nterview de Mme Elisabeth Borne, ministre des transports, à CNews le 26 septembre 2018, sur le financement des infrastructures de transport, les carburants, l'ecotaxe poids lourds et l'état des grands ponts du réseau routier national. | vie-publique.fr | Discours publics

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nterview de Mme Elisabeth Borne, ministre des transports, à CNews le 26 septembre 2018, sur le financement des infrastructures de transport, les carburants, l'ecotaxe poids lourds et l'état des grands ponts du réseau routier national.

Personnalité, fonction : BORNE Elisabeth, ELKABBACH Jean-Pierre.

FRANCE. Ministre des transports;

ti : JEAN-PIERRE ELKABBACH
Les transports au coeur de la vie quotidienne de tous les Français, bienvenue Elisabeth BORNE, bonjour.

ELISABETH BORNE
Bonjour.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et merci d'être avec nous. Est-ce que vous confirmez ce matin que vous préparez, vous préparez les vignettes pour les gros poids lourds et les camions ?

ELISABETH BORNE
Alors, de quoi on parle…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Non non, mais vous préparez ?

ELISABETH BORNE
De quoi on parle ? On veut investir davantage dans les transports, et contrairement à ce qui se faisait par le passé, moi je veux arrêter de promettre des projets partout, sans expliquer comment on va les financer. Donc j'ai annoncé il y a quelques jours, une croissance importante des investissements, + 40 % dans ce quinquennat, par rapport au dernier quinquennat.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Tout ça on va le dire, mais répondez à la question : est-ce que vous préparez au niveau du gouvernement, des vignettes ou des ressources, des ressources, comme vous dites ?

ELISABETH BORNE
Je vous confirme que donc, comme on veut investir plus, en 2019 on le fait sans le budget de l'Etat, donc c'est un choix de priorité, 300 millions d'euros de plus pour les investissements dans les transports, et à partir de 2020, on cherche effectivement une nouvelle ressource, d'environ 500 millions d'euros par an.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
500 millions d'euros par an, en 2020/21/22, c'est-à-dire 1,5 milliard. Vous les cherchez, vous savez où vous allez les trouver. Comment vous traduisez : ressource = v.i.g.n.e... ressource c'est vignette.

ELISABETH BORNE
Ressource, on chercher à faire participer au financement des infrastructures, notamment ceux qui n'y participent pas aujourd'hui, par exemple les poids lourds qui font le plein au Luxembourg ou en Belgique, traversent la France, refont le plein en Espagne et n'ont pas payé la fiscalité sur les carburants. Donc on est en train d'y réfléchir, j'ai eu l'occasion de déjà le dire, mais aujourd'hui il n'y a pas de décision de prise, et comme en 2019 on a les ressources dans le budget, on a un petit peu de temps.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Très bien. Elle sera prise quand la décision ?

ELISABETH BORNE
La décision, elle sera prise avant la présentation de la loi sur les mobilités, c'est-à-dire fin octobre.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
C'est-à-dire que vous ferez, dans le courant du mois d'octobre et peut-être d'ici à 15 jours. Mais quand vous allez beaucoup en régions, dans les départements, est-ce que les régions, les départements, les communes, se plaignent des dégâts qui sont provoqués justement sur les routes par ces camions qui dégradent le territoire ?

ELISABETH BORNE
Mais je vous confirme, tous ceux qui habitent à côté d'une grande route, qui voient des files de poids lourds continues, qui traversent notre pays, qui du coup appellent des élargissements de ces routes pour effectivement rouler plus en confort dessus, eh bien tout cela considère effectivement qu'on doit réfléchir à la façon de faire payer ces poids lourds en transit.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ça ne va pas tarder, donc, ça veut dire que ça va arriver, la décision sera prise au sommet de la l'Etat à la mi-octobre, vous me le confirmez.

ELISABETH BORNE
Dans le courant du mois d'octobre, je confirme.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
D'accord. Les camions étrangers ou les camions français aussi ?

ELISABETH BORNE
Alors, on a des règles d'équité, vous savez, donc voilà c'est pour ça que c'est un sujet pas simple, dont on voit qu'il peut concerner certaines entreprises en France. Donc du coup on est en train d'y travailler, la décision sera annoncée dans les prochaines semaines.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous, vous en avez besoin, vous êtes en train de le dire, à partir de 2020. Mais personnellement, vous êtes favorable ?

ELISABETH BORNE
Ah moi je suis favorable à faire payer les poids lourds, je ne m'en... les poids lourds en transit, je ne m'en suis jamais cachée, enfin on vient de le dire, ces poids lourds qui traversent notre pays sans financer les infrastructures, ça pose questions.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Le gouvernement travaille autour de ces vignettes et c'est des vignettes à la journée, au mois, à l'année ?

ELISABETH BORNE
Alors, je vous dis qu'on y travaille, donc ça veut dire qu'on n'a pas décidé, le moment venu on précisera tout ça.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Le moment venu, comme vous dites, elle sera obligatoire pour ces camions.

ELISABETH BORNE
Ah oui, bien sûr, oui oui. Non non je vous confirme.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous n'hésitez pas, parce que, est-ce qu'il y a une alternative à la vignette ?

ELISABETH BORNE
Enfin, on peut, il y a différentes pistes qui avaient été avancées par le Conseil d'orientation des infrastructures qui nous a accompagnés, mais effectivement l'objectif il est bien celui-là, que tous ceux qui utilisent nos infrastructures, notamment ces fameux poids lourds en transit, participent au financement de ces infrastructures.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et les lobbies des transporteurs routiers, on sait qu'ils sont influents et parfois bruyants, et ils s'opposent déjà. S'ils font le chantage du blocage des routes, est-ce que le gouvernement céderait ?

ELISABETH BORNE
Enfin, je suis certaine que ça ne leur fait pas plaisir qu'on fasse payer ces poids lourds, enfin il y a un principe d'équité, moi je vous dis, c'est normal que ceux qui participent à l'utilisation des routes, qui peuvent participer à l'usure de ces routes, participent au financement.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et d'ailleurs c'est demandé depuis longtemps par la Commission de Bruxelles, par le Parlement européen et puis les transporteurs routiers en bénéficient déjà de dérogations avantageuses.

ELISABETH BORNE
Je vous confirme que ça se passe dans beaucoup de pays en Europe, beaucoup de nos voisins ont mis en place ce genre de ressources, donc je vous confirme qu'on y réfléchit.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ça concerne, Elisabeth BORNE, les gros camions, les poids lourds, mais pas les automobilistes, les particuliers, ou aussi ?

ELISABETH BORNE
Alors, on va être clair, il ne s'agit pas de refaire l'écotaxe, on a eu suffisamment d'épisodes sur ce sujet, et il ne s'agit en aucun cas de faire payer les voitures.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Les automobilistes privés, ils sont sanctionnés par le prix de l'essence et du gazole.

ELISABETH BORNE
Absolument.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ça on en parlera tout à l'heure, mais le sens de cette vignette, pour bien comprendre, est-ce que c'est parce que les poids lourds polluent ou parce que vous avez besoin d'argent ?

ELISABETH BORNE
Alors c'est les deux, enfin ils polluent, ils peuvent user nos chaussées et puis par ailleurs, si on veut avoir des infrastructures en bon état, et vous savez qu'une de mes priorités, moi depuis que je suis à la tête de ce ministère, c'est de remettre en état nos réseaux. C'est ce qu'on a fait sur le ferroviaire avec des investissements de remise en état des réseaux, comme on en a jamais fait, et sur nos routes il y a aussi des gros besoins, sur nos routes, sur nos ponts, et donc effectivement, on a besoin de ressources supplémentaires.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
500 millions par an, vous avez besoin de 500 millions par an, d'une manière ou d'une autre à partir de 2020, il vous les faut. Et vous savez ce que disait hier Eric WOERTH ici ? On va l'écouter, encore une taxe, encore une taxe, peut-être qu'il s'y connaît, mais il dit encore une taxe. Eric WOERTH.

JEAN-PIERRE ELKABBACH – EXTRAIT INTERVIEW DU 25/09
Et demain à cette place, je recevrai madame BORNE, la ministre des Transports, Elisabeth BORNE.

ERIC WOERTH
Très bien, vous lui demanderez si on rétablit une taxe sur les poids lourds.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et vous êtes pour ou contre la taxe, vous ?

ERIC WOERTH
Je suis contre l'idée maintenant qu'il faut augmenter les taxes. On ne peut plus augmenter les taxes…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ni les camions, les lourds, les poids lourds, ni européens, ni étrangers, ni français.

ERIC WOERTH
Chaque fois qu'on augmente une taxe, en réalité on baisse en même temps derrière une capacité d'agir, une capacité d'investir et de consommer pour les Français.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Réponse d'Elisabeth BORNE à Eric WOERTH.

ELISABETH BORNE
Alors, vous voyez, moi je trouve que c'est intéressant qu'Eric WOERTH dise ça, parce qu'il faisait partie d'un gouvernement qui a lancé quatre lignes à grande vitesse, et c'est aujourd'hui qu'on les paie ses lignes à grande vitesse. Donc c'est un petit peu facile de lancer des projets sans se préoccuper de savoir comment on va les payer, de promettre des projets à tout le monde donc c'est précisément ce genre de méthode dont moi j'ai voulu sortir. On dit ce qu'on va financer, comment on le finance. La priorité, on n'a pas la même non plus, la priorité du président de la République et du gouvernement c'est des transports du quotidien, mais moi je ne vais pas pousser des factures sur mes successeurs, comme d'autres ont pu le faire, sans préciser comment on va les payer.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Boum boum. Vous serez demain avec d'autres ministres à Marseille, au Congrès des régions de France, qui commence, ce congrès, aujourd'hui. Est-ce que vous êtes prête à affronter la colère des élus locaux qui apparemment n'en peuvent plus du retour de l'Etat et d'un gouvernement jacobin ?

ELISABETH BORNE
Ecoutez, moi j'entends dire ça, ce n'est pas du tout ce que je vis, ça fait plus d'un an que je travaille avec toutes les collectivités, forcément, parce que dans mon domaine, vous savez, si on veut faire une politique de transport efficace, au service des Français, il faut bien sûr que l'Etat pose un cadre, mais ensuite ce sont les collectivités, les villes, les régions, qui mettent en oeuvre ces services de transport. Depuis plus d'un an, moi je travaille avec les régions notamment, j'ai fait une réforme ferroviaire…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui, j'ai vu, vous allez en régions et vous prenez quelques fois le train de nuit.

ELISABETH BORNE
Absolument, parce que je pense que c'est un bon mode de transport, qui participe à la desserte d'un certain nombre de territoires, qui est écologique et qui est important pour soutenir le tourisme, le développement économique dans ces territoires. Donc j'ai annoncé effectivement qu'on allait prolonger la convention, enfin renouveler la convention sur les trains de nuit et qu'on allait moderniser ces trains de nuit.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui, vous vous prenez moins l'avion et l'hélicoptère que le ministre des Transports (sic)...

ELISABETH BORNE
Ah moi je prends…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Il est allé dans les Pyrénées, le Canard Enchaîné l'égratigne un petit peu, il préférait ces moyens-là. Vous vous entendez bien avec lui ?

ELISABETH BORNE
Mais très bien, très bien, je pense que, vous savez, moi je porte une vision vraiment de la mobilité propre, et on travaille beaucoup ensemble sur ces sujets…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Lui, la mobilité sale, non.

ELISABETH BORNE
Non, je n'ai pas dit.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais après le départ de Nicolas HULOT, vous sentez qu'il y a moins d'états d'âme, moins d'angoisse, quotidiennement ça doit être plus facile.

ELISABETH BORNE
On a des très gros chantiers, vous savez, sur l'énergie…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Non mais répondez-moi sur les questions que je vous pose.

ELISABETH BORNE
Oui.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Là c'est plus calme, vous ne vous dites pas chaque matin : il va démissionner François de RUGY.

ELISABETH BORNE
Ecoutez, je pense qu'il est très heureux dans ses fonctions, il y a des chantiers très importants, dans le domaine de l'énergie, dans le domaine de la mobilité propre, et donc voilà il y a beaucoup de sujets.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Plus sérieusement, depuis la catastrophe de Gênes en Italie, vous aviez promis, Elisabeth BORNE, de publier la liste des grands ponts du réseau routier national, de leur état et des contrôles. Cette liste, c'est pour quand ?

ELISABETH BORNE
Eh bien on va la publier aujourd'hui, sur le site du ministère. Vous savez, moi je n'ai pas attendu la catastrophe de Gênes pour agir sur l'entretien, la remise en état du réseau routier national. Et on a donc fait un audit, dès que je suis arrivée j'ai demandé un audit. Cet audit on l'a rendu public et on va publier aujourd'hui sur le site du ministère, l'état des principaux pour ponts…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Alors justement, il y en a quelques-uns que vous pouvez citer, qui sont en cours de rénovation ou qui ont été rénovés ?

ELISABETH BORNE
Effectivement on a des ponts qui ne sont pas tous tout neuf, sur notre réseau national. Vous verrez en particulier qu'on a deux ponts, l'un à Martigues et l'autre à Boulogne-sur-Mer, qui appellent des travaux rapidement, et je vous confirme que justement ces travaux ont été faits ou sont en cours.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc il y avait déjà des contrôles mais il y aura beaucoup plus de surveillance de la plupart des ponts du réseau national.

ELISABETH BORNE
Absolument, c'est les ponts du réseau géré directement par l'Etat ou par ses concessionnaires, les sociétés d'autoroutes, et donc on publie cette liste aujourd'hui.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et vous demandez aux départements, aux régions etc., de s'en occuper aussi pour ce qui les concerne.

ELISABETH BORNE
Alors, il y a effectivement un enjeu important aussi sur le réseau des collectivités, vous savez qu'il y a un million de kilomètres de routes en France, et on en a 21 000 sur le réseau national, donc moi je travaille beaucoup, une fois de plus, avec les associations de collectivités pour voir si elles ont bien toutes les ressources pour faire les diagnostics sur ces ouvrages, et puis on aura à réfléchir avec elles sur les moyens de remettre en état, le cas échéant, ces ponts.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous parlez beaucoup de la Loi mobilité, vous allez la présenter dans quelques jours. Quelles ressources vous donne-t-elle pour investir contre les inégalités que l'on voit sur le territoire ? J'ai noté par exemple qu'un de vos collègues ministre Jacques MEZARD, qui habite je crois dans le Cantal, il va dans une région qui est enclavée, quand il y va il lui faut 5 heures, 6 heures, et puis il y a la Bretagne, il y a d'autres routes, qu'est-ce que vous faites pour désenclaver les territoires bloqués ?

ELISABETH BORNE
Ça fait aussi partie de nos priorités, donc moi je peux vous dire qu'on va investir un milliard d'euros dans les 10 prochaines années, pour aménager les routes nationales des territoires qui sont aujourd'hui mal desservis, qui attendent souvent depuis des années, des améliorations de leurs routes qu'on a promis. Vous savez, par exemple quand je vais en Bretagne, on me dit : le général de GAULLE avait promis la mise à 2 fois 2 voies de la RN 164. Et c'est vrai, et ça n'est toujours pas fait, et donc on va accélérer sur cette route, on peut aussi parler d'Aurillac, de la RN 122, de la liaison Toulouse – Castres, où il y a beaucoup de gens qui habitent à Castres, qui veulent aller travailler à Toulouse, il y a des entreprises à Castres qui ont besoin d'être bien reliées aux grandes villes, aux grands axes, et donc ça sera une priorité, un milliard d'euros dans les dix prochaines années.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et ne pas oublier les négligées que ce sont souvent les banlieues et la campagne. Elisabeth BORNE…

ELISABETH BORNE
C'est un enjeu majeur. Vous savez qu'un Français sur quatre a refusé un emploi ou une formation, parce qu'il n'avait pas de solution pour s'y rendre.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
C'est un moyen de réduire le chômage.

ELISABETH BORNE
Absolument, c'est au coeur de la loi que je porterai, de donner des solutions pour se déplacer, pas forcément la voiture individuelle, parce que ça coûte cher, parce qu'on n'a pas forcément son permis de conduire, parce qu'on n'a pas forcément une voiture, et donc de donner des outils aux collectivités pour qu'elles puissent proposer des alternatives.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Les prix du pétrole augmentent, on voit ce que fait l'Arabie Saoudite et on voit les problèmes avec l'Iran etc. Ils auront, ces effets, des effets aux prix à la pompe qui s'ajoutent aux augmentations, aux taxes, que vous prévoyez. Je rappelle que, à partir du 1er janvier 2019, + 6,5 centimes sur le diesel et 2,9 centimes sur l'essence. Edouard PHILIPPE et vous, vous avez prévenu, je vous cite, que le prix du carburant va continuer à augmenter. A quel niveau à la fin du quinquennat MACRON ? Ça va jusqu'où ?

ELISABETH BORNE
Alors, on a fait les choses tout à fait en transparence, en donnant une trajectoire donc ce qui va se passer année après année. Evidemment on ne vit pas dans une bulle, moi je suis bien consciente que la hausse des carburants pèse sur le pouvoir d'achat des Franais, mais c'est effectivement un choix d'avoir moins d'impôts sur le travail, de supprimer des taxes injustes comme la taxe d'habitation et d'avoir une fiscalité écologique, avec notamment cette hausse de la fiscalité sur les carburants. Mais, évidemment, on accompagne…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais jusqu'où ça va, jusqu'au ciel, là…

ELISABETH BORNE
On a une trajectoire qui augmente, vous avez dit les chiffres pour cette année, c'est de cet ordre-là sur les prochaines années, mais on accompagne les Français pour qu'ils puissent changer de véhicule. Vous avez qu'on a mis en place une prime à la conversion, on en aura financé 250 000 sur cette année. On s'était fixé…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais elle continue.

ELISABETH BORNE
Elle va continuer, absolument. On s'était fixé l'objectif de 500 000 primes à la conversion, donc qui vous accompagnent pour acheter un véhicule qui consomme moins, qui coûte donc moins cher sur votre budget et qui pollue moins. Les voitures aujourd'hui elles consomment un tiers de moins que les voitures anciennes.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et puis alors bientôt il y aura les voitures électriques, on l'encourage, on va le voir au moment du Mondial de l'auto dans quelques jours à Paris, et puis en même temps les voitures autonomes, les premières voitures sans pilote, on commence à les croiser à titre expérimental sur les routes et même à travers Paris, c'est un confrre du Parisien qui s'est promené dans Paris.

ELISABETH BORNE
C'est une vraie révolution vous savez, et quand je dis qu'il faut apporter des solutions partout, moi je pense que les voitures autonomes ça peut aussi, les navettes autonomes, ça peut aussi être une réponse dans les zones où on ne peut pas avoir du transport en commun classique.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
En plus avec moins d'accidents. A Dunkerque, les transports publics sont gratuits. Anne HIDALGO, maire de Paris, dit que ça l'inspire pour Paris et l'Ile-de-France. Est-ce que la gratuité des transports, je veux dire des métros et des bus à Paris, serait réalisable, selon la ministre des Transports ?

ELISABETH BORNE
Alors écoutez, ce n'est pas gratuit de proposer des transports, en Ile-de-France ça coûte 9 milliards d'euros. Aujourd'hui les voyageurs, les usagers, paient 3 milliards d'euros, donc quand on ouvre ce débat sur la gratuité, il faut être clair quelqu'un va payer. Donc je pense que c'est important, quand on ce débat, de dire qui va payer. Ça fait un débat en toute transparence. Moi j'ajoute que les situations elles peuvent être différentes. J'entends dans certaines petites villes, villes moyennes, que les villes constatent que les bus ne sont pas très remplis et se disent que peut-être qu'en faisant la gratuité on aura plus de voyageurs. Tous ceux qui prennent les transports en Ile-de-France, quand on voyage à l'heure de pointe, il est clair qu'ils ne sont pas vides les transports.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ça coûte beaucoup.

ELISABETH BORNE
Ils ne sont pas vides, ils sont même très pleins, et je pense que tous ceux qui utilisent les transports en commun en Ile-de-France, le savent.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Je crois que ça coûte 3,5 milliards.

ELISABETH BORNE
3 milliards, 3 milliards à trouver.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
3 milliards à trouver. Autrement dit, vous dites, parce que vous n'y croyez pas, que ce sont des arguments de campagne électorale ?

ELISABETH BORNE
Eh bien écoutez, je dis que ça ne me paraît pas très réaliste. On a 3 milliards payés par les voyageurs, est-ce que c'est normal que les touristes voyagent gratuitement par exemple ? Est-ce que ça serait normal ? Voilà. Donc je pense qu'on n'a pas à s'inquiéter du fait qu'il n'y aurait pas assez de voyageurs dans les transports en commun, au contraire, en Ile-de-France, tous ceux qui les prennent le savent bien, et les transports ça n'est pas gratuit, si ce n'est pas le voyageur qui paie, ça veut dire que c'est le contribuable.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Très vite, deux questions. Le transport maritime et les lois de la mer c'est vous aussi. Pour les 58 migrants de l'Aquarius, la solution elle a été européenne, elle est trouvée, ils vont débarquer autour de Malte et la France va en accueillir 18, les autres seront répartis à travers les pays européens. L'Aquarius, à cause des pressions de l'Italien Matteo SALVINI, n'a plus de pavillons pour naviguer. Est-ce que vous êtes favorable à ce que la France accorde un pavillon à l'Aquarius ?

ELISABETH BORNE
Alors vous savez, ce n'est pas le gouvernement qui décide, il y a des règles, il faut que le bateau soit en règle, il faut que les marins soient européens, que les officiers soient européens, donc l'Aquarius dépose une demande, on instruira en respectant les règles.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais vous préféreriez que ce soit quelqu'un d'autre qui…

ELISABETH BORNE
Ce n'est pas une question en opportunité, il y a des règles, soit on les respecte, et on peut avoir le pavillon français, soit on ne l'a pas.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Le Grand Paris. Dernière question vous prenez vos distances avec les grands travaux, vous l'avez montré, la construction du Grand Paris, le doute s'installe, est-ce qu'en matière de transports tout sera vraiment prêt pour les Jeux Olympiques de 2024 ?

ELISABETH BORNE
C'est évidemment une priorité, et c'est bien pour garantir que les lignes qui sont nécessaires pour ces J.O seront prêtes, qu'on a redonné un calendrier plus réaliste. Il se trouve que les lignes en question elles sont aussi très utiles pour la vie quotidienne, je pense à la ligne 14 qui sera prolongée à Orly, elle transportera au moment de sa mise en service, de son prolongement, un million de voyageurs par jour.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
C'est-à-dire que pour les J.O, oui, vous dites, on verra, les autres lignes, le calendrier peut s'étaler.

ELISABETH BORNE
Je dis qu'il faut avoir des annonces réalistes, crédibles, et qu'on sait réaliser.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Merci d'être venue, ce sont des sujets qui sont tellement importants pour la vie quotidienne des Français. Merci. Demain je recevrai Pascal GRIZOT qui est le président du Comité Ryder Cup, la compétition mondiale de golf qui a lieu ce week-end dans les environs de Paris, à Saint-Quentin-les-Yvelines. Le golf à la portée de tous, on verra si c'est possible. Merci à vous.

ELISABETH BORNE
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 28 septembre 2018

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