Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat, porte-parole du Gouvernement, à Radio Classique le 31 octobre 2018, sur la fiscalité des carburants, le pouvoir d'achat et le débat au sujet de la présence de policiers dans les écoles. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat, porte-parole du Gouvernement, à Radio Classique le 31 octobre 2018, sur la fiscalité des carburants, le pouvoir d'achat et le débat au sujet de la présence de policiers dans les écoles.

Personnalité, fonction : GRIVEAUX Benjamin, BLANC Renaud .

FRANCE. Porte-parole du Gouvernement;

ti : RENAUD BLANC
Benjamin GRIVEAUX, après Jupiter, le Roi Sommeil, un titre du Canard Enchaîné, vous avez écouté avec intérêt la chronique de Guillaume, pour vous c'est un non évènement ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je souris à la manchette.

RENAUD BLANC
Vous souriez à la manchette, c'est bien.

BENJAMIN GRIVEAUX
Et puis il faut avoir le sens de l'humour, non mais tout est matière à polémique désormais, donc voilà je crois que Guillaume TABARD vient de le dire d'ailleurs ainsi justement dans son édito, il travaillerait, il serait accusé de trop travailler, il prend deux jours de repos, comme vont le faire des millions de Français dans le cadre de ce week-end, ce fameux pont du 1er novembre, et c'est quelque chose qui est mal vécu. Vous voyez, je crois que les Français regardent ça avec beaucoup de distance et ils en ont sans doute raison.

RENAUD BLANC
Donc il a juste besoin de recharger les batteries, rien de plus ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Il a juste besoin de faire comme des millions de Français de recharger les batteries pendant 2 jours, mais enfin vous savez le rythme d'un président de la République, c'est que ça ne s'arrête jamais et que quand il prend 2 jours de repos, eh bien il a évidemment des journées où il travaille malgré le fait qu'il soit en repos, donc c'est le cas d'ailleurs de l'ensemble des membres du gouvernement et c'est normal. Je vais vous dire, on ne s'en plaint pas, on a choisi cette mission difficile, les Français nous ont confié une tâche extrêmement ardue et donc si on devait s'en plaindre, on a plein d'autres choses à faire.

RENAUD BLANC
Alors Benjamin GRIVEAUX, on va parler pouvoir d'achat mais j'aimerais revenir sur cette phrase qui suscite beaucoup de commentaires, vous avez déclaré, Laurent WAUQUIEZ, le candidat des gens qui fument des clopes et qui roulent au diesel. Le gouvernement a été interpellé sur la hausse des prix à la pompe qui plombe le pouvoir d'achat des Français, on va parler du fond mais cette phrase, est-ce que vous la regrettez ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Vous avez donc, vous êtes en train de citer un indiscret du Journal du Dimanche, je vous mets au défi de trouver un enregistrement où je dis ça. Qu'est-ce que je dis au Journal du Dimanche, un échange avec le journaliste, que Laurent WAUQUIEZ, il défend la cigarette et le diesel et que je crois que pour un homme de sa génération, on a à peu près le même âge Laurent WAUQUIEZ et moi. Moi, j'ai 40 ans, il a quelques années de plus que moi. Je trouve dommage de défendre le tabac qui cause 73.000 décès par an en France et le diesel où on a en France 48.000 morts par an liés à la pollution atmosphérique. Il y a en France 3 enfants sur 4 qui sont exposés à des surdoses de pollution. L'OMS hier publie un rapport, 600.000 enfants par an dans le monde meurent de conditions de mauvaise qualité de l'air. Donc soit on continue à danser sur un volcan en fermant les yeux et en disant tout va bien ne vous inquiétez pas et on fait comme Laurent WAUQUIEZ, on joue la prochaine élection, on a le nez dans le guidon, soit on est enfin des responsables politiques qui s'intéressent un peu au temps long et le temps long ce n'est pas la prochaine élection, c'est la prochaine génération. Moi, je veux pouvoir dire à mes enfants, je veux pouvoir me regarder dans la glace dans 30 ans en disant on a fait des choix difficiles, mais on les a faites pour votre génération, c'est strictement ça que j'ai souhaité rappeler.

RENAUD BLANC
Oui mais quand on regarde les commentaires, on a l'impression effectivement que vous stigmatisez les gens qui roulent en diesel ou les gens qui fument, on dit que c'est la réaction, pardonnez-moi, je cite le la presse, réaction d'un bobo des villes, la France d'en haut contre la France d'en bas.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, le bobo des villes a passé la moitié de sa vie, il a grandi en province, donc ça suffit ce procès permanent. Il y a ceux qui cherchent à opposer à la France des villes et la France des campagnes, France des villes qui irait bien, France des campagnes qui n'irait pas bien.

RENAUD BLANC
Donc il n'y a aucune stigmatisation pour vous ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Laissez-moi terminer, il y a une France des campagnes qui va bien et une France des campagnes qui va mal et puis il y a une France des villes et moi j'invite ceux, y compris dans le coeur des métropoles, y compris dans le coeur de la métropole parisienne, il y a des quartiers très populaires et de gens qui ne vont pas bien, donc ça suffit cet espèce d'antagonisme entre la ville et les campagnes, les retraités et les actifs, les jeunes et les anciens, ce n'est pas comme ça qu'on va réconcilier le pays. Moi ce que je dis c'est que et d'ailleurs les Français ne s'y trompent pas, nous avons mis en place des mécanismes de compensation parce qu'on est conscient et on l'a annoncé dès le départ que la convergence fiscale entre le diesel et l'essence, allait faire que le prix du diesel allait monter, mais que face à cela il y avait la prime à la conversion, la prime à la conversion, on avait prévu d'en faire 500.000 dans le quinquennat, vous savez combien on en aura fait à la fin de cette première année ? 250.000, la moitié. Vous savez où est-ce qu'on les fait le plus les primes à la conversion ? C'est quoi, c'est 2.000 euros pour l'achat d'un véhicule moins polluant, 70 % dans les territoires, 70 %, 95 % hors d'Ile-de-France. Pardon c'est 95 % en Ile-de-France et c'est 70 % de ménages non imposables, ça veut dire que les gens qui roulent au diesel, ils se rendent compte, ils entendent que pour le coup, il faut jouer la prochaine génération.

RENAUD BLANC
Les gens qui roulent au diesel, ils s'aperçoivent aussi que le prix du litre a augmenté de 30 centimes en un an, que l'essence a augmenté de plus de 15 %, est-ce que vous allez stopper cette augmentation parce qu'il y a quand même une colère qui gronde, c'est bien gentil de nous parler de changement de voiture mais tout le monde ne peut pas changer de voiture, Benjamin GRIVEAUX ?

BENJAMIN GRIVEAUX
On est bien d'accord, l'augmentation de prix, vous le savez, à 80 % est liée au prix du cours du baril…

RENAUD BLANC
… qui est en train de baisser un petit peu en ce moment.

BENJAMIN GRIVEAUX
80 % de l'augmentation des prix et il est en train baisser un petit peu en ce moment, on en convient ?

RENAUD BLANC
Oui.

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais enfin 80 % de l'augmentation est liée à cette situation géopolitique, bon ça c'est la première chose. La deuxième chose, nous disons quoi, nous disons ça coûte de pouvoir changer un véhicule, c'est la raison pour laquelle on vous fait la prime à la conversion. Bruno LE MAIRE et François de RUGY ont vu les constructeurs automobiles lundi, l'idée c'est d'arriver à doubler la prime, à doubler la prime et ensuite de dire que lorsqu'on va rouler avec des véhicules qui consomment moins, eh bien la facture d'essence, la facture de carburant va baisser.

RENAUD BLANC
Donc pour l'instant on ne revoit pas la fiscalité du carburant…

BENJAMIN GRIVEAUX
Je vous donne simplement un chiffre parce que j'entends beaucoup de bêtises qui sont racontées sur le sujet, poussées par un lobby Automobile extrêmement connu, beaucoup de bêtises. En France quand on fait 15.000 kilomètres par an, ce qui est la moyenne des Français et qu'on consomme 6 litres aux 100, si on change son véhicule pour 5 litres aux 100, ça annule, ça annule l'augmentation de la facture de carburant, c'est cela la bonne décision, c'est la bonne direction à suivre et je vais vous dire une chose difficile, c'est facile d'aller hurler avec les loups et je vois bien la manifestation du 17 novembre qui est totalement instrumentalisée par Marine LE PEN et Nicolas DUPONT-AIGNAN, qui sont de grands irresponsables sur ce sujet parce que moi je veux pouvoir dire à mes enfants en les regardant dans les yeux dans 30 ans, qu'on a pris les bonnes décisions, quelles étaient difficiles à prendre et non pas qu'on a abandonné….

RENAUD BLANC
Benjamin GRIVEAUX, est-ce que vous…

BENJAMIN GRIVEAUX
…en rase campagne face à un sujet qui est un sujet mondial.

RENAUD BLANC
Est-ce que vous considérez tout de même l'absence aujourd'hui d'alternative, c'est-à-dire que la voiture électrique, ça ne marche pas encore, c'est très cher, les transports en commun, ça ne marche pas bien et donc c'est une catastrophe pour un certain nombre de gens, la hausse du prix du carburant, parce qu'il y a quand même 70 % des gens qui utilisent leur voiture pour aller de leur lieu d'habitation à leur entreprise.

BENJAMIN GRIVEAUX
Alors on est bien d'accord qu'il y a des gens qui utilisent leur véhicule pour aller de leur lieu d'habitation à leur entreprise, ce n'est pas du tout ce que je suis en train de dire que ça n'existe pas, évidemment qu'il y a des gens qui utilisent leur véhicule personnel. Il y a aussi des gens qui utilisent les transports en commun et on a un réseau de transports en commun important, la loi qui arrive sur une mobilité, on a mis de l'argent dans le pacte ferroviaire, non pas sur le TGV qui transporte 200.000 personnes…

RENAUD BLANC
Aujourd'hui ça ne fonctionne pas aussi bien vous le souhaiteriez ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce que j'aimerai vous dire, c'est qu'à force de faire…

RENAUD BLANC
On n'a pas vraiment le choix entre le transport en commun et forcément prendre sa voiture dans tous les cas de figure.

BENJAMIN GRIVEAUX
J'entends parfaitement, ce que je suis en train de vous dire c'est que le rôle du politique, ce n'est pas d'être le nez dans le guidon et dans la petite phrase et dans le aujourd'hui, c'est d'être dans le demain, dans l'après-demain, c'est le rôle de ma génération. Je vais vous dire, on est en train de payer les 30 années de générations qui n'ont pas fait ce travail-là, qui n'ont pas eu ce courage-là et ça ce n'est pas acceptable, parce que c'est nos enfants qui meurent de la pollution atmosphérique. C'est 3 enfants sur 4 en France qui sont exposés à des surdoses de pollution, soit on assume ça et on dit très bien on continue comme avant et …

RENAUD BLANC
Donc on ne touchera pas à la fiscalité du carburant ?

BENJAMIN GRIVEAUX
… et on danse sur un volcan, soit on prend nos responsabilités, c'est le rôle de ma génération que de faire ça pour la prochaine génération…

RENAUD BLANC
J'ai bien compris. Donc on ne touchera pas, Benjamin GRIVEAUX, à la fiscalité du carburant dans les mois qui viennent ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce que je vous dis, c'est qu'on accompagnera les Français et encore plus ceux qui veulent changer de véhicule, c'est la réunion qui s'est tenue lundi entre François de RUGY, Bruno LE MAIRE et les constructeurs automobiles, c'est ça la bonne décision, c'est aussi comme ça qu'on va faire que nos filières automobiles, nos filières industrielles vont se projeter dans l'avenir et non pas être sur des modèles du passé.

RENAUD BLANC
Alors le gaz est en augmentation dès demain plus 6 %, il a augmenté de 21 % depuis janvier, vous parlez beaucoup du pouvoir d'achat, c'est vrai que la fiche de paye des Français demain, il y aura une bonne surprise pour eux, elle est aujourd'hui complètement compensée par ces questions et de carburant et d'énergie.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ça n'est pas vrai, et à nouveau, faisons la totalité des éléments. Parce que si vous ne prenez que la fiche de paie, ce n'est pas une heureuse surprise, c'est quelque chose qu'on avait annoncé, il n'y a rien de une surprenant là-dedans. La baisse de 3,15 % des cotisations salariales, on l'a annoncée dès l'année dernière, donc ce n'est pas une surprise, c'est quelque chose, on applique simplement le budget qu'on a voté. Les promesses sont tenues. Ensuite il y a la taxe d'habitation qui baisse, ensuite il y a le chèque énergie pour 4 millions de Français qui va passer de 150 à 200 €. Donc moi je veux bien qu'on fasse l'exercice du pouvoir d'achat, mais on ne prend pas que les augmentations d'un côté, sans tenir compte des baisses ou…

RENAUD BLANC
La taxe d'habitation, pour l'instant, ne concerne pas tout le monde.

BENJAMIN GRIVEAUX
80 % des Français. Excusez-moi, si vous considérez que 80 % des Français ce n'est pas suffisant, j'entends, on peut aller à 100 %, ce sera fait d'ici la fin du quinquennat, c'est un engagement qui a été pris. Mais enfin c'est une baisse pour les Français. En moyenne la taxe d'habitation c'est plus de 600 € par Français. Et vous savez quoi ? C'est la taxe la plus débile, parce que vous la payez beaucoup plus cher dans les territoires en difficulté que dans les centres villes qui vont bien. Et ça, nos adversaires politiques ont oublié de le dire. Parce que je rappelle qu'ils ont voté contre la suppression de la taxe d'habitation. Vous payez 3 fois plus de taxe d'habitation pour le même nombre de mètres carrés à Argenteuil qu'à Paris-Centre. C'est la taxe la plus injuste, socialement, géographiquement, et qui est totalement inefficace. Ils ont voté contre la suppression, qu'ils assument. Et par ailleurs moi je suis assez à l'aise. Comparons les projets qu'ils ont défendus lors des élections législatives, ils voulaient 2 points d'augmentation de TVA pour tout le monde.

RENAUD BLANC
Benjamin GRIVEAUX, les chiffres de l'INSEE sur la croissance + 0,4 % au troisième trimestre, ce qui fait 0,8 % depuis le début de l'année. Vous tablez sur 1,5…

BENJAMIN GRIVEAUX
Soit deux fois plus que la moyenne de la zone euro sur le troisième trimestre. Quand il y a des bonnes nouvelles, il faut aussi les dire, on a des mauvaises nouvelles et je sais qu'on adore balancer les mauvaises nouvelles sur les ondes…

RENAUD BLANC
Mais vous donnez des bonnes nouvelles Benjamin GRIVEAUX.

BENJAMIN GRIVEAUX
Quand il y a des bonnes nouvelles, il faut aussi dire les bonnes nouvelles.

RENAUD BLANC
Je vous laisse dire les bonnes nouvelles.

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais parfois ce serait bien aussi que les médias s'en fassent écho, c'est deux fois plus que la zone euro, a troisième trimestre.

RENAUD BLANC
Juste un petit point, le taux de croissance de 1,7 % c'était ce que vous espériez pour le budget de l'année prochaine. Est-ce qu'il faut d'ores et déjà revoir ce chiffre à la baisse ou pas ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je vous rappelle que lorsqu'on a construit le budget, on nous a expliqué que 1,7 % c'était trop pessimistes, qu'on faisait trop attention, qu'on était trop prudents.

RENAUD BLANC
Non, mais je vois pose une question toute simple.

BENJAMIN GRIVEAUX
Et donc on assume de dire que nous avons pris des mesures qui étaient, des hypothèses qui étaient conservatoire, des hypothèses qui était prudentes et que lorsqu'on construit le budget avec l'argent des Français, eh bien il est utile d'être prudent. La preuve.

RENAUD BLANC
On attendait des annonces hier sur l'école, notamment le plan violence. La Presse parle de couac gouvernemental, notamment sur la question des policiers dans les écoles. Nicole BELLOUBET n'y est pas vraiment favorable. Est-ce qu'il y a des tensions au sein du gouvernement sur cette question des policiers dans les écoles entre le ministre de l'Education nationale d'un côté et puis le ministre de l'Intérieur et de l'autre côté la ministre de la Justice ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce qui me désole, c'est qu'on parle des tensions et qu'on ne parle pas du sujet de fond. Mais bon il n'y a que ça qui intéresse, donc on va parler de l'absence…

RENAUD BLANC
Non mais c'est une question importante…

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais c'est une question centrale, je vous le confirme, et donc...

RENAUD BLANC
Donc ça signifie qu'il y a réflexion sur ce point précis ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je vais vous dire quelque chose. On va le prendre sous un angle qui n'est pas de savoir s'il y a des tensions entre X et Y, parce qu'en vérité, il n'y a pas de tension. Qu'est-ce qu'on est en train de faire ? Jean-Michel BLANQUER va annoncer tout à l'heure des mesures sur la classe et sur l'établissement scolaire. Il réunit les recteurs ce matin, il fera une conférence de Presse tout à l'heure. Et le président de la République il a souhaité quoi ? Qu'on puisse travailler avec la garde des Sceaux, le ministre de l'Intérieur, le ministre de l'Education et le ministre des Affaires sociales et de Santé, la ministre des Sports et le ministre de la Culture, parce que cette bataille-là sur les violences scolaires elle est beaucoup plus interministérielle que simplement les trois ministres depuis 10 jours sont sur le sujet. Que par ailleurs on puisse travailler avec les collectivités locales. Pourquoi ? Parce que vous le savez, le maire est responsable des écoles primaires, le département des collèges, et des lycées des régions, et que donc si vous faites-moi…

RENAUD BLANC
Mais vous ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Si je peux simplement terminer.

RENAUD BLANC
Je vous en prie.

BENJAMIN GRIVEAUX
Et donc si vous faites ça seul dans votre coin, ce dont on accuse le gouvernement chaque matin, de dire : ils ne font pas assez de concertation, pas assez de consultation, c'est simplement ça qu'on veut faire dans les semaines qui viennent pour avant le 15 décembre présenter un plan. Moi je vais vous dire, j'entends les oppositions qui nous expliquent qu'il y a qu'à, faut qu'on, faites un plan, faites une loi. Bon. Ils se réveillent. Ils n'ont fait aucune proposition sur le sujet depuis 18 mois, aucune proposition, et là parce qu'il y a cet incident dramatique à Créteil et ces images extrêmement choquantes, qui ne devraient pas avoir lieu dans l'école de la République, subitement il faudrait créer une loi dans 10 jours. Ça n'est pas sérieux, ce n'est pas comme ça qu'on fait changer réellement la vie des gens.

RENAUD BLANC
Mais vous Benjamin GRIVEAUX, porte-parole du gouvernement, est-ce que vous êtes favorable à des policiers dans les écoles ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Moi je pense qu'il doit pouvoir y avoir, d'abord il y a déjà des policiers qui sont, il y a 6 500 policiers et gendarmes qui sont des correspondants dans des établissements scolaires en France. Donc faire croire que ce serait quelque chose de nouveau qui n'existe pas, c'est mentir aux Français. Moi dans l'école de mes enfants, à la première réunion entre les parents et les profs, il y avait un représentant de la police nationale, du commissariat de quartier, qui était là pour dire : voilà, moi je suis l'agent de liaison entre les forces de l'ordre du quartier et l'école. Donc il y a déjà, ça existe. La question c'est de savoir est-ce qu'il y a des établissements où il y a des besoins d'avoir une présence policière mais y compris pour avoir des échanges sur les questions de violence avec les enfants, avec les adolescents, eh bien qu'on se pose cette question-là au regard de la situation qu'on connaît, qui n'est pas une situation qui a émergé ces 18 derniers mois, qui est une situation de violence qui est présente dans les établissements scolaires depuis plus de 15 ans, et donc moi…

RENAUD BLANC
Donc plutôt pour, à titre personnel.

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais, savoir qu'est-ce qu'on en fait, ce n'est pas de savoir si on met des policiers en faction devant les établissements. Est-ce qu'on a le droit d'être un peu intelligent et de se dire qu'il y a des situations différentes, qu'on ne va pas traiter de la même manière un lycée d'un collège, un lycée en zone rurale d'un collège dans un quartier avec des difficultés, qui peuvent être liées à des trafics. Franchement c'est de la couture, c'est du sur-mesure, c'est aussi ça qu'on veut travailler avec les collectivités locales, avec les associations, avec les spécialistes du secteur. Donc il y en a ras-le-bol de faire croire que par une loi ex cathedra, ça viendrait régler tous les problèmes. Ceux qui racontent ça, ils racontent des sornettes.

RENAUD BLANC
Une dernière question sur la République En Marche et le poste de délégué général. Stanislas GUERINI est candidat, vous le soutenez ?

BENJAMIN GRIVEAUX
D'abord on a un engagement qui est de ne pas exprimer publiquement, en tant que membre du gouvernement, les soutiens, et donc moi je me tiendrai à ce devoir de réserve, mais j'ai a évidemment des préférences et c'est bien normal.

RENAUD BLANC
Alors, il y a plusieurs noms qui circulent. Il n'y a pas encore de nom de femmes. Le perchoir, la présidence du groupe, le parti pour des hommes, c'est quand même un peu …

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais vous savez, il y a eu des votes pour le perchoir, il y a des votes pour la présidence du groupe, et je rappelle simplement que le groupe La République En Marche à 48 % de députés femmes, soit très majoritairement, très loin le premier des groupes, en tout cas le groupe le plus féminisé de tous les groupes parlementaires, qu'on n'a pas tellement de leçon à recevoir là-dessus. Nous avons a laissé la présidence de la Commission des finances à l'opposition, ils y ont mis Eric WOERTH, eh bien nous, la jeune femme qui lui fait face elle a 32 ans, elle sa belle Amélie de MONTCHANIN.

RENAUD BLANC
Merci Benjamin GRIVEAUX d'avoir répondu à mes questions.

BENJAMIN GRIVEAUX
Merci beaucoup à vous.

RENAUD BLANC
Le porte-parole du gouvernement sur l'antenne de Radio Classique.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 6 novembre 2018

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