Interview de Mme Florence Parly, ministre des armées, avec BFMTV le 30 octobre 2018, sur le conflit au Yémen, la vente d'armes à l'Arabie saoudite, la Défense européenne, le porte-avions Charles-de-Gaulle, les enfants de djihadistes français rapatriés et sur la commémoration du 11 novembre. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Florence Parly, ministre des armées, avec BFMTV le 30 octobre 2018, sur le conflit au Yémen, la vente d'armes à l'Arabie saoudite, la Défense européenne, le porte-avions Charles-de-Gaulle, les enfants de djihadistes français rapatriés et sur la commémoration du 11 novembre.

Personnalité, fonction : PARLY Florence , BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Ministre des armées;

ti :
JEAN-JACQUES BOURDIN
Florence PARLY est notre invitée ce matin, Ministre de la Défense ; bonjour.

FLORENCE PARLY, MINISTRE DES ARMEES
Bonjour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci d'être avec nous. Vous savez ce que je vais faire ? Je vais commencer avec une photo, la photo d'une enfant. Je ne sais pas si vous avez vu la Une du New York Times hier. Photo d'une enfant de sept ans qui s'appelle Amal. Regardons-la ensemble. Ça, c'est la famine. Deux millions d'enfants mal nourris au Yémen. Le Yémen, le pays le plus pauvre du Moyen-Orient. La famine, conséquence de la guerre civile qui se déroule actuellement au Yémen, famine géante. Quatorze millions de personnes qui sont menacées de mourir. On n'a jamais vu une telle guerre et de telles conséquences dans tous les cas. Florence PARLY, est-ce que la France a une part de responsabilité ?

FLORENCE PARLY
D'abord, je voudrais partager avec vous votre indignation. C'est une crise humanitaire comme on n'en a jamais vu. Par conséquent, ce qui est important c'est que cette guerre cesse. Il est temps, il est plus que temps que cette guerre cesse. Et il est important aussi, et c'est même la priorité de la France, que la situation humanitaire s'améliore et que l'aide humanitaire puisse passer. C'est parce que nous sommes scandalisés par cette situation que le président de la République a sollicité et organisé – et c'est d'ailleurs le seul pays qui l'a fait – en France une conférence humanitaire sur le Yémen à laquelle ont participé l'Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, avec quels résultats !

FLORENCE PARLY
Et nous faisons pression sans cesse aux côtés des Nations Unies pour qu'une solution politique soit trouvée. Parce qu'en effet, cette situation militaire est sans issue et il faut donc que cette guerre s'arrête. C'est prioritaire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui. Il y a une coalition avec l'Arabie saoudite, les Emirats Arabes Unis, l'Egypte, Bahreïn, la Jordanie, le Koweït, le Maroc, coalition qui combat une rébellion. Une rébellion qui a pris possession de la capitale Sanaa. Et que se passe-t-il ? Cette coalition Arabie saoudite, et cetera, est en train de bloquer un port essentiel qui s'appelle Hodeida et d'affamer la population. Si je vous parle de responsabilité, c'est parce que nous livrons des armes à l'Arabie saoudite. Moi, je voudrais savoir s'il y a des armes françaises qui sont engagées dans cette guerre ?

FLORENCE PARLY
Alors je voudrais vous répondre sérieusement à cette question sérieuse. Nous avons vendu il y a longtemps des armes à l'Arabie saoudite et aux Emirats Arabes Unis. Ce que je peux vous dire, Jean-Jacques BOURDIN, c'est qu'à ma connaissance les armes qui ont été vendues récemment ne sont pas utilisées contre les populations civiles. Voilà ce que je peux vous dire à ma connaissance.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Récemment. Mais anciennement peut-être.

FLORENCE PARLY
Ces armes ont été vendues il y a plus de vingt ans, Jean-Jacques BOURDIN, donc je ne veux pas reprendre d'autres exemples parce que malheureusement, il y en a. Souvenez-vous de la guerre des Malouines. Nous avions un partenaire qui s'appelait l'Argentine. Nous lui avons vendu des Exocet. Ces Exocet se sont en effet, des années plus tard, retrouvés utilisés contre les armées britanniques.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vous dis cela parce que la France livre et vend des armes à la plupart des pays de cette coalition. On est bien d'accord.

FLORENCE PARLY
La France est un des fournisseurs parmi bien d'autres et, pour reprendre l'exemple de l'Arabie saoudite, est un fournisseur entre guillemets « modeste », ce qui ne change rien au caractère dramatique des images que nous avons vues. Mais si l'on revient sur le terrain des ventes d'armes, la France est un fournisseur modeste de l'Arabie saoudite.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pourquoi est-ce qu'il n'y a pas une commission d'enquête parlementaire qui est créée pour justement savoir la réalité, la vérité ? Parce que la seule vérité que nous connaissons c'est la vôtre. Pardon, Florence PARLY.

FLORENCE PARLY
J'ai été auditionnée par la commission de la défense de l'Assemblée nationale il y a quelques mois.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, je sais.

FLORENCE PARLY
J'ai, par ailleurs, comme mes prédécesseurs, fourni au Parlement, comme c'est une obligation, les informations que le Parlement doit connaître sur les exportations d'armement. Tout cela est public, vous pouvez le trouver en ligne. Maintenant, je comprends très bien la question qui est posée autour de ventes d'armes. Je la comprends parfaitement, c'est une question légitime. Les Français se disent : « Mais à quoi cela sert-il de vendre des armes ? »

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais en France, les parlementaires n'ont pas leur mot à dire.

FLORENCE PARLY
D'abord, je voudrais redire ce que j'ai dit aux parlementaires. C'est qu'on ne vend pas des armes comme des baguettes de pain. Le principe, c'est que les ventes d'armes sont interdites, sauf autorisation expresse. Et cette autorisation expresse, elle est délivrée après un examen extrêmement rigoureux, extrêmement minutieux. La France a mis au point un arsenal parmi les plus rigoureux qui prend en compte un certain nombre de critères.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais sans contrôle parlementaire, Florence PARLY, alors qu'en Allemagne par exemple, ce n'est pas le cas.

FLORENCE PARLY
Mais Jean-Jacques BOURDIN, nos institutions ne sont pas celles de l'Allemagne. En Allemagne, c'est un régime parlementaire, on parle même d'une armée parlementaire. La Constitution de la Vème République en France fonctionne selon des principes différents. Donc moi, en tant que ministre des Armées, je me coule dans le moule des institutions de la Vème République que j'ai évidemment beaucoup à coeur de respecter. Je reviens sur la réponse à la question fondamentale qui est pourquoi est-ce que l'on vend des armes et comment le fait-on.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et toujours.

FLORENCE PARLY
On le fait selon, comme je l'ai dit, un examen extrêmement rigoureux. Je précise que parmi les critères qui sont pris en compte, il y a notamment le respect du droit international humanitaire. Si on vend des armes à un certain nombre de pays, c'est d'abord pour des raisons sérieuses. La première raison sérieuse, c'est une raison de sécurité, c'est une raison géopolitique.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je croyais que vous alliez me dire raison économique.

FLORENCE PARLY
C'est une raison géopolitique.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, économique aussi, pardon.

FLORENCE PARLY
Cette raison géopolitique, c'est que nous sommes engagés avec d'autres dans la lutte contre le terrorisme. Nous avons d'ailleurs nous-mêmes été violemment frappés par le terrorisme sur notre territoire et nous vendons des armes à des partenaires qui sont engagés comme nous dans la lutte contre le terrorisme, et avec lesquels nous partageons un certain nombre d'objectifs stratégiques, pour lesquels nous avons des intérêts communs.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Justement, l'Allemagne demande à ses partenaires européens la suspension de tout nouveau contrat d'armement avec l'Arabie saoudite. Est-ce que la France va suspendre les négociations en cours sur la vente d'armement à l'Arabie saoudite ?

FLORENCE PARLY
Monsieur BOURDIN, l'Allemagne a fait cette déclaration suite à un horrible meurtre qui a été commis, celui de KHASHOGGI.

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'ailleurs, au passage, on s'est plus offusqué du meurtre de KHASHOGGI que de ce qui se passait au Yémen. Enfin, bon…

FLORENCE PARLY
Je vois d'ailleurs que ce n'est pas là-dessus que vous m'interrogez en effet.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, ce n'est pas là-dessus.

FLORENCE PARLY
En effet. Donc, il n'y a pas de lien entre ces différents faits. Moi, je voudrais vous redire qu'il y a des raisons sérieuses, elles sont stratégiques et sécuritaires. Il y en a une autre que je voudrais aussi porter à votre attention : c'est celle de la souveraineté, la souveraineté européenne. Lorsque nous vendons des armes, nous permettons aussi à nos industries de défense et à notre base technologique, industrielle, non seulement française mais européenne, d'être moins dépendante d'autres pays. Or, vous le savez, nous sommes très dépendants. Et donc cette autonomie stratégique dont le président de la République a parlé et à laquelle nous travaillons pour construire notamment l'Europe de la défense, elle suppose aussi que nous puissions exporter des armes mais dans les conditions rigoureuses que j'ai rappelées. Ça, je le redis.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Que vous avez rappelées. Alors deux questions précises : est-ce que la France va suspendre les négociations en cours sur de nouveaux contrats avec l'Arabie saoudite ? Oui ou non ?

FLORENCE PARLY
Ce que ce que nous avons dit, c'est que s'agissant de l'affaire Khashoggi, nous attendions des conclusions à une enquête crédible.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vous ai dit que le Yémen était plus important que l'affaire Khashoggi. Alors est-ce que la France…

FLORENCE PARLY
Mais Monsieur BOURDIN, est-ce qu'il faudrait arrêter toutes les exportations…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Enfin, l'Arabie saoudite affame tout un peuple. Affame tout un peuple.

FLORENCE PARLY
Je vous ai répondu que la France faisait tous ses efforts…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc pour l'instant, pas de suspension des négociations.

FLORENCE PARLY
La France faisait tous ses efforts pour obtenir une solution politique et que cette crise humanitaire soit résolue.

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'accord mais pour l'instant, la France ne suspend pas les négociations avec l'Arabie saoudite.

FLORENCE PARLY
Nous n'avons pas de négociations avec l'Arabie saoudite.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Aucune ?

FLORENCE PARLY
Nous n'avons pas de négociation avec l'Arabie saoudite.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le président de la République va se rendre en Arabie saoudite.

FLORENCE PARLY
C'est possible.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, c'est même certain. Avant la fin de l'année.

FLORENCE PARLY
C'est possible.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, oui. Est-ce qu'il va signer de nouveaux contrats ?

FLORENCE PARLY
Mais Monsieur BOURDIN, je ne le sais pas. Vous me posez des questions comme si j'étais Madame Irma !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous n'êtes pas Madame IRMA mais vous êtes ministre des Armées donc vous savez où on va vendre des armes et où on est en train de négocier la vente d'armes.

FLORENCE PARLY
Je voudrais qu'on aborde en effet cette question de façon sérieuse.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors justement. Il y a des rumeurs d'utilisation d'armes chimiques par l'Arabie saoudite au Yémen. Vous avez entendu parler de ça ou pas ?

FLORENCE PARLY
Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon. Crimes de guerre de la part de la coalition justement avec l'Arabie saoudite. Vous avez entendu parler de ça ou pas ?

FLORENCE PARLY
C'est aux instances internationales de se prononcer. Oui, nous avons entendu parler de ça. Une enquête internationale a été demandée il y a quelques semaines, comme vous vous en souvenez certainement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais oui. Donc peut-être des crimes de guerre commis là-bas.

FLORENCE PARLY
Je vous je vous ai dit que c'était une guerre horrible.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est pour ça que j'insiste.

FLORENCE PARLY
Que c'était une guerre qui devait s'arrêter.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon. La Belgique : vous parliez tout à l'heure de souveraineté européenne. Enfin, d'accord, mais la Belgique comme souveraineté européenne achète des avions américains. Trente-quatre avions de combat F-35 a lieu d'acheter des Eurofighter ou même des Rafale. Oui mais alors, le Premier ministre belge dit : « Très bien, le Rafale. Nous on aurait pu acheter des Rafale mais il n'y a pas eu d'offre française. » « Une proposition qui ne correspondait pas - je le lis - aux critères de la procédure » a dit le Premier ministre belge.

FLORENCE PARLY
Monsieur BOURDIN, si vous voulez me faire dire que je suis très déçue que la Belgique n'ait pas fait un choix européen, oui je suis très déçue.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Surprise ?

FLORENCE PARLY
Déçue. Déçue, je ne dirais pas surprise.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous vous attendiez à ce choix ? Franchement ?

FLORENCE PARLY
Je ne m'attendais pas à un résultat très positif, donc je suis déçue parce que c'est l'Europe de la défense dans cette affaire qui paye les pots cassés. Et donc nous, ce que nous voulons faire, la France avec ses alliés européens, c'est faire progresser l'Europe de la défense. Et je peux vous dire que depuis un an, elle a progressé bien plus encore qu'au cours des soixante dernières années. Et ce que l'Europe de la défense fait, c'est du concret. De quoi s'agit-il ? Il s'agit de mener des projets en coopération avec nos alliés européens, des projets concrets, des projets d'équipement, par exemple des hélicoptères. Il s'agit de financements puisque pour la première fois, de l'argent communautaire va être investi par l'Union européenne pour financer la recherche et le développement. Et puis, c'est aussi des opérations et c'est certainement le pilier qui manquait le plus et auquel le président de la République a voulu remédier en proposant une initiative européenne d'intervention. Alors qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire simplement que des pays qui sont volontaires sur le plan politique et qui ont les capacités militaires pour le faire s'engagent à travailler ensemble pour se préparer en cas de crise. Parce que des crises, nous en avons vécues et souvent nous n'avons pas été préparés à intervenir ensemble.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et la France est entendue là ?

FLORENCE PARLY
La France est entendue. Nous sommes huit pays autour de la France qui avons souscrit à cet engagement, donc nous sommes neuf. Nous serons peut-être d'ailleurs bientôt dix.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quel pays va nous rejoindre ?

FLORENCE PARLY
Je le dirai le moment venu, d'ici quelques jours. Et donc, il s'agit d'initiatives très concrètes puisqu'il s'agit, par exemple, d'être plus efficace lorsqu'au moment de l'ouragan Irma, la France est partie secourir ses ressortissants sur l'île de Saint-Martin. Les Néerlandais ont fait de même puisqu'il s'agissait d'une île franco-néerlandaise. Les Britanniques ont fait de même pour les îlots qui étaient alentour et nous n'avions pas planifié ça d'avance. Donc ce que nous voulons faire, c'est nous entraîner, travailler ensemble pour, lorsqu'une crise surviendra, qu'il s'agisse d'un ouragan ou qu'il s'agisse d'une crise telle que le Mali, nous soyons préparés à agir ensemble.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Très bien, mais les avions de combat, c'est important. Vous le savez combien c'est important pour la défense européenne.

FLORENCE PARLY
Absolument. Et c'est pour ça aussi que nous travaillons avec un partenaire européen important qui est l'Allemagne, puisque nous avons décidé de construire ensemble, de concevoir et de construire ensemble, le futur avion de combat et le futur char de combat. Donc la coopération européenne, elle avance et c'est l'avenir. Parce que, je vous le disais, la souveraineté c'est essentiel dans un monde qui, comme vous le voyez, est dangereux et dramatique.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je suis honnête et équilibré : la Belgique achète quatre cent quarante-deux blindés français.

FLORENCE PARLY
Tout à fait.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un nouveau porte-avions sera construit pour succéder au Charles-de-Gaulle. Phase d'étude jusqu'en 2020, c'est cela ?

FLORENCE PARLY
Oui, tout à fait.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il sera sur les océans quand ?

FLORENCE PARLY
Autour de 2038-2040.

JEAN-JACQUES BOURDIN
2038-2040.

FLORENCE PARLY
Donc aujourd'hui, le porte-avions Charles-de-Gaulle, l'actuel, a été entièrement rénové. C'est une opération de dix-huit mois.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il sera opérationnel en 2019.

FLORENCE PARLY
Il sera opérationnel en 2019, je me rendrai dans quelques jours à la rencontre des équipages, la remise à la mer est en route, c'est une énorme opération qui a été conduite, et la question c'est de savoir quel sera le successeur du Charles-de-Gaulle, et cette question il faut que nous nous la posions maintenant, et la loi de programmation militaire prévoit que d'ici 2020 on réponde à un certain nombre de questions, c'est-à-dire quelles sont les missions que ce porte-avions devra conduire ? Quelles sont les caractéristiques de ce porte-avions ? Est-ce que c'est un porte-avions qui sera à propulsion nucléaire ou à propulsion conventionnelle ? Combien d'avions devra-t-il accueillir ? Et c'est là que je fais le lien avec le nouvel avion de combat, quels seront ces avions de combat et quelle dimension cette ce porte-avions devra-t-il avoir ? Quel type de catapultes ? Aujourd'hui nous avons des catapultes à vapeur, demain des catapultes peut-être électromagnétiques. Bref, ces questions, nous avons 18 mois pour y répondre et nous proposerons des options, des choix, au président de la République, et 2020 c'est le bon moment pour le faire, parce que c'est à ce moment-là que les choix sur le futur avion de combat seront faits, et puis c'est aussi à ce moment-là que nous préparons ce qu'on appelle la clause de revoyure de la loi de programmation militaire, c'est-à-dire que nous regarderons comment la loi de programmation militaire a été exécutée depuis le début de l'année 2019, et l'effort qui reste à fournir pour atteindre l'objectif de 2 % du PIB affecté à notre défense sur lequel le président de la République s'est engagé.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Florence PARLY, des enfants de familles djihadistes, françaises, actuellement détenus en Syrie ou en Irak, seront bientôt rapatriés en France, j'ai vu cela, vous confirmez.

FLORENCE PARLY
La position de la France est constante. S'agissant des enfants, c'est du cas par cas et ça suppose évidemment l'autorisation des parents.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc des enfants seront rapatriés, parce que les parents, les mères ont donné l'autorisation. Quand seront-ils rapatriés ? Quand arriveront les premiers enfants ?

FLORENCE PARLY
Au fil de l'eau, comme il y en a déjà eu d'ailleurs dans le passé.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Des enfants de moins de 5 ans ?

FLORENCE PARLY
En général ce sont des enfants jeunes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quand les mères ont donné leur accord. On est bien d'accord.

FLORENCE PARLY
Quand les mères ont donné leur accord.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On ne sait pas combien d'enfants sont concernés.

FLORENCE PARLY
Pas encore, l'étude est en train d'être faite, le Quai d'Orsay mène une mission sur place.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc vous confirmez que des enfants vont être rapatriés.

FLORENCE PARLY
Sous conditions, comme vous l'avez rappelé.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Sous conditions, bien. L'Armée française ne paradera pas le 11 novembre. J'ai vu les critiques, parce que le président de la République n'a pas envie de faire de la commémoration du 11 novembre, une grande parade militaire.

FLORENCE PARLY
Mais la commémoration du 11 novembre, Jean-Jacques BOURDIN, ça a toujours été la même chose : nous rendons honneur aux soldats qui ont fait cette guerre, qui a été une épouvantable guerre, et comme tous les ans, nous commémorerons les soldats, nous commémorerons les blessés, nous commémorerons aussi ceux qui sont morts, y compris dans des guerres beaucoup plus récentes, puis avec le président de la République, nous passerons un moment avec les familles des morts qui malheureusement ont été tués pour la France au cours de l'année 2018.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le président de la République ne veut pas une expression trop militaire, j'ai vu cela.

FLORENCE PARLY
Mais, je connais la polémique. Si ce que vous voulez me faire dire, c'est qu'il y avait une intention d'honorer la mémoire du Maréchal PETAIN, il n'en a jamais été question, jamais. Donc nous célébrons un grand anniversaire…

JEAN-JACQUES BOURDIN
L'Etat-major souhaitait les huit maréchaux, donc PETAIN, ça c'était l'Etat-major.

FLORENCE PARLY
Mais l'Etat-major n'a jamais imaginé rentre hommage au Maréchal PETAIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah bon ? Bon.

FLORENCE PARLY
L'Etat-major a souhaité rendre…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est faux, donc.

FLORENCE PARLY
... hommage à des maréchaux qui sont aux Invalides, le Maréchal PETAIN n'est pas aux Invalides.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui. Ça, oui. Bon.

FLORENCE PARLY
C'est clair.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Tiens, à propos de l'armistice, je vais terminer avec ça, Florence PARLY, à propos de l'armistice de 1918, signé à Rethondes, il était 05h10 du matin je crois, le 11 novembre 1918, je crois que les services historiques de la Défense exposent le document.

FLORENCE PARLY
Oui. Tout à fait.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je crois que c'est au château de Vincennes.

FLORENCE PARLY
Absolument.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Que le grand public peut le voir.

FLORENCE PARLY
Tout à fait.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et ça vaut le coup.

FLORENCE PARLY
Absolument, c'est un document historique qui a mis fin à un conflit qui a fait 20 millions de morts.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Florence PARLY d'être venue nous voir ce matin.

FLORENCE PARLY
Merci Jean-Jacques BOURDIN.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 31 octobre 2018

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