Déclaration de Mme Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'Etat auprès de la ministre des armées, sur le Front d'Orient pendant la Première Guerre mondiale et sur les relations franco-serbes, à Belgrade le 1er novembre 2018. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'Etat auprès de la ministre des armées, sur le Front d'Orient pendant la Première Guerre mondiale et sur les relations franco-serbes, à Belgrade le 1er novembre 2018.

Personnalité, fonction : DARRIEUSSECQ Geneviève.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès de la ministre des armées

Circonstances : Vernissage de l'exposition Histoires/histoire, à Belgrade (Serbie) le 1er novembre 2018

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Monsieur le Maire,


Je tiens à vous remercier pour votre hospitalité ainsi que celle de tous les Belgradois. L'accueil qui m'est fait et non seulement à la hauteur de la réputation de votre pays mais aussi à l'image de l'amitié entre nos deux nations.


Mesdames et messieurs les représentants des autorités civiles et militaires de Serbie,
Mesdames et messieurs les élus de la ville de Belgrade,
Mesdames et messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et messieurs,
Chers amis,


Il y a exactement cent ans, les troupes franco-serbes entraient dans Belgrade. L'armée d'Orient de FRANCHET D'ESPEREY poursuivaient alors sa glorieuse remontée vers le Nord.

Occupée depuis 1915 par les troupes allemandes et austro-hongroises, la capitale serbe était libérée. Cette libération, d'abord acte militaire fort, revêtait aussi un caractère symbolique des plus marquants.

En effet, c'est en partie ici que la mèche de la déflagration mondiale fut allumée. C'est sur cette cité, à l'histoire si mouvementée, que, dès le 29 juillet 1914, furent tirés les premiers coups de canons de ce qui n'était encore ni une guerre européenne ni une guerre mondiale.

Après l'armistice bulgare du 29 septembre 1918, après l'armistice ottoman du 30 octobre 1918, les armées alliées s'engouffraient vers la victoire sur tous les fronts. La libération de Belgrade annonçait déjà l'armistice qui fut signé le 3 novembre avec l'Autriche-Hongrie. La fin des combats en Orient et la victoire des alliés étaient le prélude indispensable au 11 novembre 1918.

C'est aujourd'hui le succès commun des armes de la France et de la Serbie que je viens commémorer. Ce sont nos soldats qui ont combattu côte à côte que j'ai honoré.

Oui, la France se souvient des heures décisives du Front d'Orient. Elle sait toute l'importance des combats qui s'y sont déroulés.

Oui, mesdames et messieurs, en honorant aujourd'hui la mémoire de tous les combattants français et serbes, nous cultivons la mémoire du front d'Orient. Je sais la vivacité de cette mémoire ici. J'en ai eu un aperçu toute la journée.

Ce front d'Orient n'a pas été l'oublié du centenaire de la Grande Guerre. Vous en êtes la démonstration. Je me suis rendue en Roumanie et en Ancienne République Yougoslave de Macédoine. Il y a quelques semaines, j'étais en Grèce, aux côtés des représentants de tous nos alliées pour commémorer l'armistice de Thessalonique.

Le ministère des Armées tient à porter haut le souvenir des héros de Belgrade et de tous les combattants du front d'Orient.

Cent ans après, nous sommes là !


La France et la Serbie ont noué des liens indéfectibles, certains se sont forgés sur les champs de bataille du Front d'Orient. Les cérémonies de ce jour, comme l'ensemble du centenaire de la Première Guerre mondiale, démontrent que cette histoire partagée est bien vivante.

De cette amitié et de ce combat commun, Louis FRANCHET D'ESPEREY reste une figure emblématique. Il est la seule personnalité de notre histoire militaire à avoir été promu à la fois Maréchal de France et Voïvode de Serbie. C'est lui-même, qui a remis solennellement la Légion d'Honneur à la ville de Belgrade en reconnaissance de sa bravoure pendant la Grande Guerre. Signe manifeste de l'estime des Français pour la remarquable résilience des Belgradois. Seules quatre villes étrangères ont eu ce privilège.

Nos mémoires se croisent, nos sentiments s'entremêlent. Nos deux nations sont conscientes des sacrifices consentis à l'arrière comme au front. En effet, la France et la Serbie sont les deux pays qui, au regard de leur population, ont le plus payé le prix du sang. Ainsi, à Belgrade comme à Paris, la Grande Guerre fait partie intégrante de notre histoire et de notre identité. Elle est commémorée avec vigueur.


C'est tout le sens de l'exposition que nous inaugurons aujourd'hui : « Notre Histoire/nos histoires, solidarité militaire et civile franco-serbe durant la Grande Guerre ». Je tiens à en remercier les producteurs et les soutiens tels que l'Institut français de Serbie, la Mission du Centenaire, Schneider Electric et la Fédération Nationale André Maginot.

Cette exposition itinérante a déjà été présentée dans 5 villes du sud-Serbie. Elle permet d'aborder l'histoire de la Première Guerre mondiale en Serbie ; mais elle permet également de remettre en perspective les souffrances des villes et le tribut payé par tous, militaires et civils, durant cette guerre.

Un siècle après, de nombreuses familles serbes continuent d'entretenir la mémoire de ceux qui ont combattu sur le front ou à l'arrière. Ces récits familiaux ont été recueillis et nombreux sont ceux qui renvoient à la solidarité civile et militaire entre Français et Serbes. Cette approche historiographique, participative et vivante est à saluer.

Cette exposition a un grand mérite : elle fait oeuvre d'histoire commune. Par des histoires familiales, elle noue les histoires respectives de nos deux nations.


Chers amis belgradois, le 11 novembre est une date qui nous rassemble. Elle nous rassemble parce que ce jour-là nous nous souvenons de nos combats communs et nous célébrons la fin d'un conflit qui a fait 20 millions de victimes.

Les commémorations de la fin de la Grande Guerre portent une ambition internationale pour le XXIème siècle. La France, par l'intermédiaire du Président Emmanuel MACRON, souhaite ainsi mettre à l'honneur des valeurs universelles : celles de la paix et de la démocratie.

Ainsi, les chefs d'Etat et de gouvernements de différents pays qui, il y a un siècle, étaient belligérants, d'un côté ou de l'autre, se réuniront à Paris pour commémorer le centième anniversaire de l'armistice de Rethondes.

La France a souhaité que ce centenaire soit placé sous les auspices de la coopération internationale et du multilatéralisme. Le « forum de Paris sur la Paix » a pour vocation d'avancer sur la gouvernance mondiale et de faire des propositions pour un monde plus sûr. Je me réjouis de la participation du président Aleksandar Vu?i?.

Mesdames et messieurs, c'est ce monde plus sûr que nous voulons construire ensemble et avec vous. Cet avenir se construira en tirant les leçons des conflits passés et en consolidant notre partenariat.

Aujourd'hui encore, nos soldats sont côte à côte dans les opérations extérieures, je pense en particulier, au Mali, à la Mission européenne EUTM Mali, en Centrafrique dans la Minusca et au Liban dans le cadre de la Finul.

Ce sont les chemins de l'amitié que Français et Serbes empruntent ensemble.

C'est ce que nous devons aux générations futures, c'est aussi ce que nous devons aux sacrifices des hommes et femmes de 1918.


Vive l'amitié franco-serbe !


Source https://www.defense.gouv.fr, le 21 novembre 2018

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