Déclaration de Mme Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'Etat auprès de la ministre des armées, en hommage à 21 militaires morts pour la France au nord du Tonkin pendant la guerre d'Indochine, à Fréjus le 15 octobre 2018. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'Etat auprès de la ministre des armées, en hommage à 21 militaires morts pour la France au nord du Tonkin pendant la guerre d'Indochine, à Fréjus le 15 octobre 2018.

Personnalité, fonction : DARRIEUSSECQ Geneviève.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès de la ministre des armées

Circonstances : Inhumation de 21 militaires morts pour la France en Indochine, à Fréjus (Var) le 15 octobre 2018

ti :

Monsieur le Préfet du Var,
Monsieur le Maire de Fréjus,
Mesdames et messieurs les élus,
Monsieur le Directeur du Mémorial des Guerres d'Indochine,
Monsieur le Président du comité d'entente des anciens d'Indochine, mon Général,
Colonel Christophe TALON,
Officiers, sous-officiers, militaire du rang,
Mesdames et messieurs les représentants du monde combattant, chers porte-drapeaux,
Mesdames et messieurs des familles de nos morts pour la France,
Mesdames et messieurs,


Le 12 mars 1949, 21 soldats sont morts pour la France au nord du Tonkin, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière chinoise.

Presque 70 ans ont passé, la guerre d'Indochine peut paraître lointaine mais notre présence à tous nous rappelle combien cette mémoire est vivante, ici, au mémorial de Fréjus.

La mémoire de ce conflit est évidemment présente au Vietnam, au Laos et au Cambodge. Dans ces territoires, des cimetières abritent encore la dernière demeure de soldats morts pour la France. Comme dans ce village de Tung San où ces 21 militaires français et vietnamiens reposaient à quelques centaines de mètres du lieu du crash de leur appareil.

Le souvenir de leur histoire nous est revenu de l'oubli alors que ces sépultures menaçaient d'être emportées par la modernisation du Vietnam.

Ils étaient aviateurs, navigateurs, radio et parachutistes. Ils accomplissaient une mission de combat. Le colonel TALON vient de nous en rappeler les circonstances. Ils étaient nés au Tonkin, dans le Finistère, dans la Creuse ou encore en Algérie… Ils sont l'illustration de la diversité de l'armée française qui combattait à l'autre bout du monde.

Le plus jeune, le caporal Guy CHRETIEN avait 19 ans. Le plus âgé, le caporal-chef Van Nhai PHAM avait 38 ans.

Capitaine pilote René BALLAIRE, sergent-chef mécanicien Maurice BOULANT, adjudant-chef navigateur Armand TILLIER, adjudant radio Jean JOURDREN, sergent-chef largueur de parachutistes Claude CHASSIER, sergent-chef André HUBY, soldats de 2ème classe Robert PRIGENT et Jean Marcel TERRAT, sergents Van Xa BUI et Van Ky PHAN, caporaux-chefs Van Quyen LE, Phuc Khanh MAI, Van Giang NONG, A Chuong LAU, Caporaux A Moc CHI, Van Hieu TRAN, Van Le LE, Van Quy VUONG, soldat de 1ère classe Trung PHAN.

Le son de ces 21 noms résonnent avec émotion en ce mémorial de Fréjus, il est l'écho de la reconnaissance de la Nation à travers le temps écoulé.

Ce 15 octobre 2018, la France accueille avec respect, gratitude et honneur ces soldats morts pour elle. Aujourd'hui, rassemblés et fraternels, nous rendons hommage à ceux qui ont versé leur sang et fait le sacrifice de leur vie.

C'est ici, en terre française et en présence de leurs camarades de combat, que, désormais, ces 21 soldats reposent. Leur souvenir s'inscrit dorénavant en ce haut lieu de la mémoire nationale.

Je tiens à saluer toutes celles et tous ceux qui ont participé au succès de ce rapatriement et à l'organisation de cette cérémonie d'inhumation. Au nom du ministère des Armées, merci !


Mesdames et messieurs, ces visages sont aujourd'hui la figure de la mémoire indochinoise. Ces 21 noms sont le résumé de cette guerre, le symbole de toutes les victimes et les représentants de tous leurs frères d'armes.

Ainsi, nous nous recueillons également en souvenir de tous nos soldats morts en Indochine, de tous ceux qui ont été prisonniers et de tous ceux qui ont disparus. Nous pensons à toutes ces femmes restées veuves et ses enfants devenus orphelins.

Des rizières du Tonkin au piton calcaire de Mèo Vac, de la baie d'Along à la cuvette de Dien Biên Phu, parachutistes, légionnaires, coloniaux, tirailleurs, supplétifs vietnamiens, métropolitains, gendarmes, marins, aviateurs, médecins et infirmiers, ont servi avec bravoure et dévouement dans une guerre âpre et usante.

Le ministère des Armées ne les oublie pas.

Loin du regard de la métropole et parfois avec indifférence, de 1945 à 1954, près de 100 000 soldats de l'Union française sont tombés en Indochine, plus de 76 000 ont été blessés et plus de 40 000 ont été faits prisonniers.

Dans cette histoire douloureuse, notre armée a rempli son devoir. Nos soldats ont porté nos couleurs dans un temps d'épreuves et de transformations mondiales. Cette époque est indissociable du vaste mouvement de décolonisation et de rivalités Est-Ouest qui a animé le monde à partir de 1945.

La France et le ministère des Armées en particulier sont attachés à ce que, de génération en génération, se transmettent ce que furent les peines et les gloires de nos soldats.


A cet égard, le Mémorial des guerres en Indochine de Fréjus constitue un admirable site. Je le découvre aujourd'hui ; il est à la fois un lieu de recueillement, un espace d'apprentissage et une invitation à la réflexion.

Sous le ciel de la Méditerranée, ce haut lieu de mémoire est une manifestation d'unité du monde combattant autour des combattants d'Indochine et un gage de pérennité dans la mémoire du peuple français.

Il est un message du passé et le témoignage des nouvelles pages de paix, de coopération et d'amitié qui ont été écrites depuis.


Parce que la mémoire est le ciment de notre Nation, parce qu'il ne peut y avoir de « guerre oubliée », chaque 8 juin, à l'occasion de la Journée nationale d'hommage aux morts pour la France en Indochine, la Nation salue solennellement les soldats et les civils inhumés dans cette nécropole, ainsi que tous ceux dont le nom est gravé sur le mur du souvenir.

Nous le devons à la mémoire des 21 hommes inhumés aujourd'hui.

Soldats qui avez servi notre pays et êtes morts pour lui, reposez en paix !


Honneurs aux combattants morts pour la France en Indochine !

Vive la République !
Vive la France !


Source http://www.var.gouv.fr, le 25 octobre 2018

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