Interview de Mme Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l'intérieur, dans "Paris Normandie" du 4 octobre 2018, sur les relations entre l'Etat et les collectivités locales. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l'intérieur, dans "Paris Normandie" du 4 octobre 2018, sur les relations entre l'Etat et les collectivités locales.

Personnalité, fonction : GOURAULT Jacqueline.

FRANCE. Ministre auprès du ministre de l'intérieur

ti :

Q - Qu'êtes-vous venue dire aux représentants des communautés de communes, agglomérations et métropoles réunis à Deauville ?

« L'Assemblée des communautés de France est une des associations qui n'a jamais cessé de travailler avec le gouvernement et de participer à la Conférence nationale des territoires, sans interruption, comme la majorité des associations d'ailleurs. Le dialogue n'a en réalité jamais été rompu : même les associations d'élus (AMF, ADF, Régions de France) qui tiennent des « meetings politiques », selon l'expression d'Hervé Morin, envoient finalement leur directeur pour discuter avec le gouvernement. Dominique Bussereau, le président de l'ADF, continue par ailleurs de travailler avec nous et nous comprenons l'angoisse de certains départements, en situation de grandes difficultés financières en raison de leurs dépenses sociales. L'État a besoin des collectivités locales mais ces dernières ont aussi besoin de l'État. Il ne peut pas y avoir de République qui fonctionne normalement sans ces deux piliers. C'est précisément pour cela que les "jeux de posture politique" dans ce débat sont non seulement vains, mais ne rendent pas service à nos concitoyens. »

Q - Hervé Morin est-il dans la gesticulation politique ?

« Il est à la tête d'une association qui rassemble des collectivités - les Régions - qui ne sont pas celles qui ont le plus de problèmes ! La loi NOTRe leur a confié beaucoup de compétences et la fraction de TVA attribuée par l'État aux régions est une ressource extrêmement dynamique. »

Q - Vous évoquez les difficultés, mais ce n'est pas ce que mettent en avant les régions. Leurs présidents parlent de liberté face à un État qu'ils jugent trop jacobin.

Jacqueline Gourault « Mais quel est ce jacobinisme d'État ? Je cherche encore ! Ce sont des grandes déclarations, mais y a-t-il seulement un exemple concret d'une mesure sous ce quinquennat prouvant une quelconque recentralisation ? Rien, au contraire ! Nous avons décidé de mettre fin à quatre années successives de baisses unilatérales des dotations de l'État aux collectivités territoriales. Nous avons proposé une hausse maîtrisée des dépenses de fonctionnement des collectivités (+ 1,2 % par an) sur la mandature aux 322 plus grandes d'entre elles : 70 % se sont engagées dans cette contractualisation financière avec l'État. Je suis toujours sur le terrain pour expliquer notre méthode aux élus et s'il peut y avoir des interrogations, des inquiétudes, on ne me parle jamais de recentralisation ».

Q - Sauf à y voir un jeu politique alors ?

« Je ne mets pas tout le monde sur le même niveau. Certains misent sur le dialogue quand d'autres préfèrent être dans le jeu politique. Les départements, par exemple, ont de réelles difficultés financières et je suis certaine que nous arriverons à un accord. Mais parfois, certains présidents d'associations donnent l'impression qu'ils ne sont toujours pas revenus du changement de majorité intervenu en France ».

Q - Le gouvernement prépare un projet pour transférer aux métropoles les compétences des départements ; c'était l'objet d'une réunion en début de semaine à l'Elysée. Toutes les métropoles, y compris celle de Rouen, seront-elles concernées ?

« Non. Il s'agit à ce stade d'un projet de rapprochement des plus grandes métropoles françaises (au-delà de 500 000 habitants) avec leur département, Rouen ne sera donc pas concernée. Mais tout cela reste encore à affiner. Les métropoles ont été consultées par le président de la République. Il est prêt à soutenir cette démarche si elles sont volontaires et si les départements, qui doivent être consultés, le sont aussi ».


source https://www.interieur.gouv.fr, le 15 octobre 2018

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