Interview de Mme Brune Poirson, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, avec Public Sénat le 16 novembre 2018, sur le prix des carburants, les pesticides, le recyclage des déchets et sur la loi mobilités. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Brune Poirson, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, avec Public Sénat le 16 novembre 2018, sur le prix des carburants, les pesticides, le recyclage des déchets et sur la loi mobilités.

Personnalité, fonction : POIRSON Brune, VIGUIER Cyril.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire;

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CYRIL VIGUIER
C'est la deuxième partie de cette émission Territoires d'infos avec la presse quotidienne régionale, les télés locales de France et le réseau Vià télévision, les indés radios, cent trente radios qui sont nos partenaires un peu partout sur le territoire français et avec TV5 Monde, et l'invitée politique en direct sur ce plateau ce matin c'est Brune POIRSON, bonjour.

CYRIL VIGUIER
Vous êtes la secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire. Merci d'être là ce matin.

BRUNE POIRSON
Merci à vous.

CYRIL VIGUIER
Pour vous interroger à mes côtés, Marcelo WESFREID du Figaro pour Public Sénat et Pascal Jalabert du groupe EBRA, c'est neuf journaux de la presse quotidienne régionale. Vous représentez quel journal ce matin ?

PASCAL JALABERT
On va dire le Dauphiné Libéré ou Vaucluse Matin.

CYRIL VIGUIER
Allez, Vaucluse Matin pour faire plaisir à madame POIRSON.

BRUNE POIRSON
C'est toujours agréable d'entendre parler du Vaucluse.

CYRIL VIGUIER
Le Dauphiné Libéré. Et votre interview, Brune POIRSON, sera retransmise sur les sites Internet de la presse quotidienne régionale à partir de 10 heures 30 ce matin. C'est les gilets jaunes qui nous occupent évidemment à l'instant. Mille cinq cents actions prévues à travers le pays demain. Mille cinq cents actions, ça ne veut pas dire mille cinq cents blocages. Qu'est-ce que vous dites, vous - vous êtes secrétaire d'Etat - ce matin aux gilets jaunes ? Quel message vous pouvez leur dire ?

BRUNE POIRSON
Je crois que le premier message, ce serait qu'on a entendu, on entend et on continue d'être à l'écoute de leur colère. Je crois que c'est important qu'ils la manifestent. Il faut maintenant en tout cas qu'elle s'exprime. Bien évidemment, jamais on ne l'empêchera. Mais c'est aussi un appel simplement peut-être à un peu de prudence. D'abord, je crois que le ministre de l'Intérieur a été clair. Il n'y aura pas de blocage qui sera acceptable parce qu'il faut que le reste de la population puisse aussi fonctionner normalement, on le sait. Par exemple, s'il y a une urgence pour aller à l'hôpital, il faut que toute cette vie quotidienne puisse continuer à avoir lieu ; premièrement. Et puis deuxièmement aussi, on encourage les gilets jaunes à aller déposer ou à signaler l'action qu'ils veulent mener à la préfecture. Ça, c'est important.

MARCELO WESFREID
On en est très loin pour l'instant. Il y a seulement cent cinquante dépôts à la préfecture.

BRUNE POIRSON
Alors est-ce que c'est un signe qu'il y aura peut-être moins d'actions qu'escompté ? On ne le sait pas et je ne m'engagerai surtout pas à émettre un pronostic. Mais en tout cas, je crois qu'il faut quand même… C'est un appel à la prudence.

MARCELO WESFREID
Est-ce que vous craignez que le mouvement soit incontrôlable, irrationnel ? Hier, le député de la France insoumise François RUFFIN disait qu'on était dans un climat presque de prise de la Bastille.

BRUNE POIRSON
Je crois que ça, c'est ce dont rêve François RUFFIN et je crois qu'il y a – et j'en suis même certaine - il y a une exploitation politique de ce mouvement-là. On le voit, le FN se gargarise…

CYRIL VIGUIER
Rassemblement national.

BRUNE POIRSON
Et c'est d'ailleurs assez intéressant de voir que le Front national est à côté du Parti socialiste, que la France insoumise est aux côtés des Républicains. Je crois que c'est ça, ça doit quand même interroger un petit peu. D'autant que certains partis ont quand même fait de la transition écologique une priorité. On ne peut pas être écolo le lundi, démago le mardi et populo le mercredi. Je crois qu'il y a un minimum de cohérence qui est important. Parce que ce cynisme-là, c'est quelque part ce mensonge-là, ces rêves qu'on tente absolument de transformer en réalité qui mènent aussi aux extrêmes. Et je crois qu'on oublie trop souvent que le Front national était aux portes du pouvoir. Aux portes du pouvoir. Emmanuel MACRON au deuxième tour de la présidentielle, il avait Marine LE PEN en face de lui. Et ça, ça veut dire que chaque responsable politique a aussi une part de responsabilité.

PASCAL JALABERT
Justement, le président MACRON a reconnu mercredi soir qu'il avait échoué à réconcilier, en gros, la base avec les dirigeants. Comment on reparle à cette France des milieux et des derniers de cordée quand on est au gouvernement ?

BRUNE POIRSON
Je crois que déjà, l'attitude qui est celle du président Emmanuel MACRON depuis le début, je pense, est la bonne. Pourquoi ? Parce qu'aussi bien pendant qu'il était en campagne présidentielle…

PASCAL JALABERT
Même quand il fait des petites phrases ?

BRUNE POIRSON
Justement, je vais vous dire. Pendant sa campagne présidentielle et aussi en tant que président de la République, il a toujours l'honnêteté de dire exactement ce qu'il pense. Il n'y a pas de décalage entre ce qu'il pense et ce qu'il dit. Et ça, c'est l'opposé du cynisme. Alors bien sûr, parfois ce qu'il pense peut déplaire à certaines personnes, mais au moins vous savez qui vous avez en face de vous. Et ça, c'est l'inverse de la démagogie, c'est l'inverse du cynisme, et c'est déjà ça qu'on doit aux Français. C'est le respect, la considération à chacun où qu'on soit. Ça, c'est, je crois, le plus important. La deuxième chose aussi, c'est d'écouter cette colère-là, d'essayer de la comprendre et de mettre toute son énergie - toute son énergie - à changer le pays, à le transformer et avoir une politique globale. Par exemple sur la question environnementale, on ne s'est pas réveillé il y a trois semaines en se disant : « Oh là là, mon Dieu ! La taxe carbone, ça va avoir des conséquences sur les foyers les plus modestes ou sur certaines classes moyennes. » Pas du tout. Moi, je peux vous le dire puisque j'y étais. Quelques semaines après l'élection du président Emmanuel MACRON, Nicolas HULOT était au gouvernement et, avec lui, on a lancé un plan climat. Et dans ce plan climat, il y avait deux choses. Il y avait 1. : l'ambition climatique forte et 2. : la solidarité. L'ambition climatique forte, on a pris, on assume, on prend nos responsabilités. On a dit qu'on allait augmenter la taxe carbone et lui donner…

MARCELO WESFREID
Oui, mais on n'a pas entendu Nicolas HULOT sur le sujet. C'était votre ministre, est-ce que vous le regrettez ?

BRUNE POIRSON
Dans le plan de Nicolas HULOT, il y a une dimension sociale qui est importante : c'est la dimension solidaire avec un paquet…

MARCELO WESFREID
Là, vous ne souhaitez pas répondre.

BRUNE POIRSON
Non, je vous réponds. Le plan climat qui a été lancé par Nicolas HULOT, il avait deux choses.

MARCELO WESFREID
Nicolas HULOT avec son aura médiatique n'a pas porté ce discours-là sur la fiscalité écologique.

BRUNE POIRSON
Au coeur de son plan climat, il y a la dimension solidaire que nous avons tous portée en tant que membre du gouvernement avec le paquet solidarité climat. Et toutes les mesures dont on parle aujourd'hui : prime à la conversion, chèque énergie, soutien au changement d'équipements qui peuvent être polluants, toutes ces mesures-là étaient dans le plan climat et on en a renforcé certaines récemment.

MARCELO WESFREID
Alors un petit mot sur une proposition très concrète de fond. Ségolène ROYAL propose qu'on taxe plutôt les pesticides que les carburants. Est-ce que c'est une proposition que vous pourriez reprendre à votre compte ?

BRUNE POIRSON
Moi, je lui demande simplement d'expliquer exactement comment est-ce qu'elle mettrait ça en place. En revanche, là où effectivement elle pointe sur quelque chose où elle a raison, c'est qu'il faut qu'on fasse la transition agricole. Ça, c'est indispensable. On a commencé à la faire et il faut qu'on l'accélère, et on a commencé à la faire. Encore une fois, on nous accuse beaucoup de ne pas avoir fait suffisamment sur la question du glyphosate. Je vais vous dire une chose : moi, ça, ça me rend furieuse. Ça me rend furieuse parce qu'on est le pays qui a réussi à insuffler la dynamique en faveur de la sortie du glyphosate au niveau européen. C'est nous qui l'avons fait. On était parti pour quinze ans de glyphosate. On a convaincu pays après pays. On a mis en place une coalition pour que la Commission, premier tour de table à quinze ans, ça n'a pas été voté parce qu'on a réussi à emmener des pays autour de nous. Dix ans, ça n'a pas été voté. Cinq ans, ça n'a pas été voté. Et puis ensuite, la Commission n'a voulu faire de tour de table à moins de cinq ans. Donc nous la France, seule, nous avons dit : « Nous en sortirons d'ici trois ans. » En matière de glyphosate, nous sommes le pays le plus ambitieux. Vous dire que ça y est, on a tout fait, on peut se reposer sur nos lauriers, pas du tout. On continue à travailler sur la sortie du glyphosate et il faut faire encore plus dans cette transition-là. Mais ce n'est pas facile, on le voit. La transition écologique, c'est difficile.

PASCAL JALABERT
Un peu plus généralement. Quand Ségolène ROYAL vous dit : « Il faut sortir de l'écologie punitive » ; elle à l'époque, elle avait gelé les prix des péages, elle avait gelé les tarifs de l'électricité. Vous êtes d'accord avec cette notion ?

BRUNE POIRSON
Ecoutez, moi ce que je vois par exemple encore une fois, c'est ce que je vois. Ecologie punitive, peut-être, mais aussi punition tout court pour les Français. L'écotaxe, combien ça nous a coûté ? Combien ça nous coûte encore ?

PASCAL JALABERT
Trois milliards, je crois que c'est la facture.

BRUNE POIRSON
Je crois que vous avez la réponse. Et en attendant, il ne s'est rien passé pour l'environnement. C'est trois milliards de pertes nettes.

CYRIL VIGUIER
Alors c'est Brune POIRSON, la secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, qui est notre invitée politique ce matin. Vous préparez une loi sur la lutte contre la pollution plastique, le recyclage, l'économie circulaire comme on l'appelle. Vous avez reçu tous les acteurs concernés hier. C'est une loi qui est pour quand et qu'est-ce qu'il y aura ? Quels sont les contours de cette loi ?

BRUNE POIRSON
Il y aura plusieurs éléments dans cette loi. L'objectif, qu'est-ce que c'est ? Aujourd'hui, on est dans une économie où il y a toujours plus de ressources qui sont extraites de la planète pour fabriquer des objets, parfois que vous avez dans vos mains en seulement quelques secondes et puis qui finissent ensuite dans une poubelle. L'objectif, c'est de faire en sorte que le déchet ne devienne jamais un déchet. En tout cas, c'est qu'un produit ne devienne jamais un déchet et, justement, qu'on mette en place ce système et cette recyclabilité en quelque sorte.

CYRIL VIGUIER
Circulaire, l'économie circuit.

BRUNE POIRSON
Cette circularité. Merci, c'est le mot que cherchait. Et donc, on va avoir toute une partie sur le statut même du déchet. Qu'est-ce qu'un déchet en France ? Comment est-ce qu'on change ça ? Et puis, toute une série de mesures de lutte contre la pollution plastique avec, par exemple, l'interdiction de certains plastiques à usage unique ; des mesures comme, par exemple aussi, le développement de la consigne sur les emballages et les bouteilles en plastique, donc toute une série de mini-révolutions à horizon 2025. L'objectif, c'est de réduire par deux la mise en décharge. En France, ça coûte beaucoup moins cher de mettre tous les déchets au fond d'un trou, dans une décharge, plutôt que de les recycler. On veut mettre fin à ce genre d'absurdité. On veut aussi que les Français aient plus confiance, ils croient plus dans leur système de recyclage.

CYRIL VIGUIER
Une loi pour quand ? Il y a une date ?

BRUNE POIRSON
Première lecture en avril prochain.

CYRIL VIGUIER
Merci.

MARCELO WESFREID
Brune POIRSON, il y a une technologie qui existe qui est peu exploitée, c'est le bioéthanol. Ç'a l'avantage de faire rouler les voitures avec des produits locaux faits par nos agriculteurs. Ça pollue moins, ce n'est pas cher. Pourquoi le gouvernement ne généralise-t-il passe ce type de carburant ?

BRUNE POIRSON
Je crois qu'il faut éviter de se jeter toujours sur des mesures de substitution. Il y a quand même une chose. Alors, je ne dis pas que ce n'est pas une des mesures, mais déjà il faut, je crois, se dire qu'un des objectifs de la transition écologique, c'est aussi de changer les comportements. C'est de faire en sorte de changer de voiture pour en acheter une qui est moins polluante, par exemple une voiture électrique. On a une série de mesures pour le faire. Et donc, il ne faut pas systématiquement penser à remplacer une technologie par quasiment la même, mais un peu différente ; premièrement. Et deuxièmement aussi, sur la question de l'éthanol et la question des terres agricoles. A quoi doivent-elles servir ? A quoi doivent-elles servir ?

PASCAL JALABERT
Un petit mot sur la loi mobilités qui va venir ici au Sénat en première lecture. Comment allez-vous alléger la facture électrique des Français qui vont devoir recharger leur voiture, les inciter à faire du covoiturage, à rouler à vélo ? Avez-vous prévu des mesures dans cette loi ?

BRUNE POIRSON
Bien sûr, il y aura toute une série de mesures d'accompagnement en faveur de… Qu'est-ce qu'on veut faire ? En France, pendant des décennies, ce qu'on a fait c'est qu'on a privilégié les grandes infrastructures urbaines : des grandes lignes de TGV, des grandes autoroutes. C'était ça la priorité, aussi parce que ça servait certains intérêts politiques. Et nous, on pense - et là encore c'est une ambition environnementale – qu'il faut changer et verdir si je puis dire, rendre plus écologique, plus respectueux de l'environnement, les transports du quotidien. Et donc, il y aura tout un bouquet de mesures avec, par exemple, des systèmes d'aide au covoiturage ; avec aussi on veut que l'Etat soit exemplaire par exemple en matière de covoiturage ; avec plus de moyens qui sont donnés aux maires aussi pour décider de comment est-ce qu'ils peuvent gérer…

MARCELO WESFREID
Sur ce point, Brune POIRSON, on a appris qu'Anne HIDALGO, la maire de Paris, veut à terme piétonniser tout le centre de Paris. Est-ce que vous dites : « Bravo, ça va dans le bon sens ? »

BRUNE POIRSON
Alors, je ne sais pas exactement. Vous dites : « On a appris », je ne sais pas quels sont les plans spécifique d'Anne HIDALGO, mais je pense en tout cas que les habitants de grandes villes, surtout dans les centres-villes, veulent une ville où la voiture ait moins de place et qui soit plus respectueuse de l'environnement. Oui, ça je le pense effectivement. Et d'ailleurs, regardez par exemple. Vous voyez, c'est ça qui est assez ironique : il y a Laurent WAUQUIEZ qui crie et qui s'agite à l'échelle nationale contre la taxe carbone et puis, quand vous regardez les LR, quand ils sont par exemple au pouvoir au niveau local comme c'est le cas de Patrick OLLIER par exemple à la métropole du Grand-Paris, lui prend des mesures encore plus drastiques et encore plus volontaristes en matière de lutte contre le diesel, la pollution de l'air et la circulation des voitures.

MARCELO WESFREID
Il y a un double discours ? Il y a un double discours à droite ?

BRUNE POIRSON
Oui, bien sûr il y a un double discours. Et je crois que c'est cette incohérence-là qui nourrit, qui empêche, qui freine et la transition écologique mais aussi tout simplement les changements de comportements et l'évolution de la société comme il faut le faire. Moi, ça m'embête là de vous parler de ce qui se passe très loin de la France, par exemple en Californie, mais c'est quand même une réalité. Est-ce que vous vous rendez compte qu'il y a six cents personnes qui ont disparu en Californie et soixante morts ? Mais c'est ça la réalité. On a eu, nous, des incendies dramatiques en France et c'est à ça qu'il faut réfléchir.

CYRIL VIGUIER
Le tweet de Donald TRUMP vous a choquée, Brune POIRSON ?

BRUNE POIRSON
Si vous permettez l'expression, c'est du grand Donald TRUMP. Je pense, et pour avoir vécu aux Etats-Unis, que Donald TRUMP s'adressait surtout à son électorat directement, aux Etats-Unis. En tout cas, les Etats-Unis restent et sont un allié important de la France. D'ailleurs, la présence de Donald TRUMP en France l'a prouvé. Donc je crois qu'il ne faut pas attacher plus d'importance que ça à ses tweets.

PASCAL JALABERT
Vous avez parlé des maires. Justement, le président République a annoncé hier soir qu'il n'irait pas à leur congrès. Au moment où on veut recoller avec le terrain, remettre un peu de valeur aux corps intermédiaires, ce n'est pas mauvais signal ?

BRUNE POIRSON
Nous, on travaille au quotidien avec les collectivités locales, avec les régions, avec les départements. Moi hier encore, au ministère de la Transition écologique et solidaire, j'ai reçu dans le cadre de la consultation justement pour l'élaboration d'un projet de loi, j'ai reçu des représentants des collectivités : de l'AMF, France urbaine, Amorce. Je dois dire que j'ai appris énormément. C'était une des réunions les plus intéressantes et les plus importantes aussi. Donc, il y a une réalité concrète qui est que nous travaillons de façon étroite et que ça fonctionne.

PASCAL JALABERT
Mais il n'empêche qu'il y un maire sur deux qui ne veut pas se représenter parce qu'il dit qu'il en a marre. Il y a des milliers de démissions de conseillers municipaux. Comment vous allez recoller avec ces élus locaux, renouer le dialogue ?

BRUNE POIRSON
Alors plusieurs choses. Déjà, que les maires soient fatigués et, je ne sais pas si les chiffres que vous citiez sont justes, mais en tout cas effectivement on le sent, c'est difficile pour les maires. Ça, ce n'est pas de la faute du gouvernement directement. En revanche, je crois que ça traduit une question qui est plus générale qui est qu'effectivement c'est difficile. C'est très difficile d'être un responsable politique, ça c'est vrai, et surtout maire. Maire, c'est un des mandats les plus difficiles parce que vous êtes au contact quotidien, en permanence avec vos administrés. Et parfois ils vous tiennent responsable, ils vous demandent certaines choses et vous avez énormément de pression et c'est difficile bien sûr.

CYRIL VIGUIER
Dernière question.

MARCELO WESFREID
Rapidement Brune POIRSON. Si jamais il n'y a pas d'accord avec le Royaume-Uni, un Brexit sec comme on dit, quelles conséquences ça aura sur le secteur de la transition écologique ?

BRUNE POIRSON
Ça aura des conséquences qui sont importantes. En matière d'électricité par exemple, la Grande-Bretagne est plutôt dépendante de nous que l'inverse, mais il est sûr que dans chacun des secteurs, et on a commencé à y travailler : les services du ministère de la Transition écologique et solidaire sont très mobilisés là-dessus, on passe en revue chaque secteur, les conséquences potentielles et on anticipe, mais on est bien préparé à tous les cas de figure malheureusement qui puissent arriver.

CYRIL VIGUIER
Brune POIRSON, vous la trouvez courageuse Theresa MAY, la Première ministre britannique ? Presqu'à titre personnel, j'allais dire, vous observez son parcours comment ?

BRUNE POIRSON
Je trouve qu'elle a une mission qui est très difficile à faire et qu'elle a un certain sens de la mission et qu'elle s'y tient.

CYRIL VIGUIER
Merci Brune POIRSON, Secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, d'avoir été notre invitée politique ce matin.

BRUNE POIRSON
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 16 novembre 2018

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