Interview de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, avec RTL le 31 octobre 2018, sur les relations avec l'Arabie saoudite après le meurtre d'un journaliste saoudien, le couple franco-allemand et la construction européenne et sur l'élection d'un nouveau président au Brésil. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, avec RTL le 31 octobre 2018, sur les relations avec l'Arabie saoudite après le meurtre d'un journaliste saoudien, le couple franco-allemand et la construction européenne et sur l'élection d'un nouveau président au Brésil.

Personnalité, fonction : LE DRIAN Jean-Yves, MARTICHOUX Elizabeth .

FRANCE. Ministre de l'Europe et des affaires étrangères;

ti :

ELIZABETH MARTICHOUX
Bonjour Jean-Yves LE DRIAN.

JEAN-YVES LE DRIAN
Bonjour.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci beaucoup d'être avec nous ce matin sur RTL. Jean-Yves LE DRIAN, évidemment, on est impatient de vous entendre sur l'affaire KHASHOGGI. En Arabie Saoudite le prince Mohammed Ben SALMANE incarnait jusqu'à récemment l'ouverture, un nouveau visage de son pays, et puis a éclaté ce scandale du meurtre du journaliste, opposant au régime. Est-ce que vous n'avez pas le sentiment d'avoir été dupé par le prince ?

JEAN-YVES LE DRIAN
D'abord c'est un crime qui ce qui vient de se passer. C'est un crime d'autant plus odieux qu'il est effectué dans une enceinte consulaire. C'est un crime contre un journaliste, c'est un crime contre les droits fondamentaux de l'humanité au-delà de la personne de monsieur KHASHOGGI. Et il importe que ce crime soit puni, que les auteurs soient identifiés, que la vérité soit faite. Et aujourd'hui, même si les autorités saoudiennes ont annoncé, reconnu qu'il y avait un meurtre, aujourd'hui le compte n'y est pas. La vérité n'est pas au rendez-vous, il faut qu'elle soit au rendez-vous, il faut donc les enquêtes se poursuivent.

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce que vous avez confiance en la justice saoudienne, pour faire éclater. vous connaissez bien la justice, vous connaissez bien l'Arabie Saoudite, est-ce qu'un jour la réalité, la vérité peut éclater ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Nous serons très exigeants sur cette nécessité. Et tant que les responsabilités et les circonstances de ce meurtre ne seront pas affichées, annoncées, évaluées, nous serons exigeants pour avoir la vérité. Aujourd'hui elle n'est pas au rendez-vous.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous qui connaissez bien, encore une fois, la structure même de ce régime, Jean-Yves LE DRIAN, est-ce que vous pouvez imaginer que ce crime de KHASHOGGI, ce meurtre, ait été commis sans l'aval des autorités ?

JEAN-YVES LE DRIAN
C'est aux autorités de le dire et c'est la raison pour laquelle nous souhaitons que la plus grande clarté, la plus grande transparence, soit établie sur cet acte. Il y a deux enquêtes en cours, il y a une enquête diligentée par l'Arabie Saoudite, il y a une enquête diligentée par la Turquie, il faut que ces deux enquêtes aillent jusqu'au bout, et en fonction de la manière dont cette enquête sera achevée, en fonction des résultats qui seront annoncés, nous prendrons les sanctions nécessaires, à l'égard des coupables.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc, si le pouvoir était incriminé, quelle leçon vous en tirerez ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Eh bien nous en tirerons les conséquences…

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est-à-dire ? Vous ne dites pas, vous dites les conséquences, vous ne dites pas lesquelles.

JEAN-YVES LE DRIAN
Je ne donne pas les résultats de l'enquête avant qu'elle ne soit achevée. Je viens de vous dire qu'il faut la poursuivre jusqu'à son terme, et c'est en fonction de l'identification des coupables, de la transparence qui sera faite, que nous prendrons les sanctions nécessaires et nous ne nous interdisons rien sur ces sanctions.

ELIZABETH MARTICHOUX
Permettez-moi, je vous pose la question : si le pouvoir saoudien était incriminés au coeur, quelle leçon vous en tirerez ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Nous prendrons à ce moment-là les initiatives nécessaires en collaboration avec nos partenaires européens. Pour l'instant l'enquête est en cours, donc je ne vais pas anticiper. Nous disons simplement que les résultats d'aujourd'hui ne sont pas au rendez-vous. Le compte n'y est pas.

ELIZABETH MARTICHOUX
Riyad a d'abord dit, on le rappelle, que le journaliste était sorti du consulat, puis il a admis que il y avait une rixe qui aurait mal tourné, puis après il a parlé d'un meurtre dans une opération non autorisée. Ça progresse, ça progresse notamment, vous l'avez dit, il y a une enquête turque, sous la pression du numéro un turc Recep ERDOGAN. C'est lui qui a toutes les pièces ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Ça progresse sous la pression de la Turquie, ça progresse aussi sous la pression internationale, ça progresse aussi par ce que nous disons, ça progresse aussi par l'exigence de vérité que nous affichons.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais lui, quand il dit qu'il a toutes les pièces…

JEAN-YVES LE DRIAN
Ça progresse aussi parce que le président MACRON a appelé le roi pour lui demander la totale vérité sur le sujet.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais quand Recep ERDOGAN dit : « J'ai toutes les pièces ». Il bluffe ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Eh bien il faut qu'il les montre, et ça fait partie de l'enquête.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous pensez qu'il bluffe ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Donc il faut qu'il y ait tous les éléments au rendez-vous. Je n'ai pas à me prononcer sur le comportement de monsieur ERDOGAN. Ce que nous souhaitons, c'est que toutes les pièces soient mises au dossier.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous connaissez bien le prince, en tout cas vous l'avez rencontré à plusieurs reprises, Jean-Yves LE DRIAN. C'est un homme qui a plu à l'Occident par ses ouvertures, en accordant des droits par exemple supplémentaires aux femmes, en ouvrant le régime à d'autres commerces par exemple. C'est un homme dont vous soupçonnez qu'il puisse être brutal ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Je n'ai pas à porter de jugement sur le comportement individuel de tel ou tel. Ce que je constate c'est que le prince Mohammed Ben SALMANE avait engagé l'Arabie dans la voie des réformes, que ce soit des réformes économiques ou des réformes sociétales, et que de ce côté-là tout le monde ne pouvait que l'approuver, même si on savait que sa tâche était difficile. Je ne fais pas de lien entre l'assassinat de ce journaliste et les réformes en Arabie Saoudite, mais là encore, pour l'intérêt de l'Arabie saoudite, pour son image, il faut que l'Arabie Saoudite dise la vérité.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et lui, il peut en sortir indemne ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Eh bien on verra.

ELIZABETH MARTICHOUX
En tout état de cause, est-ce que déjà il est affaibli dans le régime, est-ce que vous le sentez ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Déjà, le fait que l'Arabie saoudite soit hésitante sur l'ampleur de l'enquête et sur la nécessité de dire la vérité, est un mauvais signe, mais il faut aller jusqu'au bout.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors, vous êtes le patron de la diplomatie, par définition vous marchez sur des oeufs sur des affaires aussi sensibles. Vous avez condamné le meurtre, vous venez de le répéter, vous l'avez pas pris des mesures comme d'autres qui ont été plus prompts à le faire comme l'Allemagne qui a annoncé qu'elle allait stopper ses ventes d'armes à l'Arabie Saoudite. Vous faites de la Realpolitik, Jean-Yves LE DRIAN.

JEAN-YVES LE DRIAN
Non, j'exige la vérité. Et la vérité c'est que les enquêtes aillent jusqu'au bout et qu'on désigne des coupables.

ELIZABETH MARTICHOUX
Elle va trop vite l'Allemagne ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Je pense qu'il faut attendre la fin de l'enquête pour désigner les coupables, les identifier prendre des sanctions à l'égard des coupables, on prend d'abord des sanctions à l'égard d'un coupable, ensuite on prend des sanctions à l'égard d'un Etat.

ELIZABETH MARTICHOUX
Elle fait de la démagogie, l'Allemagne ? Le mot a été prononcé par Emmanuel MACRON.

JEAN-YVES LE DRIAN
L'Allemagne a pris des initiatives, je trouve en anticipation par rapport à la réalité, l'Arabie Saoudite est un grand pays, c'est un partenaire stratégique de la France, c'est un partenaire stratégique de l'Europe, c'est aussi un élément de stabilité dans la région. Donc avant d'agir contre un état, il faut agir contre les coupables, et nous voulons que les coupables soient désignés.

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce que vous diriez que la France, contrairement à l'Allemagne, ne peut pas se passer non plus de recettes sur les ventes à l'Arabie Saoudite compte tenu de sa balance extérieure, excessivement déficitaire, ce qui n'est pas le cas de l'Allemagne. Ça joue ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Nous ne sommes absolument pas dépendants de nos relations économiques avec l'Arabie Saoudite, et les propos que je viens de tenir concernent l'équilibre géopolitique de la région et le fait que nous avons, avec l'Arabie Saoudite, depuis très longtemps, depuis de nombreuses années, un partenariat stratégique et il ne faut pas non plus…

ELIZABETH MARTICHOUX
Et aussi commercial. Stratégique, géopolitique.

JEAN-YVES LE DRIAN
Sur les ventes d'armes, il y a un petit peu de d'irréalisme sur les réalités, parce que quand on regarde la part de l'Arabie Saoudite dans les ventes d'armes de la France, ça tourne autour de 7 % donc nous ne sommes pas dépendants de l'Arabie Saoudite à cet égard, nous ne sommes pas non plus indépendants de nos intérêts financiers et économiques dans la région, et ça ne concerne pas que les armes, il y a aussi le pétrole, il y a aussi l'environnement, il y a aussi les infrastructures de transport, tout cela fait partie de notre relation, mais l'essentiel de nos relations c'est la relation stratégique.

ELIZABETH MARTICHOUX
On surestime les ventes d'armes à l'Arabie Saoudite.

JEAN-YVES LE DRIAN
En Arabie Saoudite, bien sûr.

ELIZABETH MARTICHOUX
Les chiffres qui circulent sont faux.

JEAN-YVES LE DRIAN
Je vous dis, entre... aux environs de 7 % de notre propre vente d'armes au niveau international. On parle d'un certain nombre de chiffres parce qu'à un moment donné, il y a 3 ou 4 ans, on a engagé des travaux de rénovation de la flotte maritime de guerre de l'Arabie Saoudite, cela fait un pic d'intervention, mais c'était des réparations sur des frégates qui avait été vendues il y a plusieurs années à l'Arabie Saoudite.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc on a bien compris, vous attendez, vous exigez la vérité dans cette enquête et c'est seulement sur la base de cela que vous envisagez des sanctions ou en tout cas vous en tirerez les conséquences sans nous dire précisément de quoi il s'agit ce matin. Jean-Yves LE DRIAN, le départ annoncé d'Angela MERKEL est une perte pour le rêve européen d'Emmanuel MACRON ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Madame MERKEL est toujours là, elle a simplement dit qu'elle ne serait plus là en 2021, d'ici là la grande coalition continu, l'action commune franco-allemande se poursuit, même si elle a mis un terme à sa vie politique en 2021. Il y a encore 3 ans d'action en commun avec l'Allemagne. On constate que la grande coalition a subi des déconvenues, encore qu'il faut préciser que ce n'est pas un effondrement, quand le SPD fait 20 % des voix, le Parti socialiste français aimerait en faire autant, et quand le parti de madame MERKEL fait 28 % des voix, monsieur WAUQUIEZ aimerait aussi avoir ce score. Donc ce n'est pas un effondrement, c'est un avertissement pour la grande coalition, certainement, mais ça ne remet pas en cause la dynamique du couple franco-allemand, qui est essentielle pour les échéances à venir au niveau européen. Nous avons eu il y a peu de temps un sommet au mois de juin en Allemagne, nous avons défini la feuille de route à la fois pour l'action franco-allemande, mais aussi pour les initiatives européennes. Dans quelques semaines nous serons amenés à signer un nouveau traité de l'Elysée, qui confortera la relation spécifique que la France a avec l'Allemagne depuis de nombreuses années.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais, Jean-Yves LE DRIAN, permettez de vous interrompre quelques instants, parce qu'en termes de résultats de ce grand axe franco-allemand, on reste quand même sur sa faim à raison....

JEAN-YVES LE DRIAN
Pourquoi ?

ELIZABETH MARTICHOUX
Parce qu'il n'y a pas vraiment de budget franco-allemand, parce qu'il n'y a pas de fiscalité européenne, parce qu'il n'y a pas de politique sociale européenne, parce que, à l'évidence l'Europe est à l'arrêt Jean-Yves LE DRIAN.

JEAN-YVES LE DRIAN
Pas du tout. L'Europe est en marche, parce que ce que l'on sous-estime depuis quelques mois, c'est les avancées européennes qui se sont produites au fur et à mesure des semaines passées. Je vais vous donner…

ELIZABETH MARTICHOUX
Bruno LE MAIRE qui tente…

JEAN-YVES LE DRIAN
Je vais vous donner des exemples.

ELIZABETH MARTICHOUX
... de faire voter une taxe par exemple contre les GAFA Europe, il s'oppose à qui ?

JEAN-YVES LE DRIAN
On va y arriver.

ELIZABETH MARTICHOUX
A l'Allemagne. L'Allemagne ne veut pas.

JEAN-YVES LE DRIAN
Oui, mais on va y arriver. Je remarque ce qui s'est passé depuis plusieurs mois. On s'attendait à ce que l'initiative sur le détachement des travailleurs en Europe ne soit pas validée, ça a été validé. On s'interrogeait sur la mise en oeuvre du socle social de l'Union européenne, ça a été validé à Göteborg. On s'interrogeait sur la défense européenne, et voilà que ce qu'on ne pouvait pas imaginer il y a encore quelques mois, que l'Europe décide, sous l'impulsion franco-allemande, de créer un fonds européen de défense. On s'interrogeait sur la capacité de la zone euro, et voilà qu'au sommet de juin dont je parlais il y a un instant, on décide de faire en sorte d'avancer dans le budget de la zone euro et d'avoir progressivement un budget commun d'investissement et de stabilisation par rapport aux crises. Non, l'Europe avance, on ne le dit pas suffisamment, même si il y a encore beaucoup de progrès à faire. On s'attendait à ce qu'il y ait une crise sur l'immigration, et l'Europe, en juin, puis en octobre il y a quelques jours, vient de se mettre d'accord sur les paramètres fondamentaux de la maîtrise des migrations en Europe. Donc je constate que ça avance ! Donc disons les choses qui vont bien, quand les choses vont bien.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ça avance dans un climat extrêmement tendu, est-ce qu'Emmanuel MACRON a raison de prendre de front, encore vendredi dernier à Bratislava, les dirigeants hongrois et polonais, comme il l'a fait, en dénonçant des esprits fous qui en Hongrie et en Pologne, je cite, mentent à leur peuple, sur l'Europe. Est-ce qu'il a raison d'entretenir cette querelle binaire, cet affrontement ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Il a raison de montrer comment l'Europe avance, il a raison aussi de montrer que les grands défis que nous avons devant nous, le défi migratoire, le défi climatique, le défi de l'innovation, le défi de la transition numérique…

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce qu'il faut en rester à ce clivage, Jean-Yves LE DRIAN ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Ces grands enjeux nécessitent une Union européenne forte, parce que sur ces enjeux, sur ces défis, aucun pays ne peut avancer tout seul. Donc il a raison de rappeler ces grands défis qui sont devant nous, et puis il a raison aussi de rappeler à l'égard de la Pologne et à l'égard de la Hongrie, les fondamentaux de l'Union européenne…

ELIZABETH MARTICHOUX
Les valeurs de l'Europe.

JEAN-YVES LE DRIAN
Les valeurs, et le respect du droit et l'indépendance de la justice.

ELIZABETH MARTICHOUX
Il ne faut pas qu'il y ait une nuance pour gagner les élections européennes ? Il ne faut pas qu'Emmanuel MACRON ait une nuance un peu quand même ? Ce n'est pas excluant ce clivage progressiste, nationaliste ?

JEAN-YVES LE DRIAN
L'affirmation de ses engagements, qu'il vient de faire, est recueilli de manière très positive dans beaucoup de pays européens, il vient de d'aller en Slovaquie et en République tchèque où il a été accueilli comme porteur de l'espoir européen. C'est ce qu'il faut que nous puissions partager ensemble surtout au moment où nous allons marquer le 100ème anniversaire de la fin de la guerre 14/18.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ce sera effectivement le 11 novembre dans un grand grand événement qu'organise le gouvernement français. Deux questions très très rapides s'il vous plaît, votre réponse si possible. Comment vous caractérisez le nouveau pouvoir brésilien ?

JEAN-YVES LE DRIAN
C'est un pouvoir d'extrême-droite qui flirte avec des valeurs que nous avons toujours combattues en Europe. C'est inquiétant, c'est la suite d'une crise successive liée à la corruption, aux violences urbaines et puis de la destitution de madame ROUSSEL et aussi à l'emprisonnement de LULA. Maintenant il importe de le voir sur les rendez-vous. Il avait annoncé qu'il ne respecterait pas l'accord de Paris, il vient de dire qu'il allait modifier sa position. Il avait annoncé qu'il remettait en cause la Constitution, il vient de dire le contraire. Donc nous constaterons sur les faits les positionnements de ce nouveau président. C'est un grand pays le Brésil, nous avons dans ce pays beaucoup d'intérêts, les intérêts de la France sont énormes, il faut donc le vérifier sur les faits ses engagements pour éventuellement collaborer. Mais d'abord qu'il respecte le droit.

ELIZABETH MARTICHOUX
Jean-Yves LE DRIAN, est-ce que vous vous irez jusqu'à la fin du quinquennat ? Est-ce que vous resterez jusqu'au bout ? Il y a eu une petite musique selon laquelle vous pourriez quitter le Quai d'Orsay avant la fin du quinquennat d'Emmanuel MACRON.

JEAN-YVES LE DRIAN
Oui, j'ai entendu ça, j'ai vu cela, moi je suis dans mes fonctions à la demande du président de la République, pour servir mon pays, et tant que le président estimera que je peux être utile à mon pays, je resterai là.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous avez refusé le ministère de l'Intérieur ?

JEAN-YVES LE DRIAN
La question ne sait pas posée.

ELIZABETH MARTICHOUX
On ne vous a pas posé la question, Emmanuel MACRON et Edouard PHILIPPE ne vous ont pas proposé de succéder à Gérard COLLOMB au ministère de l'Intérieur ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Le président MACRON a estimé que j'étais plus utile là où je suis, et j'avais le même avis.

ELIZABETH MARTICHOUX
La réponse de Jean-Yves LE DRIAN, ce matin sur RTL. Merci Monsieur le Ministre d'avoir été notre invité.

JEAN-YVES LE DRIAN
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 6 novembre 2018

Rechercher