Interview de M. Gérald Darmanin, ministre de l'action et des comptes publics, avec RTL le 17 septembre 2018, sur la réforme du prélèvement à la source, la redevance télé et sur la formation professionnelle. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Gérald Darmanin, ministre de l'action et des comptes publics, avec RTL le 17 septembre 2018, sur la réforme du prélèvement à la source, la redevance télé et sur la formation professionnelle.

Personnalité, fonction : DARMANIN Gérald, MARTICHOUX Elizabeth .

FRANCE. Ministre de l'action et des comptes publics;

ti :

ELIZABETH MARTICHOUX
Bonjour Gérald DARMANIN.

GERALD DARMANIN
Bonjour.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci d'être avec nous ce matin sur RTL. Dans une vingtaine de minutes, un peu plus, au 32 10, avec Yves CALVI, les auditeurs vous interpelleront sur tous les sujets qu'ils souhaitent, et vraisemblablement, sur le prélèvement à la source. A ce sujet, vous faites une réforme compliquée, Monsieur le Ministre, qui pose des tas de questions, vous mettez un standard en place au fisc, et vous trouvez le moyen de faire payer la communication, pardon, ce n'est pas un peu gonflé ?

GERALD DARMANIN
Non, ce n'est pas gonflé, d'abord, parce qu'il y a des appels d'offres qui font que, on ne peut pas, si j'ose dire, casser les choses ainsi, le Parlement a souhaité dans la loi Droit à l'erreur que tous les standards téléphoniques de l'Etat, d'ici la fin du quinquennat, soient gratuits, j'ai pris en compte la demande des usagers qui, sans doute, au mois de janvier, seront bien plus nombreux à appeler, et à partir du 1er janvier, Madame MARTICHOUX, ce standard sera gratuit.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais encore une fois, c'est le principe, vous faites une réforme, vous imposez aux Français une réforme qui pose des tas de questions, on va l'entendre tout à l'heure, effectivement, vous faites du profit sur les questions que pose une réforme, que vous imposez aux Français…

GERALD DARMANIN
Ce n'est pas vous qui allez me faire la critique que le service public ferait du profit, il n'en fait pas. Tous les agents des services publics ont été formés, plus de 40.000…

ELIZABETH MARTICHOUX
Eh bien, ce service-là, ce n'est pas énorme, c'est 6 centimes la minute, mais c'est le principe.

GERALD DARMANIN
Je vous ai justement dit, eh bien, oui, il faut en parler peut-être à ceux qui ont passé des appels d'offres précédemment, moi, je ne vais pas casser un appel d'offres pour perdre de l'argent, si j'ose dire, pour les Français, vous me poseriez la question de savoir combien ça coûte cette facétie, ce que je peux vous dire, c'est qu'au 1er janvier prochain, pour le mois le plus important, sans doute, pour l'impôt à la source, sa mise en place, ce standard téléphonique sera gratuit, il y a aujourd'hui déjà beaucoup de possibilités d'alerter les services fiscaux, soit par les trésoreries, soit par l'accès par Internet, de le faire de façon gratuite, j'ai entendu la réclamation, il nous fallait un petit peu de temps pour le mettre en place, en janvier, ce sera gratuit.

ELIZABETH MARTICHOUX
Voilà. Je rends à César ce qui est à César. C'était une information d'ailleurs du journal L'Opinion, excellent journal, 64.000 appels en une semaine, ça va vous rapporter combien, ça vous a déjà rapporté combien ?

GERALD DARMANIN
Alors, je respecte le journal L'Opinion, mais il suffisait de lire le courrier, où j'avais écrit justement que c'était le prix d'un appel local, plus six centimes. Donc il suffisait de lire le courrier que j'ai envoyé à tous les contribuables.

ELIZABETH MARTICHOUX
En tout cas, vous n'y voyez rien de choquant. On pourra en parler de ce principe de faire payer les appels pour des services publics. Samedi soir…

GERALD DARMANIN
Mais, si je puis me permettre, c'est le gouvernement d'Emmanuel MACRON qui émet ça, encore une fois, et malheureusement, avec peu d'entrain de la part des autres groupes de l'Assemblée nationale, c'est bien sur une proposition du député Stanislas GUERINI, qui était rapporteur du texte Droit à l'erreur, tous les standards téléphoniques seront désormais des standards téléphoniques de l'Etat gratuits.

ELIZABETH MARTICHOUX
On est heureux de la prendre pour l'avenir. Samedi soir, date limite pour choisir son taux de prélèvement pour le prélèvement à la source, pour tous ceux qui ne l'ont pas fait, Monsieur le Ministre, pour des raisons diverses, il y a une session de rattrapage ou... ?

GERALD DARMANIN
Eh bien, à partir du 2 janvier, puisque la réforme commence le 1er janvier, donc à partir du 2 janvier, chacun des contribuables pourra, quand il le souhaite, soit sur le site des impôts, soit, en appelant, de manière gratuite, les impôts, soit, en se rendant dans ses trésoreries, pour pouvoir changer le taux, le modifier…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous voulez dire, jusqu'au 2 janvier, on peut le faire ?

GERALD DARMANIN
Non, à partir du 2 janvier…

ELIZABETH MARTICHOUX
Là, on ne l'a pas fait samedi soir, voilà, pour des raisons diverses, on n'a pas choisi, on n'a pas vu passer la date limite, etc... est-ce qu'on peut encore le faire d'ici au 1er janvier ?

GERALD DARMANIN
Non, il n'y avait pas que samedi soir, puisque c'est à partir de la déclaration d'avril jusqu'à maintenant, là, pendant trois mois, si j'ose dire, nous allons travailler pour faire l'impôt à la source comme s'il n'existait pas, mais qui préfigure sur les feuilles de paye, tous les mois, l'administration fiscale envoie un taux, et nous faisons des essais, ces fameux essais qui nous permettent d'être totalement au point au mois de janvier. Et à partir du 1er janvier, l'essai devient définitif, si je puis me permettre, et donc nous ouvrons la possibilité tous les jours à partir du 2 janvier de changer si on le souhaite son taux, alors non pas son taux par opportunité, mais son taux parce que, soit, sa vie a changé, soit parce qu'on a envie de passer du taux personnalisé au taux neutre ou du taux neutre au taux familiarisé.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et ce sera appliqué le mois suivant ?

GÉRALD DARMANIN
Exactement…

ELIZABETH MARTICHOUX
Sur le salaire du mois suivant ?

GERALD DARMANIN
Exactement.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc, en quelques semaines, les services du fisc pourront transmettre le changement ou le choix différent du contribuable qui sera déjà appliqué par l'employeur ?

GERALD DARMANIN
Exactement, tous les mois, tous les mois, il y a ce qu'on appelle la DSN, la Déclaration Sociale Nominative, ce qui permet notamment aujourd'hui de faire vos déclarations pré-remplies, on connaît les informations de la part de votre entreprise qui vous embauche et rentre sur votre feuille de paye, tous les mois, alors, il faut le faire le plus tôt possible dans le mois si possible pour que ce soit vraiment efficace, mais tous les mois, nous envoyons à tous les collecteurs d'impôts, les entreprises, les caisses de retraite, l'assurance chômage, l'assurance maladie, le taux que vous aurez choisi.

ELIZABETH MARTICHOUX
D'accord. Quelle part de contribuables n'a pas encore choisi ?

GERALD DARMANIN
Ah, ils l'ont tous choisi, et aujourd'hui, nous avons…

ELIZABETH MARTICHOUX
Ils l'ont tous choisi ?

GERALD DARMANIN
Exactement, 94 % des Français ont choisi le taux familiarisé, 5 %, le taux individualisé, c'est-à-dire chacun dans le couple, et puis, seulement 1 % le taux neutre. C'était à peu près les mêmes montants, si j'ose dire, que lorsque nous avons fait les déclarations d'impôts au mois d'avril, donc il n'y a pas de changement particulier.

ELIZABETH MARTICHOUX
Il n'y a pas de changement particulier, on va en parler bien sûr de ce prélèvement à la source avec les auditeurs qui pourront vous poser toutes les questions, notamment, j'imagine sur cette fameuse avance – dès le 15 janvier, des ristournes – liée à un investissement locatif ou à des dons. Ça suscitera sans doute des interrogations et vos réponses. Gérald DARMANIN, est-ce que Françoise NYSSEN a fait une gaffe en mettant la réforme de la redevance sur le tapis vendredi ?

GERALD DARMANIN
Non, il faudra bien regarder ce qu'est la redevance télé à l'heure où effectivement, il y a peut-être une nouvelle façon de regarder la télévision…

ELIZABETH MARTICHOUX
C'était le moment d'en parler ? C'était le moment de mettre ça sur…

GERALD DARMANIN
Je ne crois pas que ce soit le moment d'en parler, puisqu'il fallait d'abord parler de la réforme de l'audiovisuel, pendant très longtemps, on a créé, si j'ose dire, des réformes en regardant d'abord les recettes, et puis, après regardé comment on dépensait ces recettes, eh bien, le gouvernement d'Emmanuel MACRON, dans sa transformation, fait l'inverse, d'abord, on fait la réforme de l'audiovisuel public, on essaye de répondre à des interrogations…

ELIZABETH MARTICHOUX
En 2019 ?

GERALD DARMANIN
Exactement. Dès le projet de loi de Finances que je présenterai la semaine prochaine avec Bruno LE MAIRE, il y aura une première partie des économies demandées aux 4 milliards que coûte l'audiovisuel public en France, pas que la télé, aussi la radio, et puis, après, il faut regarder ses dépenses, comment cela est possible avec la mission de service public qu'on souhaite assigner effectivement à l'audiovisuel public en France, et puis, à la fin, on aura la question de la recette, mais si j'ose dire seulement à la fin, la ministre de la Culture a eu raison de dire qu'au moment où on va supprimer la taxe d'habitation, donc autour de 2020-2021, totalement, on a un support en moins, puisque votre redevance télé va avec la taxe d'habitation, nous avons encore donc trois ans pour réfléchir, et de façon active, à la fiscalité qui permettra de nourrir l'audiovisuel public, mais seulement après avoir fait la réforme, la fiscalité n'est pas le préalable…

ELIZABETH MARTICHOUX
Encore trois ans, ça veut dire, elle est à quel horizon cette réforme de la redevance ?

GERALD DARMANIN
Eh bien, ce qu'a dit le président de la République, c'est que la réforme de l'audiovisuel public, c'est d'ici la fin du quinquennat…

ELIZABETH MARTICHOUX
Et celle de la redevance ?

GERALD DARMANIN
La redevance télé, si jamais il faut réformer, peut-être qu'on peut trouver d'autres moyens de l'adresser aux gens, ce n'est simplement... c'est peut-être une question de modalité d'envoi tout simplement, eh bien, ce sera effectivement autour de 2020-2021, et puis, sans aucune augmentation d'impôts, je voudrais, ici, le dire, et nous y travaillons, si j'ose dire…

ELIZABETH MARTICHOUX
Attendez, alors ça, il faut que vous me précisiez…

GERALD DARMANIN
Nous n'y travaillerons qu'après avoir fait la réforme de l‘audiovisuel public…

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est le message martelé depuis vendredi, et c'est le message depuis des mois, il n'y aura pas d'augmentation d'impôts, mais vous dites, il y aura un élargissement de l'assiette, autrement dit, plus…

GERALD DARMANIN
Je ne vous ai pas dit ça, je vous ai dit qu'il y avait d'abord un problème d'adressage…

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors, est-ce qu'il y a…

GERALD DARMANIN
Si je ne peux pas vous envoyer votre taxe d'habitation, puisque je l'ai supprimée, je ne vais pas la rétablir simplement pour faire la redevance télé, on est bien d'accord, il faut que je trouve un moyen, moi, ministre des Comptes publics, ou celui qui me succédera, d'envoyer cette redevance télévisée, est-ce que ça passe par le moyen informatique, est-ce qu'on l'envoie quand même adressage postal, et à l'occasion de la réforme de l'audiovisuel public, est-ce qu'on n'a pas trouvé des recettes complémentaires qui permettent notamment de baisser la redevance télé telle que vous la connaissez aujourd'hui…

ELIZABETH MARTICHOUX
Attendez, Christophe CASTANER, hier, soyons un peu concrets, au « Grand jury », a évoqué l'hypothèse d'une taxe sur l'achat d'une tablette pour effectivement abonder le produit de la redevance audiovisuelle, ça, en plus de la redevance qui sera adressée, comme vous dites, différemment ?

GERALD DARMANIN
Non, la feuille de route que m'ont confiée le président de la République et le Premier ministre, ce n'est pas de création de taxes nouvelles…

ELIZABETH MARTICHOUX
Ni d'impôts, ni de taxes, donc il n'y a pas d'ambiguïté sur le vocabulaire…

GERALD DARMANIN
Je ne peux pas vous le dire autrement…

ELIZABETH MARTICHOUX
Non, mais c'est important…

GERALD DARMANIN
Je peux vous le dire en chtimi, si vous le souhaitez. Mais il n'y aura pas…

ELIZABETH MARTICHOUX
Pas de nouvelle taxe y compris sur les tablettes ?

GERALD DARMANIN
Le président de la République et le Premier ministre souhaitent que nous ne créions aucune taxe nouvelle pour les Français, voilà, en revanche, il est évident…

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc il n'y aura pas de taxe sur l'achat des tablettes...?

GERALD DARMANIN
Il est évident que nous devons réfléchir d'abord à la réforme de l'audiovisuel public, au contenu de ce qui est diffusé, à quel public on s'adresse, et puis, à la fin des fins, nous aurons l'occasion d'en rediscuter, sans doute, mais plutôt en fin du quinquennat.

ELIZABETH MARTICHOUX
Excusez-moi, il reste une ambiguïté, vous avez l'air quand même un peu embarrassé après cette déclaration de Christophe CASTANER, vous ne me dites pas si oui ou non, il pourrait y avoir une taxe sur l'achat des tablettes ?

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais je vous dis qu'aujourd'hui, il n'y a pas de création de nouvelles taxes, y compris sur les tablettes, sur les téléphones…

ELIZABETH MARTICHOUX
Voilà, et la réponse est non, donc ?

GERALD DARMANIN
Egalement. Mais je peux vous le répéter une troisième fois, si vous le souhaitez, il n'y a pas de taxe nouvelle…

ELIZABETH MARTICHOUX
Pour l'instant…

GERALD DARMANIN
Voilà, on a plutôt tendance dans le gouvernement à supprimer des taxes, ça nous est reproché par, si j'ose dire, la partie la plus à gauche de l'hémicycle, que d'en créer de nouvelles.

ELIZABETH MARTICHOUX
Gérald DARMANIN, les chômeurs de Tourcoing, est-ce qu'ils peuvent trouver un boulot en traversant la rue ?

GERALD DARMANIN
Alors, traverser les rues à Tourcoing, on ne trouve pas toujours du travail, mais on trouve du travail notamment quand on traverse la frontière, malheureusement, aujourd'hui, à Tourcoing, c'est-à-dire que nous avons plus de 4.000 personnes, puisqu'on est une ville frontalière, qui vont en Belgique travailler, et moi, c'est un peu gênant, je trouve que la France n'ait pas encouragé ces créations de travail…

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc c'est bien de dévier la question, mais ce n'est pas tout à fait celle-là…

GERALD DARMANIN
Non, mais je comprends... c'est quoi votre question, votre question, c'est…

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce que, Emmanuel MACRON a eu raison de dire à un jeune chômeur, formé en horticulture, qu'il lui suffirait de traverser la rue pour trouver un boulot dans l'hôtellerie et la restauration ?

GERALD DARMANIN
D'abord, le président de la République s'est adressé à ce jeune homme, et ce jeune homme lui a répondu, je trouve, avec beaucoup de courtoisie, et un échange, et, bien sûr, il a eu raison. Qu'est-ce qui se serait passé avec peut-être un autre homme politique ou les trois quarts des hommes politiques que l'on connaît devant les caméras ou devant un téléphone qui filmaient, il aurait dit : eh bien, donnez-moi votre CV, je vous rappelle, il aurait pris le petit papier, il l'aurait plié en quatre, il l'aurait mis dans la poche, et puis, vous n'en auriez pas entendu parler. Le président de la République, il a, je crois, avec courtoisie échangé avec un citoyen qui lui a dit : eh bien, oui, on a peut-être un problème, ce qui n'est sans doute peut-être d'ailleurs même pas vrai en horticulture à écouter certains de vos collègues ce matin sur les radios et les télés, de formation et d'adéquation entre le marché du travail et les gens qui cherchent du travail, donc oui, il y a du travail en France, non, il n'y a pas du travail pour tout le monde, et c'est pour ça que par ailleurs, nous essayons de baisser l'impôt et relancer l'activité, et, oui, il faut former des gens et encore faut-il que ces personnes acceptent d'être formées pour changer de travail…

ELIZABETH MARTICHOUX
Gérald DARMANIN, vous êtes maire de Tourcoing et vous savez la sensibilité…

GÉRALD DARMANIN
J'étais…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous étiez, pardon, c'est très rationnel comme discours de dire qu'effectivement, il y a plus de boulot dans l'hôtellerie et la restauration, il y a même de la pénurie, et il n'y en a pas dans l'horticulture, dans la forme, c'est quoi, c'est du mépris, c'est de la provocation, est-ce que, franchement…

GERALD DARMANIN
Mais non, mais le président de la République, il a eu raison de s'adresser comme cela, comme je le fais, moi, quasiment, si j'ose dire, tous les jours dans ma commune.

ELIZABETH MARTICHOUX
Il n'est pas président de la République, il est méprisant de la République, a dit un bon mot Ian BROSSAT, communiste, élu à Paris.

GERALD DARMANIN
Oui, oui, c'est l'affiche du Parti communiste, chacun ses citations. Moi, je sais que le président de la République, il écoute et il entend et il parle comme les Français l'entendent, l'écoutent et parlent. S'il avait tenu un discours qui consiste à dire : oh, Monsieur, c'est terrible, donnez-moi votre CV, on vous rappelle, vous n'auriez peut-être pas ressorti la séquence, et en tout cas, il aurait fait de la langue de bois. Il aurait fait ce que, quasiment, tout le monde a fait depuis que le chômage existe. Moi, quand j'étais gamin, il y a eu un président de la République qui s'appelait François MITTERRAND, qui ne manquait pas pourtant de volonté socialiste, qui disait : j'ai tout essayé pour le chômage, eh bien, non, il y a la formation, il y a la baisse des impôts, il y a ce que nous essayons de faire aujourd'hui pour relancer l'économie, et tous les jours, Madame MARTICHOUX, y compris à Tourcoing, je rencontre des patrons d'entreprises qui me disent : je ne trouve pas des gens pour venir travailler…

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais dans le fond, est-ce que vous pensez, vous…

GERALD DARMANIN
Vous l'entendez ça quand même ?

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, mais justement, est-ce que vous vous pensez, vous, qu'il faut orienter les jeunes vers les débouchés, et tant pis pour les choix individuels, c'est le marché qui compte, pas l'individu, est-ce que c'est ça votre philosophie ?

GERALD DARMANIN
Ce qui compte, c'est le travail, mais, si vous voulez, la philosophie, c'est comme ceux qui pensent que, on fait l'Education nationale simplement pour le savoir et jamais pour s'adapter au marché du travail, dans ces conditions, nous avons effectivement quelque chose qui nous sépare ; je pense que lorsque les gens souhaitent travailler, eh bien, effectivement, il y a des moments où ils ne peuvent pas le faire pour des questions de mobilité, pour des questions de formation, et là, l'Etat doit être à leurs côtés, et mobilité et formation sont les deux grandes actions, si j'ose dire, du gouvernement, et puis, il y a des moments, il y a une part individuelle d'aller travailler ou de ne pas aller travailler, de se former ou ne pas se former, nous ne sommes pas un gouvernement qui consiste à dire : vous ne voulez pas travailler, ce n'est pas grave.

ELIZABETH MARTICHOUX
Gérald DARMANIN, la formation, vous le répétez à l'instant, c'est la mère de toutes les batailles, et vous supprimez 1.800 emplois dans l'Education nationale dans la partie secondaire de l'enseignement, est-ce que ça n'est pas paradoxal d'une part ?

GERALD DARMANIN
Mais ça n'est absolument pas paradoxal, d'abord, le ministère de l'Education nationale a une augmentation de crédit comme jamais il n'a connue, 810 millions d'euros d'une année sur l'autre, deuxièmement, c'est moins de 0,2 % des postes, et le secondaire, pourquoi ? Vous savez bien qu'il y a un sujet démographique, et que notamment, la réforme, les réformes que porte Jean-Michel BLANQUER, elles se concentrent, et il a bien raison, chaque élu le sait, sur la maternelle, le primaire, qui est le début du langage, et pas le moment où malheureusement la plupart des jeux sociologique sont faits. Donc le dédoublement des classes, le renforcement du nombre de professeurs dans les écoles primaires, c'est la priorité, Jean-Michel BLANQUER le fait, et je crois…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous avez gagné l'arbitrage, votre arbitrage de ministre du Budget, face à Jean-Michel BLANQUER ?

GERALD DARMANIN
Mais pas du tout, ce n'est pas une question d'arbitrage, d'ailleurs, monsieur LENGLET a eu raison de dire que dans mon propre ministère…

ELIZABETH MARTICHOUX
Il a souvent raison…

GERALD DARMANIN
Pas toujours, mais souvent, c'est vrai, moi aussi, je m'engage, et ce n'est pas une question d'arbitrage…

ELIZABETH MARTICHOUX
A combien ?

GERALD DARMANIN
Eh bien, c'est à un petit peu moins de 2.000 emplois…

ELIZABETH MARTICHOUX
A Bercy ?

GERALD DARMANIN
Exactement, avec Bruno LE MAIRE sur d'autres sujets également, parce que nous devons nous nous adapter au monde nouveau, et comme l'a très bien dit monsieur LENGLET…

ELIZABETH MARTICHOUX
Encore !

GERALD DARMANIN
Il y a une question symbolique effectivement du montant que ça rapporte, 1,5 milliard des 50.000 que propose le président de la République, mais aussi de transformation de l'Etat, et nous supprimons de la taxe d'habitation par exemple, nous n'allons pas garder le principe d'avoir le même nombre d'agents publics alors qu'on supprime des missions. Voilà, donc ça, je l'ai dit aux organisations syndicales, et chacun le fait dans son ministère.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci Gérald DARMANIN, mais vous restez !

GERALD DARMANIN
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 25 septembre 2018

Rechercher