Interview de M. Julien Denormandie, ministre chargé de la ville et du logement, avec Public Sénat le 20 novembre 2018, sur les manifestations contre la hausse du prix des carburants, les relations entre le gouvernement et les maires et la politique du logement. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Julien Denormandie, ministre chargé de la ville et du logement, avec Public Sénat le 20 novembre 2018, sur les manifestations contre la hausse du prix des carburants, les relations entre le gouvernement et les maires et la politique du logement.

Personnalité, fonction : DENORMANDIE Julien, VIGUIER Cyril.

FRANCE. Ministre chargé de la ville et du logement;

ti :

CYRIL VIGUIER
L'invité politique en direct sur ce plateau ce matin, c'est Julien DENORMANDIE, bonjour, merci d'être avec nous.

JULIEN DENORMANDIE
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Vous êtes le ministre auprès du ministre de la Cohésion des territoires chargé de la Ville et du Logement. Pour vous interroger à mes côtés ce matin Marcelo WESFREID du Figaro pour Public Sénat, bonjour.

MARCELO WESFRIED
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Et Pascal JALABERT du groupe EBRA, présent sur ce plateau pour l'Est Républicain ce matin.

PASCAL JALABERT
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Julien DENORMANDIE, votre interview sera retransmise sur les sites Internet de la presse quotidienne régionale à partir de 10h30 ce matin. Les gilets jaunes, le ministre de l'Intérieur, Christophe CASTANER, il y a quelques minutes sur France 2 a dénoncé la dérive totale des manifestations, est-ce que vous demandez-vous que cela cesse maintenant ?

JULIEN DENORMANDIE
Il y a d'abord un droit de manifester, ce droit de manifester moi j'y suis, mais tout responsable politique l'est viscéralement attaché, il est constitutionnel et il est respectable en tout point. Après manifester, manifester sa colère, manifester ses idées, manifester ses opinions ne doit pas amener à bloquer un pays. Il y a un autre principe constitutionnel qui est la libre circulation, qui est que chacun puisse faire au quotidien ses activités et donc il faut trouver un juste équilibre entre exprimer ses idées et puis bloquer un pays.

MARCELO WESFRIED
Qu'est-ce qu'on fait par exemple à Toulouse, il y a une raffinerie qui est bloquée, est-ce que il faut maintenant la faire évacuer par la force ?

JULIEN DENORMANDIE
Ecoutez, le ministre de l'Intérieur, qui a en charge ces dossiers, s'est exprimé sur ce sujet. Moi, je pense qu'il faut appeler chacun à une sorte de retenue. il ne faut pas oublier que ce qui s'est passé samedi, c'est deux choses, c'est d'abord un message, un message envoyé par les gilets jaunes, un message envoyé par beaucoup de Français, un message que le gouvernement a entendu et puis c'est aussi une journée qui a été endeuillée par le décès de l'une de nos compatriotes, par des centaines de blessés dont 17 blessés graves. Et donc moi j'appelle tous ceux qui manifestent à déclarer en préfecture leur manifestation, non pas pour que l'Etat puisse savoir exactement ce qu'ils font au moment précis, mais tout simplement pour que l'Etat puisse organiser, puisse prévenir, puisse faire en sorte que l'ensemble des forces de sécurité soient mis au bon endroit, au bon moment, c'est aussi ça le droit de manifester, de manifester dans un climat apaisé, je crois que c'est important.

PASCAL JALABERT
Julien DENORMANDIE, donc les gilets jaunes et puis d'autres qui ont revendiqué demandent à ce qu'il y ait plus de dialogues avec ceux qui décident, en occurrence le gouvernement, pourquoi avoir refusé la main tendue de Laurent BERGER de la CFDT ?

JULIEN DENORMANDIE
Je ne crois pas que la main tendue ait été refusée, je crois surtout qu'il y a un message très clair qui nous a été envoyé et ce message, moi je veux le dire, le gouvernement et le Premier ministre l'a redit dimanche soir, ce message il a parfaitement était entendu, ce message c'est quoi ? C'est un message parfois de désespérance et les mots sont forts, un message parfois de souffrance et de là aussi des mots sont très forts et ce qui est important d'expliquer c'est pourquoi vous fait tout ça, on ne fait pas tout ça pour embêter les Français, on fait tout ça pour les protéger. Alors oui c'est compliqué, oui c'est difficile et on les protège de quoi ? Aujourd'hui est-ce qu'on veut une société du tout pétrole ? Est ce qu'on veut, parce que c'est le cas aujourd'hui, est-ce qu'on veut que le pouvoir d'achat…

PASCAL JALABERT
Est-ce qu'il ne faut pas en parler avec eux, s'asseoir autour de la table, dire, on va faire comme ça.

JULIEN DENORMANDIE
J'y viens mais je voudrais juste terminer sur ce point parce que c'est essentiel, est-ce qu'aujourd'hui on peut accepter que le portefeuille des Français, il soit dépendant des monarchies du Golfe ou des pays pétroliers, parce que c'est ça ce qui se passe, c'est le deuxième élément qui essentiel, c'est de protéger les Français face à ces éléments et ces événements de pollution. Moi je suis père d'enfants, comme beaucoup de parents qu'est-ce qu'on remarque aujourd'hui, la montée de l'asthme, on a de plus en plus d'enfants qui sont asthmatiques et je ne parle même pas des 50.000 personnes qui l'année dernière sont mortes à cause des particules fines. Mais protéger et c'est mon dernier point, protéger c'est quoi aussi, c'est d'accompagner toutes celles et ceux pour qui ces transformations sont plus compliquées et c'est là où il faut, y compris dialoguer avec eux, ceux qui représentent les gilets jaunes et donc c'est de les accompagner, c'est l'ensemble des mesures annoncées par le Premier ministre, c'est cette prime à la conversion, ce chèque énergie.

MARCELO WESFRIED
Sur la situation sécuritaire, j'y reviens parce que c'est un mort, 500 blessés, il y a déjà des condamnations, est-ce que c'est une radicalisation du mouvement ?

JULIEN DENORMANDIE
Non, moi je n'aime pas ce terme parce que, vous savez, je pense que beaucoup de personnes qui ont manifesté…

MARCELO WESFRIED
C'est Christophe CASTANER qui utilise ce terme.

JULIEN DENORMANDIE
… l'ont fait pour la première fois, je ne crois pas, je crois profondément que beaucoup de nos concitoyens qui ont qui ont manifesté, qui ont exprimé cette colère ou ce sentiment de souffrance, l'ont fait alors qu'ils n'avaient pas l'habitude de manifester. Ils l'ont fait avec leurs moyens, ils l'ont fait avec leur comportement. Ce qui est important encore une fois, c'est que le droit de manifester, il est essentiel mais il faut le faire dans un cadre qui est défini et là aussi le ministère de l'Intérieur…

PASCAL JALABERT
Le dialogue aussi est essentiel, Daniel COHN-BENDIT hier appelait à réunir 50 gilets jaunes, des syndicats, est-ce que vous allez vous mettre autour d'une table pour reparler de tout ça ?

JULIEN DENORMANDIE
Alors les gilets jaunes, ce n'est pas un mouvement entre guillemets organisé, ce n'est pas un mouvement avec des leaders à leur tête, mais le dialogue, il est entre les Français, entre les Français et le gouvernement et donc c'est cette explication de pourquoi on fait tout ça et puis surtout cette prise de conscience que face aux transformations que j'évoquais, une société qui ne doit pas être une société du tout pétrole, une société qui doit faire face à ces dérèglements climatiques ou à ces pollutions, il faut que le gouvernement apporte l'accompagnement, notamment pour celles et ceux qui sont les plus fragiles. Je vais vous donner un exemple mais qui pour moi veut dire beaucoup de choses, il y a une question derrière tout ça qui est essentielle, c'est parfois l'inefficacité de l'Etat. Vous savez, on a beaucoup parlé du chèque énergie. Le chèque énergie beaucoup de celles et ceux qui manifestaient ce week-end n'y ont pas accès, alors même qu'ils y ont droit. Le chèque énergie aujourd'hui, c'est à peu près de trois millions de Français qui sont éligibles, pour celles et ceux qui nous écoutent, c'est quand même 150 euros qui vont passer à 200 euros l'année prochaine pour vous accompagner dans le paiement de votre chauffage. Il y a plus de 500.000 personnes sur les trois millions de nos concitoyens qui sont éligibles, qui ne le demandent pas et pourquoi, non pas parce qu'ils ne sont pas informés, non pas parce qu'ils ne savent pas faire mais, parce qu'il y a une certaine inefficacité de l'Etat dans cet accompagnement. Et donc derrière tout ça, il y a quoi ? Il y a une vision, je l'ai dit, il y a des mesures, je l'ai dit aussi, mais il y a aussi un changement que l'Etat doit opérer dans la façon qu'il a de faire ses politiques publiques, pour être au plus près de nos concitoyens, être au dernier kilomètre, faire en sorte que toutes celles et ceux, qui ont besoin d'être accompagnés puissent l'avoir.

MARCELO WESFRIED
Julien DENORMANDIE, qui a dit cette phrase, « Je m'engage à une chose si vous l'acceptez, c'est venir chaque année rendre compte des engagements que je viens de prendre, parce que cela c'est l'esprit de responsabilité dans la République » ?

JULIEN DENORMANDIE
C'est le président de la République.

MARCELO WESFRIED
Alors pourquoi ne se rend-il pas au congrès des maires de France, comme il l'avait promis ?

JULIEN DENORMANDIE
Mais là aussi c'est, excusez-moi, je pense très sincèrement que c'est un faux débat, le président de la République, on peut le critiquer sur beaucoup de choses, le président de la République, il y a toujours cette position d'écoute et cette position du « aller vers » et notamment vis-à-vis des élus locaux. Cette semaine le président de la République envoie un courrier à tous les maires de France pour rendre compte de son action depuis un an, pour rendre compte de son action depuis le dernier congrès des maires, une aide qui est très importante, qui part d'un postulat, qui dit que la réussite elle ne peut être que collective, qui part d'un postulat très fort qui dit que la République, ça n'est pas qu'un Etat, ce n'est pas qu'un président et un gouvernement, c'est un binôme entre l'Etat et les élus locaux qui représentent la République au quotidien, qui dit également toute la considération qu'il porte aux élus locaux, qu'il prend des engagements notamment de maintenir les financements, notamment de faire en sorte, comme je l'indiquais pour nos concitoyens, que l'Etat change, que l'Etat accompagne mieux les élus locaux. C'est par exemple l'Agence nationale de la cohésion des territoires que nous crons en ce moment même. Et par ailleurs le président de la République va recevoir beaucoup de maires à l'Elysée, va recevoir le bureau de l'AMF et était, il y a encore quelques jours, pendant plus d'une semaine sur le territoire à la rencontre de tous nos élus locaux. Donc je pense très sincèrement que là, il y a un faux débat et qu'on a un président de la République, non seulement qui considère, qui accompagne mais qui est à l'écoute.

PASCAL JALABERT
Mais il manquera du monde, parmi les maires qu'il va recevoir puisqu'il y a eu beaucoup de démissions, des milliers de conseillers municipaux ont démissionné, un maire sur deux ne veut pas se représenter. Ils avancent comme arguments, on a l'impression des administrés, l'intercommunalité une dépossède de tout. Alors quel message avez-vous pour ces maires, pour leur rendre la confiance et l'envie de s'engager dans une activité qui devient très difficile, voire impossible ?

JULIEN DENORMANDIE
Déjà, beaucoup de considération. Moi je considère qu'être maire c'est très certainement le plus bel engagement d'élu local, parce que vous faites un métier compliqué, difficile, qui est de plus en plus difficile, et vous êtes justement le réceptacle de toutes les douleurs de nos concitoyens. Donc un énorme message de considération. Deuxième message, un engagement très fort que seul ce gouvernement a pris, qui est un engagement de maintenir ces dotations budgétaires, ces fameuses dotations qui pendant des années, pendant 10 ans exactement, ont diminué chaque année. Créant quoi ? Créant un sentiment de mal-être, créant un sentiment d'une impossibilité de gouverner correctement lorsque vous étiez maire, tout simplement parce que vous n'aviez pas de visibilité. Et un troisième élément qui est essentiel, c'est un changement dans la méthode de l'Etat, et moi j'insiste dessus, parce que vous savez, le macronisme, c'est à la fois une vision, c'est un projet politique, mais c'est aussi un projet de méthode. C'est de se dire, aujourd'hui comment l'Etat il l'accompagne, non pas un Etat qui décide tout, mais un Etat qui accompagne. Et encore une fois j'évoquais l'Agence nationale de la Cohésion des territoires, c'est quoi ? Eh bien c'est un changement radical de notre administration pour faire en sorte qu'aujourd'hui notre administration ne soit plus tournée vers les ministres, tournée vers ce que le gouvernement demande au jour le jour, mais une administration qui soit tournée vers les élus locaux, et ça, ça change tout.

MARCELO WESFREID
Julien DENORMANDIE, aujourd'hui monsieur BAROIN, le patron justement de l'Association des maires de France, propose dans Le Figaro une mesure concrète, c'est que les bébés soient enregistrés dans les lieux de résidence et non plus dans les lieux de naissance, puisqu'on sait qu'il y a de moins en moins de maternités. Est-ce que vous, ministre de la Ville et du Logement, vous dites : banco, bonne idée ?

JULIEN DENORMANDIE
Alors, je ne vais pas m'exprimer précisément sur cette mesure, mais derrière ça il y a quoi ? Il y a la question de qui aujourd'hui délivre un certain nombre de services publics. Est-ce que c'est toujours les mairies, est-ce que c'est des services de l'Etat ? Et quand c'est les services de l'Etat, quel service de l'Etat le fait ? Moi je pense que ce qui est essentiel, c'est que ce services publics, l'ensemble de nos concitoyens puissent y avoir accès facilement, c'est-à-dire, prenez le sujet de la carte grise par exemple, qui concerne, ou du permis de conduire, qui concerne beaucoup de nos concitoyens, jusqu'à présent c'était la croix et la bannière, vous étiez obligé d'aller en préfecture, eh bien aujourd'hui c'est beaucoup plus simple, il y a d'autres endroits, plus proches du terrain, plus proches de nos concitoyens, qui ont été mis en place, c'est ça, c'est la notion d'accès, d'accès aux services qui est essentielle.

CYRIL VIGUIER
C'est Julien DENORMANDIE, le ministre auprès du ministre de la Cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement qui est notre invité ce matin, justement Julien DENORMANDIE, Marseille, le drame du 5 novembre de la rue d'Aubagne, 12 jours après, 1 105 personnes ont été évacuées, 142 immeubles vétustes, c'est le drame de l'habitat insalubre, on sait que la mairie était informée, est-ce que l'Etat était au courant de la situation ?

JULIEN DENORMANDIE
Alors, sur ce qui s'est passé aux numéros 63 65 et 67 rue d'Aubagne, il y a une enquête qui est en cours. Vous comprendrez aisément, en tant que membre d'un exécutif je ne peux me prononcer sur l'enquête en cours. En revanche, ce que je sais, c'est que cette question de l'habitat insalubre c'est un véritable fléau qui concerne un nombre de nos territoires, suffisamment important pour que depuis 18 mois, 18 mois, j'en ai fait un axe très fort de mon action.

CYRIL VIGUIER
Vous êtes informé de situations similaires ?

JULIEN DENORMANDIE
Je suis informé d'autres villes dans lesquelles il y a aussi des problèmes de logements insalubres. Et pour vous donner un élément très précis, au début du mois d'octobre, donc avant les événements tragiques et dramatiques qui ont endeuillé toutes les Marseillaises et Marseillais, j'ai annoncé, d'ailleurs à Marseille même, parce que je savais l'importance du sujet à Marseille, une politique publique nouvelle, ambitieuse, très forte, entièrement tournée vers la lutte contre l'habitat insalubre. C'est 3 milliards d'euros que j'ai annoncés début octobre, avec tous les partenaires, toutes des agences de l'Etat, celle de la rénovation urbaine, celle pour habiter mieux, qu'on appelle l'ANAH, mais également Action logement, la Caisse des dépôts etc., pour proposer à l'ensemble des collectivités, de nouveaux moyens, de nouvelles mesures et une détermination totale à les accompagner dans la lutte contre l'habitat insalubre. Et j'ai annoncé ce plan, cette politique publique que les élus locaux eux-mêmes ont qualifié de première, c'est la première fois qu'un ministre du Logement faisait une véritable politique publique de lutte contre l'habitat insalubre. Je l'ai annoncé à Marseille au début du mois d'octobre, depuis je la décline dans tous les territoires où c'est nécessaire, j'étais à Grigny il y a 10 jours, à Mulhouse la semaine dernière, j'étais à Saint-Étienne-du-Rouvray hier, toujours en appui avec les élus locaux.

PASCAL JALABERT
Aujourd'hui on estime que 70 à 80 % des Français ne seraient pas mesures d'acheter un logement ou celui dans lequel ils sont, un président d'un grand groupe de construction immobilière propose d'encadrer les prix du foncier et d'encadrer aussi les prix de vente des promoteurs. Etes-vous favorable à ces mesures concrètes ?

JULIEN DENORMANDIE
Alors, le promoteur que vous mentionnez, je le connais très bien, j'ai beaucoup travaillé avec lui sur tous ces sujets…

PASCAL JALABERT
C'est …

JULIEN DENORMANDIE
Exactement. J'ai beaucoup travaillé avec lui sur tous ces sujets. La question de l'encadrement des prix est une question très compliquée, d'une part parce que c'est une question qui atteint au droit de propriété et vous savez que ce droit de propriété est préservé par la Constitution. Il y a une expérimentation qui est en cours, c'est d'encadrer ce qu'on appelle les prix de sortie, à défaut d'encadrer les prix du terrain, vous encadrer des prix de sortie, notamment les prix des loyers. Cette expérimentation on n'est jamais allé au bout. Pourquoi ? Parce qu'elle avait été mise en place par le précédent gouvernement et puis l'administration, la juridiction pardon, la juridiction administrative, a cassé ces encadrements. Par la loi logement on a réintroduit la possibilité de le faire. Moi je pense qu'il faut aller au bout de cette expérimentation, pour savoir si oui ou non un encadrement peut marcher. Si un encadrement peut marcher, alors moi je n'ai aucune difficulté, aucun complexe, il faudra le généraliser. En revanche, si un encadrement ne marche pas, à ce moment-là il faudra l'arrêter, mais on va faire là aussi des choses dans le bon ordre, il faut expérimenter, voir tirer des conclusions et savoir si oui ou non il faut généraliser la chose.

MARCELO WESFREID
Alors, dans l'actualité, ça n'a rien à voir, mais le patron de RENAULT a été mis en garde à vue au Japon pour un problème de fraude fiscale. Qu'est ce que vous dites, comment rassurer les salariés de RENAULT puisque l'Etat est un actionnaire ?

JULIEN DENORMANDIE
Alors déjà, RENAULT est une boîte incroyable, RENAULT est aujourd'hui dans le l'ensemble du groupe le premier constructeur d'automobiles au monde, c'est une fierté nationale, et je veux vraiment que ce qui s'est passé, et encore une fois là aussi une enquête est en cours, donc il m'est difficile de m'exprimer sur ce qui se passe exactement, mais en tout état de cause, rassurer tous les salariés sur la grandeur de leur entreprise, sur la grandeur de ce qu'ils font au quotidien. Ensuite, l'Etat est actionnaire, est un actionnaire significatif du groupe RENAULT. L'Etat en tant qu'actionnaire, en tant que membre du Conseil d'administration, aura une seule volonté, un seul objectif, c'est de préserver le groupe, de préserver l'alliance, de préserver la prospérité de cette entreprise qui a su se relever par le passé et qui aujourd'hui fait un travail formidable. Et donc l'Etat en tant qu'actionnaire a différents outils, a une influence au sein du Conseil d'administration, et donc il sera là, il jouera pleinement son rôle, et ça je suis convaincu que Bruno LE MAIRE, qui est en charge du dossier, saura le faire, pour s'assurer de la pérennité du groupe et rassurer à la fois les salariés et les actionnaires.

CYRIL VIGUIER
Julien DENORMANDIE, les premiers grands froids sont sur le pays, on l'a vu dans la météo tout à l'heure, on le verra dans la météo dans quelques minutes, qu'est-ce que vous allez faire pour les sans-abris qui évidemment vont être impactés, notamment je pense aux migrants ? Quelles sont les premières mesures ?

JULIEN DENORMANDIE
C'est une situation qui est très difficile. J'étais encore hier dans des centres d'hébergement d'urgence, et j'ai passé une grande partie de la nuit à accompagner des maraudes, c'est-à-dire des travailleurs sociaux qui vont à la rencontre des plus démunis, des sans domicile fixe. J'étais jusqu'à tard dans la nuit avec les équipes du SAMU social, dans les rues de Paris. Aujourd'hui je crois pouvoir dire, et ça n'est pas une fierté, parce que ça témoigne aussi de la difficulté de la situation, que jamais un gouvernement n'a mis autant de moyens, autant d'énergie, autant de détermination, pour ouvrir des places d'hébergement d'urgence. C'est 135 000 places qui sont ouvertes, et depuis le 1e novembre, c'est-à-dire la rentrée dans la période hivernale, c'est 1 700 places supplémentaires qui ont été ouvertes, et rien que cette... en Ile-de-France, en Ile-de-France, rien que cette semaine en Ile-de-France, c'est 800 places supplémentaires qui vont être ouvertes pour faire face justement aux épisodes de froid qui arrivent. Donc ces chiffres que je vous mentionne, qui sont des chiffres du moment, ils disent également augmenter au fur et à mesure de l'hiver, au fur et à mesure de la baisse des températures. Pendant l'hiver on pourra ouvrir jusqu'à 14 000 places supplémentaires, pour accueillir toutes celles et ceux qui en ont besoin. Donc c'est une détermination totale, c'est aussi beaucoup d'humidité. Je vais vous dire qu'hier, dans les centres d'hébergements, on rencontre, et j'ai encore pu le constater, encore plus de femmes et d'enfants qu'on ne le rencontrait il y a quelques années. Des femmes et des enfants qui aujourd'hui peuvent dormir dans la rue, et il y en a, il y a encore des milliers de personnes qui dorment dans la rue, et donc c'est une détermination totale, mais je dis bien totale, pour pouvoir proposer des solutions adaptées à chacune et chacun qui en ont besoin.

CYRIL VIGUIER
Merci Julien DENORMANDIE, ministre auprès du ministre de la Cohésion des territoires, chargé de la ville et du Logement, d'avoir été notre invité politique.

JULIEN DENORMANDIE
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 21 novembre 2018

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