Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la jeunesse à Public Sénat le 8 novembre 2018, sur la violence des jeunes et la réforme du service national. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la jeunesse à Public Sénat le 8 novembre 2018, sur la violence des jeunes et la réforme du service national.

Personnalité, fonction : ATTAL Gabriel, VIGUIER Cyril.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la jeunesse;

ti :


CYRIL VIGUIER
Et l'invité ce matin politique, c'est Gabriel ATTAL. Bonjour.

GABRIEL ATTAL
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Vous êtes le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la jeunesse, d'ailleurs, vous êtes jeune, vous êtes le benjamin du gouvernement. Pour vous interroger ce matin, à mes côtés, bonjour, Tâm TRAN HUY. Bonjour…

TAM TRAN HUY
Bonjour Cyril.

CYRIL VIGUIER
De Public Sénat. Et bonjour Yves HARTE, de Sud-Ouest, où vous êtes le directeur éditorial de ce grand quotidien régional…

YVES HARTE
Bonjour Cyril…

CYRIL VIGUIER
D'ailleurs, votre interview sera retransmise sur les sites vidéos ou de la PQR ce matin, Gabriel ATTAL. Gabriel ATTAL, la polémique autour de l'hommage au maréchal PETAIN, un rétropédalage du porte-parole du gouvernement hier soir, il n'y aura pas d'hommage, finalement, après avoir dit l'inverse dans la journée, Emmanuel MACRON, lui, avait justifié l'hommage un peu plus tôt dans cette même journée, hommage ou pas hommage, c'est la première question que j'ai à vous poser, c'était vraiment un cafouillage cette affaire ?

GABRIEL ATTAL
Il n'y aura pas d'hommage au maréchal PETAIN samedi, il y aura un hommage à des maréchaux qui se sont engagé pendant la guerre de 14, moi, je ne vois pas de rétropédalage, il y a une semaine, la ministre de la Défense, Florence PARLY, était sur une autre chaîne de télévision, une autre radio, interrogée, elle avait déjà été très claire en disant que le maréchal PETAIN ne recevrait pas d'hommage. Comme c'est un hommage à des maréchaux, il y a peut-être eu une incompréhension, un doute de la part de certains et de commentateurs, et le président de la République a dit que : il trouvait légitime de rendre hommage à des maréchaux et à rappeler une vérité historique sur le maréchal PETAIN tout en étant très clair…

TÂM TRAN HUY
Il a aussi justifié, le président de la République l'hommage au maréchal PETAIN dans la journée…

GABRIEL ATTAL
Non, moi, j'ai réécouté ses propos, il a dit qu'il y avait un hommage à des maréchaux, et il a dit, il était interrogé par des journalistes sur le maréchal PETAIN, il a rappelé une vérité historique, j'ai vu d'ailleurs des historiens, Henry ROUSSO notamment, qui est un grand historien de la période de Vichy, qui a rappelé très clairement que c'était une réalité historique, et que, d'ailleurs, si le maréchal PETAIN avait pu avoir l'aura qu'il a eue au moment où il a commis ces crimes en France, c'était parce que, il était considéré comme un héros de la Grande Guerre et que donc les deux faits pouvaient être liés, mais, moi, ce que je veux dire, c'est que, on voit bien depuis hier que l'amicale des polémiqueurs professionnels est à nouveau de sortie, et que, on se retrouve…

TAM TRAN HUY
Vous voulez parler notamment de Jean-Luc MELENCHON, qui a été l'un des premiers à dénoncer cet hommage ?

GABRIEL ATTAL
Je parle de tous ceux qui ont laissé entendre qu'il pouvait y avoir une quelconque ambiguïté du président de la République ou de la majorité sur ce sujet, j'ai entendu et j'ai lu…

YVES HARTE
Non, mais il y a eu quand même un cafouillage, vous ne pouvez pas le nier…

GABRIEL ATTAL
J'ai entendu et j'ai lu…

YVES HARTE
Vous ne pouvez pas nier qu'il y a eu une volte-face entre le moment où on entend le président de la République prononcer le mot hommage à PETAIN…

GABRIEL ATTAL
J'ai entendu et j'ai lu des gens qui ont exprimé par exemple qu'il s'agirait de réhabiliter PETAIN, comment est-ce qu'on peut imaginer une seule seconde que le président de la République souhaite réhabiliter PETAIN comme je l'ai lu de la part de petites polémiqueurs professionnels ; le président de la République, il a toujours été…

CYRIL VIGUIER
Et l'itinérance mémorielle, Gabriel ATTAL…

GABRIEL ATTAL
... Parce que c'est important, et les Français, je pense, veulent aussi cette clarification. Le président de la République a toujours été extrêmement clair dans sa lutte contre l'antisémitisme, dans sa reconnaissance évidente de la Shoah et des crimes qui ont été commis contre les juifs pendant la guerre, il a eu un discours très fort au Vel d'Hiv, il y a quelques mois, rappelant les propos de Jacques CHIRAC, disant que si tous les Français n'avaient pas participé à Vichy, de fait, l'administration française et le gouvernement français à l'époque l'avaient fait, il a toujours été extrêmement clair, donc, oui, je dis qu'il y a de la part de polémiqueurs professionnels une instrumentalisation, et que c'est honteux d'imaginer de pouvoir dire qu'il y a une quelconque réhabilitation de PETAIN…

CYRIL VIGUIER
Cette itinérance mémorielle, elle est perturbée ou pas aujourd'hui ?

GABRIEL ATTAL
Elle est perturbée, je n'en sais rien, en tout cas, c'est une itinérance mémorielle qui vise à rappeler la mémoire de celles et de ceux qui se sont battus pendant la guerre de 14, c'est l'objectif de…

YVES HARTE
Non, mais au-delà de cela, il y a quand même d'autres revendications qui montent tout au long de cette itinérance et qui se transforme un peu en chemin de croix pour Emmanuel MACRON, il n'y a pas que la polémique sur le maréchal PETAIN, il y a également la colère face à la taxe sur les carburants, qu'est-ce que vous en pensez ?

GABRIEL ATTAL
Moi, ce que j'en pense, c'est que le président de la République est toujours au contact des Français, et ce que j'observe, c'est que pendant une première journée d'itinérance où il y avait des événements qui étaient organisés, où il n'y a pas eu d'images de Français qui faisaient part de leur mécontentement au président, on a entendu des commentateurs expliquer que le président n'allait pas au contact, etc., ensuite, il a des échanges avec des Français qui font part d'une colère, mais, que j'entends, moi, qui est légitime, d'une inquiétude, et là, on dit : ah, c'est terrible, c'est un chemin de croix, etc., le président, il fait une itinérance mémorielle pour la mémoire de celles et de ceux qui se sont battus en 14-18 pour célébrer la paix et l'armistice, il rencontre des Français, il les écoute, il répond, il cherche ni à esquiver quoi que ce soit ni à cacher quoi que ce soit, et là, on explique que c'est un chemin de croix, il est au contact, et encore une fois, le président l'a dit aussi, évidemment qu'il y a des doutes, évidemment qu'il y a des inquiétudes, évidemment qu'il peut y avoir de la colère, mais si on avait pensé que c'était simple et que le pays était dans une situation simple et que tout allait se passer tranquillement, enfin, je veux dire, Emmanuel MACRON n'aurait pas été élu, il a été élu justement parce qu'il y a une situation difficile et qu'il y a des mesures à prendre pour y remédier…

TÂM TRAN HUY
Oui, Gabriel ATTAL, est-ce que les gilets jaunes sont les nouveaux bonnets rouges ? Est-ce qu'on va vers un 17 novembre incendiaire ?

GABRIEL ATTAL
Moi, je ne suis pas monsieur Irma, je ne fais pas de prévisions sur des mouvements, ce que je veux dire, c'est que, là aussi, il y a une attente, une inquiétude des Français sur le prix du carburant, pour revenir sur ce sujet-là, pour le coup, qui est un sujet de fond, qui n'est pas un sujet de polémiqueurs professionnels, qui cherche à détourner le débat sur des polémiques inutiles, on voit bien qu'on est à un moment de transition, on voit bien que, à la fois, parce que, il faut lutter contre le changement climatique, parce qu'il y a des morts qui sont dues à la pollution liée au diesel, il faut changer de modèle, aussi parce que les Français sont devenus totalement dépendants de la situation géopolitique, et que leur portefeuille est indexé sur la situation géopolitique, ce dont personne ne veut, il faut changer de modèle, pour ça, on a mis en place des mesures sur la conversion, sur la prime à la casse, maintenant, il y a la situation des Français, et le président de la République l'a dit de manière très claire, qui n'ont pas le choix, c'est-à-dire des Français qui prennent leur voiture tous les jours pour faire 30, 40 kms pour aller bosser, et qui, pour le coup, eux, voient directement sur leur pouvoir d'achat le changement…

TAM TRAN HUY
Est-ce que cette prise en compte relativement tardive de ces Français, de ces ruraux, de ces Français les plus modestes, qui sont impactés de la même façon par cette fiscalité écologique, eh bien, ça ne montre pas justement que ces taxes, eh bien, elles sont foncièrement injustes, vous avez été obligé de prévoir des mesures d'accompagnement annoncées cette semaine…

GABRIEL ATTAL
Alors, il n'y a pas de prise en compte tardive, encore une fois, quand on met en place la prime à la conversion, qu'elle explose parce que, on l'avait budgétée pour 150.000 personnes, et qu'on en est à 250.000, qu'on va aller jusqu'à 500.000, qu'on double le budget, et je rappelle que c'est une prime qui va jusqu'à 2.500 euros pour changer de véhicule, et que 70 % des ménages qui y ont eu recours sont non imposables, que 90 % n'habitent pas en région Ile-de-France, c'est donc bien qu'elle touche son public, le public que vous évoquez, on voit que, on se mobilise très en amont sur ce sujet-là de la transformation et la conversion énergétique, mais il faut toujours adapter, évidemment, il faut toujours adapter, il faut toujours regarder des situations qui sont plus difficiles que d'autres, et faire des propositions, c'est ce qu'a fait le président de la République et le gouvernement travaille.

TAM TRAN HUY
Est-ce que, il n'y a pas un problème par rapport à ces taxes aussi, c'est qu'elles sont fléchées vers le budget général et pas vers la transition écologique, ça c'est très difficile à expliquer aux gens qui se disent simplement : l'Etat essaie de remplir les caisses.

GABRIEL ATTAL
Prenez tout le produit de la fiscalité écologique, je crois qu'on est autour de 40 milliards, vous prenez le budget du ministère de la Transition écologique, on est à peu près au même niveau, la tuyauterie budgétaire, c'est toujours très compliqué à comprendre, etc., ce qui est certain, c'est que cette fiscalité écologique, elle permet de financer des mesures de transition écologique, elle permet de financer des mesures pour changer sa chaudière, il y a quand même un tiers du changement de la chaudière qui est pris en charge par la collectivité, et derrière, moi, j'entends aussi des Français qui disent : d'accord, on nous aide avec un tiers de l'enveloppe qui est payé par une prime, c'est beaucoup, mais on a quand même les deux autres tiers à payer. Mais ce qu'il faut rappeler, c'est que sur les années suivantes, après le changement, il y a des économies qui sont faites, changer sa chaudière, passer d'une chaudière au fioul à une autre c'est quasiment 1.000 euros d'économies sur l'année pour les ménages, il faut le rappeler, il faut le dire.

CYRIL VIGUIER
Merci. Gabriel ATTAL, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la jeunesse, est notre invité politique ce matin. C'est la journée nationale du harcèlement à l'école. C'est le cyber harcèlement qui est qui est pointé aujourd'hui, c'est un nouveau fléau, comment vous allez vous y attaquer, c'est vraiment le nouveau fléau de l'école aujourd'hui, de ce que vivent nos enfants.

GABRIEL ATTAL
Oui, en fait, le harcèlement en lui-même n'est pas un nouveau fléau, ça fait des années qu'il y a du harcèlement, mais le cyber harcèlement, évidemment avec l'irruption du numérique, avec les réseaux sociaux, les Instagram, les Snapchat, les Facebook, ça, pour le coup, c'est une nouvelle donne, donc il faut s'y attaquer. On s'y attaque dans plusieurs directions, d'abord, l'information, on met en place des campagnes d'information, un site Internet : non au harcèlement, des clips sur les réseaux sociaux qui sont dirigés en direction des jeunes, avec la prévention dans les écoles, on a mis en place des élèves ambassadeurs, c'est-à-dire des élèves qui sont eux-mêmes référents sur ces questions de harcèlement. Moi, lundi, j'étais en Creuse, au lycée agricole d'Ahun, j'ai rencontré deux jeunes filles qui sont élèves dans l'enseignement agricole qui sont référentes pour leurs camarades. Qu'est-ce qu'elles m'ont dit ? Elles m'ont dit : on a été désignées, on a reçu une petite formation de 4h pour nous donner connaissance de ces enjeux, et concrètement, quand on a un camarade qui est victime de harcèlement, qui subit du harcèlement, il peut venir nous voir, et ça marche, parce que c'est la prévention par les pairs, et puis, il faut sanctionner.

TÂM TRAN HUY
Le cyber-harcèlement, c'était déjà l'une des priorités l'année dernière, je me rappelle, Jean-Michel BLANQUER en avait déjà parlé, qu'est-ce qu'il y a réellement changé, est-ce que l'Etat n'est pas en retard par rapport à des phénomènes comme par exemple, eh bien, le Momo challenge, député, vous aviez d'ailleurs alerté sur les dangers de ce jeu, qu'est-ce que vraiment vous allez faire aujourd'hui...
CYRIL VIGUIER

Le Momo challenge ?

TÂM TRAN HUY
Le Momo challenge, c'est ce jeu qui circule sur WhatsApp notamment, et par exemple, eh bien, un père en Bretagne vient de porter plainte contre l'Etat qui juge qu'il n'a pas été suffisamment responsable face à la mort de son fils de 14 ans...

GABRIEL ATTAL
Oui, vous avez raison, Momo challenge, c'est un phénomène qui est apparu cet été, surtout en Amérique latine, qui est moins présent en France, il faut le souligner, où concrètement, c'est des jeunes, notamment, surtout collégiens, qui se connectent Via WhatsApp à Momo, donc qui est un personnage effrayant…

TÂM TRAN HUY
Et propose des défis de plus en plus dangereux en fait, jusqu'à la mort…

GABRIEL ATTAL
Eh bien, voilà, ce phénomène fait que toutes leurs photos personnelles sont pompées, sont volées, et qu'ensuite, ils sont menacés de voir ces photos diffusées s'ils ne réalisent pas un certain nombre de défis. Ces défis, ça va de prendre une douche la nuit jusqu'à se scarifier, et à la fin, se suicider, il y a eu plusieurs suicides en Amérique latine, et effectivement, il y a un père dont le fils s'est suicidé qui considère, il y a une enquête en cours, que son suicide est lié au Momo challenge. Et quand j'étais député, cet été, j'avais une famille dans ma circonscription qui m'avait alerté sur ce sujet et j'avais interpellé à l'époque Gérard COLLOMB pour lui demander quelle mesure était prise sur ce sujet-là…

TÂM TRAN HUY
Maintenant que vous êtes aux responsabilités, qu'allez-vous faire ?

GABRIEL ATTAL
Alors maintenant, je suis aux responsabilités, et j'en ai donc parlé avec Christophe CASTANER, qui est ministre de l'Intérieur, il y a des informations qui ont été transmises à tous les services du ministère de l'Intérieur dans les territoires, première chose, il y a une alerte sur la plate-forme Pharos qui a été mise en place. Ce qui est très compliqué dans cette affaire, c'est que, je l'ai dit, le Momo challenge est moins présent en France que dans d'autres pays, et que on voit souvent que quand on fait des grandes campagnes d'information, y compris pour sensibiliser sur ce type de phénomène, le risque, c'est que par curiosité, des jeunes aillent voir ce que c'est et tombent dedans. Donc on est vraiment sur un équilibre très compliqué, mais on réfléchit à voir comment est-ce qu'on peut adapter les mesures…

YVES HARTE
Gabriel ATTAL, à ce sujet, beaucoup de ces jeux macabres ou de ces harcèlements scolaires se passent par téléphone, et par téléphone portable naturellement, le Parlement a adopté la loi pour interdire le portable à l'école, où est-ce qu'on en est aujourd'hui ?

GABRIEL ATTAL
Alors, elle est appliquée à partir de cette rentrée, dans les collèges…

YVES HARTE
Est-ce que c'est faisable surtout ?

GABRIEL ATTAL
Oui, c'est faisable, bien sûr que c'est faisable, il faut que les établissements s'en emparent et la fassent appliquer. Dans les lycées, c'est une possibilité qui est donnée, mais c'est applicable à partir de cette rentrée, ce qui est sûr, c'est que, il faut évidemment interdire le téléphone portable comme ça a été prévu par la loi, il faut aussi sensibiliser et informer et former sur l'utilisation du numérique, et moi, ce qui me tenait beaucoup à coeur, à l'époque, j'étais députée, j'avais voté ce texte, c'était que sur la formation numérique, sur l'information, sur l'usage pédagogique du téléphone portable, on ait aussi des dispositions importantes qui sont prévues.

TÂM TRAN HUY
Gabriel ATTAL, faut-il également des policiers dans les écoles pour assurer la sécurité de tous, le président de la République a laissé la porte ouverte en début de semaine, mais on le sait, la communauté éducative est très dubitative sur ce sujet ?

GABRIEL ATTAL
Alors, déjà, ce que je veux dire, c'est que, il y a déjà des policiers qui interviennent dans les écoles, 6.500 environ qui sont déjà intervenus ou qui interviennent dans des écoles notamment pour de la prévention. Moi, j'étais député d'Issy-les-Moulineaux de Vanves, à Issy-les-Moulineaux, il y a des policiers qui vont dans les écoles, dans les classes, pour informer notamment sur la question des addictions, sur la question de la sécurité…

TÂM TRAN HUY
Il faut aller au-delà de cette prévention à l'école pour vous... ?

GABRIEL ATTAL
Il y a ensuite des situations locales où il y a des situations de très grande tension entre élèves, entre bandes, soit, dans l'établissement, soit aux abords de l'établissement, et là-dessus, il ne faut pas de tabou, il y a un travail qui est fait entre le ministère de l'Intérieur et le ministère de l'Education nationale et de la jeunesse, il y aura des annonces, des mesures qui seront prises d'ici au 15 décembre et qui seront annoncées, mais, ce que je veux dire, c'est que la question de l'autorité à l'école, qui a beaucoup animé notamment sur les réseaux sociaux les professeurs avec le fameux hashtag "pas de vague" ces dernières semaines, elle ne se résout pas par cette question des policiers, il y a un sujet dans l'école, et là-dessus, avec Jean-Michel BLANQUER, on a réuni la semaine dernière l'ensemble des recteurs, on a annoncé un certain nombre de mesures très fortes pour rétablir l'autorité à l'école, notamment la facilité pour réunir les conseils de discipline, le fait que tous les faits soient désormais signalés, suivis et sanctionnés, parce que c'est ça aussi que les professeurs attendent, ce qu'ils disent, c'est : j'ai l'impression de crier dans le vide quand je dénonce une agression, quand je dénonce y compris un phénomène de harcèlement par des élèves, et il n'y a pas de sanction derrière. Donc on met en place un registre dans chaque établissement, un registre, avec un suivi et des sanctions, et puis, il y a tout un travail à faire sur les sanctions éducatives, qui me tient beaucoup à coeur, en lien avec les associations.

YVES HARTE
Gabriel ATTAL, autre chose, vous êtes particulièrement en charge de la mise en oeuvre du service national universel, comment comptez-vous le mettre en place malgré le casse-tête qu'il représente, en termes de coût, d'hébergement…

TÂM TRAN HUY
D'encadrement…

YVES HARTE
De regroupement et encadrement, de l'ensemble de ces jeunes ?

GABRIEL ATTAL
Alors, vous avez raison, c'est une réforme qui est très lourde à mettre en place, pourquoi, parce que c'est une réforme extrêmement structurelle, c'est une réforme extrêmement puissante, pourquoi est-ce qu'on met en place cette réforme, parce qu'il y a eu un service militaire en France qui a été supprimé et c'est heureux parce qu'on n'a plus besoin d'avoir des générations entières qui savent manier les armes. En revanche, en le supprimant, on a perdu un moment dont l'objectif était d'avoir une mixité sociale, et à un moment donné, une classe d'âge qui se retrouve au service des valeurs de la République, on veut recréer…

TÂM TRAN HUY
Un mois pour retrouver une mixité sociale, c'est très court...

GABRIEL ATTAL
On fait beaucoup de choses en un mois, à condition que le contenu soit bien soit bien mis en place. Alors, pour répondre à votre question très clairement, on a fonctionné par méthode, le président de la République a donné les grandes lignes de ce futur service national pendant la campagne, on a mis en place ensuite un groupe de travail qui est piloté par le général Daniel MENAOUINE, pour arbitrer l'architecture du futur service national, un mois obligatoire, deux fois, deux semaines, donc deux semaines en internat, en hébergement collectif, où, là, en termes de contenu, il y aura la préparation face à des attentats, face à des catastrophes naturelles, gestes de premiers secours, cyber harcèlement, y compris. Moi, je souhaite que dans le cadre du service national, on puisse travailler sur cette question de la cyber-sécurité et de la formation des jeunes, d'autres sujets. Et puis, deux semaines d'engagements concrets au service d'une mission d'intérêt général, auprès d'une association, d'une collectivité ou d'un corps en uniforme, on continue avec cette méthode, et là, en ce moment, on est en train de travaille, et c'est pour ça que j'étais en Creuse, je le dis, c'est important, puisque dans les territoires, la PQR nous écoute, j'étais en Creuse parce que, pour moi, ce service national qui va se construire aussi en lien avec les collectivités locales, il peut servir à revitaliser certains territoires.

YVES HARTE
Qu'est-ce que vous donnez comme date pour qu'on le voie effectivement sur le terrain ? Quand est-ce qu'il va apparaître ?

GABRIEL ATTAL
Alors dès 2019, il y aura une première cohorte de jeunes qui sera appelée au service national.

YVES HARTE
Dès 2019, l'an prochain ?

GABRIEL ATTAL
Dès 2019, une première cohorte, l'an prochain, a priori, en juin prochain, une première cohorte de jeunes, alors ça sera dans quelques départements préfigurateurs, pilotes…

CYRIL VIGUIER
Expérimentaux ?

GABRIEL ATTAL
Non, pas expérimentaux, mais pilotes, préfigurateurs…

YVES HARTE
Est-ce que vous les avez désignés d'ores et déjà ?

GABRIEL ATTAL
Non, je ne les ai pas encore désignés, on est en train de travailler, typiquement, si j'étais en Creuse, c'est parce que la Creuse est candidate, quand je dis : la Creuse est candidate, c'est tous les élus, du maire à la présidente du Conseil départemental en passant par le député, c'est la communauté, la rectrice, le préfet, etc., voilà, les autres départements, on est en train de les définir, et ensuite, j'aurai une montée en puissance progressive chaque année.

CYRIL VIGUIER
Merci Gabriel ATTAL. Il y a quelques mois, vous étiez sur ce plateau, vous étiez, là, invité, comme député, et vous aviez dénoncé la politique de Matteo SALVINI créant un incident qui avait été beaucoup relayé dans les médias avec l'Italie. Comme ministre aujourd'hui, vous rediriez la même chose sur Matteo SALVINI ou pas ?

GABRIEL ATTAL
Mais moi, j'ai toujours eu une liberté de parole quand j'étais député, ça m'a parfois été reproché, quant au moment de la grève SNCF, j'avais dénoncé la grèviculture…

CYRIL VIGUIER
Ce n'est pas sur SALVINI, ça…

GABRIEL ATTAL
Quand je m'étais un peu accroché avec Gérard COLLOMB sur la question des migrants. Et puis, effectivement, quand l'Italie a rejeté L'Aquarius…

CYRIL VIGUIER
Vous aviez dit : ça me faisait vomir la politique de Matteo SALVINI…

GABRIEL ATTAL
J'ai dit effectivement que l'attitude de Matteo SALVINI dans cette affaire, parce que c'était aussi une affaire de symbole, tweeter une photo des personnes sur le bateau qui vont vers la mort en criant victoire, je trouvais ça…

CYRIL VIGUIER
Ça vous faisait vomir, vous avez dit…

GABRIEL ATTAL
Oui, je l'ai dit... mais c'est toujours la même chose, les polémiqueurs professionnels dont je parlais tout à l'heure, ils existent aussi ailleurs, et la phrase a été quand même pas mal transformée, et a pas mal évolué, mais moi, je garderai toujours une liberté de parole. Je pense que c'est ce que les Français attendent.

CYRIL VIGUIER
Merci Gabriel ATTAL, vous êtes le jeune secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la jeunesse, et le benjamin du gouvernement, merci d'avoir été notre invité ce matin.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 9 novembre 2018

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