIEN DENORMANDIE
Ils s'en sont expliqués, que ce soit monsieur Alain RICH ARD encore ce matin sur les ondes ou François PATRIAT récemment, leur position est de dire que la commission d'enquête aujourd'hui a déjà beaucoup travaillé, a mis en avant des éléments de réponse aux principales questions qui ont été posées et puis il y a derrière tout cela ce débat constitutionnel ou de constitutionnalistes de savoir quelles sont les prérogatives d'une telle commission d'enquête. Moi je vais vous dire très franchement ce que je pense de tout ça, c'est qu'on a beaucoup, beaucoup et beaucoup trop parlé de cette affaire Benalla, je ne serai pas de ceux qui alimenteront une saison 2 de Benalla, moi je suis…

NATHALIE MAURET
Ca accrédite quand même la thèse qu'on est face à une majorité qui est aux ordres ?

JULIEN DENORMANDIE
Mais pas du tout, je veux dire aucune demande n'a été formulée à l'égard d'aucun parlementaire d'assister ou non…

NATHALIE MAURET
Et quand Christophe CASTANER nous dit que les sénateurs veulent faire tomber le chef de l'Etat, est-ce qu'il a tort de dire ça ?

JULIEN DENORMANDIE
Mais vous avez un Exécutif, notamment le garde des Sceaux – là aussi ses positionnements ont été critiqués – qui ont rappelé quoi ? Ils ont rappelé qu'il y avait des règles, des règles constitutionnelles là aussi, et les sénateurs les connaissent très, très bien ces règles…

NATHALIE MAURET
Et ils vous ont respecté ?

JULIEN DENORMANDIE
Et donc ces règles elles sont sur la table, encore une fois pour moi tout le monde doit respecter ces règles, elles ont été rappelées, c'est très bien ainsi, tout le monde doit respecter ces règles.

MARCELO WESFREID
Pour vous c'est une instrumentalisation politique le Sénat, le Sénat de droite en fait trop ?

JULIEN DENORMANDIE
Si des hommes politiques ont instrumentalisé cette affaire, évidemment oui. Mais il suffit de voir en juillet, moi il y a un truc qui m'a rendu dingue en juillet dernier, c'est-à-dire que vous aviez des oppositions, pas ici au Sénat, - j'étais d'ailleurs moi en train de présenter la loi Logement au Sénat avec de véritables débats constructifs qui se sont tenus – à l'Assemblée nationale en revanche il y avait une obstruction totale sur des projets de loi essentiels, notamment la révision constitutionnelle, donc songez quand même qu'au mois de juillet vous avez eu un texte logement, un texte sur la réforme constitutionnelle, un texte essentiel qui est à mes yeux l'un des plus importants de ce quinquennat qui est le texte sur la liberté de choisir son avenir professionnel, c'est-à-dire la formation, pendant tout le mois de juillet est-ce que vous avez entendu les oppositions, y compris dans les motions de censure, évoquer le fond, c'est-à-dire évoquer l'un de ces textes ? Rien ! Rien, pas une fois, et moi je trouve que personne n'en sort grandi, que le débat démocratique n'en sort pas grandi parce qu'on en a fait des tonnes et les oppositions en ont fait des tonnes avec des mascarades sur cette affaire Benalla alors même qu'au moment précis on devait se concentrer sur les textes.

CYRIL VIGUIER
L'opposition n'est pas à la hauteur, Julien DENORMANDIE ?

JULIEN DENORMANDIE
Au mois de juillet, moi je suis catégorique, oui les oppositions n'ont pas été à la hauteur – je suis catégorique – je trouve même qu'elles ont eu un comportement qui a mes yeux n‘est pas à la hauteur du débat démocratique, les oppositions on attend d'elles d'arrêter d'instrumentaliser évidemment mais surtout de travailler sur les sujets de fond, je veux dire quand on est en train de discuter de l'avenir de la formation professionnelle et qu'aucune des oppositions n'en parle moi je trouve ça choquant.

MARCELO WESFREID
Julien DENORMANDIE le fond c'est le chômage et samedi le Président de la République, qui échangeait avec un chômeur, un jeune horticulteur qui cherche du travail, lui a conseillé de se convertir, de se reconvertir plus exactement dans l'hôtellerie-restauration, en lui disant : « il suffit de traverser la rue, il y a du travail », est-ce que ça veut dire que le chômage c'est en fait la faute des chômeurs ?

JULIEN DENORMANDIE
Pas du tout, pas du tout. Vous savez le chômage c'est d'abord un fléau, moi je suis d'une génération qui a toujours vécu avec un chômage de masse…

NATHALIE MAURET
Mais sur la réflexion même du Président de la République ?

JULIEN DENORMANDIE
Oui la réflexion, depuis cette vidéo, cet extrait que j'ai regardé avec attention, j'entends tous les qualificatifs, celui qui revient le plus…

MARCELO WESFREID
Il a eu tort, il a eu tort de s'exprimer comme ça ?

JULIEN DENORMANDIE
Non, non, celui qui revient le plus comme qualificatif c'est le qualificatif du mépris, on dirait le Président de la République a été méprisant lorsqu'il s'est adressé ainsi à ce jeune homme…

NATHALIE MAURET
Ce n'est pas le cas ?

JULIEN DENORMANDIE
Mais il est où le mépris ? Le mépris est-ce qu'il est dans la bouche du Président de la République qui dit à cette personne, sans langue de bois : « écoutez, moi je rencontre tous les jours des chefs d'entreprise qui souhaitent embaucher » ou le mépris il est dans celles et ceux qui pendant des décennies ont fait en sorte que beaucoup de jeunes comme cet individu par faute d'orientation aujourd'hui se retrouvent dans des situations alors même qu'ils souhaitent travailler…

NATHALIE MAURET
Notamment c'était un jeune homme formé puisqu'il est horticulteur.

JULIEN DENORMANDIE
N'ont pas la possibilité de bosser. Mais il est là le problème, c'est-à-dire que depuis 48 heures personne ne pose le vrai débat, la question ce n'est pas…

NATHALIE MAURET
Le vrai débat c'est celui de l'offre d'emploi raisonnable, est-ce qu'aujourd'hui quand on est horticulteur et qu'on vous propose d'aller faire la plonge dans un restaurant rue Montparnasse, est-ce que c'est ça une offre d'emploi raisonnable ?

JULIEN DENORMANDIE
Mais, écoutez, le problème vient d'où ? Le problème vient de l'orientation, de l'orientation, est-ce qu'aujourd'hui il est justifié que vous ayez non seulement plus d'un million d jeunes qui ont totalement décroché, totalement, mais qu'en plus vous ayez des personnes de 25 ans qui sont diplômes, qui ont fait des efforts, qui souhaitent bosser et pour autant qui ne trouvent pas de boulot, elle est où l'incohérence ? Et c'est pour ça que moi j'insiste, le mépris il n'est absolument pas dans les paroles du Président de la République, le mépris il est de toutes ces oppositions qui aujourd'hui s'en servent pour critiquer le Président de la République alors que le scandale c'est que pendant des années on a laissé dériver un système où l'orientation n'était pas à la hauteur de ce qu'il fallait.

MARCELO WESFREID
L'orientation ce sont les professeurs, l'Education nationale est une priorité des priorités du Gouvernement - il l'a répété – et pourtant on apprend ce matin, Jean-Michel BLANQUER dans Le Figaro, qu'il y aura 1.800 suppressions de postes dans l'Education nationale, est-ce que ce n'est pas contradictoire ?

JULIEN DENORMANDIE
L'orientation, vous le savez on a pris beaucoup de mesures en sa faveur, notamment en terminale avec la possibilité d'avoir des professeurs dédiés à cette orientation, la question que vous posez c'est sur la réduction des postes dans le domaine de l'Education, il faut être là aussi très précis dans le budget de l'Education nationale, c'est-à-dire qu'effectivement il y a cette réduction de professeurs, en parallèle c'est un budget qui est en augmentation de plus de 800 millions d'euros, c'est-à-dire qu'au total c'est un budget qui augmente fortement. Pourquoi ? Parce qu'on fait des choix, on fait des choix politiques - et notamment un choix qui a mes yeux est essentiel - c'est qu'il faut mettre le paquet sur le primaire, c'est ça le choix politique que nous faisons, le paquet sur le primaire, parce qu'en comparaison avec tous les autres pays européens on se rend compte que la France a surtout insisté sur le secondaire et pas assez insisté sur le primaire.

CYRIL VIGUIER
Julien DENORMANDIE, votre budget est en baisse – vous êtes au ministère de la Cohésion des territoires, vous êtes secrétaire d'Etat auprès du ministre – est-ce que vous pouvez assurer la cohésion des territoires avec ce budget en baisse, vous savez qu'il y a des interrogations là-dessus ?

JULIEN DENORMANDIE
Non seulement je le sais, je les entends et vous savez moi je suis tous les jours, toutes les semaines pardon – je serai encore dans le Gard tout à l'heure, j'étais dans le Grand Est il y a quelques jours…

CYRIL VIGUIER
C'est un mauvais signe ?

JULIEN DENORMANDIE
Et, donc, je suis toujours en contact avec…

MARCELO WESFREID
Il y aura des suppressions de postes dans votre ministère ?

JULIEN DENORMANDIE
Je reviens ! Mais je réponds juste…

MARCELO WESFREID
Oui ou non ?

JULIEN DENORMANDIE
Et donc qu'est-ce qu‘on fait dans le budget cette année ? On fait une seule mesure qui s'avère être une mesure d'économies et qui est une mesure de bon sens, c'est le fait de pouvoir demain calculer les allocations logement non pas sur vos revenus d'il y a 2 ans mais sur vos revenus actuels, c'est la seule source d'économies si je puis dire que nous faisons dans le budget, mais qui peut comprendre aujourd'hui que vos allocations elles ne soient pas versées en fonction de vos besoins réels du moment mais de vos besoins d'il y a 2 ans, c'est juste aberrant et donc oui, moi je l'assume, c'est une réforme de fond compliquée à faire - qui se fera au cours de l'année 2019 – elle est compliquée mais elle est nécessaire.

CYRIL VIGUIER
Les... suppressions de postes est-ce que…

JULIEN DENORMANDIE
Les suppressions de postes...

MARCELO WESFREID
Chez vous dans votre ministère, il y en aura ou pas ?

JULIEN DENORMANDIE
Oui, mais de manière…

MARCELO WESFREID
Combien ?

JULIEN DENORMANDIE
De manière générale depuis un an maintenant et sur toute la durée du quinquennat.

MARCELO WESFREID
Combien, soyons concrets.

JULIEN DENORMANDIE
Je n'ai pas de chiffre, tout simplement…

MARCELO WESFREID
Vous savez, vous savez, tous les ministères savent ?

JULIEN DENORMANDIE
Non, parce que vous savez nous agents ce sont surtout des agents qui sont sur le terrain de manière déconcentrée, cela ne vous aura pas échappé nous avons lancé une grande réforme de…

MARCELO WESFREID
A peu près ?

JULIEN DENORMANDIE
Je n'ai vraiment aucun non seulement chiffre mais également indicateur à vous donner à ce stade, on est en train, on est en train de porter cette réforme territoriale des services de l'Etat, on va faire dans les choses. Quelles sont les missions ? Est-ce que ces missions sont bien effectuées et est-ce que, au regard de ce que nous pouvons faire des améliorations, des ajustements devront être faits.

NATHALIE MAURET
Julien DENORMANDIE, vous disiez tout à l'heure que vous vous rendiez dans le Gard cet après-midi, c'est pour le Plan Numérique, où en est-on de l'installation de ce plan qui a été annoncé au début de l'année, est-ce que vous pouvez nous garantir qu'il n'y aura pas de zones blanches sur le territoire français d'ici la fin du quinquennat ?

JULIEN DENORMANDIE
Il y a deux piliers, il s'avère que quand on parle du numérique il faut vraiment à la fois apporter Internet à tous les Français mais également la téléphonie mobile : sur Internet à tous les Français on met beaucoup d'argent, plus de 3,3 milliards, aujourd'hui on a un déploiement qui est très rapide, c'est-à-dire depuis début 2018 chaque jour, jour ouvré, c'est plus de 11.000 de nos concitoyens qui sont raccordés à Internet de très haut débit, 11.000 - c'est une ville comme Montargis qui tous les jours est connectée - donc ça avance, ça se déploie. Moi je suis un ayatollah de la mise en oeuvre si j'ose dire, ce qui fait que je reçois tous les mois de la part de mes services département par département un planning pour savoir si oui ou non on est en phase avec nos objectifs très clairs…

NATHALIE MAURET
Donc, ça, c'est le premier pilier

JULIEN DENORMANDIE
C'est-à-dire du très haut débit pour tous les Français en 2022 ; et ensuite vous avez la téléphonie mobile, où la téléphonie mobile pareil pendant des années on s'est est satisfaits de ces situations où vous étiez dans un village où on vous disait : « si, si, le village est connecté » alors que pour aller téléphoner vous deviez aller au bout du jardin lever la jambe droite et la main gauche et là, peut-être, que vous aviez quelques barres…

NATHALIE MAURET
C'est toujours le cas.

JULIEN DENORMANDIE
Et, donc, comment faire pour sauver cette situation ? Le problème de fond c'est que les opérateurs on leur a donné des engagements de bonne volonté, uniquement de bonne volonté, donc on a rendu le système contraignant…

CYRIL VIGUIER
Donc, il faut contraindre les opérateurs ?

JULIEN DENORMANDIE
Il faut les contraindre - et c'est ce qu'on a fait avec un changement totalement d'approche - c'est-à-dire que l'Etat il a dans ses mains une arme très puissante vis-à-vis des opérateurs c'est l'Etat qui leur donne les fréquences, c'est-à-dire l'électricité dont ils ont besoin pour fonctionner, et moi j'ai dit aux opérateurs et on a passé cet accord il y a quelques mois : « on vous donnera ces fréquences uniquement si demain vous investissez dans les zones les plus rurales, les moins rentables…

NATHALIE MAURET
Et ça marche ?

JULIEN DENORMANDIE
Ca marche très bien puisque là aussi depuis le 1er janvier 2018 c'est plus de 2.000 villages qui étaient en avant dans les anciennes technologies et qui sont passées aux nouvelles technologies, la technologie 4G.

NATHALIE MAURET
Il en reste combien ?

JULIEN DENORMANDIE
Entre aujourd'hui et fin 2020 c'est 10.000 communes que nous allons équiper dans les meilleures technologies et, en parallèle, on mettra progressivement fin aux zones blanches, c'est-à-dire ces endroits où il y a des habitants et il où il est impossible de capter, on a déjà annoncé il y a quelques semaines une liste de 500 premières zones blanches et tous les ans ce sera entre 600 et 800 nouvelles zones qui seront ainsi traitées en coopération avec les élus locaux, parce qu'il ne faut jamais oublier que ce sont les élus locaux qui sont les maîtres d'ouvrage comme on dit dans tous ces déploiements.

MARCELO WESFREID
Julien DENORMANDIE demain l'actualité va être la présentation du Plan Santé, du Plan Hôpital, ça concerne énormément de gens, est-ce que comme secrétaire d'Etat à la Cohésion des territoires vous pouvez garantir aux Français qu'il n'y aura pas de fermeture d'hôpital ?

JULIEN DENORMANDIE
La ministre Santé l'a clairement exprimé à plusieurs reprises. Moi ce qui est essentiel c'est qu'il faut passer à une politique de l'accès, la question est de savoir comment vous pouvez avoir accès aux soins quels que soient les dispositifs, quels que soient les moyens technologiques, aujourd'hui il y a énormément d'initiatives qui se sont développées partout sur le territoire - moi je les vois à chacun de mes déplacements -il y a aussi de gros problèmes, des problèmes de présence des médecins, on le sait tous – vous savez ces fameux déserts médicaux où y compris la médecine privée, les médecins libéraux ne veulent plus aller - et donc le Plan Hôpital qui sera annoncé demain vise justement à redonner cette dynamique, à améliorer la situation, y compris pour les élèves en médecine qui souvent témoignent d'un mal-être assez inquiétant et donc il faut leur apporter des solutions.

NATHALIE MAURET
Dernière question sur Manuel VALLS, qui est donc député apparenté La République En Marche, hier sur France 3 Valérie RABAULT - qui est présidente des députés socialistes - a dit qu'on ne pouvait pas être en même temps député La République et candidat à Barcelone et elle s'est avancée sur le fait que selon elle il devrait démissionner, vous qu'en pensez-vous ?

JULIEN DENORMANDIE
Moi vous savez au premier jour de la création d'En Marche, au premier jour, on a fixé avec Emmanuel MACRON désormais Président, on a fixé deux caractéristiques au mouvement La République En Marche : la première c'est l'utilité, c'est tous les matins faire des choses utiles, je pense que c'est évident - mais de temps en temps ça fait du bien de le rappeler…

NATHALIE MAURET
Il n'est jamais à l'Assemblée nationale.

JULIEN DENORMANDIE
Et le deuxième l'ouverture, l'ouverture…

MARCELO WESFREID
Et ça ne vous choque pas, vous ?

JULIEN DENORMANDIE
Moi ça ne me choque pas parce que l'ouverture on l'a mis au centre de tout, je vais vous donner un exemple, vous savez qu'on est…

MARCELO WESFREID
Qu'un député Français soit en campagne en Espagne ça vous parait normal ?

JULIEN DENORMANDIE
Mais on est un mouvement politique, dans ses statuts mêmes a indiqué la possibilité de la double appartenance…

MARCELO WESFREID
En France.

JULIEN DENORMANDIE
Mais je veux dire peu m'importe ! La double appartenance ça veut dire quoi ? Vous avez la possibilité d'appartenir à deux mouvements politiques…

NATHALIE MAURET
On sait son efficacité, l'autre volet, il n'est pas et ne travaille pas à…

JULIEN DENORMANDIE
Et donc ça La République En Marche l'a mis dans ses statuts, ce qui montre que cette ouverture est notre marque de fabrique.

CYRIL VIGUIER
Julien DENORMANDIE, vous connaissez très bien le Président de la République, vous êtes l'un de ses amis depuis très longtemps, est-ce qu'il a changé au pouvoir ?

JULIEN DENORMANDIE
Non, il n'a…

CYRIL VIGUIER
Toutes ses petites phrases, toute cette « provocation » que souligne la presse, est-ce qu'il a changé ?

JULIEN DENORMANDIE
Non, il est évidemment – et moi je le constate tous les jours - il est aujourd'hui un véritable Président de la République, c'est-à-dire quelqu'un qui fixe le cap, quelqu'un qui emmène nos concitoyens vers un chemin, alors on peut être d'accord, ne pas être d'accord, mais en tout cas il est un président qui préside. Après, à titre personnel, moi je le connais depuis longtemps et je peux vous dire que c'est quelqu'un de profondément empathique, de profondément soucieux de l'un et l'autre, mais qui a un parler cash…

CYRIL VIGUIER
Il s'était pris d'amitié pour Alexandre BENALLA ?

JULIEN DENORMANDIE
Et donc on le voit en…

CYRIL VIGUIER
Il s'était pris d'amitié pour Alexandre BENALLA ?

JULIEN DENORMANDIE
Il a eu une parole très forte, c'est : « je n'oublie pas, je n'oublie pas tout ce que Alexandre BENALLA a fait pour nous » et moi je trouve que c'est aussi la grandeur d'un homme de dire : « oui la personne a fait une faute ,il a fait une faute, il doit être puni ou redevable devant les instances et juridictions du fait de cette faute, mais en même temps je n'oublie pas tout ce qu'il a fait » parce que c'est vrai qu'Alexandre BENALLA nous a accompagné pendant toute la campagne présidentielle et a fait des choses bien pendant toute sa campagne.

CYRIL VIGUIER
Merci Julien DENORMANDIE, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires, d'avoir été notre invité ce matin.

JULIEN DENORMANDIE
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 25 septembre 2018

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