Interview de M. Gérald Darmanin, ministre de l'action et des comptes publics, avec RTL le 12 octobre 2018, sur la taxe d'habitation et sur le remaniement ministériel. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Gérald Darmanin, ministre de l'action et des comptes publics, avec RTL le 12 octobre 2018, sur la taxe d'habitation et sur le remaniement ministériel.

Personnalité, fonction : DARMANIN Gérald, MARTICHOUX Elizabeth .

FRANCE. Ministre de l'action et des comptes publics;

ti :
YVES CALVI
Elizabeth MARTICHOUX, vous recevez ce matin le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald DARMANIN.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci à vous d'être ce matin dans ce studio, bonjour Gérald DARMANIN.

GERALD DARMANIN
Bonjour.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors Yves CALVI disait que vous étiez l'homme du jour, en tout cas il y a le paradoxe du jour, la taxe d'habitation augmente malgré la baisse. Ça concerne des milliers de contribuables, vous êtes donc en première ligne et comme ça contredit les engagements du gouvernement sur le pouvoir d'achat, ça casse votre discours Gérald DARMANIN.

GERALD DARMANIN
Pas du tout. Alors si vous me permettez, merci de votre invitation, je suis très heureux de pouvoir dire qu'au mois d'octobre, les Français reçoivent en ce moment la taxe d'habitation, depuis le 1er octobre jusqu'à la fin du mois d'octobre, tout le monde ne l'a pas reçu. Mais il y a 18 millions de foyers fiscaux qui ont vu une baisse de 30 % de leur taxe d'habitation. Et c'est un point très important puisque nous avons une baisse de la taxe d'habitation de 30 % qui sera renouvelée l'année prochaine. En moyenne…

ELIZABETH MARTICHOUX
Il y a 23 millions… pardon, il y a 23 millions de Français qui reçoivent en ce moment leur taxe d'habitation, sur les 23 il y en a 18…

GERALD DARMANIN
Exactement.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc vous dites qu'eux, oui, verront la couleur de la baisse des 30 % ?

GERALD DARMANIN
En fait, il y a 29 millions de foyers fiscaux taxe d'habitation, il y en a 23 millions qui la paient en vrai puisqu'il y en a quelques-uns, à peu près 5 millions qui étaient déjà exonérés ou qui avaient déjà des abattements. Il y a donc 5 millions de Français qui font partie des 20 % les moins modestes qui eux – on l'a toujours dit – ne verront la fin de leur taxe d'habitation que vers 2020-2021 ; et 18 millions de Français…

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors ça, c'est ce qu'on appelle les Français privilégiés…

GERALD DARMANIN
Les moins modestes.

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est le cas typique de celui qui vous a interpellé, l'humoriste d'ex-Canal+ Bruno GACCIO, pour ne pas le citer, qui sur Twitter a dit : mais comment, je ne vois pas la baisse de ma taxe d'habitation, on m'avait dit le contraire.

GERALD DARMANIN
Il y a un certain nombre de personnes qui font partie des 20 % les plus modestes, même s'ils ont du mal à vivre avec ça, c'est vrai. Mais la vérité c'est que 80 % des Français les plus modestes, des classes moyennes et des classes populaires qui paient la taxe d'habitation connaissent aujourd'hui une baisse de 30 %. Et il existe un certain nombre d'exceptions à cette règle, notamment lorsque vous avez perdu un enfant dans le foyer fiscal qui est parti, donc vous avez une demi-part en plus. Il y en a chaque année 1 million de Français qui ont une demi-part en plus et puis 1 million qui ont demi-part en moins aussi, parce qu'il y a des gens qui ont des enfants qui arrivent dans leur foyer par exemple ; ou lorsque vos élus locaux ont choisi d'augmenter les taux.

ELIZABETH MARTICHOUX
Le plus souvent c'est un changement de vie personnelle ou la décision des maires d'augmenter les taux ?

GERALD DARMANIN
Le plus souvent… non, le plus souvent c'est un changement de vie personnelle et, notamment, une demi-part fiscale en plus ou en moins, ce qui va évidemment dans l'explication de la taxe d'habitation. Plus vous avez de personnes dans votre foyer, moins vous payez de taxe d'habitation.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc ce n'est pas forcément la faute entre guillemets des maires…

GERALD DARMANIN
Non, ce n'est pas…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous ne vous êtes pas fait piéger par des maires qui…

GERALD DARMANIN
Pas du tout, d'ailleurs il faudrait vraiment une augmentation de la fiscalité locale extrêmement importante pour combler la baisse extrêmement importante qu'a décidée le président de la République. Cependant, nous avons quand même choisi de dire en pleine démocratie, en pleine transparence si j'ose dire, sur la feuille d'impôt que reçoivent les Français, tout est bien expliqué, il y a un encart : combien ils auraient payé s'il n'y avait pas eu la réforme d'Emmanuel MACRON de baisser la taxe d'habitation de 30 % ; combien ils paient aujourd'hui et si leur élu local a choisi d'augmenter le taux, c'est sa liberté la plus stricte, combien ils vont effectivement devoir à l'élu local une augmentation de 15, de 20 ou de 30 €.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous êtes aimable avec eux ce matin, quand on vous entend sur RTL, mais en fait…

GERALD DARMANIN
Mais parce que la…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous ne vous gênez pas quand même pour leur faire porter le chapeau, parce que vous dites vous-même « il y a un encart sur la taxe d'habitation qui précise : avec la baisse décidée par le gouvernement, le montant est de, si ça augmente c'est la faute du maire, c'est un peu sous-entendu ?

GERALD DARMANIN
La quasi-intégralité des élus locaux de France, plus de 30.000 maires de France ont augmenté les impôts locaux.

ELIZABETH MARTICHOUX
Les habitants d'une commune sur 6 subissent une hausse.

GERALD DARMANIN
Oui ! Non mais attendez…

ELIZABETH MARTICHOUX
Les habitants d'une commune sur 6, on peut le voir aussi comme ça.

GERALD DARMANIN
Il y a en fait à peu près moins de 400.000 foyers fiscaux sur les 29 millions qu'on évoquait qui vont connaître une augmentation de leurs impôts locaux de plus de 2 %. Donc non, moi je dis que la quasi-intégralité des conseillers municipaux de France ont finalement respecté si j'ose dire la volonté générale de voir baisser les impôts des Français. D'ailleurs baissons – et la taxe d'habitation le prouve – les impôts des Français et à la fin du mois, nous baisserons les cotisations. Il existe ici ou là… et effectivement tout le monde pourra sur impôt.gouv.fr mais aussi dans les journaux lire quels sont dans leur commune ceux qui ont augmenté, ceux qui ont baissé, parfois il y a 600 communes qui ont baissé les taux, par exemple il faut aussi saluer ce travail, ceux qui ont augmenté ou ceux qui ont stabilisé le taux d'imposition ; et il y a quelques communes qui ont augmenté les taux de manière totalement discutable. Si je prends l'exemple…

ELIZABETH MARTICHOUX
Discutable.

GERALD DARMANIN
Si je prends l'exemple de la commune de Sceaux, dont Monsieur Philippe LAURENT, le maire, est dans les journaux en ce moment pour expliquer qu'ils le font aussi parce qu'il y a des baisses de dotations, c'est totalement faux. La ville de Sceaux par exemple a augmenté par exemple de 8 % sa taxe d'habitation, c'est son droit le plus strict, c'est à peu près 1 million de recettes fiscales en plus. Et la ville de Sceaux a connu à peu près 100.000 € de dotations en moins cette année, ne serait-ce que parce que la ville de Sceaux perd des habitants, donc quand on perd des habitants chaque élu sait qu'on perd de la dotation. Donc l'augmentation de fiscalité décidée par la ville de Sceaux est 10 fois supérieure à la baisse de dotation…

ELIZABETH MARTICHOUX
Il est trop dépensier…

GERALD DARMANIN
Non, d'abord je ne m'immisce pas dans la vie municipale, je le constate et ça me paraît tout à fait important de dire…

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc quand il dit « c'est à cause de la baisse des dotations que je suis obligé d'augmenter les taux », il ment, il déguise la vérité ?

GERALD DARMANIN
C'est tout à fait faux, en tout cas ce n'est pas à cause de cette baisse de dotations, puisqu'elle est 10 fois inférieure à son augmentation de fiscalité. Mais ce que j'ai voulu faire, c'est dire : oui, nous avons baissé la taxe d'habitation et nous la baissons parce que c'est une taxe d'habitation… cette taxe elle est injuste, elle prend du pouvoir d'achat à toutes les classes populaires et les classes moyennes, 30 % en moins, 200 € en moyenne. Et si votre élu local, de façon exceptionnelle, a augmenté les taux, c'est son droit le plus strict et nous respectons la liberté…

ELIZABETH MARTICHOUX
Gérald DARMANIN… absolument.

GERALD DARMANIN
Mais nous signalons combien cette augmentation a été décidée.

ELIZABETH MARTICHOUX
La réalité c'est que vous avez laissé le pouvoir aux maires sur une…

GERALD DARMANIN
Nous respectons la liberté locale.

ELIZABETH MARTICHOUX
Sur une promesse, oui mais sur une mesure décisive pendant la campagne. Et on se dit : c'est une erreur de conception dans le fond.

GERALD DARMANIN
Ça n'est pas du tout vrai, d'abord il y a… l'article 72 de la Constitution prévoit un certain nombre de protections pour les communes et c'est bien logique. Il y a une fixation de la liberté de taux qui a toujours été respectée par le gouvernement, le gouvernement a toujours respecté les élus locaux. Moi j'ai été un élu local, le Premier ministre a été local, j'ai travaillé avec Gérard COLLOMB qui, bien sûr, a été élu local…

ELIZABETH MARTICHOUX
J'entends bien.

GERALD DARMANIN
Et à la fin Madame MARTICHOUX, en 2021 il n'y aura plus de taxe d'habitation du tout pour tous les Français.

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, enfin ça ! Vous le dites aujourd'hui parce qu'en 2021, quand il faudra en plus rajouter les 20 % les plus aisés qui, pour l'instant, ne sont pas concernés par la mesure, il faudra en sortir des milliards. S'il n'y a rien dans les caisses…

GERALD DARMANIN
Mais ne vous inquiétez pas, nous avons une…

ELIZABETH MARTICHOUX
On ne voit pas comment vous compensez encore !

GERALD DARMANIN
Ben si, nous compensons. Regardez ! Par exemple aujourd'hui, les élus peuvent constater que nous avons à la fois baissé pour 18 millions de Français la taxe d'habitation ; et on leur a compensé à l'euro près la fiscalité qu'ils attendaient, à l'euro près. Vous savez quand j'étais maire, et on appelle les 12ème de fiscalité, on reçoit tous les mois de la part des impôts le montant de fiscalité qu'on doit avoir chaque mois dans sa ville. Ils ont constaté qu'on n'a pas baissé d'un euro la compensation.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ce qui est frappant avec ce gouvernement Gérald DARMANIN, c'est l'enjeu de la perception de votre action, parce que c'est caractéristique là encore. Vous vous engagez sur une baisse spectaculaire, c'est une promesse décisive pendant la campagne d'Emmanuel MACRON, or pour certains ça monte, ça suffit pour être dévastateur dans l'opinion !

GERALD DARMANIN
Mais en l'occurrence Madame MARTICHOUX, excusez-moi de vous dire…

ELIZABETH MARTICHOUX
Et ça n'est pas la première fois que ça se produit depuis le début du quinquennat.

GERALD DARMANIN
Que vous n'êtes pas la cible et en l'occurrence, vous comme moi, on n'a pas dû voir notre taxe d'habitation baisser, c'est tout à fait logique puisqu'on s'est occupé des classes populaires et modestes. Permettez-moi de vous dire que nous ne sommes pas le gouvernement des riches, on est le gouvernement des classes moyennes. D'ailleurs Monsieur LENGLET l'a assez bien démontré en évoquant un certain nombre de sujets, il y a une classe moyenne…

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui ! Enfin ! Les riches, c'est quand même les riches qui en profitent le plus, c'est aussi sa démonstration.

GERALD DARMANIN
Non, regardez par exemple ! Nous n'avons pas supprimé la taxe d'habitation pour les plus riches d'entre nous. Nous avons commencé et tous les Français le voient aujourd'hui, il suffit de voir les centaines de lettres et de mails que je reçois en ce moment au ministère de gens qui, effectivement, constatent… ils ne nous croyaient pas forcément, je suis tout à fait d'accord avec vous, la perception des Français ce n'est jamais de croire aux baisses d'impôts, ils croient toujours aux hausses et jamais aux baisses.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et comment vous allez faire…

GERALD DARMANIN
Nous baissons les impôts pour 18 millions de Français, c'est un fait premier et il suffit de regarder sa feuille de taxe d'habitation, tout ça est extrêmement clair pour le constater.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous mettez beaucoup de rationalité mais encore une fois, il y a une perception qui fait qu'il y a comme un parfum de ras-le-bol fiscal qui monte dans le pays. Comment vous allez faire, comment vous allez faire pour le contrecarrer puisqu'à chaque fois que vous dites « ça y est, on y est, on baisse les cotisations pour les salariés, on fait un geste pour les retraites… », ça ne marche pas.

GERALD DARMANIN
Mais Madame MARTICHOUX, les impôts baissent en France, les économistes qu'a cités Monsieur LENGLET tout à l'heure démontraient justement que pour la première fois, un gouvernement baissait le nombre de prélèvements obligatoires. Pour les gens qui avaient du capital, c'est le cas effectivement de l'ISF et du PFU, mais c'est tout à fait le cas aussi pour les citoyens : suppression de cotisations sociales, ils le verront à la fin du mois, taxe d'habitation par exemple…

ELIZABETH MARTICHOUX
Reste à en convaincre les Français Gérald DARMANIN. Vous avez…

GERALD DARMANIN
Il suffit de regarder sa feuille d'impôts.

ELIZABETH MARTICHOUX
On va le conseiller et on demandera aux auditeurs de revenir vers nous…

GERALD DARMANIN
Et je suis prêt à y répondre avec grand plaisir.

ELIZABETH MARTICHOUX
Pour dire s'ils sont convaincus. Vous avez annulé Gérald DARMANIN un déplacement à la Réunion à cause du remaniement, d'ailleurs c'est comme ça que vous êtes chez nous ce matin Mais ça prouve quand même que ce remaniement, il n'est pas sans conséquences sur la vie gouvernementale. De fait ça rend le travail plus difficile ?

GERALD DARMANIN
Non, pas du tout. Alors je suis ce matin chez vous et je suis tout à l'heure, dans quelques minutes dans l'Hérault où j'aurai l'occasion justement de discuter avec les élus locaux de l'Hérault. Et je suis lundi matin…

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce que ça rend plus difficile le travail gouvernemental ?

GERALD DARMANIN
A Argenteuil…

ELIZABETH MARTICHOUX
Cette attente ?

GERALD DARMANIN
Non, il y a un gouvernement, il y a un Premier ministre, il a un président de la République et un Parlement et nous travaillons tous les jours. En tout cas moi, je travaille tous les jours et je sais que c'est le cas de chacun des membres du gouvernement.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous êtes fixé pour vous-même ?

GERALD DARMANIN
Non mais j'attends quand le président de la République et le Premier ministre se décideront le choix qu'ils feront pour les nominations au gouvernement.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous n'êtes pas certain de rester à votre poste ?

GERALD DARMANIN
D'abord on n'est pas irremplaçable, on n'est jamais certain de rien et vous savez, moi je respecte les institutions de la 5ème e République et c'est un honneur de servir le gouvernement. Et moi, je ne suis pas de ceux qui pensent que j'ai des droits, je suis là pour servir, ministre ça veut dire serviteur des Français, du président de la République et je ferai ce qu'on me dira de faire.

ELIZABETH MARTICHOUX
Très bien mais ce n'est pas déstabilisant quand on est ministre de ne rien savoir du tout ?

GERALD DARMANIN
Non, vous savez ce qui est déstabilisant, c'est d'être chômeur par exemple, de chercher un emploi, de multiplier les CDD ou les intérims. Je pense que les ministres ont tous sauf à se plaindre.

ELIZABETH MARTICHOUX
On ne sait pas si donc vous serez ministre des Comptes publics la semaine prochaine. Vous auriez souhaité bouger, ce n'est pas le timing le plus arrangeant pour vous, on sait que vous auriez aimé aller au ministère de l'Intérieur, bon c'est trop tôt parce qu'il y a le prélèvement à la source à mettre en place ?

GERALD DARMANIN
Mais ce n'est pas du tout comme ça qu'on fonctionne Madame MARTICHOUX, en tout cas ce serait extrêmement prétentieux de fonctionner comme ça. Si le président de la République et le Premier ministre pensent que je peux continuer à servir les Français et la politique du gouvernement, je servirai les Français…

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce que vous vous le souhaitez rester à votre poste, est-ce que vous le souhaitez ?

GERALD DARMANIN
Mais le président de la République et le Premier ministre décideront Madame MARTICHOUX et ce n'est surtout pas…

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc vous ne le souhaitez pas, parce qu'il y a des ministres qui nous disent…

GERALD DARMANIN
Excusez-moi…

ELIZABETH MARTICHOUX
Madame… on peut le dire, Madame BELLOUBET, elle était là à votre place il y a quelques jours, elle a dit « oui, je souhaite rester ».

GERALD DARMANIN
Mais chacun a son style, voilà. Moi pour le coup, je considère qu'être ministre ça veut dire serviteur, et je sers les Français et le président de la République et c'est un problème de riches Madame MARTICHOUX que de se poser de savoir si on reste ou pas ministre.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci d'avoir été avec nous ce matin.

GERALD DARMANIN
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 15 octobre 2018

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